Ruines de châteaux

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Meydan 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le novembre 28, 2014

Meydan Turquie Cilicie
Chateau de meydan Turquie Cilicie

Depuis Adana il y a environ 60 km, le château se situe en montagne à 1500 m d’altitude. Il faut apprendre à se méfier des cartes en Turquie, surtout des routes secondaires. Ce jour là nous roulerons durant trois heures pour parvenir au village, apercevoir les premières murailles perchées dans une forêt de sapins, ensuite nous marcherons une heure de plus pour toucher la porte. Plus exactement l’encadrement d’une poterne, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus d’huis là-haut. Pour y parvenir il faut s’engager dans un étroit passage comme une cheminée. A l’intérieur, tout se mêle, le rocher, les murs, la végétation d’altitude, heureusement pas trop de pillage, tout est là, il fallait redescendre les pierres dans la vallée… L’austérité règne, brutalité des formes, dénuement des murs, absence de toute ornementation, seulement la fonction défensive. Il n’y avait pas d’eau sur place, le premier puits se trouvait à 20 mn de marche, alors les gars creusèrent quatre citernes. Le site occupe tout le sommet divisé en deux espaces, la partie haute surplombe de 50 mètres. Un puissant mur appuyé sur le rocher les sépare avec un rôle défensif manifeste, en considérant les tours et les postes de tir, cette partie offrait un dernier refuge en cas de siège. Le plus élevé se termine par une belle terrasse, recouverte d’une pelouse, à proximité de vestiges d’une salle voûtée, basculés au sol, plusieurs chapiteaux sculptés de motifs végétaux et animaliers. Depuis le balcon au bord de l’à-pic comptez à perte de vue sommets enneigés du Taurus. Encore plus de souvenirs dans la partie basse, essentiellement sur le flanc Est, principalement le haut mur percé de onze archères au raz du sol et de quatre ou cinq autres à 4 mètres au-dessus, il défendait un autre accès. Qui pouvaient être ces téméraires malfaisants, capable de cavaler en pleine montagne, d’escalader pour se colleter à des murailles de plus de 7 m ? Il s’agirait de l’entrée principale… aujourd’hui la poterne Ouest semble la seule issue disponible. Tout est encore là, mais assez abîmé, le temps en a fait son affaire. Seule la chapelle incluse dans une tour se maintient en bon état, sa construction avec d’énormes blocs l’a sans doute préservée des agressions de la vie en montagne. A l’intérieur, concession au décorum dans cette austérité minérale, la voûte polychrome en cul-de-four où alternent les rangs de briques et de pierres. Recueillir des informations sur le château, sa construction, son histoire, sa ruine est aussi difficile que de s’en approcher, il n’existe pas sur les cartes récentes. Son nom est celui du village moderne plus bas. La position et la taille de la forteresse ne devaient pas passer inaperçues à l’époque de l’occupation arménienne, nous nous trouvons au cœur d’une zone stratégique, sur une route traversante Est Ouest reliant Karsanti (Aladag) aux Pyles de Cilicie. Ce constat permettrait d’avancer le nom de Bardzrberd correspondant à une trilogie de places importantes citées dans des récits : Molevon pour Milvan, Kopitar au centre et Bardzrberd pour Meydan. Chacun de ces forts servait de relais ou de refuge pour les voyageurs et les populations locales. Si vous souhaitez visiter d’autres sites dans votre journée… utiliser directement la route qui passe à l’ouest du lac depuis Adana en direction de Karaisali et d’Aladag. Depuis cette route, il faudra faire un léger crochet vers l’ouest et Meydan, le chemin d’accès se situe dans le village en contrebas de la route à gauche. L’accès au pied du pog est possible en véhicule 4×4, environ 20′, puis terminer à pied dans les sapins 10′. Position : 37° 31 N, 35° 23 E à 1450 m. R.C.

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Silifke 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 30, 2014

Silifke turquie Cilicie

Silifke turquie Cilicie

Le château sans porte, comme le mentionnent les rares guides touristiques qui en parlent. Idéalement situé à l’intersection de l’axe Nord Sud qui menait les croisés du plateau anatolien à la mer et Est Ouest sur la stratégique route de la côte méditerranéenne. Le lieu appartient déjà à l’antiquité, fondée par l’un des généraux d’Alexandre la ville se nommait Seleucia, après les premières invasions arabes, au IXe et Xe l’étau byzantin se resserre, les empereurs reconquièrent la région. Du XIIe au XIVe rôdent toujours les mêmes, la cité change de propriétaires, au gré d’alliances et de mésalliances entre les quatre protagonistes : Byzantins, Arméniens, Croisés (Francs et Teutons) au début puis Mamelouks à la fin. Parmi ces illustres, deux chefs Arméniens s’y distinguent, Levon Ie qui finit emprisonné à Constantinople et Levon II qui s’allie à Frédéric Barberousse récupère, pérennise et devient Levon Premier, premier souverain du royaume de Cilicie. Frédéric gardera un très mauvais souvenir de Silifke puisqu’il s’y noiera en 1190. Il accompagnait la célèbre troisième croisade qui regroupait également Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion et devait se confronter à Saladin, belle époque et grands hommes ! Le château s’étend sur plus de 200 m de long et 80 de large, sa colline domine la ville ancienne et son énorme citerne romaine. La construction agglomère un peu toutes les tendances, qui a pu poser les fondations, les Séleucides ou les Romains ? La grande enceinte, avec ses 10 tours, quoique ruinée demeure en place, un début de restauration voire de reconstruction est en cours, un travail « d’Allemand » sans doute, vu la qualité impeccable du parement. Heureusement, il semble arrêté. L’entrée du jour s’effectue sur la face Nord après avoir utilisé un long corridor. Une paroi double sur la longueur plus de la moitié la courtine la plus exposée. Allez voir en contrebas une grande citerne enterrée. La porte franchie, je ne retiens pas ma déception en embrassant un immense champ de pierres, il ne reste rien au centre, des pans de mur émergent, à côté une citerne, les bâtiments principaux sont à l’ouest. Depuis l’un des tas de cailloux, le point de vue circulaire donne la mer au sud, et rien que les montagnes aux alentours, ce ne sont pas les constructions qui obstruent la vue ! Faire le tour… les vestiges témoignent de vastes espaces couverts, nous avançons à l’intérieur de longues gaines en voûte d’ogive crevées par la ruine. Quelques belles salles basses voûtées demeurent au fond des tours. En dessous du mur sud, apparaissent les traces d’une première enceinte, elle devait cerner l’ensemble, un fossé séparait les deux murs. L’avantage indéniable du château de Silifke réside dans son positionnement périurbain, il dispose aux pieds de ses murailles d’un restaurant « d’altitude » qui accueille la population en goguette dans une ambiance festive de lampions et de brochettes ! R.C.

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Toprak 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 30, 2014

