Ruines de châteaux

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La Chapelotte 2007 France (Vosges)

Publié par R C le avril 3, 2014

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Avant 1914, au milieu de la forêt, il se trouvait au col de La Chapelotte une maison forestière et une chapelle. D’un côté la Lorraine, la vallée de Celle sur Plaine, de l’autre le massif vosgien. Fin 18 la crête est pelée, rouge, non pas de sang comme le commenterait un expressionniste en mal d’inspiration, simplement parce que le grès rose qui constitue la montagne a bénéficié d’un labourage en profondeur. Ensevelis par la mine, hiver comme été, 2000 soldats français et autant d’allemands ont payé de leur peau. Finalement, les types se sont rendus compte qu’à plus de 35 m de profondeur, les mines n’opéraient plus ! Quelquefois, à peine 20 m séparaient les deux lignes de front, sur place difficile de savoir où se situaient les uns et les autres, seuls repères, les Allemands ont construit des bunkers en béton. Les Français, persuadés de reconquérir rapidement, utilisèrent des matériaux naturels ou se terrèrent au fond des grottes. L’éloquence des chiffres devient le pléonasme de l’horreur : 55 mines pour un front de 300 m, 150 tonnes d’explosif, 1500 m de galeries, dont une française s’enfonce à plus de 120 m sous les lignes adverses. Ensuite, du matériel de haute volée : centrale de production d’énergie, liaison ferroviaire, gaz, lance-flamme, barbelés électrifiés. Amusant paradoxe, les troupes en première position dans les Vosges y venaient en villégiature, histoire de se refaire une santé. Profiter également de l’air pur pour des compagnies corses et niçoises qui y stationnent durant des hivers entiers ! Lorsque tu franchis le col, le souvenir s’efface, un calvaire et les deux jambages du péristyle de la chapelle sont debout, c’est tout. Il faut s’enfoncer un peu en forêt pour découvrir une première tranchée, rapidement tu tomberas sur des barbelés puis des "queues de cochon", assez facilement tu trouveras les vestiges de ton premier poste de mitrailleuse bien bétonné. La promenade peut durer plusieurs heures, pour l’amateur de ruines perdues c’est un parc où tu cours d’attractions en attractions. La quête du vallon qui abrite l’hôpital et plusieurs casemates allemandes figure la consécration. Plus loin, la découverte des pierres tombales parachève l’œuvre. Ce traitement, dans mon inventaire de la fortification médiévale, du site de la Chapelotte illustre sur l’échelle du temps la relativité de ses écarts. Les modes de construction défensives employées nous ramènent en plein Moyen-âge. Parement de murs en pierre, ossature en béton coffrée par des rondins de bois, implantation d’un bunker à l’extrémité d’un éperon. Départ d’un téléphérique, le fameux ouvrage s’accroche au flanc de la colline, assis sur un socle de béton, il s’élève sur deux niveaux, sur l’autre côté une petite terrasse domine le vallon. Il protégeait toute l’enfilade, dont le fameux hôpital. La visite de ce dernier redonne un peu d’humanité à l’endroit, sinistre dans cette forêt de résineux, l’entrée de la chapelle est surmontée d’un fronton classique, certaines salles sont agrémentées d’une frise de couleur ou d’un désuet ornement de plafond. La construction n’a pas subi de démolition. Des photos d’époque montrent des casemates habillées façon cabanes au Canada, sur des esplanades fleuries des soldats joviaux fument leur pipe. Un autre passé git à quelques kilomètres avec les ruines du château de Pierre-Percée abandonné depuis le XVe. Ici, sur une éminence, les vestiges d’une autre tour du XIIIe auraient servi d’observatoire aux Français. La recherche des emplacements requiert de longues heures de marche dans un site absolument pas sécurisé. Il n’est pas rare dans une tranchée de tomber sur l’entrée d’une galerie de mine à la béance impudique s’enfonçant dans les entrailles de la montagne. Grottes et cavités dans le rocher sont nombreuses, la forêt est calme, les cartes difficiles à interpréter mentionnent à peine les édifices. En hiver, vous ne croiserez que des chasseurs. R.C.

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Thil 2008 France (Côte d’Or)

Publié par R C le mars 13, 2014

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La butte de Thil en fera encore fantasmer plus d’un qui, las de se traîner au volant de sa berline confortable sur l’autoroute du soleil, admire comme dans un beau livre ce doux paysage de la Bourgogne. Image immuable du patrimoine français figé pour l’éternité occidentale. Pourtant, la vie de Thil semble avoir connue quelques récentes vicissitudes. Lors de ma première visite, au début des années 90, le site arborait déjà une première reconstruction. Le logis, principal bénéficiaire, rendu habitable et meublé sommairement, subissait une occupation sauvage avec une amorce de vandalisme. L’intégralité du site était ouverte, tant la basilique avec sa crypte que les cuisines ruinées du château. J’y suis retourné plusieurs fois, lors de ce dernier détour, en août 2008, la propriété privée était redevenue une réalité. Clôture autour des deux monuments, location pour noces et banquets, apparemment la visite demeure possible en été (il vaut mieux s’en assurer). Une grande enceinte ovoïde de 120 m sur 60, délimite le site, elle est encore bien visible, ses murs de petits moellons s’élèvent encore à plus de 8 m. Le donjon, haute tour de guet construite au milieu du XIVe, se laisse voir à plus de 30 km, et offrirait la visibilité à 50. La butte domine largement le paysage, en sélection romaine elle offrait une position stratégique sur une voie nord-sud. Au IXe, même une fille de Charlemagne y résiderait. Les bases du site actuel datent du XIe, concomitamment à celles de la famille de Thil, qui se le transmet jusqu’en 1503. Jean II de Thil, connétable du Duc de Bourgogne puis conseiller du roi, incarne le plus illustre de la lignée. Au XIVe, il octroie rente et collégiale à des chanoines, à charge pour eux de raconter deux messes par jour. La prospérité gagne le château, mais une bande d’Ecorcheurs rôde, construction de nouvelles fortifications dont la tour de guet qui culmine à 25 m. Les belles cuisines appartiennent à la mémoire des places fortes médiévales, trois grandes cheminées accueillaient chaleureusement le produit des chasses. Au cours des années 90 toute cette partie domestique végétait à l’air libre, arbustes et ruines cohabitaient. Les voûtes en plein cintre des celliers du XIIe tenaient toujours. Richelieu en 1640, ordonne le démantèlement, finalement seul le pont-levis est détruit, la place forte réduite, le château demeure, l’abandon et la véritable ruine sont constatés à la fin du XVIIIe.  La collégiale a été construite sans discontinuer de 1343 à 1350, l’ouvrage parvenu complet, résiste dans son austère aspect originel.
Le village de Précy sous Thil, juste au pied de la butte, incarne toute la quiétude de  l’immuable et du séculaire. Depuis le promontoire, l’envie te prend de contempler la répétition des parcelles jusqu’à l’infini vers les monts du Morvan. Privilégie le crépuscule afin de t’assurer la solitude et l’éternité de l’instant. RC

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Lutzelbourg 2006 France (Alsace)

