Ruines de châteaux

plus de 250 sites dans 17 pays

Onoz 2010 France (jura)

Posted by R C le août 25, 2014

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"Demain je t’emmène voir un château perdu dans la forêt, personne n’en soupçonne l’existence", quel passionné résisterait à pareille invitation. Rendez-vous à Orgelet direction Onoz. Un village de 82 âmes, perché à 580 m sur un plateau de la Petite Montagne. Tout est recouvert de neige, en avant des premières habitations nous empruntons une petite route qui descend vers la Louvatière, un lieu-dit campé par une grosse ferme. Il faut marcher un bon quart d’heure en suivant certainement l’ancienne rampe d’accès à la crête, première épingle, à la suivante arrivée sur une petite esplanade. Matérialisation de la première enceinte par un début de jambage de porte, la plateforme est terrassée par un mur de soutènement. En progressant sur l’éperon, tu t’aperçois que le côté Est surplombe toute la vallée de l’Ain avec un méchant dénivelé. Deuxième enceinte, un talus comporte les traces de soubassements d’un mur. Nous sommes à 630 m, à peine 30 m au dessus du plateau d’Onoz mais à plus de 200 m sur l’autre versant. Le plus beau vestige se situe sur cette face : un pan de mur, principalement en fondation, surmonté d’une petite baie verticale. Aucun biais, mais une feuillure sur la paroi interne, il ne s’agit pas d’une ouverture défensive. La construction fait un saillant au nord, à demi enterrée une arcade en plein cintre avec ses voussoirs en place couronnerait bien une poterne. Disposition plausible sur cette face escarpée et moins exposée. En poursuivant vers le sud, la déclivité augmente, nous retrouvons des éléments fortifiés qui bordent une faille accentuée par un travail manuel. En bas, des tailles régulières dans le rocher correspondent à l’activité des carriers. Sur l’éperon, nous distinguons les restes d’un mur bouclier et d’une tour carrée, en contrebas ceux d’une porte avec vraisemblablement dans une pierre le logement pour une poutre de fermeture. Mon guide m’affirme qu’une seigneurie d’Onoz est mentionnée. La construction daterait du XIIe en défendant une voie de traversante du Jura. Une ligne de fortifications s’étend jusqu’à Lons le Saunier, pas moins de quatre sites répartis sur 10 km de crête : Onoz, la Tour du Meix, Largillay, Pont de Poitte, sans compter quelques autres à l’approche de Lons ! Tous ruinés, soit depuis le passage des routiers au milieu du XIVe ou lors de la tentative de ré annexion de la Franche Comté par Louis XI en 1479, quand les fortifications du bourg d’Orgelet sont détruites. Dernière hypothèse, pendant la guerre de Trente ans, en 1637 Orgelet est brûlé, la Tour du Meix démantelée. La Franche Comté et le jura reviennent au royaume en 1678 lors de la signature du traité de Nimègue. R.C.

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Marthon 2009 France (Charente)

Posted by R C le août 8, 2014

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Une période faste pour l’occident que la fin du XIIe, le réchauffement climatique abordé pendant les X, XIe et XIIe siècles profite à tous. L’enrichissement des petits seigneurs locaux se traduit bien souvent par une transformation en dur de leur motte castrale. Dans le Sud-ouest, les partis français se heurtent aux Anglais, lors de son retour des croisades et de sa captivité Richard Cœur de Lion n’a de cesse que de récupérer les terres des Plantagenêt. L’insécurité favorise la multiplication des positions féodales. La construction du château de Marthon serait à l’initiative d’un vassal du comte d’Angoulême, un hobereau suffisamment puissant, descendant de la lignée des Montbron. Une situation importante, les vestiges de la tour réduite à sa moitié sont encore conséquents. Dans le village, au pied de la motte, une grande chapelle sur deux niveaux est en cours de restauration, l’édifice accueillait au rez-de-chaussée les pèlerins, l’étage étant réservé au châtelain. Faisait-elle partie de l’enceinte ? Quelques traces de mur subsistent autour de la butte, des habitations sur ses flancs rendent difficile l’évaluation. Le Donjon s’élevait jusqu’à 30 mètres, 15 aujourd’hui, trois niveaux sont encore identifiables, tous voûtés. Au sol, le plan est quadrangulaire avec des contreforts plats, une disposition fréquente dans la région, voyez Rilhac-Lastour au sud de Limoges. La distribution se répartit traditionnellement : au rez-de-chaussée une salle ronde couverte par une coupole, espace de stockage accessible par le premier étage. Ensuite l’étage noble, puis au second une salle de garde, dans chaque pièce une cheminée, un escalier à vis desservait les étages. Extrêmement remise en état, palliant les intempéries et la chute intempestive de pierres, la tour du Breuil manque cruellement de charme. Fort heureusement, le village avec ses maisons amassées sous la colline forme un ensemble agréable. Il se dit qu’en 1347 les Anglais détruisent le château, seule la tour demeure, dans l’appareil des traces de reconstruction sont visibles. Son occupation perdure jusqu’à la fin du XVIIIe, à partir du XVIe lors de l’édification du château neuf dans le bas du village la vieille tour devient une prison. Pendant la Révolution, la famille de Montbron qui avait acquis la seigneurie de Marthon perd l’affaire, vendue comme bien national, l’abandon entame sa ruine définitive, jusqu’à la mise sous cloche il y a dix ans. Dans le village, une autre attraction mérite un examen, néanmoins inaccessible. Une grosse bâtisse néo-classique qui rappelle le style haussmannien dissimule le fameux château neuf du XVIe. Des gravures anciennes montrent un manoir renaissance inachevé, auquel il manque une toiture et une aile. Le maître d’ouvrage est Hubert de La Rochefoucauld, la famille possédait la seigneurie de Marthon, dont la vieille forteresse. A son décès, la construction s’arrête le plongeant vers une destinée proche de son aîné, un abandon progressif. Au XIXe, un autochtone devenu député, M. Raynaud achète le manoir ruiné. Reconstruction intégrale, les vestiges renaissance sont digérés dans le nouveau projet. RC

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Piégut 2009 France (Dordogne)

Posted by R C le août 8, 2014

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Un château de plus dans cette région aux marches du royaume. Dépendant de Nontron, la châtellenie de Piégut fait partie du Limousin. L’occupation de cette motte naturelle "remonte", un ouvrage en bois a certainement précédé le premier château en pierre du XIIe. Lorsque Richard Cœur de Lion sort de captivité en 1199, il revient en Limousin faire son marché, sur son chemin Nontron et Piégut sont pris et pillés. L’histoire aurait pu se prolonger s’il ne s’était fait fléché à Châlus. La place, reprise par les Français, retourne dans le giron des vicomtes de Limoges. De nouvelles fortifications, dont la tour, sont entreprises vraisemblablement pendant le XIIIe. Elle présente des similitudes avec celle de Châlus, élevée par les Maulmont à la même époque. Les proportions sont semblables, 23 m pour 7 de diamètre ici, et 40 par 10 à Châlus, un rang de corbeaux pour mâchicoulis les couronnait. L’historique proposé sur le panneau de reconstitution donne trois dates de sièges ou de batailles : 1364 le retour des Anglais, 1591 la Ligue pendant les guerres de religion et 1594, la jacquerie quand passe une bande de croquants, enfin la ruine au XVIIIe. Piégut est avant tout un édifice militaire, plus qu’une résidence, au XVIle le château a perdu tout son intérêt stratégique. Qui peut se prévaloir d’une tour dominant toute la région, mais à peine habitable ?   L’édifice se situe à la périphérie du village, au pied de la motte s’étend une esplanade célèbre par son marché du mercredi, une institution qui date du XVIIe. Un premier mur flanqué de tours ceinturait la butte, ensuite une seconde enceinte défendait un étroit logis ramassé à la base du donjon, son emprise est restreinte, le bâti s’étage sur trois niveaux. Les derniers remaniements dateraient du XVe siècle, peut être la tour d’escalier, dont un pan de muraille toujours debout est percé de larges ouvertures. L’ensemble est largement remaçonné, un peu trop, devoir de précaution pour le public. L’appareil en granit diffère de ses voisins en pierre de taille et schiste, nous sommes à la limite du Périgord granitique. Le site est parfaitement entretenu, ouvert à tous. La restauration semble récente, le principal intérêt reste l’ascension des 23 m avec la vue qu’ils procurent. Pour votre information, la région regorge de ruines, la plupart d’un intérêt secondaire, soit par la taille : ici à Piégut ou à Châlus Maulmont ; par la pauvreté de restes largement bétonnés : à Des Cars ou encore à Marthon ; par le bouclage à Rilhac, Pranzac, Lavauguyon, Châlus Chabrol. Au loisir de cet itinéraire, si vous avez la chance de pénétrer à Lavauguyon vous ne regretterez pas votre journée. Les moins passionnés, avides de restauration parfaite à l’anglaise, s’enverront benoîtement près de Bournazac, la visite de Montbrun qui se mire si fièrement dans son étang. RC