Toprakale Turquie Cilicie

Toprakale Turquie Cilicie

Sur la seule colline à la croisée de routes stratégiques, un grand château noir au bord de l’autoroute. Lieu de rencontre, tour à tour possession des Byzantins, des Mamelouks, des Arméniens, puis des Ottomans et même des Egyptiens, sans oublier le passage des Croisés. Le château occupe toute la sommité, avec une double enceinte, ses deux basses-cours, ses salles des gardes, ses longues écuries, tout est à l’échelle du site. Des dimensions qui ne ressemblent pas à celles des autres forteresses de Cilicie, mais évoquent plutôt une configuration de site isolé en pays hostile. Sa pierre noire de basalte et son implantation me rappellent les plus grands châteaux de Syrie. Henri Paul Eydoux associait volontiers le Krac des Chevaliers aux forts de Cilicie. Les Arméniens participèrent à la construction des forteresses franques, ils s’en inspirèrent dans l’édification des leurs. Trouver des similitudes entre Toprak et le Krac… peut-être sur le plan. L’allure générale évoque plus facilement le Marquab.
Parvenir jusqu’au château, omniprésent depuis la route principale, il ne requiert pas la traversée du village de Toprakale, poursuivez sur la nationale jusqu’au fléchage. Le stationnement s’effectue dans la première basse-cour en contrebas, l’entrée actuelle ne correspond pas à celle du Moyen-âge. Il existait deux autres poternes au sud et à l’est, doutons, car l’une était mal protégée, l’autre implantée dans un cul-de-sac. L’endroit vit depuis l’âge du bronze, des vestiges de village médiéval subsistent sur le flanc Ouest, la première forteresse daterait du VIIIe, à l’époque les arabes l’appelaient al-Kanïsah. De 1137 à 1337, fin de l’occupation arménienne, il change au moins huit fois de mains, les Egyptiens l’occupent jusqu’en 1491. Lorsque les Ottomans pacifient la région, Toprak devenu inutile, sauf pour les carriers, sombre comme ses pierres dans l’oubli. En pénétrant vient d’abord l’âpreté, puis la désolation augmentée par la chaleur, suivie de près par l’angoisse propagée par la bichromie du vert et du noir. Ni donjon, ni hautes tours, rien ne dépasse au-delà de deux niveaux, aucune construction au centre de la basse-cour. Les bâtiments couverts s’adossent à la courtine une disposition récurrente, nombre de salles ont conservé leur voûte. De longues écuries et celliers s’appuient sur le mur ouest, un espace entre le plafond de poutres et les voûtes permettait de stocker du fourrage, la galerie se terminent bizarrement par deux petites pièces enterrées sous la tour Sud-ouest. La fameuse, avec sa bande blanche horizontale, bien repérable, elle intrigue, et s’attribue aux Mamelouks plus soucieux du décorum de leur maison que les rustres montagnards Arméniens. D’autres endroits confirment cette idée, notamment dans le relèvement des niveaux avec des traces de maçonnerie plus soignée.

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Kis 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 30, 2014

kis turquie Ciliciekis turquie Cilicie

Une maison sur la colline, à des kilomètres à la ronde par-delà les vallées elle rayonne, pourtant la butte culmine à peine à 550 m. La fin de l’après-midi allait forcément nous gratifier d’un beau coucher de soleil.
Pas d’accès fléché, mais il est aisé, la plaine se ride et la campagne devient placidement vallonnée, depuis la route 750 en direction Cokak, prendre un chemin sur la droite monter dans les pâturages 1/4 h sur la crête, dans une courbe quitter le chemin, terminer à pied 20 mn sur un sentier de chèvres, le château reste toujours en vue. A nouveau peu d’information au sujet de l’occupation des lieux et de sa construction. L’attribution au passé arménien semble acquise par l’implantation dans cette zone géographique de la Cilicie, corroborée par un travail de maçonnerie caractéristique. Un appareil plutôt soigné, souligné par des pierres à bossage, le rythme des ouvertures et leur grande taille, une modénature de corbeaux sur la partie nord, et les proportions du bâtiment qui confèrent de l’harmonie à l’ensemble, voire de la préciosité. A l’écart de toutes routes importantes, il n’illustre pas la mégalomanie d’un chef de canton, modeste par sa taille de 30 m sur 12 de large, élevé sur deux niveaux, ceint d’une enceinte constituée d’un mur continu, sans tour, il ferait dans le genre résidence d’été. Il n’y a pas d’eau sur la colline, hormis un vague puits artésien insuffisant en cas de pénurie. La citerne se trouve sous les trois niveaux du corps sud, son alimentation s’effectue par un dispositif ingénieux. Sur la façade exposée au soleil couchant, à l’aplomb du mur une saignée descend de la toiture en se terminant sur une pierre saillante creusée en rigole, elle pénètre le mur et se mue en déversoir dans la citerne. Il fait bon à l’intérieur de la maison, dommage une odeur âcre flotte à tous les étages. Des siècles de crottes de mouton, forment à présent un tapis moelleux de plusieurs dizaines de centimètres. Les salles ont conservé leur voûte, certains escaliers sont toujours en place, mais il n’y a plus de toiture, l’aménagement dénote un certain standing, je pense reconnaitre une cheminée dans la grande salle du bas de l’aile nord. Sur la face Nord-ouest, au niveau supérieur, deux ouvertures alignées portent de curieux détails, l’une d’elle pouvait ouvrir sur une bretèche supportée par deux corbeaux, éventuellement une latrine, l’autre intrigue un peu plus. Il s’agit d’une baie complète surmontée d’un arc, vraisemblablement une porte, la particularité se trouve à deux rangs en dessous du seuil, dans un appareil de maçonnerie irrégulier, deux pierres semblent s’accorder pour une fonction que j’ignore, l’une parfaitement percée en entonnoir recevait peut-être une pièce de bois en rotation, l’autre simplement creusée pouvait bloquer le mécanisme. Un accès à cette hauteur ne paraît pas rationnel. Il me reste à vous parler de la vue qui, dit simplement, vaut tous les voyages en Cilicie et certainement bien d’autres. La gratification du soleil couchant allait au-delà glissant sur une étoffe légèrement plissée ondoyante comme ce paysage duveteux de blés murs qui retient déjà les ombres. Au milieu, le bleu du plan d’eau en devient même un révélateur, tout commence à s’éteindre les couleurs devenues soyeuses s’estompent avec l’infini dans la brume de la Méditerranée. A nouveau le chant du muézin, les néons clignent en s’allumant, dernier cri, dernier regard pour cet instant. R.C.

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Korykos 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Korikos 2005 Turquie (Cilicie) necropole

Nous aurions pu faire un reportage sur le tempérament sportif de la Fiat Albea essayée sur la route de la côte qui relie Antalya à Adana, cela vaut bien une « spéciale » dans le Tour de Corse. Seul inconvénient, nous roulons sur route ouverte avec les camions turcs fumants hors d’âge surgissant comme autant d’obstacles pour « faire un temps » entre chaque site touristique. A l’est le soleil se couche plus tôt, en arrivant à Korykos vers 17h, vous n’aurez plus le choix entre le château de terre et celui de mer. A 200 m de la plage l’île ne s’approche plus qu’à la nage, la compensation, nous profitons du Technicolor crépusculaire, une lumière jaune orangée enflamme les pierres sur un fond de mer bleu profond. Imaginons la baie 20 ans auparavant, son allure moyenâgeuse un peu sale mais inchangée depuis le départ des derniers Croisés. Aujourd’hui des buildings de plusieurs étages bordent le front Ouest de la magnifique plage, heureusement à l’est le château n’est pas encore encerclé. L’occupation de la baie de Korykos remonte à bien avant l’Antiquité. Lorsque les Arméniens en font leur deuxième port et construisent le fort au XIIe, les Byzantins, les Arabes et les Grecs utilisent déjà l’endroit, les stigmates de leur passé constellent les murs du fort. Colonnes, entablements, jambages, linteaux, stèles funéraires, bornes, portails proposent un nouveau jeu pour les promeneurs. Sampling à Korykos : identifie et attribue l’origine des pierres recyclées.
Un endroit stratégique pour les Arméniens, entre Silifke et Tarsus il protège l’accès côtier de la Cilicie. La plupart des historiens s’accordent sur la fondation du château actuel au début du XIIe, une époque trouble, les Croisés tiennent le lieu quelques années avant de se faire déloger par les Byzantins, les Arméniens craignaient les Mamlouks, les Chypriotes jusqu’en 1360 assurèrent le dernier rempart contre l’annexion définitive des Arabes. Quant aux Grecs, ils avaient édifié le premier fort dont les éléments se trouvent maintenant scellés dans les murs de ce que nous visitons. L’implantation de l’ensemble occupe un éperon barré, à mains d’hommes, le fossé taillé dans le rocher isole la forteresse. Doté d’une double enceinte en quadrilatère presque parfait le monument forme un ensemble puissant et élégant, des tours carrées encadrent et rythment les murailles. La ruine se porte bien, sa visite regorge de détails croustillants : d’abord dans les tours, avec des escaliers dans l’épaisseur des murs et des étages voûtés sur 2 voire 3 niveaux; un chemin de ronde préservé sur l’enceinte extérieure ; la porte de la mer avec vue imprenable sur la baie et le château de la mer, enfin toujours la mer qui pénètre dans le fossé en frappant ses flancs noirs, les hautes tours qui le bordent me ramènent au fossé de Saône. Dans la basse-cour les constructions de moins bonne facture sont bien plus abîmées, néanmoins de beaux vestiges permettent encore l’affectation des bâtiments, à repérer les trois chapelles (une seule date de l’époque arménienne). D’autres bonnes surprises, vous attendent de l’autre côté de la route, d’abord les premiers tombeaux creusés dans le roc juste en face du château. L’œil exercé repérera plusieurs bas reliefs illustrant des soldats plutôt romains. La promenade se poursuit en gravissant le plateau sur lequel s’étale sur plusieurs hectares une formidable nécropole du début de l’ère chrétienne. Oubliée de tous, sauf des agriculteurs qui déplacent régulièrement les sarcophages pour leurs plantations. A perte de vue, une plaine de coffres, certains conservent leur couvercle, d’autres brisés et renversés. Plusieurs anfractuosités dans le plateau accueillent des tombeaux rupestres. Le tableau se complète par des ruines imposantes, des bâtiments principalement religieux, certains formant un complexe important, d’autres disséminés émergent de l’étendue en friche. De nombreuses inscriptions sur les murs représentent une écriture gréco-byzantine, les sarcophages portent eux aussi des signes, mais d’influence romaine. R.C.