Publié par R C le février 21, 2014

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C’est un site reconstruit que vous visiterez, vous aurez la chance d’y pénétrer par la porte principale du moyen âge. Un accès hautement défendu par un châtelet d’entrée et un large fossé franchi par un pont-levis. L’ancien portail au pied de la tour Fénétrange date des premières reconstructions du début du XXe. Abandonné depuis 1523, le site a profité pendant plusieurs siècles aux constructions du voisinage. Sauvés par deux notables, les restes échappent au remblaiement pour l’édification de la ligne Paris Strasbourg, qui passe en dessous. Sur l’étendue, deux tours se tiennent encore, le château en comptait trois principales. La Fénétrange, déjà citée, conserve deux pans de mur jusqu’à son couronnement à 24m. La seconde, implantée au centre de l’esplanade a été restaurée lors de la reconstruction, jusqu’au XVIe cette pentagonale flanquait un mur derrière lequel s’abritaient plusieurs logis. Sur le flanc Est, un petit édifice néo-roman surplombe la vallée, cette construction entreprise par le docteur Koeberlé est contemporaine des fouilles puis des travaux de 1909. Un site remarquable par sa position, largement en surplomb, le vaste éperon de grés rose domine la route dans la vallée de la Zorn, isolé naturellement sur le flanc Sud par des amorces d’un fossé, puis d’un haut rempart dominé par deux tours. Evidemment, il ne subsiste plus rien, hormis les tours et quelques soubassements, les ruines ont bénéficié d’un bon nettoyage, il y a un siècle. Pour conserver un souvenir pénétrant de ce lieu, rendez-vous quand la nuit et la brume se croisent, en prime de l’assurance de votre solitude, vous percevrez un étrange univers de formes qui, dans son imprécision vous restitue volontiers un peu de l’âme d’un site oublié depuis un demi millénaire.
L’histoire de ceux qui se sont battus ici est longue, les Romains y avaient établi un castrum, occupé jusqu’au  IVe siècle, l’exhumation de monnaies l’atteste.
La première information sur la reprise d’activité date de l’extrême fin du XIe, lorsque Pierre de Lutzelbourg négocie la place avec l’abbaye de Marmoutier contre un petit prieuré. La lignée s’arrête avec son fils au milieu du XIIe, ils prennent le temps de construire un premier rempart avec la tour principale ainsi l’éperon se trouvait clos. Le site revient à l’évêché de Metz, mais l’affaire est également convoitée par le duc de Lorraine, la seconde moitié du XIIe est houleuse.
Les évêques confient l’administration à des seigneurs locaux, le système perdure jusqu’à la fin du XIVe, les plus célèbres sont les Fénétrange. Dans le dernier quart du siècle, l’évêque de Strasbourg acquiert la propriété et l’attribue à plusieurs familles (5 ou 6), longue période de trêve qui dure jusqu’en 1523. Fin de toute vie domestique au terme d’un siège, le 11 mai le château brûle. Intervalle Sickingen, le chevalier dissident ou pillard, titulaire de la place, perturbe l’unité de l’empire. Une coalition de princes part mettre au pas tous ces petits barons qui logent encore en montagne et menacent les bourgeois des villes. La seigneurie avec ses ruines passe entre plusieurs mains, avant d’échoir à la fin du XVIe dans celles de la maison de Lorraine. Plusieurs tentatives de reconstruction sont menées, mais il semble que la plupart de ses propriétaires aient eu les yeux plus gros que le ventre. Reconnaissons que ces forteresses ne présentent que des inconvénients : pas adaptées aux armes à feu, coûteuses à entretenir, mal vues des instances royales, isolées du contexte économique qui se tient dans les villes, enfin qui souhaite encore vivre dans de pareils endroits ! Ici nous ne sommes qu’à 320 m. R.C.

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Birkenfeld 2007 France (Alsace)

Publié par R C le février 16, 2014

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Une ruine au milieu de la forêt, légèrement en contrebas du Mont Sainte Odile, vers le sud-ouest. L’emprise n’est pas grande mais l’ensemble ne manque pas d’allure, tu franchis un portail mignard en passant sous un arc en grès rose solidaire du rocher. La maison forte écrase de ses trois étages toute la basse-cour. Le site a été restauré une première fois en 1869, et plus récemment dans les années 80. La construction est datée du milieu du XIIIe, deux autres périodes transforment la petite forteresse en un beau logis. Début du percement des baies aux alentours de 1375, poursuite dans les premières années du XIVe avec l’enceinte qui englobe la basse-cour. Le plan se résume en deux espaces, un grand quadrilatère : le palais, flanqué d’un donjon aux murs très épais. Placé, évidemment sur le côté exposé, aucun passage ne le relie au logis, une seule ouverture vers l’extérieur, la défense et l’accès s’effectuaient par le couronnement. Aujourd’hui, un percement sauvage dans la paroi Est en permet la visite, imaginez cette tour avec peut être 10 mètres supplémentaires. Les fortifications pouvaient être bien plus élevées que le rendu de notre imaginaire actuel. La face Sud du palais concentre les plus beaux atours du château, rez-de-chaussée défensif avec un rang de grandes archères, et surtout une belle poterne en ogive protégée par une bretèche. Le système d’entrée surélevé, supporté par une embase maçonnée reliée à un plan incliné, rappelle celui de l’Ortembourg contemporain, premier quart du XVe. Aux second et troisième niveaux, la lumière est privilégiée, deux grandes baies gothiques éclairaient les salles de réception, celle du dernier étage a été remontée, ses quatre colonnettes sont parfaitement en place. La face Nord, plus austère et plus exposée, abritait des espaces plus domestiques, l’implantation des latrines en témoigne. Pour chacun des deux emplacements, deux puissants corbeaux maintenaient une structure en bois. Au pied de cette façade, il y aurait eu une autre basse-cour dont il ne subsiste presque pas de vestiges. Les deux campagnes d’édification sont perceptibles, il suffit de comparer la dimension des blocs, leur bossage est également caractéristique, à noter l’épaisseur du liseré d’encadrement, plus large, plus décoratif, pour la seconde période. 1246 ou 1285 ? Première évocation du site, 1289, la construction s’approche plutôt de cette dernière date. Fin du XIIIe, la féodalité recule, l’empereur prend le pouvoir et mandate l’évêque de Strasbourg d’administrer ses biens. Une longue période d’accalmie s’étend sur l’Alsace, le Birkenfeld est considéré comme un fort de position sur la route romaine du Mont Ste Odile au Champ du Feu par la Bruche. Délaissé par ses propriétaires, les Beger, qui lui préfèrent Strasbourg au XIVe, il subit lors de leur retour en montagne vers 1375, un profond réaménagement qui le transforme en une belle résidence. Restauration de la muraille, puis percement des grandes baies et aménagement des basse-cours. Au XVe, plusieurs querelles relatives aux limites de propriétés notamment pour les bois animent le landernau. En replaçant l’économie forestière dans son contexte du moyen âge, il s’agit d’un champ de pétrole ! Ainsi se justifient les chicaneries régulières entre les Beger ou leurs baillis avec la ville d’Obernai. En 1532, la lignée s’éteint, la seigneurie est vendue avec Mundolsheim à l’un des chanceliers de l’empereur, qui reprend le nom du patelin afin de bien matérialiser son statut (aristocratique). Le château est déjà à l’abandon, depuis la fin du XVIe, lorsque surviennent les Suédois. Altitude 680 m. R.C

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Bilstein Aubure 2008 France (Alsace)

