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La roche Guyon 2009 France (Val d’Oise)

Posted by R C le octobre 15, 2014

 

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Des histoires pour tous. Au IIIe siècle, une chapelle troglodytique commémore le martyr de Saint Nicaise décapité dans les environs. Le cardinal de Rohan l’aménage et la reconsacre au XIXe. 1944, dans le socle de la falaise, Rommel creuse son QG. En 1109, tentative de prise par les Normands qui assassinent le duc et sa famille, intervention royale salutaire. Domination anglaise à l’issue du siège de 1419, ils y séjournent 30 ans, à la reconquête l’incorporation au royaume dévalue l’intérêt stratégique, fin de l’ère militaire. Pendant le XVIIIe, Madame d’Enville et son père le duc de la Rochefoucauld transforment la forteresse médiévale en palais. Lieu de villégiature proche de Paris, il accueille lettrés et penseurs jusqu’à la fin du XIXe. Le lecteur de Bandes Dessinées retrouve dans « le piège diabolique » de E.P. Jacobs, les ruelles et le vieux donjon qui surplombe depuis la crête la Seine et son île. Tout paraît débuter dans la falaise avec un calcaire tendre, facile à creuser, le premier château est en négatif ! Invisible, sans prestige, mais efficace avec sa vue imprenable sur une large boucle de la Seine, voie de passage incontournable entre la Normandie et le royaume. La Roche-Guyon appartient à la rive Est de l’Epte, en zone frontalière sensible la position stratégique implique les grands aménagements du XIIIe, en haut et en bas de la falaise. Dès la fin du XIIe, les travaux se portent sur la crête, construction d’une tour de cinq niveaux pour 35 m de hauteur. Démolie en 1793, elle culmine toujours à 18 avec seulement deux étages. Une double enceinte la protège, le premier rang se considère comme un mur chemise surtout en direction du plateau, à peine deux mètres distancent les parois. La seconde enceinte un peu plus large, ménage une petite basse-cour qui s’approche au plus près de la falaise. L’accès au donjon s’effectue traditionnellement au premier étage, à l’intérieur pas de voûtes simplement des planchers. Depuis la terrasse, une belle vue verticale sur l’ensemble du château illustre toute l’histoire de son développement, du XIIIe au XIXe. La ruine est passablement entretenue pour annihiler tout émoi, heureusement l’escalier souterrain glisse un peu de mystère, si tu l’empruntes seul. L’ouvrage reliait le poste de défense du plateau au nouveau château bas. Construit au niveau du fleuve, adossé à la falaise, muni de tout l’attirail militaire du XIIIe il disparaît en partie sous les ajouts et plaquages des XVIIe et XVIIIe. De la fortification, plusieurs stigmates demeurent visibles, amusez vous à retrouver des traces de herse, d’assomoir ou du chemin de ronde. Je recommande la visite de La Roche-Guyon en hiver, le site vide de touristes suinte le calme humide du fleuve et de ses brumes, les souterrains restituent toute la chaleur de la terre. R.C.

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Montcornet 2010 France (Ardennes)

Posted by R C le septembre 24, 2014

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Tout autour, d’humbles maisons ardennaises donnent la mesure au gigantisme de la forteresse. Un mastodonte de pierre isolé sur un éperon. La métaphore n’est pas vaine, en voici ses principales dimensions : le rocher pointe depuis le nord vers le sud sur 170 m et 50 de large, la masse du corps d’habitation fait ses 50 sur 50, enfin aux trois niveaux encore perceptibles, il faut y ajouter un quatrième, sans oublier des toitures suffisamment pentues et recouvertes d’ardoises. A la fin du XVe, la « bête » est défendue comme un porte-avions, à Montcornet toute la modernité des systèmes défensifs est représentée. Riche, longue et éloquente liste : boulevard défendu sur 3 niveaux par 18 archères et bouches à feu, châtelet, double pont-levis dont un piétonnier à bascule, gaine de circulation avec des postes de tir à la base des murailles, à tous les niveaux des canonnières certaines avec évents, tour à orillons et plateforme d’artillerie. A l’extrémité Sud, la dernière tour mesure plus de 16 m de diamètre sur 4 niveaux, isolée de la basse-cour par un fossé, et fermée par un pont-levis. Le site géologique est remarquable, un simple fossé au nord détache le long rocher du plateau. L’occupation dès le néolithique semble confirmée, suivent les périodes gauloise et romaine, enfin sous les Carolingiens lorsque naissent les premières infrastructures militaires. Durant les Xe et XIe siècles des seigneurs du Porcien engagent des travaux de fortification, s’appelaient-ils déjà Montcornet ? Ces derniers tiraient leur richesse de forêts au nord et d’un péage installé sur la Meuse à Deville, vers le sud ils possédaient les plaines agraires de la Sormone. La lignée, depuis Hugues, se poursuit jusqu’en 1295. A l’occasion d’un mariage, les Miles de Noyer deviennent propriétaires, pauvre famille qui s’implique dans la Guerre de Cent Ans et se ruine en rançons. En 1446, la seigneurie se vend avec le château en mauvais état, à Antoine de Croy. Ce que tu contemples actuellement date de cette période. Tour à tour les propriétaires contracteront des alliances avec le duché de Bourgogne et le royaume, le domaine se situe à mi-chemin, entre un Hainaut bourguignon et une Champagne française! Cette place stratégique ne semble pas avoir souffert de sièges ou de combats, elle passe d’une main à l’autre par alliance ou rachat. Ainsi, Charles de Gonzague à la belle époque de Charleville acquiert le château, dans la seconde moitié du XVIIIe il parvient au duc d’Aiguilllon qui le fait démantelé. Abandonné, il végète, les pierres s’échappent, redécouvert par le curé du village au milieu du XXe siècle, des chantiers de jeunes s’organisent pour déblayer la cour et les boyaux. Humble renaissance sans fastes et sans grands moyens, il se conserve comme une belle ruine. Un peu à l’écart, Montcornet appartient aux chemins du « Pays où l’on n’arrive jamais », traversé seulement par la départementale secondaire qui relie Arreux à Renwez, d’autres voies existaient, aujourd’hui elles finissent par se muer en chemins boueux un peu gras. Ici, il pleut souvent. Fermé en hiver, un peu plus ouvert à la belle saison. R.C.

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La tour du meix 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 24, 2014

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Route d’Orgelet vers Moirans, Alt 520 m. Un front de mur percé de quelques grandes ouvertures émerge d’une crête boisée, en surplomb du village. A peine 10 mn pour rejoindre la plateforme, l’éperon est barré au nord. Le site fait partie de la ligne de défense, déjà évoquée pour Onoz et Coutterez, qui borde la route pénétrante, menant depuis Genêve vers la Bourgogne. Dès le IXe, le prieuré de Saint Christophe, dont l’actuelle église fait partie, se fortifie. Un ouvrage en bois sur l’éperon s’imagine, à quelques kilomètres, à Largilay une tour sur pilotis dominait la nécropole. Le premier château date du XIIe, l’abbé de Saint Claude en autorise la construction à Aymon de Revigny, mais son fils reniant tout lien de suzeraineté entraîne la région dans une guérilla, achevée par la destruction du château. A cette époque le bâti se situe sur la motte la plus élevée, avec un donjon et un logis accolé. Au milieu du XIIIe, l’abbaye recouvre son bien et le reconstruit. Certainement malmené lors du passage des troupes de Louis XI en 1479, le château est réaménagé. La partie Sud, la plus emblématique aujourd’hui, porte encore les stigmates d’un raffinement dans la maîtrise d’œuvre. L’édifice agrandi par un long corps de logis de 45 m sur 8 s’éleve à plus de 20 m, il sert de résidence aux abbés ainsi qu’à leur sulfureuse suite. Le palais remarquable, ouvre sur la vallée qu’il domine. Il offre aujourd’hui les plus beaux vestiges, parfaitement remaçonnés ils jouissent d’un entretien régulier. Au registre des détails architecturaux marquants, quatre grosses consoles constituées de pierres bouchardées s’avancent sur le vide, elles devaient supporter une galerie et ménager un point de vue exceptionnel. Sur la butte primitive, le vieux donjon et ses dépendances sont submergés de végétation. En effectuant le tour de l’enceinte du côté Est, à travers les buis apparaît un reliquat de muraille, elle protégeait le château d’une prairie en contrebas certainement occupée par des constructions au Moyen-âge. La ruine survient après la guerre de Trente ans, en 1637 le duc de Longueville occupent la Tour du Meix, village, moulin, église et palais sont incendiés. Certaines pièces restent entretenues pour entreposer les revenus de la Dîme durant plusieurs années. R.C.