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Tece 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Tece Turquie Cilicie

Tece Turquie Cilicie

Après Korykos, la tour de Tece au milieu des champs et des plantations de citronniers ne mérite pas un vrai détour. Son implantation en bord de route, à la sortie du village sur une légère éminence, peut la rendre désirable tant elle est facile d’accès. Il ne reste plus que deux murs d’une tour maîtresse cernée d’une petite enceinte. Aujourd’hui, sa vue stratégique sur la mer et la côte est barrée par des immeubles campés le long de la route, derrière la plaine agraire vibre au soleil. Au XIIe la construction devait abriter un baron local et ses ouailles ou quelques caravanes en cas de troubles. Les Croisés y auraient séjourné, peut-être l’avoir possédée alors qu’ils gardaient le bord de mer. De loin la ruine promet, sur place il s’agit de quelque chose de d’assez succinct. En faisant trois fois le tour de près ou de loin afin d’être sûr de n’avoir rien oublié, j’ai remarqué certains détails que je vous livre. Le bâtiment comportait quatre niveaux : un premier voûté en berceau, accessible depuis le plan supérieur, puis un étage principal par lequel se faisait l’accès, un troisième également couvert par un plancher menait à la terrasse, plusieurs marches d’un escalier en pierre sont encore présentes. Le dernier niveau ne devait pas être couvert, la défense s’effectuait par un ouvrage en encorbellement supporté par des corbeaux toujours en place, comme un hourd avec des mâchicoulis. La structure, vraisemblablement en bois suivait le périmètre comme un chemin de ronde, pourquoi pas couvert ! Je ne me souviens pas avoir vu de tels aménagements sur d’autres châteaux de la région. Sur les murs, côté Nord, comment justifier de l’intérêt d’une archère, belle au demeurant avec son étrier, mais à côté de deux baies d’un mètre de large ? Sur le côté Est se trouve la porte, sous laquelle une lucarne éclairait la salle basse, un ouvrage en bois desservait l’accès. Les deux autres murs restent au sol, enfin le remplissage, car les blocs de parement à bossage se sont envolés. Pas d’histoire connue, nous repartons pour Lampron en haute montagne. R.C.

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Lampron 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Chateau de Lampron Turquie Cilicie

Chateau de Lampron Turquie Cilicie

La chaleur tombe, l’habitat prend des allures de village suisse, à 75 km de Tarsus la mer est un souvenir, nous avons traversé des vallées, roulé sur des hauts plateaux, emprunté des défilés, peu à peu l’ocre et la poussière font place au bleu et au vert. Un univers coquet de résidences secondaires disséminées dans la vallée, au milieu de ce paysage alpestre trône un formidable rocher. Il se voit à des kilomètres à la ronde, au dessus le château dont s’imaginent quelques superstructures. Mon œil exercé devient capable de déterminer la position d’un site sur le terrain. Lorsqu’il s’agit de trouver l’accès des constructions arméniennes, l’affaire se complique… Premier essai infructueux, nous atterrissons dans la cour d’un restaurant désaffecté en dessous de la terrasse Nord, la seconde tentative nous offre l’occasion de faire le tour complet du rocher au pied des falaises, après la visite du vieux village sur le flanc Ouest, des ouvriers nous indiquent le chemin. 20 mn à zigzaguer de terrasses en terrasses, inutile d’aller trop à gauche vous ne passerez pas, à droite dans un petit défilé monter l’escalier taillé dans le rocher, deux derniers lacets, nous voici dans une souricière à l’arménienne (2 portes à 90°). Sur la partie Sud très ruinée, des murs délimitent des enclos auxquels il est difficile d’attribuer une fonction. Le plateau très accidenté s’étend sur 400 m et plus de 120 de large, du haut de ses falaises il domine de 40 mètres le bourg et ses chalets suisses. Au centre, aucune trace de bâti, l’éperon Nord en léger surplomb supporte les constructions les plus attractives, cinq salles accolées, dont quatre toujours voûtées. La plus belle mesure 20 m de long, sa maçonnerie préservée dans un bel appareil de pierres jointives tranche avec la pierre à bossage plus courante.
Au registre des constantes, l’austérité et l’absence de décorum confèrent à tous ces sites l’appellation justifiée de fort, voire d’ouvrage purement défensif. Souvent établis sur des sites géologiques inaccessibles, ces châteaux se passaient de tours de guet ou de donjon.
L’histoire de Lampron, siège de la dynastie royale des Hétoumides, est reconnue, Claude Mutafian nous la raconte assez clairement. Malgré son isolement montagneux ce site exceptionnel proche des Portes de Cilicie excite toutes les convoitises. Les Grecs, avant les Byzantins auraient déjà fortifié le rocher. Les premiers seigneurs arméniens arrivent en 1070 depuis leur Arménie natale, la famille d’Apelgharip implantée d’abord à Paperon se divise, Lambron revient à Ochin, sa descendance est assumée en 1170 par son fils Hét’oum, ces petits princes indépendants continuaient de rendre hommage à l’empereur. Mais progressivement les Byzantins perdent la main. D’alliances en coups de main, la famille parvient à détenir les principales portes de la Cilicie, côté Taurus avec ces deux premières forteresses, côté Amanus avec Servantikar (Savranda) et Négir (Mancilik). Hélas, le premier souverain du royaume de la Petite Arménie ne sera pas un hétoumide mais un Roupénien, l’autre famille installée au nord à Vahga. La situation s’inversera lors d’un bon mariage en 1262. Après Hét’oum vient son fils cadet Constantin qui fait diversion en s’alliant aux Seljoukides, ses anciens amis arméniens se chargeront de le liquider en 1250, une affaire confuse. Son fils hét’oum reprend le château et sa fille Keran épousera le prince héritier Leon, leur fils nommé Hét’oum II devient roi en 1285. Vous avez suivi… Les vrais ennuis ne tardent pas à surgir, en 1300 la place subit une attaque musulmane, gros dégâts réparés vers 1310. La fin approche, vers 1337 les Karamanides s’emparent définitivement de la région, Paperon résiste encore 10 années jusqu’à sa chute en 1347, 30 ans plus tard le royaume de la Petite Arménie à cesser d’exister. Une garnison Mamelouks y stagne avant l’installation ottomane. Le calme revenu, les châteaux perchés s’oublient jusqu’à l’invasion de pylônes pour des relais émetteur. Immanquablement, la vue embrasse le paysage panoramiquement à 360°, vers le nord-est, au milieu d’un pâturage une autre grosse construction attire mon regard, je ne rêve pas, au zoom je reconnais une tour posée sur une pelouse, de surcroît peu ruinée. Vite au suivant, sans trop de regrets pour les restes de Lampron. R.C.