Publié par R C le février 16, 2014

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Au dessus de "Ribeau", vers l’est tu remontes la vallée, pose ton os à l’auberge forestière du schlossberg. Sur le parking, une SM de 1971 blanche complète mais fatiguée attend son restaurateur. La crête qui supporte le château, à 750 m, se trouve pile au-dessus. Passe le torrent, un chemin monte dans les prés, ensuite tu chemines en sous-bois, pas toujours évident, j’ai terminé l’ascension en tirant une droite vers le sommet. Parvenu au point de réjouissance, la vue panoramique totale l’emporte sur les vestiges du site. Il semble il y avoir un autre accès plus aisé car le lieu se fréquente le dimanche. Classique, le fort s’accroche à un rocher gréseux isolé de sa barre par un fossé artificiel ! Vers le donjon, l’accès au sommet s’effectue entre les vestiges des murs de la basse cour et des dépendances. Vient ensuite le château haut qui regroupe le donjon et le logis, difficile à imaginer aujourd’hui. Sur la sommité, dressée en pierres à bossage de grès rose, la tour du début XIIIe est protégée par un chemisage. Restauré et bétonné, ce petit ouvrage procure l’avantage d’une visite libre avec ascension jusqu’au couronnement. La position est stratégique avec une vue imprenable sur un horizon de ballons relevé de plusieurs découpes de châteaux dans la brume. Vous noterez un masque en relief taillé dans une pierre à bossage sur la face Ouest, une symbolique plutôt rare en Alsace, au mieux il évoquerait une figure de gargouille. Deux autres particularités digne d’intérêt, tant les vestiges en manquent : la porte ogivale du donjon et l’arc de décharge sous une courtine du haut château. Le premier fait où l’on parle du Bilstein, lorsque Mathieu de Lorraine, frère du Duc, s’y cache, il vient d’assassiner l’évêque de Toul. A cette époque, les Horbourg, vassaux du Duc, possèdent le fief, l’histoire s’est déroulée en 1217. Un siècle plus tard, la seigneurie est vendue aux Würtemberg qui le conservent jusqu’au XVIIe avec l’intermède Ferry de Lorraine en 1424. La construction, débutée au XIIe, profite de travaux d’agrandissement aux XIVe et XVe, jusqu’à son ultime heure le château est entretenu. Après le siège infructueux de 1547 par les troupes catholiques de l’empereur, les Würtemberg ayant adopté le parti de la réforme, il faut attendre la guerre de Trente ans pour vivre un nouveau fait d’armes. Définitif, car les troupes impériales prennent le fort et le mettent à sac, il brûle, et servira de carrière pendant un long moment. RC

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Oedenburg 2008 France (Alsace)

Publié par R C le février 6, 2014

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A l’ombre du grand, loin des cohortes, quelques centaines de mètres, marchant vers l’ouest les randonneurs croisent les ruines du Petit Koenigsbourg. Planqué dans la forêt, le site est clos d’un grillage, les plus intéressés le franchiront allègrement. Des fouilles sont en cours, comme d’habitude à la vue de l’engagement des travaux, elles semblent suspendues depuis de longues années. 200 mètres séparent les deux constructions, aucun lien, aucune enceinte commune, deux hypothèses se présentent. Un poste avancé pour occuper toute la crête ou un ouvrage de siège. Les premières traces datent de 1250, le duc de Lorraine fait établir un fortin sur le rocher le plus élevé au bout de la ligne de crête. A l’origine, entourée d’un mur, une tour carrée dont la porte principale se situe sur le côté Ouest, et le demeure. Aujourd’hui très ruinée, il ne reste plus que la base de la tour en gros moellons irréguliers. Au début du XIVe, les Landgraves de Werd récupèrent le site tout en maintenant un lien de vassalité avec les Lorrains. Le château prend sa forme actuelle avec l’extension du palais vers l’est, la courtine enjambe l’ancien fossé. Les fortifications sont déplacées et renforcées, notamment les courtines Nord et Ouest, la porte d’accès est défendue par un ouvrage en souricière. Pendant le XVe, élévation d’une vaste enceinte protégeant la basse-cour qui s’étend au sud. Pour l’anecdote, dans un acte de propriété de 1417 le site est baptisé Oedenbourg qui signifie "château désert", cette lettre destinée aux Rathsamausen leur ouvre des droits sur le site du Koenigsbourg, en fait il s’agirait du grand château. L’abandon survient vraisemblablement au début du XVIe. La ruine à belle allure, le corps principal du palais comporte plusieurs particularités, en faire le tour est très instructif. Imposante face Sud percée de plusieurs ouvertures, deux baies en ogive conservent quelques colonnettes décoratives engagées dans les jambages, à côté un large trou béant surmonté d’un arc signifiait une grande fenêtre géminée du type Landsberg. Contournez le rocher vers l’est, côté Haut Koenigsbourg c’est plus facile, l’éperon a été taillé, passez dans le fossé au pied du mur bouclier, difficile d’éviter l’ostentatoire petit arc de décharge qui enjambe une faille. Envers de décors au nord, là aussi un arc de décharge étaie la muraille surplombant l’ancien fossé. De multiples ouvertures égaient un austère pan de muraille. Plusieurs corbeaux encadrent deux poternes superposées, un ouvrage en bois façon hourd les reliait-il, avec quelle fonction : bretèche, latrine, escalier extérieur ? Vers l’ouest, une autre baie géminée couverte d’un arc en plein cintre a été murée. Vous remarquerez que l’ouvrage ne comporte pas d’archères, aucun percement pour l’artillerie, surtout de larges ouvertures réparties sur les deux principales façades. Le décorum prédomine également dans l’appareil, de la pierre à bossage sur la face principale et le mur bouclier, remarquable ajustage de maçonnerie autour du rocher dont certains blocs quasi sculpturaux émergent du mur. Vers l’est sur la continuité de l’éperon, enfouis sous les lichens et la mousse, des vestiges de murs, des bases d’habitations, les derniers aménagements datés de la fin du XVe. R. C.

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Hohnack 2007 France (Alsace)