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Présilly 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 9, 2014

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Décidément les environs d’Orgelet sont prodigues en ruines, le bourg lui-même anciennement fortifié, t’engage à déambuler vers ses manoirs ou ses vastes maisons grises. Une remarquable austérité règne sur ces hauts plateaux qui s’efface sous la neige et le soleil. Simple détour afin de bâtir l’ambiance, celle de la fin étirée d’une belle journée d’hiver, quand le soleil disparaît derrière la forêt, laissant se noircir les blocs du champ de ruines. Soudain, un bruissement lourd suivi d’un hululement t’avertissent, ce n’est plus ton heure. Pourtant, il s’agit certainement de la plus opportune, à la vue des infrastructures festives en bois cartonnées disséminées sur le terre-plein. Avec peu d’imagination, elles te propulsent dans l’ambiance du fort au XVe, des cabanes et des cases entassées à quelques pas des remparts. Présilly revient de loin selon Henri-Paul Eydoux, égoïstement je me demande s’il n’aurait pas dû y demeurer, au milieu de ses broussailles ! Si tu fais abstraction des installations du son et lumière, de l’éclairage nocturne des remparts, de l’impossibilité d’accéder aux derniers espaces couverts, in fine, si tu te contentes de l’aspect extérieur, alors tu éprouveras un peu de compassion pour ces vestiges pacifiés. Le château féodal le plus beau et le plus fortifié du Jura connaît trois lignées ; les Dramelay jusqu’au début du XVe, Nicolas Rolin et son fils, puis la famille de La Baume dès la fin du XVe qui le conserve jusqu’en 1678. Lors de la tentative de ré annexion de 1479, les troupes de Louis XI investissent le château qui ne semble pas en avoir souffert. 1637 paraît plus fatal, la place est pillée par les Français, elle s’en relève difficilement pour subir le coup de grâce en 78, l’état de ruine est avéré dès le début du XIXe. Remercions Nicolas Rolin, grand argentier du Duc de Bourgogne, sans sa fortune Présilly aurait connu le sort des petites seigneuries voisines, pas de modernisation et un abandon probable dès le XVe. L’enceinte polygonale, voire patatoïde, du XIe se maintient, implantée sur une ligne de crête elle domine une plaine agricole avec au milieu la route de Lons à Orgelet. De plain pied avec la colline, un fort mur bouclier épaulé par un donjon carré, renforcé par un fossé, défendent le front Est. A l’extérieur prometteur répond un intérieur vide et désolé. Dans leur inventaire de 1830 Taylor et Nodier évoquent une chapelle, une tour avec un balcon, de larges fossés, aujourd’hui la signalétique en fait heureusement le commentaire. Les ouvrages d’accès sont de loin les plus intéressants, dressés au XVe il s’agit d’un bel exemple des avancées militaires du moment. Plaquée devant l’ancienne porte, une tour porche de deux niveaux abrite les deux ponts-levis, l’un piéton, l’autre pour les attelages. La salle des gardes à l’étage, conserve toujours les jambages et le manteau d’une grande cheminée. Isolée de l’ensemble par le fossé, l’imposante barbacane équipée d’embrasures de tir formait le premier front.
L’ouvrage assez ruiné, adopte une extrémité exposée en forme d’éperon qui se distingue encore. Avec ses hautes courtines, son donjon aux parois de trois mètres, Présilly ainsi défendu n’aurait craint que dieu et les forces royales. R.C.

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Couterrez Marsonnay-Largillay 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 9, 2014

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Il suffit de raconter une histoire pour que des langues se délient, en évoquant ma visite d’Onoz, un ancien habitant de Marsonnay me balance qu’il connaît, lui aussi, un château oublié. Juste au-dessus de sa maison, la colline boisée de Coutterez supportait des fortifications. A vol d’oiseau cinq km distancent les deux sites, configuration et accès identiques, aucun repère extérieur, pour y parvenir il faut connaître l’endroit. Depuis Orgelet, prenez la D49, avant de plonger vers Marsonnay empruntez à droite un chemin longeant le bois, il monte doucement avant de rejoindre un chemin de débardage à flanc de montagne, à 500 m il faudra tirer tout droit vers le sommet en traversant des boqueteaux de buis. Arrivée sur un plateau, je distingue une nouvelle éminence protégée par des haies, à nouveau des grands buis. Le château se trouve au milieu d’un gigantesque buisson, un premier talus avec quelques empilements de pierres matérialisent un premier rempart. Sur la butte, altitude 620 m, l’enchevêtrement caractéristique des ruines et de la végétation laisse deviner plusieurs moignons. Un pan de mur de la seconde enceinte contient encore une meurtrière, la niche intérieure tient encore. L’appareil semble plus grossier qu’à Onoz mais la configuration est similaire, un mur de soutènement à mi pente surmonté d’une ouverture, ici pleinement défensive. Combien de temps tiendra t’il ? Le parement inférieur est manquant. Pas d’éperon barré ici, une enceinte circulaire, autour d’un gros rocher qui supportait une tour carrée d’environ cinq mètres de côté. Aux angles, les chaînages s’élèvent encore sur un petit mètre. Vers le sud, sur la deuxième enceinte un pan de mur d’au moins quatre mètres se dresse parmi les arbres, un gros lierre maintient un ensemble dont quelques pierres perchées ne demandent qu’à rejoindre la roche mère. Le lieu abrite une colonie de sangliers, nous venons de les déloger, ils occupent même le donjon ! En redescendant, le premier niveau de défense est parfaitement appréhendable, à l’ouest des traces de murets témoignent de bâtiments accolés aux courtines. Vaste emprise, au-delà de la muraille s’étend un plateau sur lequel reposaient des habitations, aucun relief visible. Toujours sur le versant Ouest, à 100 m du rempart se trouve un puits, aujourd’hui comblé. Les archéologues semblent avoir oublié le château au profit d’une nécropole mérovingienne sur la colline voisine. Déjà mentionnées au XIXe, des tombes du VIIe siècle ont été découvertes lors de l’extension de la carrière. Le site représente 300 emplacements, seule une cinquantaine a été fouillée.
Situé sur un axe de circulation qui permet la traversée du Jura, l’occupation du site de Largillay remonte à l’époque romaine. Au XIIe, l’abbaye de Château Chalon l’administre. Sans précision de localisation, autre que sur ces sommités, une église aurait été édifiée sur un temple antique et un camp retranché baptisé « mur des Sarrazins » peut-être à l’origine du château. Sa destruction est vraisemblablement contemporaine de celle d’Onoz, il reste à en déterminer la période : guerre de Cent ans, tentative de ré annexion de Louis XI ou guerre de Trente ans ? 1479 serait le plus plausible, l’allure des vestiges vaut bien cinq siècles d’abandon. Les fermes au pied de la colline portent dans leurs murs et aménagements des pierres de réemploi. R.C.