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Rilhac Lastours 2009 France (Haute Vienne)

Posted by R C le juillet 24, 2014

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Au sud ouest de Limoges, sur un plateau cerné de collines, un petit village et son château. Une image bucolique dont je ne devrais pas me lasser, si une fois de plus la visite était contingentée. Le site est en cours de sauvegarde… Dommage, en fin d’après midi au mois d’août, légitimement tout espoir d’ouverture est permis. D’autant que des machines de siège dépassent des murs, des baraques en bois ornées de fanions semblent attendre les touristes pour les abreuver de bière, j’imagine des hauts parleurs diffuser de la musique celtique. Ca sent la fête médiévale, le dimanche semble le plus opportun pour pénétrer dans l’enceinte et fouler le gazon de la haute basse-cour, au pied du faux vieux donjon. Le premier fort, construit au IXe, occupe jusqu’au XIIe une butte qui supporte aujourd’hui la petite église. Il s’agit d’un ouvrage plutôt en bois. Au XIIIe, migration à 150 m vers un promontoire voisin avec la construction dans un premier temps d’un gros donjon roman à contreforts plats, comme il en existe dans la vallée de la Creuse, une architecture déjà démodée au XIIIe. Démoli pendant la guerre de Cent ans, sa reconstruction s’effectue dans une même facture à la fin du XVe. Thèse bizarre, nos ancêtres s’encombraient peu de leur passé, remonter une tour à l’identique apparaît difficilement concevable a fortiori d’un point de vue militaire. Une affaire d’autant plus paradoxale si nous comparons l’évolution des modes et l’adaptation aux systèmes défensifs des châteaux voisins, qui appartiennent eux aussi aux Lastours puis aux Pérusse des Cars. Je m’en tiens là. Jusqu’en 1793, date de l’ordonnance de sa destruction, la forteresse passe entre de nombreuses mains, dont une co-seigneurie au XIVe et au XVe, régulièrement les des Cars font la paire. La famille a rapidement pris possession dans la région d’autres seigneuries : Pranzac, Lavauguyon et des Cars. Les ruines que nous contemplons proviennent de la grande reconstruction de la fin du XVe : l’enceinte polygonale, quelques tours et le remaniement d’un logis primitif du XIIIe. D’autres travaux entrepris ultérieurement concernent l’entrée, la tour de la chapelle, les renforcements autour du donjon dont un éperon et une tour. Cette dernière campagne entamée en 1500 a pris fin 30 années plus tard. Pour une construction tardive, il faut reconnaître l’austérité de l’appareil, la simplicité des formes et l’absence d’éléments décoratifs. Je clos l’inventaire, n’ayant pu cheminer qu’à la périphérie du site, en apercevant derrière un rempart de ronces et de mûriers les vestiges des courtines. R.C.

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Châlus 2009 France (Haute Vienne)

Posted by R C le juillet 24, 2014

Ruines-Chalus-R.-Crozat
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Haut lieu de l’histoire médiévale, immortalisé par la mort de Richard Cœur de lion en 1199. Pauvre Richard, sottement blessé par un carreau d’arbalète le 26 mars, qui calancha le 6 avril suivant de la gangrène. Il est mort entouré des siens, enfin de sa mère, Aliénor d’Aquitaine. Philippe Auguste pensait ainsi faire une bonne affaire en se débarrassant de son frère ennemi et de la présence anglaise dans le Sud ouest, l’histoire ne faisait que commencer. En pénétrant dans Châlus le visiteur compulsif rêve de s’envoyer deux sites, dont ce grand donjon circulaire sur sa colline. Il se contentera de l’ouvrage situé en ville basse, sur l’éminence le site est clos, tenter d’en faire tour n’apportera rien. C’est pourtant là que s’est déroulé le drame, un ostentatoire panneau te le rappelle. Hormis la tour qui a perdu la moitié de sa hauteur, il ne subsiste que peu d’éléments du XIIe, vestiges parsemés de la chapelle, parmi un logis du XIIIe et une grosse bâtisse du XVIIe. Forteresse dominante, Châlus Chabrol passe successivement entre les mains des vicomtes de Limoges au XIIe, puis des Maulmont, les La Trémoille, les d’Albrets, enfin les Bourbons du XVIe au XXe. Renseignement pris, elle appartiendrait actuellement à un ressortissant Anglais, piètre vengeance… Rabattez-vous sur le petit fort de la ville basse. Les deux sites appartenaient au même ensemble fortifié, chacun implantés sur un mamelon, séparés par la Tardoire. Au XIIIe, les Maulmont, devenus seigneurs de Châlus, protègent la ville d’une enceinte flanquée de tours et fortifiée par ce petit château. L’emprise est réduite, il s’agit d’un quadrilatère défendu par deux tours implantées en diagonale. Le démantèlement survient après la Révolution entre 94 et 99, la tour Nord-ouest est détruite, délaissée, la toiture du logis tombe en 1928, en 1994 la tour Sud-est s’effondre sur des maisons voisines, elle mesurait 27m. La visite du site, parfaitement consolidé, n’apporte pas de sensations particulières, la sauvegarde a nivelé toute les particularismes de la ruine, pratique un escalier en métal permet l’accès au plan supérieur. A admirer, la belle fenêtre géminée sur la façade du logis, à visiter, le petit musée juste dans la rue en dessous. R.C.

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Pranzac 2009 France (Hte Vienne)