Publié par R C le janvier 31, 2014

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Une belle enceinte polygonale, en bon état, restaurée il y a plusieurs dizaines d’années. L’accès est fermé par de solides grilles, toutefois l’escalade des murs est assez aisée. Le Hohnack est une forteresse qui a bien évolué depuis sa fondation au XIIe siècle jusqu’à son démantèlement au XVIIe. Premier constat, l’appareil de construction en pierres à bossage a été maintenu au fil des remaniements, l’unité procure une belle allure. La construction se situe sur un sommet arasé, à 940 m d’altitude, l’un des plus hauts châteaux d’Alsace. En faire le tour est très facile, les larges esplanades qui encerclent les courtines sont parfaitement entretenues. La muraille culmine encore à plus 10 m. A l’origine, la défense se faisait par le couronnement, plus tard des tours équipées de bouches à feu sont venues compléter le tableau. Intégration remarquable, à tel point qu’une partie de l’enceinte aurait été démontée puis remontée lors de l’édification de la grosse tour Est. Dressée au XVIe, elle est dédiée à l’artillerie, des petites bouches à feu égaient ça et là l’imposante masse, des lices protégées par des braies d’artilleries offraient un premier rempart. Plus de traces, pourtant elles sont mentionnées sur le plan inventaire qui précède la destruction. Peu fréquent pour un fort de montagne, un bel ensemble défensif s’étend autour de la porte. Dans l’ordre de progression : un plan incliné défendu par une barbacane, puis une tour en avancée de la poterne, enfin un pont-levis enjambait une fosse, l’axe du pont étant perpendiculaire à celui du plan. Dans la configuration primitive du XIIe seule la poterne existait. A l’intérieur, tu t’aperçois que la muraille talutait un promontoire sur lequel trône un moignon de donjon plutôt du XIIe, de part et d’autre se trouvent deux citernes. Sur la vaste étendue herbeuse des murets définissent les traces du logis accolé à la courtine Nord, une chapelle est contenue dans la tour d’artillerie. L’histoire du Hohnack débute avec les Ferrette, héritiers du val d’Orbey au XIIe, la place est gérée par un ministériel. A la fin du XIIIe, les Ribeaupierre prennent possession des lieux tout en continuant de rendre hommage aux Ferrette. Pendant quelques années, au milieu du XIVe, le seigneurie appartient aux Habsbourg, puis elle revient à l’église de Bâle. Les Ribeaupierre conservent une main sur le château, pendant le XVIIe il change de seigneur régulièrement, le démantèlement survient à la suite du traité de Wesphalie (1748). Trop fortifiée, la place peut devenir un nid de résistance que le royaume de France ne peut accepter. Durant 15 jours 200 bonshommes s’appliquent à démolir les murs et les tours, vendu comme Bien National, il devient une carrière jusqu’à la fin du XIXe. Il bénéficie d’une restauration à l’allemande, un peu trop soignée à mon goût. Le château était ouvert lors de ma première visite en 1988, il ne m’avait pas enthousiasmé, 20 années plus tard je ne lui trouve pas plus de charme. R.C.

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Schrankenfels 2009 France (Haut Rhin)

Publié par R C le janvier 22, 2014

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Tout commence par une belle promenade à couvert, depuis le Fistplan, un petit col qui relie Soulzbach-les-bains à Osenbhur. Une heure de marche en forêt en passant par la fameuse Borne Jaune, compte encore un bon quart d’heure lorsque tu apercevras à la terminaison d’une crête l’arête du mur bouclier de l’entrée, qui dépasse les cimes. Le site est resté à l’abandon pendant de très longues années, il avait bien reçu quelques aménagements sécuritaires ainsi que diverses reprises de maçonnerie dans la première moitié du XXe. Aujourd’hui, il bénéficie d’une grande restauration dont le relèvement du mur Est et la consolidation du front d’attaque. Sa conception est considérée comme "moderniste", les premières mentions du fort datent de 1241. En effet, le mur bouclier érigé en donjon, et placé en éperon, préfigure les murs chemise (cf Ortembourg). Idem pour les "avant-gardistes" hautes archères, elles seraient les plus anciennes d’Alsace. Néanmoins, reconnaissons que la construction est spartiate. L’appareil est un empilement de grossiers blocs de schiste extraits sur place, il pourrait il y avoir une carrière un peu plus loin, vers le Haneck. Elégante entreprise que l’arrondi qui relie la courtine Est au donjon, cet élément constitutif du front fait plus de 2,70 m d’épaisseur à sa base, ses fentes de tir mesurent 1,30 m. Une petite porte est aménagée dans la noue, sa protection est assurée par les archères du donjon. L’enceinte occupe toute une éminence, un premier fossé creusé au sud-est l’isole de la crête, un second plus étroit protège également la partie Nord. L’ensemble est considérablement ruiné, si le pourtour subsiste, il n’en est rien des bâtiments du palais qui devaient s’appuyer sur la courtine Est. Le château est élevé par la famille des Guéberschwhir sous la protection de l’évêque de Strasbourg, il devient rapidement une enclave ennemie parmi des seigneuries inféodées à l’empereur, dont les puissants Guirsberg. En 1261, les maîtres du Schrankenfels alias Guébershwhir changent de camp lorsque l’évêque autorise la construction du Schwartzenbourg au-dessus de Munster, à quelques kilomètres. Les belles alliances tournent vite à la mésalliance. A l’extinction de la lignée des Guéberschwhir, au début du XIVe, leurs alliés les Hattstatt récupèrent le site. L’évêque revient vers 1355, le château est définitivement ruiné aux alentours de 1430.
La prime est à cinq minutes en direction du nord, tu franchis le petit fossé sur-creusé, sur la bosse des vestiges d’une tour de 7 m de côté subsistent. A peine 1,50 m d’empilement de blocs de schiste encadré par un chaînage en granit, l’ensemble est passablement envahi par la végétation. L’histoire de cette construction isolée débute au XIVe, issue vraisemblablement d’un partage de l’éperon, le site n’est pas nommé. Toujours sur la même ligne, implanté sur la dernier sursaut à l’extrême pointe de l’éperon, le Haneck suit le destin de son grand voisin. Il aurait toutefois survécu jusqu’à l’arrivée des Suédois qui le  démantèlent. Les restes sont supplantés par une végétation luxuriante, tu discernes encore une enceinte dans laquelle demeure une ouverture couverte par un arc en plein cintre, le donjon fait face à la crête. La bosse est isolée du côté Sud-est (Schrankenfels) par un méchant fossé artificiel. La construction est similaire à celle des deux autres forts. Blocs de schiste encadrés par des chaînages de blocs de granit à bossage. Certains visiteurs, plus pugnaces, auraient vu des corbeaux sur un mur intérieur, ainsi que des archères, des moignons de mur demeurent en contrebas du flanc Est. L’ensemble est daté du XIVe, peut être de l’époque du morcellement du site entre les Guéberschwhir et les Gundolscheim, inféodés respectivement à l’abbaye de Munster et aux Hattstat. Ces derniers récupèrent toute la seigneurie au XIVe avec la bénédiction de l’abbaye, toujours sous la houlette de l’évêque de Strasbourg. A partir de 1585, les schauenbourg seraient les derniers propriétaires. Altitude 750 m. R.C.

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Morimont 2009 france (Alsace)