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Onoz 2010 France (jura)

Posted by R C le août 25, 2014

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« Demain je t’emmène voir un château perdu dans la forêt, personne n’en soupçonne l’existence », quel passionné résisterait à pareille invitation. Rendez-vous à Orgelet direction Onoz. Un village de 82 âmes, perché à 580 m sur un plateau de la Petite Montagne. Tout est recouvert de neige, en avant des premières habitations nous empruntons une petite route qui descend vers la Louvatière, un lieu-dit campé par une grosse ferme. Il faut marcher un bon quart d’heure en suivant certainement l’ancienne rampe d’accès à la crête, première épingle, à la suivante arrivée sur une petite esplanade. Matérialisation de la première enceinte par un début de jambage de porte, la plateforme est terrassée par un mur de soutènement. En progressant sur l’éperon, tu t’aperçois que le côté Est surplombe toute la vallée de l’Ain avec un méchant dénivelé. Deuxième enceinte, un talus comporte les traces de soubassements d’un mur. Nous sommes à 630 m, à peine 30 m au dessus du plateau d’Onoz mais à plus de 200 m sur l’autre versant. Le plus beau vestige se situe sur cette face : un pan de mur, principalement en fondation, surmonté d’une petite baie verticale. Aucun biais, mais une feuillure sur la paroi interne, il ne s’agit pas d’une ouverture défensive. La construction fait un saillant au nord, à demi enterrée une arcade en plein cintre avec ses voussoirs en place couronnerait bien une poterne. Disposition plausible sur cette face escarpée et moins exposée. En poursuivant vers le sud, la déclivité augmente, nous retrouvons des éléments fortifiés qui bordent une faille accentuée par un travail manuel. En bas, des tailles régulières dans le rocher correspondent à l’activité des carriers. Sur l’éperon, nous distinguons les restes d’un mur bouclier et d’une tour carrée, en contrebas ceux d’une porte avec vraisemblablement dans une pierre le logement pour une poutre de fermeture. Mon guide m’affirme qu’une seigneurie d’Onoz est mentionnée. La construction daterait du XIIe en défendant une voie de traversante du Jura. Une ligne de fortifications s’étend jusqu’à Lons le Saunier, pas moins de quatre sites répartis sur 10 km de crête : Onoz, la Tour du Meix, Largillay, Pont de Poitte, sans compter quelques autres à l’approche de Lons ! Tous ruinés, soit depuis le passage des routiers au milieu du XIVe ou lors de la tentative de ré annexion de la Franche Comté par Louis XI en 1479, quand les fortifications du bourg d’Orgelet sont détruites. Dernière hypothèse, pendant la guerre de Trente ans, en 1637 Orgelet est brûlé, la Tour du Meix démantelée. La Franche Comté et le jura reviennent au royaume en 1678 lors de la signature du traité de Nimègue. R.C.

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Marthon 2009 France (Charente)

Posted by R C le août 8, 2014

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Une période faste pour l’occident que la fin du XIIe, le réchauffement climatique abordé pendant les X, XIe et XIIe siècles profite à tous. L’enrichissement des petits seigneurs locaux se traduit bien souvent par une transformation en dur de leur motte castrale. Dans le Sud-ouest, les partis français se heurtent aux Anglais, lors de son retour des croisades et de sa captivité Richard Cœur de Lion n’a de cesse que de récupérer les terres des Plantagenêt. L’insécurité favorise la multiplication des positions féodales. La construction du château de Marthon serait à l’initiative d’un vassal du comte d’Angoulême, un hobereau suffisamment puissant, descendant de la lignée des Montbron. Une situation importante, les vestiges de la tour réduite à sa moitié sont encore conséquents. Dans le village, au pied de la motte, une grande chapelle sur deux niveaux est en cours de restauration, l’édifice accueillait au rez-de-chaussée les pèlerins, l’étage étant réservé au châtelain. Faisait-elle partie de l’enceinte ? Quelques traces de mur subsistent autour de la butte, des habitations sur ses flancs rendent difficile l’évaluation. Le Donjon s’élevait jusqu’à 30 mètres, 15 aujourd’hui, trois niveaux sont encore identifiables, tous voûtés. Au sol, le plan est quadrangulaire avec des contreforts plats, une disposition fréquente dans la région, voyez Rilhac-Lastour au sud de Limoges. La distribution se répartit traditionnellement : au rez-de-chaussée une salle ronde couverte par une coupole, espace de stockage accessible par le premier étage. Ensuite l’étage noble, puis au second une salle de garde, dans chaque pièce une cheminée, un escalier à vis desservait les étages. Extrêmement remise en état, palliant les intempéries et la chute intempestive de pierres, la tour du Breuil manque cruellement de charme. Fort heureusement, le village avec ses maisons amassées sous la colline forme un ensemble agréable. Il se dit qu’en 1347 les Anglais détruisent le château, seule la tour demeure, dans l’appareil des traces de reconstruction sont visibles. Son occupation perdure jusqu’à la fin du XVIIIe, à partir du XVIe lors de l’édification du château neuf dans le bas du village la vieille tour devient une prison. Pendant la Révolution, la famille de Montbron qui avait acquis la seigneurie de Marthon perd l’affaire, vendue comme bien national, l’abandon entame sa ruine définitive, jusqu’à la mise sous cloche il y a dix ans. Dans le village, une autre attraction mérite un examen, néanmoins inaccessible. Une grosse bâtisse néo-classique qui rappelle le style haussmannien dissimule le fameux château neuf du XVIe. Des gravures anciennes montrent un manoir renaissance inachevé, auquel il manque une toiture et une aile. Le maître d’ouvrage est Hubert de La Rochefoucauld, la famille possédait la seigneurie de Marthon, dont la vieille forteresse. A son décès, la construction s’arrête le plongeant vers une destinée proche de son aîné, un abandon progressif. Au XIXe, un autochtone devenu député, M. Raynaud achète le manoir ruiné. Reconstruction intégrale, les vestiges renaissance sont digérés dans le nouveau projet. RC

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Piégut 2009 France (Dordogne)