Posted by R C le juillet 20, 2014

Ruine pranzac 1 R. Crozat
Ruine-pranzac-R.-Crozat

Envahi par la végétation, ce site impénétrable s’entoure d’un mystère bien dénaturé par l’environnement croquignolesque d’un pavillon contemporain vaguement squatté, et d’un stock hors d’âge de matériaux de construction. Destin ordinaire de beaucoup de châteaux ruinés qui, il y a encore 25 ans, accueillaient une ferme, une décharge ou une petite fabrique. C’est au XIIe que la forteresse se construit. Elle ferait partie des nombreuses possessions de la famille des Cars, riche lignée très influente dans le bas Limousin au XVe et XVIe siècles. La branche résidente ici prend le nom des Cars de Pranzac. Comme à Lavauguyon, situé à plusieurs dizaines de kilomètres vers l’est, le château a subi les dommages de la guerre de Cent ans, suivi d’un grand remaniement à la fin du Moyen-âge. Les redents sculptés du mur pignon du grand logis illustrent ce gothique finissant. Au début du XVIe, la passion amoureuse de l’héritière de Pranzac pour un orphelin de sang royal enracine la petite seigneurie dans l’histoire. En 1520, la belle veuve argentée du Sénéchal d’Angoumois Jean Guy de Mareuil, achète le château, sa fille Gabrielle y passe toute son enfance, jusqu’à sa maturité. Sa beauté transcende celle de sa mère qui nourrit justement pour elle un grand destin, légèrement forcé par une rencontre subreptice. Entre deux portes, elle présente la belle Gabrielle au jeune Nicolas d’Anjou, ce dernier à peine émancipé n’échappe pas à la passion dévorante d’un feu qui le consomme illico. Rapidement, la vieille Catherine organise les noces, sa belle fait coup double en associant l’amour au blé. Hélas, Nicolas vit dans l’ombre d’un puissant tuteur qui parvient à rompre le mariage, les amants rejoignent chacun leurs campagnes. Plus forts que tout, comme celui qui les dévore, ils se retrouvent en 1541 pour se marier une seconde fois, Gabrielle devient marquise de Mézières. Quant au château, qui comptait quelques trente pièces à ses riches heures, il sera vendu comme bien national et démonté pour le commerce de pierres. L’opulente végétation dissimule les ruines, principalement dans la basse cour. L’emprise des murailles, ainsi que plusieurs tours d’angles restent solidement dressées. Les courtines extérieures, accessibles par des voies communales, sont dégagées, le grand corps de logis entretenu mais assez dénaturé fonctionne à présent en tant que bâtiment agro-industriel. Sa façade intérieure est flanquée d’une tour d’escalier, certainement du XVe, un peu dommage pour le pavillon grisâtre des années 60 construit à moins de 10 m, du brutalisme réaliste. R.C.

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Des Cars 2009 France (Hte Vienne)

Posted by R C le juillet 20, 2014

 

Ruines Des-cars R. Crozat


Ruines Des-cars 1 R. Crozat

En retrait d’une étendue bitumée où se pose tous les mercredis le "J9 pizzas", il subsiste au milieu du bourg, à côté des services sociaux, des vestiges consolidés et sécurisés sans passion. Certaines se souviendront de l’auteur de romans à succès de l’après-guerre, Guy des Cars, héritier du duché Des Cars dans le sud Limousin. Au XIV siècle, la famille Pérusse s’implante dans le village de Cars sur la Paroisse de Flavignac, elle adjoindra ultérieurement à son patronyme celui du lieu dit. Une lointaine origine italienne leur est prêtée. Il existait au XIIe un prieuré avec une maison forte bâtie par les Flavignac, à leur extinction en 1280, les Barry puis les Pérusse s’installent, tout en continuant de rendre hommage aux Lastours, propriétaires de la châtellenie voisine de Rilhac Lastours. Intermède anglais, pendant la guerre de Cent ans, de 1373 jusqu’à l’arrivée de Duguesclin vers 1430. Le château, comme celui de Lavauguyon, aurait largement souffert de cette libération. L’émancipation des Pérusse et leur succès à la cour de France leur autorisent la reconstruction d’une grande demeure renaissance au début du XVIe. Quelques dizaines d’années plus tard, au milieu des guerres de religion, la place se fortifie à nouveau avec la construction d’un châtelet d’entrée nanti d’une grosse tour d’artillerie, dernier vestige admirable, hélas en réanimation bétonnée. Jusqu’en 1778, au fil des générations les aménagements se poursuivent avec la fortune des dorénavant Pérusse des Cars. L’inventaire de 1793 décrit : cinq pavillons entourés de boulevards sur lesquels s’ouvrent des portes cochères, le jardin était le plus beau de la province. Cinq années plus tard tout est détruit et les pierres dispersées. Des fouilles en cours font apparaître dans le fossé, au pied de la tour d’artillerie, les soubassements de deux tourelles en flanquement de l’ancien châtelet. L’accès et la visite des deux tours est possible, en revanche les caves sont inaccessibles. In fine, il s’en est fallu de peu pour que le bourg arbore fièrement, en son centre ville, un magnifique château ouvert au public tous les week end de Pâques à la Toussaint. Les automobiles rouleraient doucement sur un pavage autoclave devant la noble façade, en lieu et place de mobylettes kitées et pétaradantes, dans son J9 le pizzaïolo proposerait des glaces et des gaufres. R.C

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Lavauguyon 2009 france (Haute Vienne)

Posted by R C le juin 20, 2014

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Plongé dans une forêt, un quadrilatère parfait de 40 m de côté, encadré par 4 grosses tours extérieures, au milieu une vaste cour. L’accès se situe sous une grosse tour porche carrée consacrée donjon. A côté se trouve la chapelle, la richesse décorative de ses arcatures établit une construction du milieu du XVe, du gothique flamboyant.Les bâtiments sont accolés aux courtines, de larges fossés entouraient l’ensemble, leur mise en eau était facultative, le château se situe sur la rive droite de la Tardoire. La ruine date du XVIIIe, abandonné progressivement au fil du siècle, il est démantelé en 1792 lors de la révolution, les pierres de tailles servent de matériaux de construction. Au XIXe, un inventaire mené par un abbé érudit, mentionne des peintures murales du XVIe représentant des membres de la famille des Cars de Lavauguyon. Il évoque également une clef pendante dans la salle basse du donjon, ainsi que des caves toujours accessibles sous les bâtiments du mur Est. Dans les tours, à l’étage, les salles étaient carrées et mesuraient 6 m de côté. Enfin, des galeries dans les courtines permettaient de relier les tours. Une opération de nettoyage dans les années 70 a mis à jour d’autres structures défensives dont un doublement du rempart sur le front Est. Aucune défense naturelle ne protège la construction, en conséquence le système défensif est plutôt élaboré : hautes murailles, fossés en eau, puissantes tours en saillie, galeries de circulation, tour porche avec un pont-levis. Entre Limousin et Poitou, la place occupait une position stratégique chèrement payée une première fois par l’occupation anglaise au début du XIVe, puis lors de sa reprise en 1431 par la bande à Duguesclin. Ce premier château du XIIe aurait brûlé, ses logis et remparts effondrés, des pierres rougies en réemploi dans la muraille en attestent. La reconstruction est datée de 1560 et attribuée à Gauthier de Pérusse, Sénéchal du Limousin. La famille Pérusse des Cars, prend le nom de Lavauguyon lorsque la terre devient un comté, merci à Henri III, elle conserve son bien jusqu’en 1719, date de la vente à Vincent le Blanc et début de la dèche. Ce dernier sera ruiné à sa mort dix années plus tard, le château change de main plusieurs fois, jusqu’à la démolition ordonnée par la Convention. Ce descriptif est purement livresque, le site est admirablement délabré, une ruine en pleine vie sans traces de rejointoiement, sans programme de préservation affiché. Rare, dans cette région où la plupart des monuments jouissent d’une valorisation en béton municipal : Marthon, Les Cars, Châlus, Rilhac… L’accès n’est pas franchement autorisé, cependant il est possible de descendre dans les fossés et d’en faire le tour, à l’exception du côté Nord. Une grande opération de nettoyage est en cours, elle révèle toute la puissance de ces hautes et longues murailles, effet accentué depuis le fossé. Côté Est, le défrichement laisse apparaître des traces de parement sur la contrescarpe, vestiges du doublement du rempart Est. Sur le terre-plein de la cour, les courtines sont dégagées mais l’ensemble donjon et logis n’est encore qu’un fatras de ruines et de ronces impénétrable. Imagine la fébrilité des défricheurs qui, dans le vacarme de leurs machines, exhumeront quelques belles pierres taillées, et peut être l’accès aux sous-sols. Tu peux d’ailleurs en authentifier l’existence aux pieds de la tour Nord-est avec des petites ouvertures de tir rasant. Le château se trouve sur une plateforme à mi-pente, en bordure de la route vers le sud, en contrebas du bourg des Salles-Lavauguyon. Munis simplement de pelles et de pioches, le terrassement des fossés a dû ruiner les lombaires de plusieurs troupes d’indigènes limousins. "Bonne" nouvelle !! Le château vient d’être racheté, la restauration se profile avec une association de sauvegarde, cela sent le barbelé pour au moins une vingtaine d’années, puis les noces et banquets ! R.C.