Publié par R C le janvier 15, 2014

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De toute part, il reste invisible, dissimulé par la végétation luxuriante de cette région largement arrosée, impossible de deviner qu’un tel château se trouve là. Heureusement, les ruines sont fléchées depuis la route d’Oberlarg à Levoncourt. Rendez vous à l’auberge, une grande bâtisse du XVe convertie en hôtel de charme. Le site n’en manque pas. Perchée sur la crête qui mène par un chemin au château, l’ancien relais seigneurial se repère comme le seul point au milieu de la forêt. A peine cinq minutes de marche sur le sentier de crête, et tu jouis d’une vue plongeante sur les ruines. Ambiance des jours de pluie sur le massif vosgien, tout se rassemble pour mieux te digérer, l’herbe, le brouillard, le ciel. L’accueil est redoutable, défendu par une canonnière que n’aurait pas reniée Serré de Rivières, un défilé d’entrée t’attend, quelquefois tu ressens la solitude autant que la pluie. Les dimensions du fort collaborent encore un peu plus au dramatisme. 60 mètres par 50, cela tient plus des grandes forteresses françaises du XVe, que du petit nid d’aigle alsacien ramassé sur un bout de rocher. Pourtant, le premier Morimont du XIIIe se conforme à cette physionomie, une protubérance rocheuse fait front à un éperon barré surmonté d’un gros donjon. A ses pieds, la chapelle, puis un logis, côté Sud une petite basse-cour dont l’enceinte a été englobée dans les agrandissements du XVe. La sinistre entrée, peu engageante à dessein, est un long corridor taillé dans le rocher qui contourne les fondations du donjon. Au fil de chaque reconstruction, les bâtiments profitent du style en vogue, ici aussi, la Renaissance semble avoir marquée les esprits : aménagement de la tour d’escalier, dernière survivante aujourd’hui d’un logis de la fin du XIV. La partie la plus récente, datée du XVe, a nécessité 30 années de travaux. Il demeure de beaux restes, les 7 tours sont en partie debout, une grande salle souterraine de 50 m sur 8 de large et 4 de haut est parfaitement conservée. Couverte par une voûte en berceau, elle évoque les grands châteaux de l’Oise : Pierrefonds, Coucy, mais aussi la salle des écuries de Lagarde dans l’Ariège ou encore les vastes entrepôts souterrains de Saône, du Marquab et du Krac.
L’histoire se confond avec celle de tous les châteaux du Jura alsacien suisse, dont Ferrette est le point d’influence. La famille de Morimont fait référence dans la longévité, de la fondation du fort au début du XIIIe jusqu’au XVIIe, ils établissent, reconstruisent, modernisent. Liés aux Ferrette, ils rendent également hommage aux Habsbourg en 1324. 30 années plus tard la terre tremble à Bâle, les constructions subissent leur seconde destruction, après celle ordonnée par l’évêque de Strasbourg au début du XIIIe. Le parti pris des Français par la famille, à l’encontre de l’Alsace et des Suisses, provoque une troisième démolition en 1445. Finalement, les alliances nouées et la présence de Gaspard à la cour du roi de  France, favorisent la reconstruction de grande ampleur qui suit. Adaptation à l’artillerie, développement de l’emprise vers le nord, élévation de deux tours dédiées au tir d’armes à feu, l’épaisseur de leurs murs avoisine les 4 mètres. Aujourd’hui, les gueules béantes des énormes bouches à feu continuent de tourmenter le passant. Au XVIIe les affaires se gâtent, après un siècle de quiétude, le dernier héritier vend, en 1632 les suédois débarquent et s’installent au château. Lorsque les Français les délogent, Morimont morfle en entamant son chant du signe : pillage, incendie, révolution, Bien National, changements de propriétaires. Les premières velléités de restauration ou de consolidation s’échafaudent vers 1850. Des travaux entrepris récemment, condamnent l’accès à l’intérieur du site, lors de mon passage en Juillet tous les cadenas étaient ouverts. R.C.

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Landskron 2009 France (Alsace)

Publié par R C le janvier 12, 2014

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Landskron a survécu aux suédois, à la révolution, mais pas à la chute de Napoléon. Régulièrement adapté à l’évolution de la poliorcétique, le site cumule les curiosités de chaque époque, offrant un panorama de l’architecture militaire du XIVe au XVIIIe siècle. Depuis Ferrette, suivez le fléchage, jusqu’à Leymen, image idyllique du Jura Suisse. Vertes prairies, villages à l’urbanisme soigné et fleuri, l’ensemble est agrémenté d’une chenille jaune qui serpente dans la campagne, le tramway N°10 dessert tous les villages à flanc de coteau de Rodersdorf à Bâle. La forteresse se trouve sur une ligne de crête frontalière dominant une petite vallée qui s’ouvre sur celle de Leymen. Il faut franchir la voie ferrée et s’engager 2 ou 3 km jusqu’au hameau de Thannenwald, ensuite il reste 15 mn de marche sur une route. Dans un semblable contexte inutile de gloser sur l’état de la ruine. Une association se donne du mal pour entretenir son trésor. Inconvénient, tout est protégé, très nettoyé, peu charmant, la visite est purement factuelle. Avantage, tout est accessible, même le donjon, les espaces sont parfaitement identifiés, finalement la visite s’avère assez didactique. Cruel paradoxe. Remercions l’association de maintenir le site ouvert à tous. Je vais vous épargner un fastidieux inventaire archéologique de la ruine, toutefois récente, puisqu’elle date de 1814. En 1980, les murs étaient envahis par la végétation, le château était à vendre. Acquis en tant que bien public, les travaux sont gérés par l’association Franco Suisse Pro Landskron, qui regroupe plus de 1000 membres. 1,2 million d’Euros ont été investis en 1988 et 98, principalement dans la restauration du donjon et la consolidation des murailles du logis. Prochaine étape, faire évoluer le lieu vers un site d’animation folklorique…. Vous connaissez mon point de vue sur cette évolution trop souvent caricaturale. Le premier château est tardif, ultime fin du XIIIe, il est ruiné par le tremblement de 1356. Il semble que le donjon ait résisté. Largement remanié au fil du temps, d’une tour d’habitation il devient un support d’artillerie, puis une prison jusqu’à la révolution. Inféodés aux Rötelln, les Munch y règnent jusqu’à leur extinction en 1461. Le fief échoit alors aux Reich, vassaux des Habsbourg qui possèdent la région. Au début du XVIe les relations entre l’empire et les confédérés sont assez tendues, d’autant que la seigneurie voisine de Rotberg dépend de l’évêché de Bâle. L’empereur Maximilien mandate et finance les Reich pour transformer Landskron en une place forte dédiée à l’artillerie. Le donjon s’épaissit, autour s’élèvent les bâtiments que tu peux encore voir aujourd’hui. Le traité de Westphalie, en 1648, donne le Sundgau à la France, Vauban et son équipe interviennent pour restructurer la fortification, ils créent deux bastions sur la face Sud. Le site abrite une garnison de 300 hommes, au XVIIIe il sert également de geôle. L’importance de son casernement lui évite un démantèlement à la Révolution, la troupe est maintenue. La fin est proche, il subit un siège en 1813, les Autrichiens et les Bavarois sortent les Français, le château est pillé par les villageois, puis incendié, il est exploité en carrière Jusqu’en 1857. R.C.

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Pergé 2005 Turquie

Publié par R C le janvier 10, 2014

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En Europe, la tour ronde appartient au XIIIe siècle, signe d’un renouveau dans l’architecture militaire, symbole du château fort dit philippien, un quadrilatère parfait, flanqué de 4 tours cylindriques. Les archéologues disent également qu’une construction circulaire oppose une résistance accrue aux projectiles, mais qu’elle résiste moins au temps. Elle aurait une tendance à la lézarde, puis à l’éclatement. C’est au retour de leurs voyages en orient que les chrétiens reprennent le modèle, alors que les Grecs, les Romains et les Omeyades au VIIIe, l’insèrent déjà dans leurs systèmes défensifs. Dans la muraille de l’enceinte hellénistique de Pergé, deux tours défendaient  la porte aval de la cité. Actuellement, au-dessus de la cité romaine, deux fragments se dressent encore à leur culminance originelle de 12m. Sur la plaine de vestiges qui durcit sous le soleil, les deux lames dominent par leur brutalité. Les deux constructions identiques, dans un appareil de gros moellons à bossage, sont surlignées à leur dernier niveau par un chaînage décoratif. Aucun percement sur le fût, seule une bande d’impostes sous le couronnement. La construction date de l’occupation grecque de Pergé entre les IIIe et IIe. Fondée en 1000 avant JC, à 17 km de la mer, le port demeure actif jusqu’à son envasement vers le VIe siècle. La ville prospère sous les Achéménides, les Grecs, puis les Romains, pour se fondre dans la poussière lors des conquêtes arabes du VIIe. La désaffection économique du port, un peu de peste suivie d’une mutation religieuse, métamorphosent la plus grande ville d’Anatolie. Siège du christianisme jusqu’au VIe siècle, le patelin appartient aujourd’hui au monde agricole. Les ruines de la cité recèlent toujours de trésors de la statuaire romaine, dont je laisse l’inventaire aux guides touristiques. A l’écart de l’enceinte, vas faire un tour dans le stade, la molle ondulation de ses gradins se modèle à la mouvance du terrain. R.C.