Posted by R C le août 8, 2014

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Un château de plus dans cette région aux marches du royaume. Dépendant de Nontron, la châtellenie de Piégut fait partie du Limousin. L’occupation de cette motte naturelle « remonte », un ouvrage en bois a certainement précédé le premier château en pierre du XIIe. Lorsque Richard Cœur de Lion sort de captivité en 1199, il revient en Limousin faire son marché, sur son chemin Nontron et Piégut sont pris et pillés. L’histoire aurait pu se prolonger s’il ne s’était fait fléché à Châlus. La place, reprise par les Français, retourne dans le giron des vicomtes de Limoges. De nouvelles fortifications, dont la tour, sont entreprises vraisemblablement pendant le XIIIe. Elle présente des similitudes avec celle de Châlus, élevée par les Maulmont à la même époque. Les proportions sont semblables, 23 m pour 7 de diamètre ici, et 40 par 10 à Châlus, un rang de corbeaux pour mâchicoulis les couronnait. L’historique proposé sur le panneau de reconstitution donne trois dates de sièges ou de batailles : 1364 le retour des Anglais, 1591 la Ligue pendant les guerres de religion et 1594, la jacquerie quand passe une bande de croquants, enfin la ruine au XVIIIe. Piégut est avant tout un édifice militaire, plus qu’une résidence, au XVIle le château a perdu tout son intérêt stratégique. Qui peut se prévaloir d’une tour dominant toute la région, mais à peine habitable ?   L’édifice se situe à la périphérie du village, au pied de la motte s’étend une esplanade célèbre par son marché du mercredi, une institution qui date du XVIIe. Un premier mur flanqué de tours ceinturait la butte, ensuite une seconde enceinte défendait un étroit logis ramassé à la base du donjon, son emprise est restreinte, le bâti s’étage sur trois niveaux. Les derniers remaniements dateraient du XVe siècle, peut être la tour d’escalier, dont un pan de muraille toujours debout est percé de larges ouvertures. L’ensemble est largement remaçonné, un peu trop, devoir de précaution pour le public. L’appareil en granit diffère de ses voisins en pierre de taille et schiste, nous sommes à la limite du Périgord granitique. Le site est parfaitement entretenu, ouvert à tous. La restauration semble récente, le principal intérêt reste l’ascension des 23 m avec la vue qu’ils procurent. Pour votre information, la région regorge de ruines, la plupart d’un intérêt secondaire, soit par la taille : ici à Piégut ou à Châlus Maulmont ; par la pauvreté de restes largement bétonnés : à Des Cars ou encore à Marthon ; par le bouclage à Rilhac, Pranzac, Lavauguyon, Châlus Chabrol. Au loisir de cet itinéraire, si vous avez la chance de pénétrer à Lavauguyon vous ne regretterez pas votre journée. Les moins passionnés, avides de restauration parfaite à l’anglaise, s’enverront benoîtement près de Bournazac, la visite de Montbrun qui se mire si fièrement dans son étang. RC

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Rilhac Lastours 2009 France (Haute Vienne)

Posted by R C le juillet 24, 2014

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Au sud ouest de Limoges, sur un plateau cerné de collines, un petit village et son château. Une image bucolique dont je ne devrais pas me lasser, si une fois de plus la visite était contingentée. Le site est en cours de sauvegarde… Dommage, en fin d’après midi au mois d’août, légitimement tout espoir d’ouverture est permis. D’autant que des machines de siège dépassent des murs, des baraques en bois ornées de fanions semblent attendre les touristes pour les abreuver de bière, j’imagine des hauts parleurs diffuser de la musique celtique. Ca sent la fête médiévale, le dimanche semble le plus opportun pour pénétrer dans l’enceinte et fouler le gazon de la haute basse-cour, au pied du faux vieux donjon. Le premier fort, construit au IXe, occupe jusqu’au XIIe une butte qui supporte aujourd’hui la petite église. Il s’agit d’un ouvrage plutôt en bois. Au XIIIe, migration à 150 m vers un promontoire voisin avec la construction dans un premier temps d’un gros donjon roman à contreforts plats, comme il en existe dans la vallée de la Creuse, une architecture déjà démodée au XIIIe. Démoli pendant la guerre de Cent ans, sa reconstruction s’effectue dans une même facture à la fin du XVe. Thèse bizarre, nos ancêtres s’encombraient peu de leur passé, remonter une tour à l’identique apparaît difficilement concevable a fortiori d’un point de vue militaire. Une affaire d’autant plus paradoxale si nous comparons l’évolution des modes et l’adaptation aux systèmes défensifs des châteaux voisins, qui appartiennent eux aussi aux Lastours puis aux Pérusse des Cars. Je m’en tiens là. Jusqu’en 1793, date de l’ordonnance de sa destruction, la forteresse passe entre de nombreuses mains, dont une co-seigneurie au XIVe et au XVe, régulièrement les des Cars font la paire. La famille a rapidement pris possession dans la région d’autres seigneuries : Pranzac, Lavauguyon et des Cars. Les ruines que nous contemplons proviennent de la grande reconstruction de la fin du XVe : l’enceinte polygonale, quelques tours et le remaniement d’un logis primitif du XIIIe. D’autres travaux entrepris ultérieurement concernent l’entrée, la tour de la chapelle, les renforcements autour du donjon dont un éperon et une tour. Cette dernière campagne entamée en 1500 a pris fin 30 années plus tard. Pour une construction tardive, il faut reconnaître l’austérité de l’appareil, la simplicité des formes et l’absence d’éléments décoratifs. Je clos l’inventaire, n’ayant pu cheminer qu’à la périphérie du site, en apercevant derrière un rempart de ronces et de mûriers les vestiges des courtines. R.C.

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Châlus 2009 France (Haute Vienne)

Posted by R C le juillet 24, 2014

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Haut lieu de l’histoire médiévale, immortalisé par la mort de Richard Cœur de lion en 1199. Pauvre Richard, sottement blessé par un carreau d’arbalète le 26 mars, qui calancha le 6 avril suivant de la gangrène. Il est mort entouré des siens, enfin de sa mère, Aliénor d’Aquitaine. Philippe Auguste pensait ainsi faire une bonne affaire en se débarrassant de son frère ennemi et de la présence anglaise dans le Sud ouest, l’histoire ne faisait que commencer. En pénétrant dans Châlus le visiteur compulsif rêve de s’envoyer deux sites, dont ce grand donjon circulaire sur sa colline. Il se contentera de l’ouvrage situé en ville basse, sur l’éminence le site est clos, tenter d’en faire tour n’apportera rien. C’est pourtant là que s’est déroulé le drame, un ostentatoire panneau te le rappelle. Hormis la tour qui a perdu la moitié de sa hauteur, il ne subsiste que peu d’éléments du XIIe, vestiges parsemés de la chapelle, parmi un logis du XIIIe et une grosse bâtisse du XVIIe. Forteresse dominante, Châlus Chabrol passe successivement entre les mains des vicomtes de Limoges au XIIe, puis des Maulmont, les La Trémoille, les d’Albrets, enfin les Bourbons du XVIe au XXe. Renseignement pris, elle appartiendrait actuellement à un ressortissant Anglais, piètre vengeance… Rabattez-vous sur le petit fort de la ville basse. Les deux sites appartenaient au même ensemble fortifié, chacun implantés sur un mamelon, séparés par la Tardoire. Au XIIIe, les Maulmont, devenus seigneurs de Châlus, protègent la ville d’une enceinte flanquée de tours et fortifiée par ce petit château. L’emprise est réduite, il s’agit d’un quadrilatère défendu par deux tours implantées en diagonale. Le démantèlement survient après la Révolution entre 94 et 99, la tour Nord-ouest est détruite, délaissée, la toiture du logis tombe en 1928, en 1994 la tour Sud-est s’effondre sur des maisons voisines, elle mesurait 27m. La visite du site, parfaitement consolidé, n’apporte pas de sensations particulières, la sauvegarde a nivelé toute les particularismes de la ruine, pratique un escalier en métal permet l’accès au plan supérieur. A admirer, la belle fenêtre géminée sur la façade du logis, à visiter, le petit musée juste dans la rue en dessous. R.C.