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Montfuron 2008 France (Alpes Htes Provence)

Posted by R C le juin 20, 2014

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Ne vous rendez pas à Montfuron, ne passez pas par Manosque surtout si le temps est gris, si le mistral souffle. L’endroit est réservé aux initiés, à ceux dont les racines sont ici ou, adulateurs de Giono, vous souhaitez pénétrer toute la dureté émanant de la misère qui plane sur ces âpres coteaux arides. A Montfuron, il y a eu un château, pile au-dessus du village, il est d’ailleurs pompeusement fléché et grassement signalé sur les cartes routières. En guise de vestiges, il subsiste un mur, heureusement pas entretenu. L’appareil est en petits moellons, dans un bel assemblage de pierres de taille, trois contreforts ou supports de voûtes semblent rigidifier l’ensemble. Le néant sur la terrasse, point de vue largement aménagé pour les promenades digestives, aucun signe tout est arasé. Vue imprenable sur un moulin à la Daudet fraîchement restauré, une visite très didactique où le fonctionnement de la machinerie permet aux petits et grands de se délecter. La butte recevait une première enceinte installée à mi-côte, plusieurs rangs de pierres sont encore visibles. La faiblesse de l’épaisseur du mur prêche pour une construction non structurelle, en tout état non défensive, autre hypothèse le pan de mur appartiendrai à un édifice religieux. Une histoire secrète ou non révélée, l’endroit est cité dès le XIe siècle, mis à sac à deux reprises. D’abord par les routiers pendant la guerre de Cent ans à la fin du XIVe, puis par des bandes de mercenaires en rupture de contrat qui zonent et rançonnent dans les campagnes avant de rejoindre la leur. Second pillage, lors des guerres de religion en 1560 Montfuron est à nouveau incendié, il souffre encore durant la révolution. Dernier fait, en 1815 une bande de brigands aurait investi le lieu, il n’est pas précisé si l’action se déroule au château ou bien dans quelques demeures. La rareté des vestiges, leur état ne plaident pas pour l’occupation du plateau au début du XIXe. R.C.

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Mai 2014

Posted by R C le mai 11, 2014

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Si vous suivez ce site depuis quelques temps vous constatez que des nouveaux articles sont publiés régulièrement. Actuellement, nous recensons plus de 220 châteaux en ruines appartenant au même bassin de culture, essentiellement situés en Europe et au Proche Orient. D’autres articles sont prêts à la diffusion.
Au terme d’un récent voyage en Cilicie, sud est de la Turquie (le 5e), nous avons pénétré un peu plus les fonds des hautes vallées du Taurus.  Des rencontres nous ont permis d’ouvrir notre investigation à d’autres sites non répertoriés.  Toujours beaucoup de patience sur des routes chaotiques et des chemins parfois exposés. Cette fois, nous n’avons parcouru que 1500 km !

Dans les mois à venir nous publierons sur : Anasha, Bakacak, Belen Keslik, Bostan, Bucak, Burunönü, Evciler, Findikpinar, Gülek, Hisar Asar, Isa, Kalasi, Kalebonyu, Kalegedici, Kuzucubelen, Mitel et Yanik,  en voici les illustrations.

Tamrut-ruine-R.-Crozat   yanice-1-ruine-R.-Crozat   yanice-ruines-R.-Crozat   Hisar-ruine-R.-Crozat      burunonu-ruine-R.-Crozat   bucak-ruine-R.-Crozat   Bostan-ruine-R.-Crozat   belen-ruine-R.-Crozat   bakacak-ruine-R.-Crozat   Anasha-ruine-R.-Crozat   kalebonyu-ruine-R.-Crozat   Kalasi-ruine-R.-Crozat   Isa-ruine-R.-Crozat   Gulek-ruine-R.-Crozat   Findikpinar-ruine-R.-Crozat   Evciler-ruine-R.-Crozat   Kaledigi-ruine-R.-Crozat   Kuzucubelen-ruine-R.-Crozat   Mitel-ruine-R.-Crozat 

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La Chapelotte 2007 France (Vosges)

Posted by R C le avril 3, 2014

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Avant 1914, au milieu de la forêt, il se trouvait au col de La Chapelotte une maison forestière et une chapelle. D’un côté la Lorraine, la vallée de Celle sur Plaine, de l’autre le massif vosgien. Fin 18 la crête est pelée, rouge, non pas de sang comme le commenterait un expressionniste en mal d’inspiration, simplement parce que le grès rose qui constitue la montagne a bénéficié d’un labourage en profondeur. Ensevelis par la mine, hiver comme été, 2000 soldats français et autant d’allemands ont payé de leur peau. Finalement, les types se sont rendus compte qu’à plus de 35 m de profondeur, les mines n’opéraient plus ! Quelquefois, à peine 20 m séparaient les deux lignes de front, sur place difficile de savoir où se situaient les uns et les autres, seuls repères, les Allemands ont construit des bunkers en béton. Les Français, persuadés de reconquérir rapidement, utilisèrent des matériaux naturels ou se terrèrent au fond des grottes. L’éloquence des chiffres devient le pléonasme de l’horreur : 55 mines pour un front de 300 m, 150 tonnes d’explosif, 1500 m de galeries, dont une française s’enfonce à plus de 120 m sous les lignes adverses. Ensuite, du matériel de haute volée : centrale de production d’énergie, liaison ferroviaire, gaz, lance-flamme, barbelés électrifiés. Amusant paradoxe, les troupes en première position dans les Vosges y venaient en villégiature, histoire de se refaire une santé. Profiter également de l’air pur pour des compagnies corses et niçoises qui y stationnent durant des hivers entiers ! Lorsque tu franchis le col, le souvenir s’efface, un calvaire et les deux jambages du péristyle de la chapelle sont debout, c’est tout. Il faut s’enfoncer un peu en forêt pour découvrir une première tranchée, rapidement tu tomberas sur des barbelés puis des "queues de cochon", assez facilement tu trouveras les vestiges de ton premier poste de mitrailleuse bien bétonné. La promenade peut durer plusieurs heures, pour l’amateur de ruines perdues c’est un parc où tu cours d’attractions en attractions. La quête du vallon qui abrite l’hôpital et plusieurs casemates allemandes figure la consécration. Plus loin, la découverte des pierres tombales parachève l’œuvre. Ce traitement, dans mon inventaire de la fortification médiévale, du site de la Chapelotte illustre sur l’échelle du temps la relativité de ses écarts. Les modes de construction défensives employées nous ramènent en plein Moyen-âge. Parement de murs en pierre, ossature en béton coffrée par des rondins de bois, implantation d’un bunker à l’extrémité d’un éperon. Départ d’un téléphérique, le fameux ouvrage s’accroche au flanc de la colline, assis sur un socle de béton, il s’élève sur deux niveaux, sur l’autre côté une petite terrasse domine le vallon. Il protégeait toute l’enfilade, dont le fameux hôpital. La visite de ce dernier redonne un peu d’humanité à l’endroit, sinistre dans cette forêt de résineux, l’entrée de la chapelle est surmontée d’un fronton classique, certaines salles sont agrémentées d’une frise de couleur ou d’un désuet ornement de plafond. La construction n’a pas subi de démolition. Des photos d’époque montrent des casemates habillées façon cabanes au Canada, sur des esplanades fleuries des soldats joviaux fument leur pipe. Un autre passé git à quelques kilomètres avec les ruines du château de Pierre-Percée abandonné depuis le XVe. Ici, sur une éminence, les vestiges d’une autre tour du XIIIe auraient servi d’observatoire aux Français. La recherche des emplacements requiert de longues heures de marche dans un site absolument pas sécurisé. Il n’est pas rare dans une tranchée de tomber sur l’entrée d’une galerie de mine à la béance impudique s’enfonçant dans les entrailles de la montagne. Grottes et cavités dans le rocher sont nombreuses, la forêt est calme, les cartes difficiles à interpréter mentionnent à peine les édifices. En hiver, vous ne croiserez que des chasseurs. R.C.