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Karasis 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le décembre 27, 2013

 

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Les turcs eux même émettent des réserves, ce faisant elles ne doivent pas vous empêcher de visiter ce site qui n’a jamais été fouillé. Karasis se mérite, l’expédition pour sa visite force quelques précautions : pas de short, encore moins de marcel, prévoyez plutôt une tenue épaisse, des moufles, un couvre-chef, des lunettes, quelques heures de maquis laissent des traces, pour le ravitaillement emmener de l’eau, de la nourriture, une boussole et une tente, l’abri pour la nuit est toujours réconfortant, surtout à plus de 1000 m au pays du brouillard. Personne ne passera, même pas un berger avec ses chèvres, trop loin, pas d’eau. Rappelez-vous l’histoire du Petit Poucet. Pour visiter l’intégralité du site prévoyez deux journées, l’épais maquis, la déclivité, l’absence de chemin et l’étendue de la citadelle sauront vous occuper. La route s’interrompt à 590 m, la prairie à la cabane est à 700, le col à 880, la citadelle vers l’extrémité Sud à 910, en tout une bonne heure, d’autant qu’il faut laisser des cairns à tire larigot. L’acropole vers la terminaison Nord culmine à 1060, au moins deux kilomètres de maquis dégueulasse séparent les deux extrémités, toujours sans visibilité et pas de sentiers. Très peu d’informations sont disponibles à propos de Karasis, une construction vers 300 avant JC, pendant la colonisation des Séleucides. Une dynastie fondée par Séleucos, l’un des généraux suivant Alexandre, installée sur la partie orientale du bassin méditerranéen. La position domine toute la plaine sur l’axe Nord-Sud qui traverse le Taurus depuis l’Anatolie vers la Méditerranée. Le site n’est pas inconnu, il existe un panneau de fléchage depuis la route qui s’enfonce dans la montagne en direction de Feke, le seul pendant 18 km, lorsque la piste cesse, il faut poursuivre à pied. Au XIXe siècle, des archéologues Français sont parvenus à le visiter, au début du XXIe une mission germano-Turque a pratiqué un inventaire, mais toujours sans fouille. Brosses à dents et pinceaux s’abstenir, car soulever ou manipuler des blocs gros comme des voitures (dixit des promeneurs turcs) relève de l’exploit surtout dans un maquis d’épineux dépassant souvent deux mètres. La performance n’égalerait pas celle des bâtisseurs, ceux qui ont érigé cette citadelle, acropole, il y a plus de 2300 ans. La crête est bordée de falaises sur trois côtés, à l’est, la seule face accessible se donne aux randonneurs aguerris. Une longue muraille coure encore sur plusieurs kilomètres cernant toute la sommité, ses blocs cyclopéens, ajustés et assemblés sans mortier, s’empilent intacts jusqu’aux 10 m originels. Nous n’avons inventorié que la partie Sud, certains l’appellent le château (kale), d’autres évoquent un lieu de culte, reste l’indéniable puissance de cette ligne fortifiée rendue infranchissable par sa structure et par ses barrières naturelles. Les bâtiments les plus emblématiques semblent localisés dans cette portion. Liés ou accolés à la muraille, rescapés des tremblements de terre, le temps ne parvient pas à les user. L’appareil cyclopéen est fait pour durer, les blocs taillés dans une pierre si dure, que même jetés au sol ils ne soient ni brisés ni écornés, comme un jouet d’enfant qu’il suffit de remonter. Un redoutable assemblage, avec des tailles en biais, des rangs inférieurs qui s’imbriquent dans les supérieurs, le parement devient le jeu d’une construction abstraite. Dans les tours et les bâtiments les plateaux sont en bois, dans les murs les logements attendent simplement de nouvelles poutres. Remarquables, l’ampleur et la structure font œuvre, un linteau est orné de la figure symbolique de l’éléphant, sur la même façade une pierre proche du seuil porte un renflement sphérique, sur la plupart des blocs un tailleur y a laissé son empreinte. A la pointe Sud se tenait une vaste bâtisse, ce n’est plus qu’un champ de pierres parfaites descendues par un séisme, peut être celui de 1114 qui ravagea toute l’Euphrathèse et Maras. En le traversant quelques-unes bougent encore, comme tombées de la veille, pas un arbuste ou une touffe d’herbe! L’éloignement, à plus de 20km de Kozan, augmenté d’une position inaccessible préservent encore le site des pilleurs ou des aménageurs. Pour rejoindre le temple, au nord, cela coûte encore 100 m de dénivelé, une marche pénible d’au moins deux kilomètres dans ce sale maquis avec le risque calculé de se perdre au moins plusieurs fois. Sans nous, pour cette fois, ils nous restaient six heures de lumière naturelle. Nous sommes allés voir les deux petits châteaux de Rifatiye avant de monter vers Karsanti. R.C.

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Andil 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le décembre 14, 2013