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Bogazpinar Sinap 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Bogazpinar Turquie Cilicie

Bogazpinar-2

Un vieux panneau tordu et gris indiquait bien Bogazpinar kalesi dans une descente 3 km avant Lampron, mais nous n’y prêtions aucune attention. En remontant, après la révélation de ce site improbable sur le tertre de Lampron, mon œil gauche lorgnait sur chaque route adjacente, je la retrouvais enfin au second passage. Rapidement la route se commue en chemin, tout d’abord au milieu de maisonnettes de villégiature, puis en pleine prairie. Elle se distingue de mieux en mieux aux détours des virages, une tour seule, posée sur un gazon en pente douce à 1270 m. En contrebas d’un gué, des nomades campent, roulottes, chevaux et tracteur, pas de berline allemande pour tirer la caravane. Des tronches noires comme leurs vêtements, une vieille femme bricole un feu pendant que des ados font brailler un chien, des hommes coupent du bois je reconnais la mélopée de la tronçonneuse. Laisser l’os en contrebas du château, en espérant que les gamins ne viendront pas nous casser les pieds. Solitude et ruine bucolique un vrai luxe, seul bruit, celui des clarines des moutons plus haut dans l’alpage. La construction est simple, un quadrilatère avec quatre tourelles pleines, la maçonnerie utilise essentiellement des pierres à bossage. Un périmètre d’archères ceinture l’édifice, trois par face, de belle facture avec un étrier à la base, à l’intérieur elles profitent de niches. Deux portes, l’une basse sur la façade aval pour le rez-de-chaussée, surmontée d’une bretèche qui la protégeait depuis le couronnement, trois corbeaux s’y maintiennent toujours. Sur la face amont à trois mètres, certainement la porte l’originelle destinée à l’accès principal. En général les entrées sans système de défense sont surélevées, ici, nantis de sa bretèche assommoir la porte basse se trouve en partie protégée. Autre supposition, il n’existe peut-être pas de circulation interne entre le niveau haut et le bas, je ne me le rappelle plus, une partie de la voûte a disparu. Les trois niveaux étaient voûtés, il faut y ajouter une terrasse. Désolation sans surprise à l’intérieur, reconverti en bergerie depuis plusieurs siècles sous un chaos de pierres et d’herbes, peu engageant. Les trois voûtes sont tombées en cascade. La salle basse demeure en partie couverte, aux niveaux supérieurs il ne subsiste que les arches. A l’extérieur je respire à nouveau, à 5 km le rocher de Lampron sort du paysage. Ne comptez pas sur l’histoire de la tour, simplement quelques réflexions. La relation avec le rocher en face est évidente, l’intervisibilité la justifie, destins scellés pourtant beaucoup d’éléments les opposent, le style presque élégant de Sinap, sa maçonnerie à bossage contraste avec l’appareil jointif de Lampron avec ses constructions hautaines scellées aux rochers alors que la tour se dresse en pleine pampa sans autres éléments défensifs. Un petit ouvrage d’interposition comme il en existe autour de chaque forteresse. Tellement improbable que je ne m’en lasse pas de cette tour dans sa prairie d’alpage. R.C.

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Softa 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Softa Kale Cilicie

Softa Kale Cilicie 2

Au bord de la route qui mène à Tarsus, 20 km après Anamur, la montagne s’avance sur la mer, l’ultime sommet dominant de 200 mètres supporte une vaste forteresse sur sa crête. L’enceinte défendue par de nombreuses tours et contreforts encercle toute la sommité dont un village. L’implantation se divise en trois espaces. Sur l’extrême protubérance à l’est, un réduit habité et fortifié surplombe la falaise. Sur le flanc Sud, plus exposé, deux enceintes se répandent dans un arrangement qui ressemble à celui de Yilan kale. Des tours carrées consolident la muraille supérieure, en dessous sur l’enceinte basse elles s’arrondissent évoquant la pratique Arménienne, au total plus de 100 mètres de courtines en bon état courent encore. Ici pas de belles pierres taillées, assemblées avec soin, le schiste ne se travaille pas facilement, mais l’appareil constitué de blocs irréguliers noyés dans le mortier, démontre toute son efficacité et sa résistance. Depuis son abandon, certainement au XVe, le château et ses murs se tiennent toujours debout. Ce type de construction s’apparente au travail des Byzantins, l’allure du château devait être déjà définie lorsque les Arméniens reçoivent la place en récupérant la région au XIIe. Pas d’information historique sur le lieu, stratégiquement cette implantation en bord de mer renforçait le dispositif de protection côtier d’accès à la Cilicie avant Silifke. Entre le XIe et le XVe, la position servit tour à tour aux protagonistes des environs : Byzantins, Croisés, Arméniens et Arabes qui le récupère avant 1266. 
La particularité du château se situe dans un élément structurel qui se retrouve aux encadrements des deux portes ainsi que sur les courtines, il s’agit de contreforts triangulaires adossés à la masse du mur. En forme d’éperon ou d’amande, les plus spectaculaires encadrent la porte du château haut. Un dispositif moins militaire que structurel, qui ne permet pas la défense par le couronnement, mais rigidifie la structure que l’irrégularité des blocs de schiste ne permet pas. Sur la colline écrasée par la chaleur, une heure trente d’ascension dans le maquis pour parvenir au sommet. Nous n’y sommes pas montés, trop chaud, trop long, nous avions passé beaucoup de temps à Mamur kalesi et nous devons avancer vers Silifke qui promet beaucoup, puis rouler encore deux ou trois heures sur cette maudite route de la côte en corniche, encombrée de camions asthmatiques. A Korykos deux châteaux nous attendent. Une journée difficile.
 Piètre compensation, assez vite, nous ferons un demi tour du piton en suivant la route, aux pieds des falaises j’ai photographié quelques maisons de paysans, en me disant que le temps ne passait pas aussi vite pour tous. Seules concessions contemporaines des bâches de polyane sur le toit d’un appentis. R.C.

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Mamur Kalesi 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

Mamur CilicieMamur Cilicie 2

Il a de l’ampleur ce premier château sur la route vers la Cilicie. Depuis Antalya deux jours déjà, sur la route de Mersin les ruines romaines absorbaient tout notre temps. Cette forteresse surdimensionnée me donne l’impression d’une seconde arrivée dans ce pays, nouveauté découverte différence, à Mamur la mer lèche la base de la courtine et des tours sont tombées dans l’eau. Pourtant, il n’est abandonné que depuis la fin de la première guerre mondiale. Au bord de la célèbre route 400 qui longe toute la côte méditerranéenne, combien de gars, vaillants aventuriers longèrent les murailles avant de se glisser dans la bleue profonde. La roche devient blanche et agressive, luttant contre la méditerranée, Frédéric Barberousse, même la frivole Aliénor s’y baignèrent. Vite avant qu’un bus de touristes germains vienne réveiller le site, nous payons une somme modeste avant de pénétrer dans la grosse tour carrée couvrant l’entrée. Le bel état du crénelage ravit les touristes, l’intérieur des tours ne les décevra pas non plus, les salles en grossière maçonnerie présentent bien. Ils pourront aussi monter et descendre à loisir depuis le couronnement des tours jusqu’aux salles basses, en passant par le chemin de ronde, sans oublier les galeries dans l’épaisseur de la courtine, il y a de quoi amuser les familles. De l’aventure et du risque également sur le côté ouest du bord de mer où tours et murailles se sont effondrées, les coursives s’arrêtent brutalement sur des effondrements de blocs encore maçonnés. Au centre, la basse-cour d’un bon hectare se sépare en deux sur toute sa longueur, il s’agit plutôt d’une extension du site vers la plage avec un rang de muraille supplémentaire posé sur un remblai, la similitude de maçonnerie incite à penser à des phases de construction proches. L’histoire se mêle à celle d’Anamur, la ville proche, au IIIe les Romains édifièrent un premier fort, repris et aménagé par les Byzantins, le château que nous visitons aujourd’hui daterait de la fin du XIIIe. L’époque des grandes constructions arméniennes bat son plein. Mamur, s’il s’inspire du savoir-faire arménien est bâti par un sultan Seljoukide, au XIVe il se retrouve temporairement aux mains des Croisés qui l’utilisent comme un poste avancé pour leur implantation chypriote. Récupéré et agrandi au XVe par les Ottomans l’occupation dure cinq siècles, apparemment pour se défendre de Chypre au large et de l’implantation anglaise au XIXe. Rendez vous dans la grosse tour Est, les voûtes des salles sont en moule de baba au rhum, la pile centrale abrite le conduit du puits et l’escalier l’enserre. Un bus vient d’arriver, un lot de touristes s’égaille dans la basse-cour, fissa, il est temps de faire le tour de l’impressionnant rempart aux mille et un points de vue. Régal de panoramas, entre mer et montagnes, presque en Technicolor pour les cinéastes qui l’utilisèrent pour leurs décors de films. R.C.