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Thil 2008 France (Côte d’Or)

Posted by R C le mars 13, 2014

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La butte de Thil en fera encore fantasmer plus d’un qui, las de se traîner au volant de sa berline confortable sur l’autoroute du soleil, admire comme dans un beau livre ce doux paysage de la Bourgogne. Image immuable du patrimoine français figé pour l’éternité occidentale. Pourtant, la vie de Thil semble avoir connue quelques récentes vicissitudes. Lors de ma première visite, au début des années 90, le site arborait déjà une première reconstruction. Le logis, principal bénéficiaire, rendu habitable et meublé sommairement, subissait une occupation sauvage avec une amorce de vandalisme. L’intégralité du site était ouverte, tant la basilique avec sa crypte que les cuisines ruinées du château. J’y suis retourné plusieurs fois, lors de ce dernier détour, en août 2008, la propriété privée était redevenue une réalité. Clôture autour des deux monuments, location pour noces et banquets, apparemment la visite demeure possible en été (il vaut mieux s’en assurer). Une grande enceinte ovoïde de 120 m sur 60, délimite le site, elle est encore bien visible, ses murs de petits moellons s’élèvent encore à plus de 8 m. Le donjon, haute tour de guet construite au milieu du XIVe, se laisse voir à plus de 30 km, et offrirait la visibilité à 50. La butte domine largement le paysage, en sélection romaine elle offrait une position stratégique sur une voie nord-sud. Au IXe, même une fille de Charlemagne y résiderait. Les bases du site actuel datent du XIe, concomitamment à celles de la famille de Thil, qui se le transmet jusqu’en 1503. Jean II de Thil, connétable du Duc de Bourgogne puis conseiller du roi, incarne le plus illustre de la lignée. Au XIVe, il octroie rente et collégiale à des chanoines, à charge pour eux de raconter deux messes par jour. La prospérité gagne le château, mais une bande d’Ecorcheurs rôde, construction de nouvelles fortifications dont la tour de guet qui culmine à 25 m. Les belles cuisines appartiennent à la mémoire des places fortes médiévales, trois grandes cheminées accueillaient chaleureusement le produit des chasses. Au cours des années 90 toute cette partie domestique végétait à l’air libre, arbustes et ruines cohabitaient. Les voûtes en plein cintre des celliers du XIIe tenaient toujours. Richelieu en 1640, ordonne le démantèlement, finalement seul le pont-levis est détruit, la place forte réduite, le château demeure, l’abandon et la véritable ruine sont constatés à la fin du XVIIIe.  La collégiale a été construite sans discontinuer de 1343 à 1350, l’ouvrage parvenu complet, résiste dans son austère aspect originel.
Le village de Précy sous Thil, juste au pied de la butte, incarne toute la quiétude de  l’immuable et du séculaire. Depuis le promontoire, l’envie te prend de contempler la répétition des parcelles jusqu’à l’infini vers les monts du Morvan. Privilégie le crépuscule afin de t’assurer la solitude et l’éternité de l’instant. RC

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Lutzelbourg 2006 France (Alsace)

Posted by R C le février 21, 2014

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C’est un site reconstruit que vous visiterez, vous aurez la chance d’y pénétrer par la porte principale du moyen âge. Un accès hautement défendu par un châtelet d’entrée et un large fossé franchi par un pont-levis. L’ancien portail au pied de la tour Fénétrange date des premières reconstructions du début du XXe. Abandonné depuis 1523, le site a profité pendant plusieurs siècles aux constructions du voisinage. Sauvés par deux notables, les restes échappent au remblaiement pour l’édification de la ligne Paris Strasbourg, qui passe en dessous. Sur l’étendue, deux tours se tiennent encore, le château en comptait trois principales. La Fénétrange, déjà citée, conserve deux pans de mur jusqu’à son couronnement à 24m. La seconde, implantée au centre de l’esplanade a été restaurée lors de la reconstruction, jusqu’au XVIe cette pentagonale flanquait un mur derrière lequel s’abritaient plusieurs logis. Sur le flanc Est, un petit édifice néo-roman surplombe la vallée, cette construction entreprise par le docteur Koeberlé est contemporaine des fouilles puis des travaux de 1909. Un site remarquable par sa position, largement en surplomb, le vaste éperon de grés rose domine la route dans la vallée de la Zorn, isolé naturellement sur le flanc Sud par des amorces d’un fossé, puis d’un haut rempart dominé par deux tours. Evidemment, il ne subsiste plus rien, hormis les tours et quelques soubassements, les ruines ont bénéficié d’un bon nettoyage, il y a un siècle. Pour conserver un souvenir pénétrant de ce lieu, rendez-vous quand la nuit et la brume se croisent, en prime de l’assurance de votre solitude, vous percevrez un étrange univers de formes qui, dans son imprécision vous restitue volontiers un peu de l’âme d’un site oublié depuis un demi millénaire.
L’histoire de ceux qui se sont battus ici est longue, les Romains y avaient établi un castrum, occupé jusqu’au  IVe siècle, l’exhumation de monnaies l’atteste.
La première information sur la reprise d’activité date de l’extrême fin du XIe, lorsque Pierre de Lutzelbourg négocie la place avec l’abbaye de Marmoutier contre un petit prieuré. La lignée s’arrête avec son fils au milieu du XIIe, ils prennent le temps de construire un premier rempart avec la tour principale ainsi l’éperon se trouvait clos. Le site revient à l’évêché de Metz, mais l’affaire est également convoitée par le duc de Lorraine, la seconde moitié du XIIe est houleuse.
Les évêques confient l’administration à des seigneurs locaux, le système perdure jusqu’à la fin du XIVe, les plus célèbres sont les Fénétrange. Dans le dernier quart du siècle, l’évêque de Strasbourg acquiert la propriété et l’attribue à plusieurs familles (5 ou 6), longue période de trêve qui dure jusqu’en 1523. Fin de toute vie domestique au terme d’un siège, le 11 mai le château brûle. Intervalle Sickingen, le chevalier dissident ou pillard, titulaire de la place, perturbe l’unité de l’empire. Une coalition de princes part mettre au pas tous ces petits barons qui logent encore en montagne et menacent les bourgeois des villes. La seigneurie avec ses ruines passe entre plusieurs mains, avant d’échoir à la fin du XVIe dans celles de la maison de Lorraine. Plusieurs tentatives de reconstruction sont menées, mais il semble que la plupart de ses propriétaires aient eu les yeux plus gros que le ventre. Reconnaissons que ces forteresses ne présentent que des inconvénients : pas adaptées aux armes à feu, coûteuses à entretenir, mal vues des instances royales, isolées du contexte économique qui se tient dans les villes, enfin qui souhaite encore vivre dans de pareils endroits ! Ici nous ne sommes qu’à 320 m. R.C.