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Le dernier contrefort, avant de s’enfoncer plus profondément dans la montagne. Un infini visuel, depuis les dalles du promontoire l’horizon s’efface dans la plaine de Cilicie. A 15 km au sud-est les immeubles de Kozan scintillent sous la masse sombre de l’éperon de sa citadelle. A l’abri de la barre rocheuse, la progression par le sud-est dure au moins une demie heure, à 1100 m le vent du nord-ouest redouble au passage du col. Bousculé par les bourrasques, il suffit de remonter l’arête vers le sud, encore 50 m. Pas de mur ou de fossé, vous touchez à la bâtisse. Un bloc de 20 m sur 10 avec un appendice arrondi en lieu de tour qui pouvait défendre le front Ouest. La nature du bâtiment interroge, particulièrement dans la fonction de certaines salles ou de leurs aménagements qui ne permettent pas d’attribuer de rôle de précis. Au moins, nous pouvons nous accorder sur l’élévation fortifiée et l’aspect militaire, avec le premier accès à plus de 2,50 m, une absence d’ouvertures même défensives sur ce premier niveau, la taille des blocs et une épaisseur de mur conséquente. Il y avait un étage, très ruiné aujourd’hui, plutôt dévolu à l’habitation avec sept pièces, toutes nantis de fenêtres et couvertes par des voûtes, aucune trace de mode de chauffage. Les hivers sont rigoureux, souvent au printemps ou à l’automne la brume plombe le piémont du Taurus. Le site d’Andil est connu, deux archéologues Français le visitent au XIXe, mais il demeure sans histoire. L’occupation byzantine se confirme par des fragments de sculpture et de pierres gravées qui, selon Edwards sont stockés à l’école du village. De la période arménienne, ce serait des pièces de monnaie et surtout la majeure partie du bâtiment. Edwards distingue plusieurs phases dans la construction, à l’origine un simple bloc, le tiers Nord, extérieurement rien de flagrant, l’examen de son plan révèle des parois plus épaisses sur ce front, mais il s’agit de la partie exposée. Ce mur Nord recèle quelques particularités, hormis des traces de réparation côté Est qui favorisent aujourd’hui la désolidarisation du chainage Nord-est, il s’agit surtout des vestiges de boulins toujours fichés dans leur logement de pierre. Certainement en place depuis plusieurs centaines d’années ! L’usage des trois salles aveugles, ou presque, du soubassement alimente toute l’intrigue d’Andil, certains y voient des citernes avec une réserve de stockage au centre là où se situe la porte, d’autres évoquent des salles funéraires… La seule citerne assurément se trouve dans la tour, aucune ouverture, un seul accès par la voûte à côté d’un reste canalisation en poterie qui descendait l’eau depuis la toiture. Dans le même espace, des pierres descellées sur le mur Ouest laissent deviner un passage entre les parois, bizarrement chaque pièce en possédait un plus ou moins grand, Edwards le mentionne sur son plan en reprenant l’idée de circulations murées lors d’une phase de reconstruction. Il y a eu du bricolage et pas seulement sur le mur Nord, en différents endroits sans justification, des pierres à bossage parfaitement taillées, avec un méplat, se retrouvent insérées dans les murs.  A quelques mètres vers le sud, subsiste toujours le soubassement d’une tour contemporaine de la période arménienne, elle s’aligne dans la continuité du mur Ouest, sans certitude de liaison. Cette partie sud-ouest est très abîmée, ce faisant elle permet d’accéder à l’étage et de pénétrer dans la salle basse. En rejoignant le village, juste au col en dessous du cimetière, une autre construction contemporaine du château sert d’étable. Un gros bloc semi enterré contient deux belles salles voûtées intactes, de belles pierres à bossage marquent les chaînages d’angle. Pour son attribution sociale, il est évoqué une église… à condition qu’il y ait un étage.  Parions que dans quelques siècles le sol des salles rejoindra le sommet des voûtes, augmenté de quelques strates de crottes de biques. R.C

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Rifatiye 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le décembre 14, 2013

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Andirin plein nord, la vallée de Rifatiye longe celle qui relie directement Çokak, une voie supplémentaire pour se rendre à Geben et traverser le Taurus. La position défendait plus certainement un chemin en provenance de Kadirli. Aujourd’hui, la route la plus rapide est celle d’Andirin qui utilise le plateau d’une haute vallée. Bifurquez vers l’est sur une piste pour vous rendre dans le val de Rifatiye, franchissez un petit vallon. La localisation est fléchée depuis la route principale ensuite c’est terminé car il s’agit d’une conurbation. Deux fortifications gardaient la vallée, vous en trouverez une près de Seratepe, baptisée Rifatiye I par Edwards cette ruine est la plus attrayante, à Cembaz il faut se diriger vers Güney. Rifatiye II, établi à quelques kilomètres de distance près de Karapinar, a trois inconvénients, installée sur une colline au milieu de la vallée offrant simplement la vue sur des prairies, très abîmée il ne subsiste plus que les soubassements d’un plan ovoïde gardé par deux tours, enfin son accès est protégé par une clôture. On en perçoit facilement les vestiges, mais en faire le tour est difficile, d’autant qu’ils n’en valent pas la peine. L’implantation est petite : 30 mètres sur 15. Elle daterait des Byzantins sans parti pris des Arméniens, ces derniers se consacrant à l’autre position plus emblématique, voire plus signifiante militairement. Pour 100 m de plus, à 1200 m changement de paysage dans un univers plus minéral avec grand panorama sur 3 chaînes de sommets. Sur la pointe d’un éperon fait de gros blocs, le fort domine au nord un petit plateau habité et cultivé, vers le sud il plonge dans une étroite vallée. Sans aucun doute, la variété et l’ouverture d’un déroulement montagneux, piqué de forêts sur des côtes ocre d’or, captive d’avantage que la ruine qui se résume à une simple paroi. Légèrement infléchie, elle suit le relief du flanc Nord en défendant le seul accès possible à l’éminence. Trois tours, la plus importante, à l’est, contient une cavité qui s’apparente à une citerne, au dessus s’élevait sur un second niveau. De moindre attrait, les deux autres sont pleines. L’accès se situait sur la portion Nord, actuellement il s’agit d’une béance dans la muraille, sans pierres de parement ou linteau. L’appareil bien régulier, constitué de petits blocs nés du socle rocheux, s’y enracine comme son excroissance naturelle. Les murs parlent encore de leur base byzantine puis de l’empreinte de la construction arménienne.  Une histoire totalement inconnue pour ces deux postes de contrôle en vogue aux tumultueuses heures des XIIe et XIIIe siècles, dont l’abandon semble très ancien. Pour votre cheminement demandez aux habitants, ils seront ravis de vous aider et peut être de vous accompagner, surtout pour le site de Seratepe.  R. C

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Yeni Koy 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le décembre 3, 2013

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Le château, comme une couronne de lauriers, ceint une gentille protubérance au milieu du plateau. La vallée se termine, derrière les falaises il y a celle d’Aladag/Karsanti où les lourds camions tracent lamentablement en remontant la rue principale. Tout s’oppose, au calme des bruissements d’oiseaux répondent la fureur des klaxons existentiels et des triporteurs pétaradants, l’une est humide, froide, au versant couverts de résineux, l’autre est aride courue par des vents qui  balaient les saisons.  A 1000 m, au mois d’octobre l’hiver n’est plus un pressentiment, à l’isolement s’unissent les rigueurs de la vie en altitude, bien à l’écart des voies empruntées. Depuis le village, un chemin monte entre les clôtures, un bel exercice de land art qui mêle astucieusement avec une débonnaire élégance tous les ramassis de bois : planches, piquets, branchages, broussailles, bien calés dans un sommier de pierres. Une humble élégance dans une unité colorée de gris lavés par le soleil et la pluie. Des tôles assouplies claquent au vent, elles bordent des brèches dans la muraille, toute la cour sert de stabulation pour des chèvres, dans la tour Ouest le sol de la salle, relevé de déjections, en est devenu moelleux. Il n’y a pas d’histoire connue à Yeni Koy, selon Edwards la construction peut être attribuée aux Arméniens, thèse augmentée par des pièces de monnaie retrouvées par les paysans. La position et l’attrait du site se portent sur deux voies de circulation, vers l’ouest la vallée d’Etekli avec le fort de Meydan, et l’axe nord/sud qui traverse le Taurus vers Kayseri. Bizarrement, le château ne se trouve pas à cette intersection mais dans une vallée parallèle, certes plus confortable et mieux abritée à tous égards. Toute l’enceinte se cale sur la butte dont les pourtours sont taillés en aplomb, six tours disparates occupent les saillants. Trois sont pleines, l’une flanquait la porte et deux contenaient des pièces recouvertes de voûtes, la principale toujours debout servant d’étable. Les courtines gardent leurs soubassements, la partie Nord est la mieux conservée, un épais lierre s’accroche à toute la périphérie, bien taillé par les ovins il contribue certainement à préserver le couronnement. La basse cour semble logeable, des murets plutôt contemporains segmentent l’espace, mais des constructions en bois seraient largement envisageables d’autant que le mur Nord porte un décrochement propice à supporter ce type d’installation. L’appareil, en rangs réguliers se constitue de petits moellons équarris sommairement, la construction est soignée sans ostentation, il s’agit d’un château  modeste qui accueillait une petite garnison. R.C.