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Yilan 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

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Yilan Turquie Cilicie

L’emblème des châteaux de la petite Arménie, silhouette iconique du patrimoine de la province de Cilicie, les guides touristiques citent volontiers Yilan Kalesi, le château du serpent. La nuit, lorsqu’il jouit d’un éclairage, ses hautes murailles se découpent dans l’obscurité, la journée il émerge du nuage de poussière blanche de la colline voisine qui disparaît en poudre de carrelage. Au bord de la route principale qui traverse l’Anatolie, il affiche une fière silhouette sur sa colline, ses murailles et son équipement défensif restent en bon état. Comparez-le au Haut Koenigsbourg en Alsace, le lieu idéal pour la balade du dimanche après midi, dommage que la Turquie soit aussi loin. Facile d’accès, difficile de se tromper, la petite route depuis la nationale mène directement au parking, ensuite il faut un quart d’heure pour parvenir à la porte, évitez les heures chaudes. La progression vers le château me régale, les murailles successives se découvrent, les tours s’enchevêtrent. Dès la première enceinte, survient la puissance de la fortification et le respect qu’elle impose, flattant son propriétaire et impressionnant son hôte. Les constructions se concentrent sur un éperon de 200 m de long et 100 au plus large, le site se partage en trois parties auto défensives. Les enceintes basses protégeaient l’approche de la partie haute où se masse l’habitat. Les deux basses-cours parallèles, accrochées aux flancs du rocher, ne valent que par les lacets de leur belle muraille en pierres à bossage. Leurs deux portes, placées sur le même axe, sont défendues chacune par une tour. L’accès au plateau supérieur nécessite d’escalader plusieurs rochers, il devait y avoir une structure en bois : escalier ou pan incliné. L’entrée, remarquable de systèmes défensifs, se fait dans un châtelet encadré de deux hautes tours de trois niveaux, tout y figure : un système  défensif depuis le couronnement, l’assommoir en avant de la porte, la souricière avec ses deux ouvertures à 90 degrés. Passé cet ouvrage, la cour se découvre afin de laisser admirer l’intérieur de l’enceinte en parfait état, à gauche la voûte de la grande citerne dépasse du taillis, parfaitement fraîche. Sur toute la périphérie, des tours bastionnées ont conservé leurs salles basses voûtées. Sur les courtines, toujours dressés, les merlons en quartier de lune datent des aménagements réalisés par les Mamelouks.  Au centre un chaos de roches et de végétation dissimule les ruines de la chapelle, en contrebas une autre citerne, seul vestige de l’occupation du site à l’époque byzantine. L’ouvrage à demi enterré, se double d’un parement de  briques, vous y verrez également une rigole de récupération des eaux. Avant de sortir, pénétrez à l’intérieur des tours du châtelet, il y subsiste de belles voûtes. L’histoire manque cruellement, à ce site aussi prestigieux, inconnu également son nom médiéval. Certains détails architecturaux  dont une clé de voûte de la porte principale permettraient de dater certaines parties de la construction, contemporaine du règne de Levon Ie maître du royaume à la fin XIIe, la grande époque des châteaux de Cilicie, rien de sûr. R.C.

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Anavarza 2005 Turquie (Cilicie)

Posted by R C le octobre 29, 2014

 

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Anavarza Turquie Cilicie

 

La grande plaine fertile s’étend des contreforts du Taurus au rivage. Plantés sur leurs pitons isolés, les forts dérident les ocres de la monotone platitude fondue par le soleil. Au nord-est d’Adana plusieurs sites se dressent ainsi, se surveillant entre eux. La falaise d’Anavarza se distingue à plus de 20 km à la ronde, depuis Toprakale elle flotte sur l’horizon voilé. En parvenant sur ce lieu, dominés par l’immense barre qui culmine à 200 m, les restes de constructions romaines s’étalent dans une belle prairie verte broutée par des moutons. Après un pauvre village, l’accès au site s’effectue au sud, juste avant la passe entre les rochers, si vous ne souhaitez pas vous faire importuner laisse votre auto près des rochers et grimpez fissa, avant qu’un vieux trésorier turc jovial et transpirant l’oignon ne vous repère. Plusieurs marches taillées et des fragments de bâtiments entament l’ascension au pied la colline. 30 longues minutes d’ascension sous un soleil bien lourd nous amènent au bord du plateau. Ici débute la première enceinte, un mix arabe, byzantin et arménien qui augure le réemploi dont ils vont user un peu plus loin, n’oublions pas le travail des Mamelouks qui occupent le site jusqu’au XVe. Passée la porte, s’étend une vaste prairie de laquelle émerge une chapelle arménienne. Le volume du bâtiment demeure, ses trois nefs accolées s’écroulent mais une voûte en cul-de-four porte encore des traces de pigments. A 400 m, sur une bande étroite en surplomb, ceinte de murailles, comme un monument il y a le château, isolé du plateau par un fossé. Imposante masse de pierre qui atteste de sa très ancienne occupation, corroborée par le recyclage de blocs d’époques antérieures, principalement dans les soubassements, frises d’attique, corniches, colonnes, chapiteaux se retrouvent mêlés sans dessus dessous. Un caractère récurrent dans les constructions arméniennes où la rapidité de construction et l’efficacité prévalent. Autour de ce second plateau les nombreuses constructions longent la courtine. Depuis l’une des baies du donjon, 150 m plus bas se dessine le tracé de l’enceinte romaine, je devine le plan de l’ancienne cité vespasienne, les moutons comme des poux blancs s’accrochent à la pelouse remarquablement verte dans l’aride monotonie. Vers l’extrémité nord, la dernière partie de la barre épouse une arête rocheuse qui serpente, monte et redescend, file en emmenant 500 m de muraille. D’une ville romaine devenant capitale de la petite Arménie, Anavarza trépasse aujourd’hui comme un simple village. Après cinq siècles d’occupation romaine, ruinée par les conquêtes arabes en 824, reconquise par les Byzantins, les Croisés y séjournent, puis les Arméniens l’élisent capitale de leur petit royaume jusqu’en 1186, avec quelques vicissitudes, ils tiennent de 1111 à 1374, date de la capture par les Mamelouks, l’abandon survient avec la pacification ottomane.R.C.