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Birkenfeld 2007 France (Alsace)

Posted by R C le février 16, 2014

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Une ruine au milieu de la forêt, légèrement en contrebas du Mont Sainte Odile, vers le sud-ouest. L’emprise n’est pas grande mais l’ensemble ne manque pas d’allure, tu franchis un portail mignard en passant sous un arc en grès rose solidaire du rocher. La maison forte écrase de ses trois étages toute la basse-cour. Le site a été restauré une première fois en 1869, et plus récemment dans les années 80. La construction est datée du milieu du XIIIe, deux autres périodes transforment la petite forteresse en un beau logis. Début du percement des baies aux alentours de 1375, poursuite dans les premières années du XIVe avec l’enceinte qui englobe la basse-cour. Le plan se résume en deux espaces, un grand quadrilatère : le palais, flanqué d’un donjon aux murs très épais. Placé, évidemment sur le côté exposé, aucun passage ne le relie au logis, une seule ouverture vers l’extérieur, la défense et l’accès s’effectuaient par le couronnement. Aujourd’hui, un percement sauvage dans la paroi Est en permet la visite, imaginez cette tour avec peut être 10 mètres supplémentaires. Les fortifications pouvaient être bien plus élevées que le rendu de notre imaginaire actuel. La face Sud du palais concentre les plus beaux atours du château, rez-de-chaussée défensif avec un rang de grandes archères, et surtout une belle poterne en ogive protégée par une bretèche. Le système d’entrée surélevé, supporté par une embase maçonnée reliée à un plan incliné, rappelle celui de l’Ortembourg contemporain, premier quart du XVe. Aux second et troisième niveaux, la lumière est privilégiée, deux grandes baies gothiques éclairaient les salles de réception, celle du dernier étage a été remontée, ses quatre colonnettes sont parfaitement en place. La face Nord, plus austère et plus exposée, abritait des espaces plus domestiques, l’implantation des latrines en témoigne. Pour chacun des deux emplacements, deux puissants corbeaux maintenaient une structure en bois. Au pied de cette façade, il y aurait eu une autre basse-cour dont il ne subsiste presque pas de vestiges. Les deux campagnes d’édification sont perceptibles, il suffit de comparer la dimension des blocs, leur bossage est également caractéristique, à noter l’épaisseur du liseré d’encadrement, plus large, plus décoratif, pour la seconde période. 1246 ou 1285 ? Première évocation du site, 1289, la construction s’approche plutôt de cette dernière date. Fin du XIIIe, la féodalité recule, l’empereur prend le pouvoir et mandate l’évêque de Strasbourg d’administrer ses biens. Une longue période d’accalmie s’étend sur l’Alsace, le Birkenfeld est considéré comme un fort de position sur la route romaine du Mont Ste Odile au Champ du Feu par la Bruche. Délaissé par ses propriétaires, les Beger, qui lui préfèrent Strasbourg au XIVe, il subit lors de leur retour en montagne vers 1375, un profond réaménagement qui le transforme en une belle résidence. Restauration de la muraille, puis percement des grandes baies et aménagement des basse-cours. Au XVe, plusieurs querelles relatives aux limites de propriétés notamment pour les bois animent le landernau. En replaçant l’économie forestière dans son contexte du moyen âge, il s’agit d’un champ de pétrole ! Ainsi se justifient les chicaneries régulières entre les Beger ou leurs baillis avec la ville d’Obernai. En 1532, la lignée s’éteint, la seigneurie est vendue avec Mundolsheim à l’un des chanceliers de l’empereur, qui reprend le nom du patelin afin de bien matérialiser son statut (aristocratique). Le château est déjà à l’abandon, depuis la fin du XVIe, lorsque surviennent les Suédois. Altitude 680 m. R.C

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Bilstein Aubure 2008 France (Alsace)

Posted by R C le février 16, 2014

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Au dessus de "Ribeau", vers l’est tu remontes la vallée, pose ton os à l’auberge forestière du schlossberg. Sur le parking, une SM de 1971 blanche complète mais fatiguée attend son restaurateur. La crête qui supporte le château, à 750 m, se trouve pile au-dessus. Passe le torrent, un chemin monte dans les prés, ensuite tu chemines en sous-bois, pas toujours évident, j’ai terminé l’ascension en tirant une droite vers le sommet. Parvenu au point de réjouissance, la vue panoramique totale l’emporte sur les vestiges du site. Il semble il y avoir un autre accès plus aisé car le lieu se fréquente le dimanche. Classique, le fort s’accroche à un rocher gréseux isolé de sa barre par un fossé artificiel ! Vers le donjon, l’accès au sommet s’effectue entre les vestiges des murs de la basse cour et des dépendances. Vient ensuite le château haut qui regroupe le donjon et le logis, difficile à imaginer aujourd’hui. Sur la sommité, dressée en pierres à bossage de grès rose, la tour du début XIIIe est protégée par un chemisage. Restauré et bétonné, ce petit ouvrage procure l’avantage d’une visite libre avec ascension jusqu’au couronnement. La position est stratégique avec une vue imprenable sur un horizon de ballons relevé de plusieurs découpes de châteaux dans la brume. Vous noterez un masque en relief taillé dans une pierre à bossage sur la face Ouest, une symbolique plutôt rare en Alsace, au mieux il évoquerait une figure de gargouille. Deux autres particularités digne d’intérêt, tant les vestiges en manquent : la porte ogivale du donjon et l’arc de décharge sous une courtine du haut château. Le premier fait où l’on parle du Bilstein, lorsque Mathieu de Lorraine, frère du Duc, s’y cache, il vient d’assassiner l’évêque de Toul. A cette époque, les Horbourg, vassaux du Duc, possèdent le fief, l’histoire s’est déroulée en 1217. Un siècle plus tard, la seigneurie est vendue aux Würtemberg qui le conservent jusqu’au XVIIe avec l’intermède Ferry de Lorraine en 1424. La construction, débutée au XIIe, profite de travaux d’agrandissement aux XIVe et XVe, jusqu’à son ultime heure le château est entretenu. Après le siège infructueux de 1547 par les troupes catholiques de l’empereur, les Würtemberg ayant adopté le parti de la réforme, il faut attendre la guerre de Trente ans pour vivre un nouveau fait d’armes. Définitif, car les troupes impériales prennent le fort et le mettent à sac, il brûle, et servira de carrière pendant un long moment. RC

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Oedenburg 2008 France (Alsace)

Posted by R C le février 6, 2014

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A l’ombre du grand, loin des cohortes, quelques centaines de mètres, marchant vers l’ouest les randonneurs croisent les ruines du Petit Koenigsbourg. Planqué dans la forêt, le site est clos d’un grillage, les plus intéressés le franchiront allègrement. Des fouilles sont en cours, comme d’habitude à la vue de l’engagement des travaux, elles semblent suspendues depuis de longues années. 200 mètres séparent les deux constructions, aucun lien, aucune enceinte commune, deux hypothèses se présentent. Un poste avancé pour occuper toute la crête ou un ouvrage de siège. Les premières traces datent de 1250, le duc de Lorraine fait établir un fortin sur le rocher le plus élevé au bout de la ligne de crête. A l’origine, entourée d’un mur, une tour carrée dont la porte principale se situe sur le côté Ouest, et le demeure. Aujourd’hui très ruinée, il ne reste plus que la base de la tour en gros moellons irréguliers. Au début du XIVe, les Landgraves de Werd récupèrent le site tout en maintenant un lien de vassalité avec les Lorrains. Le château prend sa forme actuelle avec l’extension du palais vers l’est, la courtine enjambe l’ancien fossé. Les fortifications sont déplacées et renforcées, notamment les courtines Nord et Ouest, la porte d’accès est défendue par un ouvrage en souricière. Pendant le XVe, élévation d’une vaste enceinte protégeant la basse-cour qui s’étend au sud. Pour l’anecdote, dans un acte de propriété de 1417 le site est baptisé Oedenbourg qui signifie "château désert", cette lettre destinée aux Rathsamausen leur ouvre des droits sur le site du Koenigsbourg, en fait il s’agirait du grand château. L’abandon survient vraisemblablement au début du XVIe. La ruine à belle allure, le corps principal du palais comporte plusieurs particularités, en faire le tour est très instructif. Imposante face Sud percée de plusieurs ouvertures, deux baies en ogive conservent quelques colonnettes décoratives engagées dans les jambages, à côté un large trou béant surmonté d’un arc signifiait une grande fenêtre géminée du type Landsberg. Contournez le rocher vers l’est, côté Haut Koenigsbourg c’est plus facile, l’éperon a été taillé, passez dans le fossé au pied du mur bouclier, difficile d’éviter l’ostentatoire petit arc de décharge qui enjambe une faille. Envers de décors au nord, là aussi un arc de décharge étaie la muraille surplombant l’ancien fossé. De multiples ouvertures égaient un austère pan de muraille. Plusieurs corbeaux encadrent deux poternes superposées, un ouvrage en bois façon hourd les reliait-il, avec quelle fonction : bretèche, latrine, escalier extérieur ? Vers l’ouest, une autre baie géminée couverte d’un arc en plein cintre a été murée. Vous remarquerez que l’ouvrage ne comporte pas d’archères, aucun percement pour l’artillerie, surtout de larges ouvertures réparties sur les deux principales façades. Le décorum prédomine également dans l’appareil, de la pierre à bossage sur la face principale et le mur bouclier, remarquable ajustage de maçonnerie autour du rocher dont certains blocs quasi sculpturaux émergent du mur. Vers l’est sur la continuité de l’éperon, enfouis sous les lichens et la mousse, des vestiges de murs, des bases d’habitations, les derniers aménagements datés de la fin du XVe. R. C.