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Pranzac 2009 France (Hte Vienne)

Posted by R C le juillet 20, 2014

Ruine pranzac 1 R. Crozat
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Envahi par la végétation, ce site impénétrable s’entoure d’un mystère bien dénaturé par l’environnement croquignolesque d’un pavillon contemporain vaguement squatté, et d’un stock hors d’âge de matériaux de construction. Destin ordinaire de beaucoup de châteaux ruinés qui, il y a encore 25 ans, accueillaient une ferme, une décharge ou une petite fabrique. C’est au XIIe que la forteresse se construit. Elle ferait partie des nombreuses possessions de la famille des Cars, riche lignée très influente dans le bas Limousin au XVe et XVIe siècles. La branche résidente ici prend le nom des Cars de Pranzac. Comme à Lavauguyon, situé à plusieurs dizaines de kilomètres vers l’est, le château a subi les dommages de la guerre de Cent ans, suivi d’un grand remaniement à la fin du Moyen-âge. Les redents sculptés du mur pignon du grand logis illustrent ce gothique finissant. Au début du XVIe, la passion amoureuse de l’héritière de Pranzac pour un orphelin de sang royal enracine la petite seigneurie dans l’histoire. En 1520, la belle veuve argentée du Sénéchal d’Angoumois Jean Guy de Mareuil, achète le château, sa fille Gabrielle y passe toute son enfance, jusqu’à sa maturité. Sa beauté transcende celle de sa mère qui nourrit justement pour elle un grand destin, légèrement forcé par une rencontre subreptice. Entre deux portes, elle présente la belle Gabrielle au jeune Nicolas d’Anjou, ce dernier à peine émancipé n’échappe pas à la passion dévorante d’un feu qui le consomme illico. Rapidement, la vieille Catherine organise les noces, sa belle fait coup double en associant l’amour au blé. Hélas, Nicolas vit dans l’ombre d’un puissant tuteur qui parvient à rompre le mariage, les amants rejoignent chacun leurs campagnes. Plus forts que tout, comme celui qui les dévore, ils se retrouvent en 1541 pour se marier une seconde fois, Gabrielle devient marquise de Mézières. Quant au château, qui comptait quelques trente pièces à ses riches heures, il sera vendu comme bien national et démonté pour le commerce de pierres. L’opulente végétation dissimule les ruines, principalement dans la basse cour. L’emprise des murailles, ainsi que plusieurs tours d’angles restent solidement dressées. Les courtines extérieures, accessibles par des voies communales, sont dégagées, le grand corps de logis entretenu mais assez dénaturé fonctionne à présent en tant que bâtiment agro-industriel. Sa façade intérieure est flanquée d’une tour d’escalier, certainement du XVe, un peu dommage pour le pavillon grisâtre des années 60 construit à moins de 10 m, du brutalisme réaliste. R.C.

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Des Cars 2009 France (Hte Vienne)

Posted by R C le juillet 20, 2014

 

Ruines Des-cars R. Crozat


Ruines Des-cars 1 R. Crozat

En retrait d’une étendue bitumée où se pose tous les mercredis le « J9 pizzas », il subsiste au milieu du bourg, à côté des services sociaux, des vestiges consolidés et sécurisés sans passion. Certaines se souviendront de l’auteur de romans à succès de l’après-guerre, Guy des Cars, héritier du duché Des Cars dans le sud Limousin. Au XIV siècle, la famille Pérusse s’implante dans le village de Cars sur la Paroisse de Flavignac, elle adjoindra ultérieurement à son patronyme celui du lieu dit. Une lointaine origine italienne leur est prêtée. Il existait au XIIe un prieuré avec une maison forte bâtie par les Flavignac, à leur extinction en 1280, les Barry puis les Pérusse s’installent, tout en continuant de rendre hommage aux Lastours, propriétaires de la châtellenie voisine de Rilhac Lastours. Intermède anglais, pendant la guerre de Cent ans, de 1373 jusqu’à l’arrivée de Duguesclin vers 1430. Le château, comme celui de Lavauguyon, aurait largement souffert de cette libération. L’émancipation des Pérusse et leur succès à la cour de France leur autorisent la reconstruction d’une grande demeure renaissance au début du XVIe. Quelques dizaines d’années plus tard, au milieu des guerres de religion, la place se fortifie à nouveau avec la construction d’un châtelet d’entrée nanti d’une grosse tour d’artillerie, dernier vestige admirable, hélas en réanimation bétonnée. Jusqu’en 1778, au fil des générations les aménagements se poursuivent avec la fortune des dorénavant Pérusse des Cars. L’inventaire de 1793 décrit : cinq pavillons entourés de boulevards sur lesquels s’ouvrent des portes cochères, le jardin était le plus beau de la province. Cinq années plus tard tout est détruit et les pierres dispersées. Des fouilles en cours font apparaître dans le fossé, au pied de la tour d’artillerie, les soubassements de deux tourelles en flanquement de l’ancien châtelet. L’accès et la visite des deux tours est possible, en revanche les caves sont inaccessibles. In fine, il s’en est fallu de peu pour que le bourg arbore fièrement, en son centre ville, un magnifique château ouvert au public tous les week end de Pâques à la Toussaint. Les automobiles rouleraient doucement sur un pavage autoclave devant la noble façade, en lieu et place de mobylettes kitées et pétaradantes, dans son J9 le pizzaïolo proposerait des glaces et des gaufres. R.C

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Lavauguyon 2009 france (Haute Vienne)

Posted by R C le juin 20, 2014

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Plongé dans une forêt, un quadrilatère parfait de 40 m de côté, encadré par 4 grosses tours extérieures, au milieu une vaste cour. L’accès se situe sous une grosse tour porche carrée consacrée donjon. A côté se trouve la chapelle, la richesse décorative de ses arcatures établit une construction du milieu du XVe, du gothique flamboyant.Les bâtiments sont accolés aux courtines, de larges fossés entouraient l’ensemble, leur mise en eau était facultative, le château se situe sur la rive droite de la Tardoire. La ruine date du XVIIIe, abandonné progressivement au fil du siècle, il est démantelé en 1792 lors de la révolution, les pierres de tailles servent de matériaux de construction. Au XIXe, un inventaire mené par un abbé érudit, mentionne des peintures murales du XVIe représentant des membres de la famille des Cars de Lavauguyon. Il évoque également une clef pendante dans la salle basse du donjon, ainsi que des caves toujours accessibles sous les bâtiments du mur Est. Dans les tours, à l’étage, les salles étaient carrées et mesuraient 6 m de côté. Enfin, des galeries dans les courtines permettaient de relier les tours. Une opération de nettoyage dans les années 70 a mis à jour d’autres structures défensives dont un doublement du rempart sur le front Est. Aucune défense naturelle ne protège la construction, en conséquence le système défensif est plutôt élaboré : hautes murailles, fossés en eau, puissantes tours en saillie, galeries de circulation, tour porche avec un pont-levis. Entre Limousin et Poitou, la place occupait une position stratégique chèrement payée une première fois par l’occupation anglaise au début du XIVe, puis lors de sa reprise en 1431 par la bande à Duguesclin. Ce premier château du XIIe aurait brûlé, ses logis et remparts effondrés, des pierres rougies en réemploi dans la muraille en attestent. La reconstruction est datée de 1560 et attribuée à Gauthier de Pérusse, Sénéchal du Limousin. La famille Pérusse des Cars, prend le nom de Lavauguyon lorsque la terre devient un comté, merci à Henri III, elle conserve son bien jusqu’en 1719, date de la vente à Vincent le Blanc et début de la dèche. Ce dernier sera ruiné à sa mort dix années plus tard, le château change de main plusieurs fois, jusqu’à la démolition ordonnée par la Convention. Ce descriptif est purement livresque, le site est admirablement délabré, une ruine en pleine vie sans traces de rejointoiement, sans programme de préservation affiché. Rare, dans cette région où la plupart des monuments jouissent d’une valorisation en béton municipal : Marthon, Les Cars, Châlus, Rilhac… L’accès n’est pas franchement autorisé, cependant il est possible de descendre dans les fossés et d’en faire le tour, à l’exception du côté Nord. Une grande opération de nettoyage est en cours, elle révèle toute la puissance de ces hautes et longues murailles, effet accentué depuis le fossé. Côté Est, le défrichement laisse apparaître des traces de parement sur la contrescarpe, vestiges du doublement du rempart Est. Sur le terre-plein de la cour, les courtines sont dégagées mais l’ensemble donjon et logis n’est encore qu’un fatras de ruines et de ronces impénétrable. Imagine la fébrilité des défricheurs qui, dans le vacarme de leurs machines, exhumeront quelques belles pierres taillées, et peut être l’accès aux sous-sols. Tu peux d’ailleurs en authentifier l’existence aux pieds de la tour Nord-est avec des petites ouvertures de tir rasant. Le château se trouve sur une plateforme à mi-pente, en bordure de la route vers le sud, en contrebas du bourg des Salles-Lavauguyon. Munis simplement de pelles et de pioches, le terrassement des fossés a dû ruiner les lombaires de plusieurs troupes d’indigènes limousins. « Bonne » nouvelle !! Le château vient d’être racheté, la restauration se profile avec une association de sauvegarde, cela sent le barbelé pour au moins une vingtaine d’années, puis les noces et banquets ! R.C.