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La roche Guyon 2009 France (Val d’Oise)

Posted by R C le octobre 15, 2014

 

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Des histoires pour tous. Au IIIe siècle, une chapelle troglodytique commémore le martyr de Saint Nicaise décapité dans les environs. Le cardinal de Rohan l’aménage et la reconsacre au XIXe. 1944, dans le socle de la falaise, Rommel creuse son QG. En 1109, tentative de prise par les Normands qui assassinent le duc et sa famille, intervention royale salutaire. Domination anglaise à l’issue du siège de 1419, ils y séjournent 30 ans, à la reconquête l’incorporation au royaume dévalue l’intérêt stratégique, fin de l’ère militaire. Pendant le XVIIIe, Madame d’Enville et son père le duc de la Rochefoucauld transforment la forteresse médiévale en palais. Lieu de villégiature proche de Paris, il accueille lettrés et penseurs jusqu’à la fin du XIXe. Le lecteur de Bandes Dessinées retrouve dans « le piège diabolique » de E.P. Jacobs, les ruelles et le vieux donjon qui surplombe depuis la crête la Seine et son île. Tout paraît débuter dans la falaise avec un calcaire tendre, facile à creuser, le premier château est en négatif ! Invisible, sans prestige, mais efficace avec sa vue imprenable sur une large boucle de la Seine, voie de passage incontournable entre la Normandie et le royaume. La Roche-Guyon appartient à la rive Est de l’Epte, en zone frontalière sensible la position stratégique implique les grands aménagements du XIIIe, en haut et en bas de la falaise. Dès la fin du XIIe, les travaux se portent sur la crête, construction d’une tour de cinq niveaux pour 35 m de hauteur. Démolie en 1793, elle culmine toujours à 18 avec seulement deux étages. Une double enceinte la protège, le premier rang se considère comme un mur chemise surtout en direction du plateau, à peine deux mètres distancent les parois. La seconde enceinte un peu plus large, ménage une petite basse-cour qui s’approche au plus près de la falaise. L’accès au donjon s’effectue traditionnellement au premier étage, à l’intérieur pas de voûtes simplement des planchers. Depuis la terrasse, une belle vue verticale sur l’ensemble du château illustre toute l’histoire de son développement, du XIIIe au XIXe. La ruine est passablement entretenue pour annihiler tout émoi, heureusement l’escalier souterrain glisse un peu de mystère, si tu l’empruntes seul. L’ouvrage reliait le poste de défense du plateau au nouveau château bas. Construit au niveau du fleuve, adossé à la falaise, muni de tout l’attirail militaire du XIIIe il disparaît en partie sous les ajouts et plaquages des XVIIe et XVIIIe. De la fortification, plusieurs stigmates demeurent visibles, amusez vous à retrouver des traces de herse, d’assomoir ou du chemin de ronde. Je recommande la visite de La Roche-Guyon en hiver, le site vide de touristes suinte le calme humide du fleuve et de ses brumes, les souterrains restituent toute la chaleur de la terre. R.C.

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Montcornet 2010 France (Ardennes)

Posted by R C le septembre 24, 2014

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Tout autour, d’humbles maisons ardennaises donnent la mesure au gigantisme de la forteresse. Un mastodonte de pierre isolé sur un éperon. La métaphore n’est pas vaine, en voici ses principales dimensions : le rocher pointe depuis le nord vers le sud sur 170 m et 50 de large, la masse du corps d’habitation fait ses 50 sur 50, enfin aux trois niveaux encore perceptibles, il faut y ajouter un quatrième, sans oublier des toitures suffisamment pentues et recouvertes d’ardoises. A la fin du XVe, la « bête » est défendue comme un porte-avions, à Montcornet toute la modernité des systèmes défensifs est représentée. Riche, longue et éloquente liste : boulevard défendu sur 3 niveaux par 18 archères et bouches à feu, châtelet, double pont-levis dont un piétonnier à bascule, gaine de circulation avec des postes de tir à la base des murailles, à tous les niveaux des canonnières certaines avec évents, tour à orillons et plateforme d’artillerie. A l’extrémité Sud, la dernière tour mesure plus de 16 m de diamètre sur 4 niveaux, isolée de la basse-cour par un fossé, et fermée par un pont-levis. Le site géologique est remarquable, un simple fossé au nord détache le long rocher du plateau. L’occupation dès le néolithique semble confirmée, suivent les périodes gauloise et romaine, enfin sous les Carolingiens lorsque naissent les premières infrastructures militaires. Durant les Xe et XIe siècles des seigneurs du Porcien engagent des travaux de fortification, s’appelaient-ils déjà Montcornet ? Ces derniers tiraient leur richesse de forêts au nord et d’un péage installé sur la Meuse à Deville, vers le sud ils possédaient les plaines agraires de la Sormone. La lignée, depuis Hugues, se poursuit jusqu’en 1295. A l’occasion d’un mariage, les Miles de Noyer deviennent propriétaires, pauvre famille qui s’implique dans la Guerre de Cent Ans et se ruine en rançons. En 1446, la seigneurie se vend avec le château en mauvais état, à Antoine de Croy. Ce que tu contemples actuellement date de cette période. Tour à tour les propriétaires contracteront des alliances avec le duché de Bourgogne et le royaume, le domaine se situe à mi-chemin, entre un Hainaut bourguignon et une Champagne française! Cette place stratégique ne semble pas avoir souffert de sièges ou de combats, elle passe d’une main à l’autre par alliance ou rachat. Ainsi, Charles de Gonzague à la belle époque de Charleville acquiert le château, dans la seconde moitié du XVIIIe il parvient au duc d’Aiguilllon qui le fait démantelé. Abandonné, il végète, les pierres s’échappent, redécouvert par le curé du village au milieu du XXe siècle, des chantiers de jeunes s’organisent pour déblayer la cour et les boyaux. Humble renaissance sans fastes et sans grands moyens, il se conserve comme une belle ruine. Un peu à l’écart, Montcornet appartient aux chemins du « Pays où l’on n’arrive jamais », traversé seulement par la départementale secondaire qui relie Arreux à Renwez, d’autres voies existaient, aujourd’hui elles finissent par se muer en chemins boueux un peu gras. Ici, il pleut souvent. Fermé en hiver, un peu plus ouvert à la belle saison. R.C.

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La tour du meix 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 24, 2014

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Route d’Orgelet vers Moirans, Alt 520 m. Un front de mur percé de quelques grandes ouvertures émerge d’une crête boisée, en surplomb du village. A peine 10 mn pour rejoindre la plateforme, l’éperon est barré au nord. Le site fait partie de la ligne de défense, déjà évoquée pour Onoz et Coutterez, qui borde la route pénétrante, menant depuis Genêve vers la Bourgogne. Dès le IXe, le prieuré de Saint Christophe, dont l’actuelle église fait partie, se fortifie. Un ouvrage en bois sur l’éperon s’imagine, à quelques kilomètres, à Largilay une tour sur pilotis dominait la nécropole. Le premier château date du XIIe, l’abbé de Saint Claude en autorise la construction à Aymon de Revigny, mais son fils reniant tout lien de suzeraineté entraîne la région dans une guérilla, achevée par la destruction du château. A cette époque le bâti se situe sur la motte la plus élevée, avec un donjon et un logis accolé. Au milieu du XIIIe, l’abbaye recouvre son bien et le reconstruit. Certainement malmené lors du passage des troupes de Louis XI en 1479, le château est réaménagé. La partie Sud, la plus emblématique aujourd’hui, porte encore les stigmates d’un raffinement dans la maîtrise d’œuvre. L’édifice agrandi par un long corps de logis de 45 m sur 8 s’éleve à plus de 20 m, il sert de résidence aux abbés ainsi qu’à leur sulfureuse suite. Le palais remarquable, ouvre sur la vallée qu’il domine. Il offre aujourd’hui les plus beaux vestiges, parfaitement remaçonnés ils jouissent d’un entretien régulier. Au registre des détails architecturaux marquants, quatre grosses consoles constituées de pierres bouchardées s’avancent sur le vide, elles devaient supporter une galerie et ménager un point de vue exceptionnel. Sur la butte primitive, le vieux donjon et ses dépendances sont submergés de végétation. En effectuant le tour de l’enceinte du côté Est, à travers les buis apparaît un reliquat de muraille, elle protégeait le château d’une prairie en contrebas certainement occupée par des constructions au Moyen-âge. La ruine survient après la guerre de Trente ans, en 1637 le duc de Longueville occupent la Tour du Meix, village, moulin, église et palais sont incendiés. Certaines pièces restent entretenues pour entreposer les revenus de la Dîme durant plusieurs années. R.C.