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Hohnack 2007 France (Alsace)

Posted by R C le janvier 31, 2014

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Une belle enceinte polygonale, en bon état, restaurée il y a plusieurs dizaines d’années. L’accès est fermé par de solides grilles, toutefois l’escalade des murs est assez aisée. Le Hohnack est une forteresse qui a bien évolué depuis sa fondation au XIIe siècle jusqu’à son démantèlement au XVIIe. Premier constat, l’appareil de construction en pierres à bossage a été maintenu au fil des remaniements, l’unité procure une belle allure. La construction se situe sur un sommet arasé, à 940 m d’altitude, l’un des plus hauts châteaux d’Alsace. En faire le tour est très facile, les larges esplanades qui encerclent les courtines sont parfaitement entretenues. La muraille culmine encore à plus 10 m. A l’origine, la défense se faisait par le couronnement, plus tard des tours équipées de bouches à feu sont venues compléter le tableau. Intégration remarquable, à tel point qu’une partie de l’enceinte aurait été démontée puis remontée lors de l’édification de la grosse tour Est. Dressée au XVIe, elle est dédiée à l’artillerie, des petites bouches à feu égaient ça et là l’imposante masse, des lices protégées par des braies d’artilleries offraient un premier rempart. Plus de traces, pourtant elles sont mentionnées sur le plan inventaire qui précède la destruction. Peu fréquent pour un fort de montagne, un bel ensemble défensif s’étend autour de la porte. Dans l’ordre de progression : un plan incliné défendu par une barbacane, puis une tour en avancée de la poterne, enfin un pont-levis enjambait une fosse, l’axe du pont étant perpendiculaire à celui du plan. Dans la configuration primitive du XIIe seule la poterne existait. A l’intérieur, tu t’aperçois que la muraille talutait un promontoire sur lequel trône un moignon de donjon plutôt du XIIe, de part et d’autre se trouvent deux citernes. Sur la vaste étendue herbeuse des murets définissent les traces du logis accolé à la courtine Nord, une chapelle est contenue dans la tour d’artillerie. L’histoire du Hohnack débute avec les Ferrette, héritiers du val d’Orbey au XIIe, la place est gérée par un ministériel. A la fin du XIIIe, les Ribeaupierre prennent possession des lieux tout en continuant de rendre hommage aux Ferrette. Pendant quelques années, au milieu du XIVe, le seigneurie appartient aux Habsbourg, puis elle revient à l’église de Bâle. Les Ribeaupierre conservent une main sur le château, pendant le XVIIe il change de seigneur régulièrement, le démantèlement survient à la suite du traité de Wesphalie (1748). Trop fortifiée, la place peut devenir un nid de résistance que le royaume de France ne peut accepter. Durant 15 jours 200 bonshommes s’appliquent à démolir les murs et les tours, vendu comme Bien National, il devient une carrière jusqu’à la fin du XIXe. Il bénéficie d’une restauration à l’allemande, un peu trop soignée à mon goût. Le château était ouvert lors de ma première visite en 1988, il ne m’avait pas enthousiasmé, 20 années plus tard je ne lui trouve pas plus de charme. R.C.

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Schrankenfels 2009 France (Haut Rhin)

Posted by R C le janvier 22, 2014

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Tout commence par une belle promenade à couvert, depuis le Fistplan, un petit col qui relie Soulzbach-les-bains à Osenbhur. Une heure de marche en forêt en passant par la fameuse Borne Jaune, compte encore un bon quart d’heure lorsque tu apercevras à la terminaison d’une crête l’arête du mur bouclier de l’entrée, qui dépasse les cimes. Le site est resté à l’abandon pendant de très longues années, il avait bien reçu quelques aménagements sécuritaires ainsi que diverses reprises de maçonnerie dans la première moitié du XXe. Aujourd’hui, il bénéficie d’une grande restauration dont le relèvement du mur Est et la consolidation du front d’attaque. Sa conception est considérée comme "moderniste", les premières mentions du fort datent de 1241. En effet, le mur bouclier érigé en donjon, et placé en éperon, préfigure les murs chemise (cf Ortembourg). Idem pour les "avant-gardistes" hautes archères, elles seraient les plus anciennes d’Alsace. Néanmoins, reconnaissons que la construction est spartiate. L’appareil est un empilement de grossiers blocs de schiste extraits sur place, il pourrait il y avoir une carrière un peu plus loin, vers le Haneck. Elégante entreprise que l’arrondi qui relie la courtine Est au donjon, cet élément constitutif du front fait plus de 2,70 m d’épaisseur à sa base, ses fentes de tir mesurent 1,30 m. Une petite porte est aménagée dans la noue, sa protection est assurée par les archères du donjon. L’enceinte occupe toute une éminence, un premier fossé creusé au sud-est l’isole de la crête, un second plus étroit protège également la partie Nord. L’ensemble est considérablement ruiné, si le pourtour subsiste, il n’en est rien des bâtiments du palais qui devaient s’appuyer sur la courtine Est. Le château est élevé par la famille des Guéberschwhir sous la protection de l’évêque de Strasbourg, il devient rapidement une enclave ennemie parmi des seigneuries inféodées à l’empereur, dont les puissants Guirsberg. En 1261, les maîtres du Schrankenfels alias Guébershwhir changent de camp lorsque l’évêque autorise la construction du Schwartzenbourg au-dessus de Munster, à quelques kilomètres. Les belles alliances tournent vite à la mésalliance. A l’extinction de la lignée des Guéberschwhir, au début du XIVe, leurs alliés les Hattstatt récupèrent le site. L’évêque revient vers 1355, le château est définitivement ruiné aux alentours de 1430.
La prime est à cinq minutes en direction du nord, tu franchis le petit fossé sur-creusé, sur la bosse des vestiges d’une tour de 7 m de côté subsistent. A peine 1,50 m d’empilement de blocs de schiste encadré par un chaînage en granit, l’ensemble est passablement envahi par la végétation. L’histoire de cette construction isolée débute au XIVe, issue vraisemblablement d’un partage de l’éperon, le site n’est pas nommé. Toujours sur la même ligne, implanté sur la dernier sursaut à l’extrême pointe de l’éperon, le Haneck suit le destin de son grand voisin. Il aurait toutefois survécu jusqu’à l’arrivée des Suédois qui le  démantèlent. Les restes sont supplantés par une végétation luxuriante, tu discernes encore une enceinte dans laquelle demeure une ouverture couverte par un arc en plein cintre, le donjon fait face à la crête. La bosse est isolée du côté Sud-est (Schrankenfels) par un méchant fossé artificiel. La construction est similaire à celle des deux autres forts. Blocs de schiste encadrés par des chaînages de blocs de granit à bossage. Certains visiteurs, plus pugnaces, auraient vu des corbeaux sur un mur intérieur, ainsi que des archères, des moignons de mur demeurent en contrebas du flanc Est. L’ensemble est daté du XIVe, peut être de l’époque du morcellement du site entre les Guéberschwhir et les Gundolscheim, inféodés respectivement à l’abbaye de Munster et aux Hattstat. Ces derniers récupèrent toute la seigneurie au XIVe avec la bénédiction de l’abbaye, toujours sous la houlette de l’évêque de Strasbourg. A partir de 1585, les schauenbourg seraient les derniers propriétaires. Altitude 750 m. R.C.