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Montfuron 2008 France (Alpes Htes Provence)

Posted by R C le juin 20, 2014

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Ne vous rendez pas à Montfuron, ne passez pas par Manosque surtout si le temps est gris, si le mistral souffle. L’endroit est réservé aux initiés, à ceux dont les racines sont ici ou, adulateurs de Giono, vous souhaitez pénétrer toute la dureté émanant de la misère qui plane sur ces âpres coteaux arides. A Montfuron, il y a eu un château, pile au-dessus du village, il est d’ailleurs pompeusement fléché et grassement signalé sur les cartes routières. En guise de vestiges, il subsiste un mur, heureusement pas entretenu. L’appareil est en petits moellons, dans un bel assemblage de pierres de taille, trois contreforts ou supports de voûtes semblent rigidifier l’ensemble. Le néant sur la terrasse, point de vue largement aménagé pour les promenades digestives, aucun signe tout est arasé. Vue imprenable sur un moulin à la Daudet fraîchement restauré, une visite très didactique où le fonctionnement de la machinerie permet aux petits et grands de se délecter. La butte recevait une première enceinte installée à mi-côte, plusieurs rangs de pierres sont encore visibles. La faiblesse de l’épaisseur du mur prêche pour une construction non structurelle, en tout état non défensive, autre hypothèse le pan de mur appartiendrai à un édifice religieux. Une histoire secrète ou non révélée, l’endroit est cité dès le XIe siècle, mis à sac à deux reprises. D’abord par les routiers pendant la guerre de Cent ans à la fin du XIVe, puis par des bandes de mercenaires en rupture de contrat qui zonent et rançonnent dans les campagnes avant de rejoindre la leur. Second pillage, lors des guerres de religion en 1560 Montfuron est à nouveau incendié, il souffre encore durant la révolution. Dernier fait, en 1815 une bande de brigands aurait investi le lieu, il n’est pas précisé si l’action se déroule au château ou bien dans quelques demeures. La rareté des vestiges, leur état ne plaident pas pour l’occupation du plateau au début du XIXe. R.C.

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Mai 2014

Posted by R C le mai 11, 2014

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Si vous suivez ce site depuis quelques temps vous constatez que des nouveaux articles sont publiés régulièrement. Actuellement, nous recensons plus de 220 châteaux en ruines appartenant au même bassin de culture, essentiellement situés en Europe et au Proche Orient. D’autres articles sont prêts à la diffusion.
Au terme d’un récent voyage en Cilicie, sud est de la Turquie (le 5e), nous avons pénétré un peu plus les fonds des hautes vallées du Taurus.  Des rencontres nous ont permis d’ouvrir notre investigation à d’autres sites non répertoriés.  Toujours beaucoup de patience sur des routes chaotiques et des chemins parfois exposés. Cette fois, nous n’avons parcouru que 1500 km !

Dans les mois à venir nous publierons sur : Anasha, Bakacak, Belen Keslik, Bostan, Bucak, Burunönü, Evciler, Findikpinar, Gülek, Hisar Asar, Isa, Kalasi, Kalebonyu, Kalegedici, Kuzucubelen, Mitel et Yanik,  en voici les illustrations.

Tamrut-ruine-R.-Crozat   yanice-1-ruine-R.-Crozat   yanice-ruines-R.-Crozat   Hisar-ruine-R.-Crozat      burunonu-ruine-R.-Crozat   bucak-ruine-R.-Crozat   Bostan-ruine-R.-Crozat   belen-ruine-R.-Crozat   bakacak-ruine-R.-Crozat   Anasha-ruine-R.-Crozat   kalebonyu-ruine-R.-Crozat   Kalasi-ruine-R.-Crozat   Isa-ruine-R.-Crozat   Gulek-ruine-R.-Crozat   Findikpinar-ruine-R.-Crozat   Evciler-ruine-R.-Crozat   Kaledigi-ruine-R.-Crozat   Kuzucubelen-ruine-R.-Crozat   Mitel-ruine-R.-Crozat 

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La Chapelotte 2007 France (Vosges)

Posted by R C le avril 3, 2014

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Avant 1914, au milieu de la forêt, il se trouvait au col de La Chapelotte une maison forestière et une chapelle. D’un côté la Lorraine, la vallée de Celle sur Plaine, de l’autre le massif vosgien. Fin 18 la crête est pelée, rouge, non pas de sang comme le commenterait un expressionniste en mal d’inspiration, simplement parce que le grès rose qui constitue la montagne a bénéficié d’un labourage en profondeur. Ensevelis par la mine, hiver comme été, 2000 soldats français et autant d’allemands ont payé de leur peau. Finalement, les types se sont rendus compte qu’à plus de 35 m de profondeur, les mines n’opéraient plus ! Quelquefois, à peine 20 m séparaient les deux lignes de front, sur place difficile de savoir où se situaient les uns et les autres, seuls repères, les Allemands ont construit des bunkers en béton. Les Français, persuadés de reconquérir rapidement, utilisèrent des matériaux naturels ou se terrèrent au fond des grottes. L’éloquence des chiffres devient le pléonasme de l’horreur : 55 mines pour un front de 300 m, 150 tonnes d’explosif, 1500 m de galeries, dont une française s’enfonce à plus de 120 m sous les lignes adverses. Ensuite, du matériel de haute volée : centrale de production d’énergie, liaison ferroviaire, gaz, lance-flamme, barbelés électrifiés. Amusant paradoxe, les troupes en première position dans les Vosges y venaient en villégiature, histoire de se refaire une santé. Profiter également de l’air pur pour des compagnies corses et niçoises qui y stationnent durant des hivers entiers ! Lorsque tu franchis le col, le souvenir s’efface, un calvaire et les deux jambages du péristyle de la chapelle sont debout, c’est tout. Il faut s’enfoncer un peu en forêt pour découvrir une première tranchée, rapidement tu tomberas sur des barbelés puis des « queues de cochon », assez facilement tu trouveras les vestiges de ton premier poste de mitrailleuse bien bétonné. La promenade peut durer plusieurs heures, pour l’amateur de ruines perdues c’est un parc où tu cours d’attractions en attractions. La quête du vallon qui abrite l’hôpital et plusieurs casemates allemandes figure la consécration. Plus loin, la découverte des pierres tombales parachève l’œuvre. Ce traitement, dans mon inventaire de la fortification médiévale, du site de la Chapelotte illustre sur l’échelle du temps la relativité de ses écarts. Les modes de construction défensives employées nous ramènent en plein Moyen-âge. Parement de murs en pierre, ossature en béton coffrée par des rondins de bois, implantation d’un bunker à l’extrémité d’un éperon. Départ d’un téléphérique, le fameux ouvrage s’accroche au flanc de la colline, assis sur un socle de béton, il s’élève sur deux niveaux, sur l’autre côté une petite terrasse domine le vallon. Il protégeait toute l’enfilade, dont le fameux hôpital. La visite de ce dernier redonne un peu d’humanité à l’endroit, sinistre dans cette forêt de résineux, l’entrée de la chapelle est surmontée d’un fronton classique, certaines salles sont agrémentées d’une frise de couleur ou d’un désuet ornement de plafond. La construction n’a pas subi de démolition. Des photos d’époque montrent des casemates habillées façon cabanes au Canada, sur des esplanades fleuries des soldats joviaux fument leur pipe. Un autre passé git à quelques kilomètres avec les ruines du château de Pierre-Percée abandonné depuis le XVe. Ici, sur une éminence, les vestiges d’une autre tour du XIIIe auraient servi d’observatoire aux Français. La recherche des emplacements requiert de longues heures de marche dans un site absolument pas sécurisé. Il n’est pas rare dans une tranchée de tomber sur l’entrée d’une galerie de mine à la béance impudique s’enfonçant dans les entrailles de la montagne. Grottes et cavités dans le rocher sont nombreuses, la forêt est calme, les cartes difficiles à interpréter mentionnent à peine les édifices. En hiver, vous ne croiserez que des chasseurs. R.C.