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Présilly 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 9, 2014

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Décidément les environs d’Orgelet sont prodigues en ruines, le bourg lui-même anciennement fortifié, t’engage à déambuler vers ses manoirs ou ses vastes maisons grises. Une remarquable austérité règne sur ces hauts plateaux qui s’efface sous la neige et le soleil. Simple détour afin de bâtir l’ambiance, celle de la fin étirée d’une belle journée d’hiver, quand le soleil disparaît derrière la forêt, laissant se noircir les blocs du champ de ruines. Soudain, un bruissement lourd suivi d’un hululement t’avertissent, ce n’est plus ton heure. Pourtant, il s’agit certainement de la plus opportune, à la vue des infrastructures festives en bois cartonnées disséminées sur le terre-plein. Avec peu d’imagination, elles te propulsent dans l’ambiance du fort au XVe, des cabanes et des cases entassées à quelques pas des remparts. Présilly revient de loin selon Henri-Paul Eydoux, égoïstement je me demande s’il n’aurait pas dû y demeurer, au milieu de ses broussailles ! Si tu fais abstraction des installations du son et lumière, de l’éclairage nocturne des remparts, de l’impossibilité d’accéder aux derniers espaces couverts, in fine, si tu te contentes de l’aspect extérieur, alors tu éprouveras un peu de compassion pour ces vestiges pacifiés. Le château féodal le plus beau et le plus fortifié du Jura connaît trois lignées ; les Dramelay jusqu’au début du XVe, Nicolas Rolin et son fils, puis la famille de La Baume dès la fin du XVe qui le conserve jusqu’en 1678. Lors de la tentative de ré annexion de 1479, les troupes de Louis XI investissent le château qui ne semble pas en avoir souffert. 1637 paraît plus fatal, la place est pillée par les Français, elle s’en relève difficilement pour subir le coup de grâce en 78, l’état de ruine est avéré dès le début du XIXe. Remercions Nicolas Rolin, grand argentier du Duc de Bourgogne, sans sa fortune Présilly aurait connu le sort des petites seigneuries voisines, pas de modernisation et un abandon probable dès le XVe. L’enceinte polygonale, voire patatoïde, du XIe se maintient, implantée sur une ligne de crête elle domine une plaine agricole avec au milieu la route de Lons à Orgelet. De plain pied avec la colline, un fort mur bouclier épaulé par un donjon carré, renforcé par un fossé, défendent le front Est. A l’extérieur prometteur répond un intérieur vide et désolé. Dans leur inventaire de 1830 Taylor et Nodier évoquent une chapelle, une tour avec un balcon, de larges fossés, aujourd’hui la signalétique en fait heureusement le commentaire. Les ouvrages d’accès sont de loin les plus intéressants, dressés au XVe il s’agit d’un bel exemple des avancées militaires du moment. Plaquée devant l’ancienne porte, une tour porche de deux niveaux abrite les deux ponts-levis, l’un piéton, l’autre pour les attelages. La salle des gardes à l’étage, conserve toujours les jambages et le manteau d’une grande cheminée. Isolée de l’ensemble par le fossé, l’imposante barbacane équipée d’embrasures de tir formait le premier front.
L’ouvrage assez ruiné, adopte une extrémité exposée en forme d’éperon qui se distingue encore. Avec ses hautes courtines, son donjon aux parois de trois mètres, Présilly ainsi défendu n’aurait craint que dieu et les forces royales. R.C.

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Couterrez Marsonnay-Largillay 2010 France (Jura)

Posted by R C le septembre 9, 2014

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Couterrez-Marsonnay-Largillay-ruines-R.Crozat

Il suffit de raconter une histoire pour que des langues se délient, en évoquant ma visite d’Onoz, un ancien habitant de Marsonnay me balance qu’il connaît, lui aussi, un château oublié. Juste au-dessus de sa maison, la colline boisée de Coutterez supportait des fortifications. A vol d’oiseau cinq km distancent les deux sites, configuration et accès identiques, aucun repère extérieur, pour y parvenir il faut connaître l’endroit. Depuis Orgelet, prenez la D49, avant de plonger vers Marsonnay empruntez à droite un chemin longeant le bois, il monte doucement avant de rejoindre un chemin de débardage à flanc de montagne, à 500 m il faudra tirer tout droit vers le sommet en traversant des boqueteaux de buis. Arrivée sur un plateau, je distingue une nouvelle éminence protégée par des haies, à nouveau des grands buis. Le château se trouve au milieu d’un gigantesque buisson, un premier talus avec quelques empilements de pierres matérialisent un premier rempart. Sur la butte, altitude 620 m, l’enchevêtrement caractéristique des ruines et de la végétation laisse deviner plusieurs moignons. Un pan de mur de la seconde enceinte contient encore une meurtrière, la niche intérieure tient encore. L’appareil semble plus grossier qu’à Onoz mais la configuration est similaire, un mur de soutènement à mi pente surmonté d’une ouverture, ici pleinement défensive. Combien de temps tiendra t’il ? Le parement inférieur est manquant. Pas d’éperon barré ici, une enceinte circulaire, autour d’un gros rocher qui supportait une tour carrée d’environ cinq mètres de côté. Aux angles, les chaînages s’élèvent encore sur un petit mètre. Vers le sud, sur la deuxième enceinte un pan de mur d’au moins quatre mètres se dresse parmi les arbres, un gros lierre maintient un ensemble dont quelques pierres perchées ne demandent qu’à rejoindre la roche mère. Le lieu abrite une colonie de sangliers, nous venons de les déloger, ils occupent même le donjon ! En redescendant, le premier niveau de défense est parfaitement appréhendable, à l’ouest des traces de murets témoignent de bâtiments accolés aux courtines. Vaste emprise, au-delà de la muraille s’étend un plateau sur lequel reposaient des habitations, aucun relief visible. Toujours sur le versant Ouest, à 100 m du rempart se trouve un puits, aujourd’hui comblé. Les archéologues semblent avoir oublié le château au profit d’une nécropole mérovingienne sur la colline voisine. Déjà mentionnées au XIXe, des tombes du VIIe siècle ont été découvertes lors de l’extension de la carrière. Le site représente 300 emplacements, seule une cinquantaine a été fouillée.
Situé sur un axe de circulation qui permet la traversée du Jura, l’occupation du site de Largillay remonte à l’époque romaine. Au XIIe, l’abbaye de Château Chalon l’administre. Sans précision de localisation, autre que sur ces sommités, une église aurait été édifiée sur un temple antique et un camp retranché baptisé « mur des Sarrazins » peut-être à l’origine du château. Sa destruction est vraisemblablement contemporaine de celle d’Onoz, il reste à en déterminer la période : guerre de Cent ans, tentative de ré annexion de Louis XI ou guerre de Trente ans ? 1479 serait le plus plausible, l’allure des vestiges vaut bien cinq siècles d’abandon. Les fermes au pied de la colline portent dans leurs murs et aménagements des pierres de réemploi. R.C.