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Morimont 2009 france (Alsace)

Posted by R C le janvier 15, 2014

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De toute part, il reste invisible, dissimulé par la végétation luxuriante de cette région largement arrosée, impossible de deviner qu’un tel château se trouve là. Heureusement, les ruines sont fléchées depuis la route d’Oberlarg à Levoncourt. Rendez vous à l’auberge, une grande bâtisse du XVe convertie en hôtel de charme. Le site n’en manque pas. Perchée sur la crête qui mène par un chemin au château, l’ancien relais seigneurial se repère comme le seul point au milieu de la forêt. A peine cinq minutes de marche sur le sentier de crête, et tu jouis d’une vue plongeante sur les ruines. Ambiance des jours de pluie sur le massif vosgien, tout se rassemble pour mieux te digérer, l’herbe, le brouillard, le ciel. L’accueil est redoutable, défendu par une canonnière que n’aurait pas reniée Serré de Rivières, un défilé d’entrée t’attend, quelquefois tu ressens la solitude autant que la pluie. Les dimensions du fort collaborent encore un peu plus au dramatisme. 60 mètres par 50, cela tient plus des grandes forteresses françaises du XVe, que du petit nid d’aigle alsacien ramassé sur un bout de rocher. Pourtant, le premier Morimont du XIIIe se conforme à cette physionomie, une protubérance rocheuse fait front à un éperon barré surmonté d’un gros donjon. A ses pieds, la chapelle, puis un logis, côté Sud une petite basse-cour dont l’enceinte a été englobée dans les agrandissements du XVe. La sinistre entrée, peu engageante à dessein, est un long corridor taillé dans le rocher qui contourne les fondations du donjon. Au fil de chaque reconstruction, les bâtiments profitent du style en vogue, ici aussi, la Renaissance semble avoir marquée les esprits : aménagement de la tour d’escalier, dernière survivante aujourd’hui d’un logis de la fin du XIV. La partie la plus récente, datée du XVe, a nécessité 30 années de travaux. Il demeure de beaux restes, les 7 tours sont en partie debout, une grande salle souterraine de 50 m sur 8 de large et 4 de haut est parfaitement conservée. Couverte par une voûte en berceau, elle évoque les grands châteaux de l’Oise : Pierrefonds, Coucy, mais aussi la salle des écuries de Lagarde dans l’Ariège ou encore les vastes entrepôts souterrains de Saône, du Marquab et du Krac.
L’histoire se confond avec celle de tous les châteaux du Jura alsacien suisse, dont Ferrette est le point d’influence. La famille de Morimont fait référence dans la longévité, de la fondation du fort au début du XIIIe jusqu’au XVIIe, ils établissent, reconstruisent, modernisent. Liés aux Ferrette, ils rendent également hommage aux Habsbourg en 1324. 30 années plus tard la terre tremble à Bâle, les constructions subissent leur seconde destruction, après celle ordonnée par l’évêque de Strasbourg au début du XIIIe. Le parti pris des Français par la famille, à l’encontre de l’Alsace et des Suisses, provoque une troisième démolition en 1445. Finalement, les alliances nouées et la présence de Gaspard à la cour du roi de  France, favorisent la reconstruction de grande ampleur qui suit. Adaptation à l’artillerie, développement de l’emprise vers le nord, élévation de deux tours dédiées au tir d’armes à feu, l’épaisseur de leurs murs avoisine les 4 mètres. Aujourd’hui, les gueules béantes des énormes bouches à feu continuent de tourmenter le passant. Au XVIIe les affaires se gâtent, après un siècle de quiétude, le dernier héritier vend, en 1632 les suédois débarquent et s’installent au château. Lorsque les Français les délogent, Morimont morfle en entamant son chant du signe : pillage, incendie, révolution, Bien National, changements de propriétaires. Les premières velléités de restauration ou de consolidation s’échafaudent vers 1850. Des travaux entrepris récemment, condamnent l’accès à l’intérieur du site, lors de mon passage en Juillet tous les cadenas étaient ouverts. R.C.

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Landskron 2009 France (Alsace)

Posted by R C le janvier 12, 2014

Landskron-chateau-R-Crozat

Landskron-ruine-R-Crozat

Landskron a survécu aux suédois, à la révolution, mais pas à la chute de Napoléon. Régulièrement adapté à l’évolution de la poliorcétique, le site cumule les curiosités de chaque époque, offrant un panorama de l’architecture militaire du XIVe au XVIIIe siècle. Depuis Ferrette, suivez le fléchage, jusqu’à Leymen, image idyllique du Jura Suisse. Vertes prairies, villages à l’urbanisme soigné et fleuri, l’ensemble est agrémenté d’une chenille jaune qui serpente dans la campagne, le tramway N°10 dessert tous les villages à flanc de coteau de Rodersdorf à Bâle. La forteresse se trouve sur une ligne de crête frontalière dominant une petite vallée qui s’ouvre sur celle de Leymen. Il faut franchir la voie ferrée et s’engager 2 ou 3 km jusqu’au hameau de Thannenwald, ensuite il reste 15 mn de marche sur une route. Dans un semblable contexte inutile de gloser sur l’état de la ruine. Une association se donne du mal pour entretenir son trésor. Inconvénient, tout est protégé, très nettoyé, peu charmant, la visite est purement factuelle. Avantage, tout est accessible, même le donjon, les espaces sont parfaitement identifiés, finalement la visite s’avère assez didactique. Cruel paradoxe. Remercions l’association de maintenir le site ouvert à tous. Je vais vous épargner un fastidieux inventaire archéologique de la ruine, toutefois récente, puisqu’elle date de 1814. En 1980, les murs étaient envahis par la végétation, le château était à vendre. Acquis en tant que bien public, les travaux sont gérés par l’association Franco Suisse Pro Landskron, qui regroupe plus de 1000 membres. 1,2 million d’Euros ont été investis en 1988 et 98, principalement dans la restauration du donjon et la consolidation des murailles du logis. Prochaine étape, faire évoluer le lieu vers un site d’animation folklorique…. Vous connaissez mon point de vue sur cette évolution trop souvent caricaturale. Le premier château est tardif, ultime fin du XIIIe, il est ruiné par le tremblement de 1356. Il semble que le donjon ait résisté. Largement remanié au fil du temps, d’une tour d’habitation il devient un support d’artillerie, puis une prison jusqu’à la révolution. Inféodés aux Rötelln, les Munch y règnent jusqu’à leur extinction en 1461. Le fief échoit alors aux Reich, vassaux des Habsbourg qui possèdent la région. Au début du XVIe les relations entre l’empire et les confédérés sont assez tendues, d’autant que la seigneurie voisine de Rotberg dépend de l’évêché de Bâle. L’empereur Maximilien mandate et finance les Reich pour transformer Landskron en une place forte dédiée à l’artillerie. Le donjon s’épaissit, autour s’élèvent les bâtiments que tu peux encore voir aujourd’hui. Le traité de Westphalie, en 1648, donne le Sundgau à la France, Vauban et son équipe interviennent pour restructurer la fortification, ils créent deux bastions sur la face Sud. Le site abrite une garnison de 300 hommes, au XVIIIe il sert également de geôle. L’importance de son casernement lui évite un démantèlement à la Révolution, la troupe est maintenue. La fin est proche, il subit un siège en 1813, les Autrichiens et les Bavarois sortent les Français, le château est pillé par les villageois, puis incendié, il est exploité en carrière Jusqu’en 1857. R.C.

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