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Thil 2008 France (Côte d’Or)

Posted by R C le mars 13, 2014

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La butte de Thil en fera encore fantasmer plus d’un qui, las de se traîner au volant de sa berline confortable sur l’autoroute du soleil, admire comme dans un beau livre ce doux paysage de la Bourgogne. Image immuable du patrimoine français figé pour l’éternité occidentale. Pourtant, la vie de Thil semble avoir connue quelques récentes vicissitudes. Lors de ma première visite, au début des années 90, le site arborait déjà une première reconstruction. Le logis, principal bénéficiaire, rendu habitable et meublé sommairement, subissait une occupation sauvage avec une amorce de vandalisme. L’intégralité du site était ouverte, tant la basilique avec sa crypte que les cuisines ruinées du château. J’y suis retourné plusieurs fois, lors de ce dernier détour, en août 2008, la propriété privée était redevenue une réalité. Clôture autour des deux monuments, location pour noces et banquets, apparemment la visite demeure possible en été (il vaut mieux s’en assurer). Une grande enceinte ovoïde de 120 m sur 60, délimite le site, elle est encore bien visible, ses murs de petits moellons s’élèvent encore à plus de 8 m. Le donjon, haute tour de guet construite au milieu du XIVe, se laisse voir à plus de 30 km, et offrirait la visibilité à 50. La butte domine largement le paysage, en sélection romaine elle offrait une position stratégique sur une voie nord-sud. Au IXe, même une fille de Charlemagne y résiderait. Les bases du site actuel datent du XIe, concomitamment à celles de la famille de Thil, qui se le transmet jusqu’en 1503. Jean II de Thil, connétable du Duc de Bourgogne puis conseiller du roi, incarne le plus illustre de la lignée. Au XIVe, il octroie rente et collégiale à des chanoines, à charge pour eux de raconter deux messes par jour. La prospérité gagne le château, mais une bande d’Ecorcheurs rôde, construction de nouvelles fortifications dont la tour de guet qui culmine à 25 m. Les belles cuisines appartiennent à la mémoire des places fortes médiévales, trois grandes cheminées accueillaient chaleureusement le produit des chasses. Au cours des années 90 toute cette partie domestique végétait à l’air libre, arbustes et ruines cohabitaient. Les voûtes en plein cintre des celliers du XIIe tenaient toujours. Richelieu en 1640, ordonne le démantèlement, finalement seul le pont-levis est détruit, la place forte réduite, le château demeure, l’abandon et la véritable ruine sont constatés à la fin du XVIIIe.  La collégiale a été construite sans discontinuer de 1343 à 1350, l’ouvrage parvenu complet, résiste dans son austère aspect originel.
Le village de Précy sous Thil, juste au pied de la butte, incarne toute la quiétude de  l’immuable et du séculaire. Depuis le promontoire, l’envie te prend de contempler la répétition des parcelles jusqu’à l’infini vers les monts du Morvan. Privilégie le crépuscule afin de t’assurer la solitude et l’éternité de l’instant. RC

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Lutzelbourg 2006 France (Alsace)

Posted by R C le février 21, 2014

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C’est un site reconstruit que vous visiterez, vous aurez la chance d’y pénétrer par la porte principale du moyen âge. Un accès hautement défendu par un châtelet d’entrée et un large fossé franchi par un pont-levis. L’ancien portail au pied de la tour Fénétrange date des premières reconstructions du début du XXe. Abandonné depuis 1523, le site a profité pendant plusieurs siècles aux constructions du voisinage. Sauvés par deux notables, les restes échappent au remblaiement pour l’édification de la ligne Paris Strasbourg, qui passe en dessous. Sur l’étendue, deux tours se tiennent encore, le château en comptait trois principales. La Fénétrange, déjà citée, conserve deux pans de mur jusqu’à son couronnement à 24m. La seconde, implantée au centre de l’esplanade a été restaurée lors de la reconstruction, jusqu’au XVIe cette pentagonale flanquait un mur derrière lequel s’abritaient plusieurs logis. Sur le flanc Est, un petit édifice néo-roman surplombe la vallée, cette construction entreprise par le docteur Koeberlé est contemporaine des fouilles puis des travaux de 1909. Un site remarquable par sa position, largement en surplomb, le vaste éperon de grés rose domine la route dans la vallée de la Zorn, isolé naturellement sur le flanc Sud par des amorces d’un fossé, puis d’un haut rempart dominé par deux tours. Evidemment, il ne subsiste plus rien, hormis les tours et quelques soubassements, les ruines ont bénéficié d’un bon nettoyage, il y a un siècle. Pour conserver un souvenir pénétrant de ce lieu, rendez-vous quand la nuit et la brume se croisent, en prime de l’assurance de votre solitude, vous percevrez un étrange univers de formes qui, dans son imprécision vous restitue volontiers un peu de l’âme d’un site oublié depuis un demi millénaire.
L’histoire de ceux qui se sont battus ici est longue, les Romains y avaient établi un castrum, occupé jusqu’au  IVe siècle, l’exhumation de monnaies l’atteste.
La première information sur la reprise d’activité date de l’extrême fin du XIe, lorsque Pierre de Lutzelbourg négocie la place avec l’abbaye de Marmoutier contre un petit prieuré. La lignée s’arrête avec son fils au milieu du XIIe, ils prennent le temps de construire un premier rempart avec la tour principale ainsi l’éperon se trouvait clos. Le site revient à l’évêché de Metz, mais l’affaire est également convoitée par le duc de Lorraine, la seconde moitié du XIIe est houleuse.
Les évêques confient l’administration à des seigneurs locaux, le système perdure jusqu’à la fin du XIVe, les plus célèbres sont les Fénétrange. Dans le dernier quart du siècle, l’évêque de Strasbourg acquiert la propriété et l’attribue à plusieurs familles (5 ou 6), longue période de trêve qui dure jusqu’en 1523. Fin de toute vie domestique au terme d’un siège, le 11 mai le château brûle. Intervalle Sickingen, le chevalier dissident ou pillard, titulaire de la place, perturbe l’unité de l’empire. Une coalition de princes part mettre au pas tous ces petits barons qui logent encore en montagne et menacent les bourgeois des villes. La seigneurie avec ses ruines passe entre plusieurs mains, avant d’échoir à la fin du XVIe dans celles de la maison de Lorraine. Plusieurs tentatives de reconstruction sont menées, mais il semble que la plupart de ses propriétaires aient eu les yeux plus gros que le ventre. Reconnaissons que ces forteresses ne présentent que des inconvénients : pas adaptées aux armes à feu, coûteuses à entretenir, mal vues des instances royales, isolées du contexte économique qui se tient dans les villes, enfin qui souhaite encore vivre dans de pareils endroits ! Ici nous ne sommes qu’à 320 m. R.C.