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Onoz 2010 France (jura)

Posted by R C le août 25, 2014

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« Demain je t’emmène voir un château perdu dans la forêt, personne n’en soupçonne l’existence », quel passionné résisterait à pareille invitation. Rendez-vous à Orgelet direction Onoz. Un village de 82 âmes, perché à 580 m sur un plateau de la Petite Montagne. Tout est recouvert de neige, en avant des premières habitations nous empruntons une petite route qui descend vers la Louvatière, un lieu-dit campé par une grosse ferme. Il faut marcher un bon quart d’heure en suivant certainement l’ancienne rampe d’accès à la crête, première épingle, à la suivante arrivée sur une petite esplanade. Matérialisation de la première enceinte par un début de jambage de porte, la plateforme est terrassée par un mur de soutènement. En progressant sur l’éperon, tu t’aperçois que le côté Est surplombe toute la vallée de l’Ain avec un méchant dénivelé. Deuxième enceinte, un talus comporte les traces de soubassements d’un mur. Nous sommes à 630 m, à peine 30 m au dessus du plateau d’Onoz mais à plus de 200 m sur l’autre versant. Le plus beau vestige se situe sur cette face : un pan de mur, principalement en fondation, surmonté d’une petite baie verticale. Aucun biais, mais une feuillure sur la paroi interne, il ne s’agit pas d’une ouverture défensive. La construction fait un saillant au nord, à demi enterrée une arcade en plein cintre avec ses voussoirs en place couronnerait bien une poterne. Disposition plausible sur cette face escarpée et moins exposée. En poursuivant vers le sud, la déclivité augmente, nous retrouvons des éléments fortifiés qui bordent une faille accentuée par un travail manuel. En bas, des tailles régulières dans le rocher correspondent à l’activité des carriers. Sur l’éperon, nous distinguons les restes d’un mur bouclier et d’une tour carrée, en contrebas ceux d’une porte avec vraisemblablement dans une pierre le logement pour une poutre de fermeture. Mon guide m’affirme qu’une seigneurie d’Onoz est mentionnée. La construction daterait du XIIe en défendant une voie de traversante du Jura. Une ligne de fortifications s’étend jusqu’à Lons le Saunier, pas moins de quatre sites répartis sur 10 km de crête : Onoz, la Tour du Meix, Largillay, Pont de Poitte, sans compter quelques autres à l’approche de Lons ! Tous ruinés, soit depuis le passage des routiers au milieu du XIVe ou lors de la tentative de ré annexion de la Franche Comté par Louis XI en 1479, quand les fortifications du bourg d’Orgelet sont détruites. Dernière hypothèse, pendant la guerre de Trente ans, en 1637 Orgelet est brûlé, la Tour du Meix démantelée. La Franche Comté et le jura reviennent au royaume en 1678 lors de la signature du traité de Nimègue. R.C.

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Marthon 2009 France (Charente)

Posted by R C le août 8, 2014

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Une période faste pour l’occident que la fin du XIIe, le réchauffement climatique abordé pendant les X, XIe et XIIe siècles profite à tous. L’enrichissement des petits seigneurs locaux se traduit bien souvent par une transformation en dur de leur motte castrale. Dans le Sud-ouest, les partis français se heurtent aux Anglais, lors de son retour des croisades et de sa captivité Richard Cœur de Lion n’a de cesse que de récupérer les terres des Plantagenêt. L’insécurité favorise la multiplication des positions féodales. La construction du château de Marthon serait à l’initiative d’un vassal du comte d’Angoulême, un hobereau suffisamment puissant, descendant de la lignée des Montbron. Une situation importante, les vestiges de la tour réduite à sa moitié sont encore conséquents. Dans le village, au pied de la motte, une grande chapelle sur deux niveaux est en cours de restauration, l’édifice accueillait au rez-de-chaussée les pèlerins, l’étage étant réservé au châtelain. Faisait-elle partie de l’enceinte ? Quelques traces de mur subsistent autour de la butte, des habitations sur ses flancs rendent difficile l’évaluation. Le Donjon s’élevait jusqu’à 30 mètres, 15 aujourd’hui, trois niveaux sont encore identifiables, tous voûtés. Au sol, le plan est quadrangulaire avec des contreforts plats, une disposition fréquente dans la région, voyez Rilhac-Lastour au sud de Limoges. La distribution se répartit traditionnellement : au rez-de-chaussée une salle ronde couverte par une coupole, espace de stockage accessible par le premier étage. Ensuite l’étage noble, puis au second une salle de garde, dans chaque pièce une cheminée, un escalier à vis desservait les étages. Extrêmement remise en état, palliant les intempéries et la chute intempestive de pierres, la tour du Breuil manque cruellement de charme. Fort heureusement, le village avec ses maisons amassées sous la colline forme un ensemble agréable. Il se dit qu’en 1347 les Anglais détruisent le château, seule la tour demeure, dans l’appareil des traces de reconstruction sont visibles. Son occupation perdure jusqu’à la fin du XVIIIe, à partir du XVIe lors de l’édification du château neuf dans le bas du village la vieille tour devient une prison. Pendant la Révolution, la famille de Montbron qui avait acquis la seigneurie de Marthon perd l’affaire, vendue comme bien national, l’abandon entame sa ruine définitive, jusqu’à la mise sous cloche il y a dix ans. Dans le village, une autre attraction mérite un examen, néanmoins inaccessible. Une grosse bâtisse néo-classique qui rappelle le style haussmannien dissimule le fameux château neuf du XVIe. Des gravures anciennes montrent un manoir renaissance inachevé, auquel il manque une toiture et une aile. Le maître d’ouvrage est Hubert de La Rochefoucauld, la famille possédait la seigneurie de Marthon, dont la vieille forteresse. A son décès, la construction s’arrête le plongeant vers une destinée proche de son aîné, un abandon progressif. Au XIXe, un autochtone devenu député, M. Raynaud achète le manoir ruiné. Reconstruction intégrale, les vestiges renaissance sont digérés dans le nouveau projet. RC

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Piégut 2009 France (Dordogne)

Posted by R C le août 8, 2014

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Un château de plus dans cette région aux marches du royaume. Dépendant de Nontron, la châtellenie de Piégut fait partie du Limousin. L’occupation de cette motte naturelle « remonte », un ouvrage en bois a certainement précédé le premier château en pierre du XIIe. Lorsque Richard Cœur de Lion sort de captivité en 1199, il revient en Limousin faire son marché, sur son chemin Nontron et Piégut sont pris et pillés. L’histoire aurait pu se prolonger s’il ne s’était fait fléché à Châlus. La place, reprise par les Français, retourne dans le giron des vicomtes de Limoges. De nouvelles fortifications, dont la tour, sont entreprises vraisemblablement pendant le XIIIe. Elle présente des similitudes avec celle de Châlus, élevée par les Maulmont à la même époque. Les proportions sont semblables, 23 m pour 7 de diamètre ici, et 40 par 10 à Châlus, un rang de corbeaux pour mâchicoulis les couronnait. L’historique proposé sur le panneau de reconstitution donne trois dates de sièges ou de batailles : 1364 le retour des Anglais, 1591 la Ligue pendant les guerres de religion et 1594, la jacquerie quand passe une bande de croquants, enfin la ruine au XVIIIe. Piégut est avant tout un édifice militaire, plus qu’une résidence, au XVIle le château a perdu tout son intérêt stratégique. Qui peut se prévaloir d’une tour dominant toute la région, mais à peine habitable ?   L’édifice se situe à la périphérie du village, au pied de la motte s’étend une esplanade célèbre par son marché du mercredi, une institution qui date du XVIIe. Un premier mur flanqué de tours ceinturait la butte, ensuite une seconde enceinte défendait un étroit logis ramassé à la base du donjon, son emprise est restreinte, le bâti s’étage sur trois niveaux. Les derniers remaniements dateraient du XVe siècle, peut être la tour d’escalier, dont un pan de muraille toujours debout est percé de larges ouvertures. L’ensemble est largement remaçonné, un peu trop, devoir de précaution pour le public. L’appareil en granit diffère de ses voisins en pierre de taille et schiste, nous sommes à la limite du Périgord granitique. Le site est parfaitement entretenu, ouvert à tous. La restauration semble récente, le principal intérêt reste l’ascension des 23 m avec la vue qu’ils procurent. Pour votre information, la région regorge de ruines, la plupart d’un intérêt secondaire, soit par la taille : ici à Piégut ou à Châlus Maulmont ; par la pauvreté de restes largement bétonnés : à Des Cars ou encore à Marthon ; par le bouclage à Rilhac, Pranzac, Lavauguyon, Châlus Chabrol. Au loisir de cet itinéraire, si vous avez la chance de pénétrer à Lavauguyon vous ne regretterez pas votre journée. Les moins passionnés, avides de restauration parfaite à l’anglaise, s’enverront benoîtement près de Bournazac, la visite de Montbrun qui se mire si fièrement dans son étang. RC

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