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Birkenfeld 2007 France (Alsace)

Posted by R C le février 16, 2014

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Une ruine au milieu de la forêt, légèrement en contrebas du Mont Sainte Odile, vers le sud-ouest. L’emprise n’est pas grande mais l’ensemble ne manque pas d’allure, tu franchis un portail mignard en passant sous un arc en grès rose solidaire du rocher. La maison forte écrase de ses trois étages toute la basse-cour. Le site a été restauré une première fois en 1869, et plus récemment dans les années 80. La construction est datée du milieu du XIIIe, deux autres périodes transforment la petite forteresse en un beau logis. Début du percement des baies aux alentours de 1375, poursuite dans les premières années du XIVe avec l’enceinte qui englobe la basse-cour. Le plan se résume en deux espaces, un grand quadrilatère : le palais, flanqué d’un donjon aux murs très épais. Placé, évidemment sur le côté exposé, aucun passage ne le relie au logis, une seule ouverture vers l’extérieur, la défense et l’accès s’effectuaient par le couronnement. Aujourd’hui, un percement sauvage dans la paroi Est en permet la visite, imaginez cette tour avec peut être 10 mètres supplémentaires. Les fortifications pouvaient être bien plus élevées que le rendu de notre imaginaire actuel. La face Sud du palais concentre les plus beaux atours du château, rez-de-chaussée défensif avec un rang de grandes archères, et surtout une belle poterne en ogive protégée par une bretèche. Le système d’entrée surélevé, supporté par une embase maçonnée reliée à un plan incliné, rappelle celui de l’Ortembourg contemporain, premier quart du XVe. Aux second et troisième niveaux, la lumière est privilégiée, deux grandes baies gothiques éclairaient les salles de réception, celle du dernier étage a été remontée, ses quatre colonnettes sont parfaitement en place. La face Nord, plus austère et plus exposée, abritait des espaces plus domestiques, l’implantation des latrines en témoigne. Pour chacun des deux emplacements, deux puissants corbeaux maintenaient une structure en bois. Au pied de cette façade, il y aurait eu une autre basse-cour dont il ne subsiste presque pas de vestiges. Les deux campagnes d’édification sont perceptibles, il suffit de comparer la dimension des blocs, leur bossage est également caractéristique, à noter l’épaisseur du liseré d’encadrement, plus large, plus décoratif, pour la seconde période. 1246 ou 1285 ? Première évocation du site, 1289, la construction s’approche plutôt de cette dernière date. Fin du XIIIe, la féodalité recule, l’empereur prend le pouvoir et mandate l’évêque de Strasbourg d’administrer ses biens. Une longue période d’accalmie s’étend sur l’Alsace, le Birkenfeld est considéré comme un fort de position sur la route romaine du Mont Ste Odile au Champ du Feu par la Bruche. Délaissé par ses propriétaires, les Beger, qui lui préfèrent Strasbourg au XIVe, il subit lors de leur retour en montagne vers 1375, un profond réaménagement qui le transforme en une belle résidence. Restauration de la muraille, puis percement des grandes baies et aménagement des basse-cours. Au XVe, plusieurs querelles relatives aux limites de propriétés notamment pour les bois animent le landernau. En replaçant l’économie forestière dans son contexte du moyen âge, il s’agit d’un champ de pétrole ! Ainsi se justifient les chicaneries régulières entre les Beger ou leurs baillis avec la ville d’Obernai. En 1532, la lignée s’éteint, la seigneurie est vendue avec Mundolsheim à l’un des chanceliers de l’empereur, qui reprend le nom du patelin afin de bien matérialiser son statut (aristocratique). Le château est déjà à l’abandon, depuis la fin du XVIe, lorsque surviennent les Suédois. Altitude 680 m. R.C

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Bilstein Aubure 2008 France (Alsace)

Posted by R C le février 16, 2014

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Au dessus de « Ribeau », vers l’est tu remontes la vallée, pose ton os à l’auberge forestière du schlossberg. Sur le parking, une SM de 1971 blanche complète mais fatiguée attend son restaurateur. La crête qui supporte le château, à 750 m, se trouve pile au-dessus. Passe le torrent, un chemin monte dans les prés, ensuite tu chemines en sous-bois, pas toujours évident, j’ai terminé l’ascension en tirant une droite vers le sommet. Parvenu au point de réjouissance, la vue panoramique totale l’emporte sur les vestiges du site. Il semble il y avoir un autre accès plus aisé car le lieu se fréquente le dimanche. Classique, le fort s’accroche à un rocher gréseux isolé de sa barre par un fossé artificiel ! Vers le donjon, l’accès au sommet s’effectue entre les vestiges des murs de la basse cour et des dépendances. Vient ensuite le château haut qui regroupe le donjon et le logis, difficile à imaginer aujourd’hui. Sur la sommité, dressée en pierres à bossage de grès rose, la tour du début XIIIe est protégée par un chemisage. Restauré et bétonné, ce petit ouvrage procure l’avantage d’une visite libre avec ascension jusqu’au couronnement. La position est stratégique avec une vue imprenable sur un horizon de ballons relevé de plusieurs découpes de châteaux dans la brume. Vous noterez un masque en relief taillé dans une pierre à bossage sur la face Ouest, une symbolique plutôt rare en Alsace, au mieux il évoquerait une figure de gargouille. Deux autres particularités digne d’intérêt, tant les vestiges en manquent : la porte ogivale du donjon et l’arc de décharge sous une courtine du haut château. Le premier fait où l’on parle du Bilstein, lorsque Mathieu de Lorraine, frère du Duc, s’y cache, il vient d’assassiner l’évêque de Toul. A cette époque, les Horbourg, vassaux du Duc, possèdent le fief, l’histoire s’est déroulée en 1217. Un siècle plus tard, la seigneurie est vendue aux Würtemberg qui le conservent jusqu’au XVIIe avec l’intermède Ferry de Lorraine en 1424. La construction, débutée au XIIe, profite de travaux d’agrandissement aux XIVe et XVe, jusqu’à son ultime heure le château est entretenu. Après le siège infructueux de 1547 par les troupes catholiques de l’empereur, les Würtemberg ayant adopté le parti de la réforme, il faut attendre la guerre de Trente ans pour vivre un nouveau fait d’armes. Définitif, car les troupes impériales prennent le fort et le mettent à sac, il brûle, et servira de carrière pendant un long moment. RC

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