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Ak 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le novembre 19, 2013

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Au plus haut point, la petite chapelle se trouve exposée à tous les vents, les plus forts du nord impriment au gazon frais dans l’abside un mouvement rotatif. Sur la frise du couronnement les dernières pierres sculptées sont lavées par le souffle incessant, douce modénature en lutte contre la rationnelle efficacité militaire. Ak est un petit fort pour une petite garnison, sa grande enceinte occupe tout le sommet d’une protubérance rocheuse implantée au centre d’une large vallée. Visible de toute part, il ferme l’accès à la vallée supérieure d’Andirin à deux kilomètres vers le nord. Ensuite, le voyageur parvenu sur les hauts plateaux tombait sur Azgit. Une réplique, même mode de construction, implantation similaire et destination militaire exclusivement. Plus au nord, Geben arrêtaient vraiment les pèlerins, là résidaient ceux qui administraient toute cette longue vallée depuis Kadirli vers Goksun, combien de caravanes, de soldats et d’aventuriers sont passés… L’histoire inconnue d’Ak se fond dans celle de Gaban. En se référant à Azgit dont le site a été fouillé, la construction est attribuée aux seuls Arméniens au XIIe siècle. Leur arrivée dans la région en 1145, est consécutive à la proche fin du comté d’Edesse. Les Chrétiens ont conquis l’Euphratèse, mais les Mamelouks remontent avec des incursions dans la vallée dès le début du XIIIe, ils gagnent la partie en 1346. Toute la muraille est debout, les deux portes restent aujourd’hui les seuls accès à l’intérieur du fort. La coquille est bien vide avec sa vaste basse cour fractionnée par une barrière naturelle de rochers. L’accès recommandé se situe au sud par une poterne à l’abri d’une petite tour, l’ensemble est en bon état, les points d’ancrage au sol pour les gonds témoignent de la qualité et d’une praticité qui se perpétuent au XIXe dans de vieilles maisons de Kozan. L’entrée principale, plus importante, était flanquée d’une grosse tour circulaire dont les fondements serviraient de citerne, nous sommes au point le plus bas du château. Edwards mentionnent trois corbeaux destinés à supporter un hourd, juste au-dessus du passage, depuis 1979 ils auraient disparu, la poterne possédait un semblable dispositif. Les pierres, toutes de belles tailles et très dures, sont taillées grossièrement mais régulièrement, puis assemblées difficilement par du mortier. Les points de vue ne manquent pas, il est possible de faire le tour du rocher sauf sur la face Nord qui présente un méchant abrupt. Parvenir jusqu’aux murs relève d’un cheminement athlétique, depuis le sud, emprunte le lit d’un torrent à sec ou un maquis d’épineux en utilisant les passages des chèvres. Tu peux te rendre à l’extrémité Nord-Est, mais il te faudra revenir sur tes pas, les abrupts sont infranchissables et la muraille reste efficace. Alt 893 m 36 21 989 N et 37 32 898 E   R.C.

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Hotalan 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le novembre 18, 2013

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Quitter Karsanti /Aladag, charmante petite cité de caractère, plutôt montagnarde, en allant au sud. La route vers Etekli s’élève dans des grandes forêts de sapins, jusqu’à Kaledagi, passer sous Meydan à 1500m le château est à 1900, en redescendant le paysage devient plus sec. Dans Etekli la piste file vers le nord en direction de Posyagbasan à 8 km, la tour est posée sur une colline au nord-est du village. Deux accès sont possibles, par le nord en contournant la butte puis en montant tout droit durant un bon quart d’heure dans la broussaille ou par le sud depuis des chemins qui partent du village, certainement plus long mais plus confortable. Hotalan est un modeste point de contrôle parmi un dispositif fortifié, égrené au fil des vallées transversales vers le nord-est, depuis les Portes de Cilicie qui passe à Karsanti pour se rendre à Sis puis vers Maras. Encadrée par les gros forts de Tamrut à l’ouest, de Meydan à l’est, la tour offrait un relai d’intervisibilité entre tous. Encore plus à l’ouest se trouvait la tour d’Isa, enfin au vers le sud, à l’ouest d’Etekli, le petit ouvrage de Yanik, dans la veine des Sinap gardait le fond d’une gorge. Une seule tour posée sur un gros rocher, sans élément défensif, un premier niveau directement accessible par une porte, une grande salle aveugle voûtée légèrement en ogive. L’étage est ruiné, il comportait deux ouvertures, aucun accès depuis l’intérieur et pas de traces sur les murs extérieurs, il faut imaginer une structure en bois. Les vestiges de la ruine inclinent à penser pour une ouverture sur le même côté Ouest. La seule particularité, sans extravagance, est le plan avec son front Est en abside qui lui confère l’allure d’une grosse chapelle.  L’appareil de construction se différencie d’un niveau à l’autre par la dimension des blocs et l’épaisseur des murs, selon Edwards la campagne d’édification est unique, certainement au XIIe. Un travail d’Arméniens comme tous les châteaux et tours de cette ligne, à l’absence d’histoire également.
Alt 885 m 37 30 031 N et 35 14 778 E

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Cardak 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le octobre 27, 2013

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Actualisation de l’article de 2009

Une infinité de chemins mène vers le sommet, bien entendu il faut privilégier celui qui épargne d’une longue marche, source de perte dans un maquis de pins et d’épineux. Les outils d’orientations modernes ont favorisé une approche plus précise que lors de notre précédente visite infructueuse. La piste depuis la route de Cardak s’est améliorée, néanmoins certains passages en cas de pluie deviennent des pièges à embourbement. La fin de partie pédestre, nécessite plus de 3/4 heures de progression sur des sentiers de chèvres, avant de tirer tout droit lorsque la muraille semble proche, confectionnez-vous des repères.
Un château sans porte, dans la construction arménienne cet organe avec son aménagement défensif fait souvent l’objet d’un soin particulier. Rien de tel sur cette grande enceinte en partie debout, hormis sur les faces plus accessibles Nord et Ouest. L’accès s’effectue par une brèche sur la courtine Ouest près d’une grosse tour. La masse rendue imposante par la dimension des blocs culmine encore à sa hauteur originelle, la pierre très dure est taillée par éclat, la solidité et le bon état de conservation du château bénéficient de cette laborieuse construction. La forêt recouvre tout le massif, à l’intérieur de l’enceinte il est préférable de longer le mur pour se repérer, depuis le point de vue dominant, sous les claquements du drapeau, les chaînes du sud-est marquent l’horizon, au premier plan la muraille redescend. La vaste basse cour indiscernable sous la végétation dissimule de grands dénivelés, elle se parcourt sur de petits sentiers courant sous des saletés arbrisseaux aux épines assassines. La visite révèle les particularités d’une occupation domestique et militaire, les grandes salles des tours conservent les traces des portes qui les fermaient, dans les étroites tours défensives les grandes meurtrières en partie obturées ont été adaptées pour un tir rasant vers le pied de la courtine. La chapelle garde une belle allure avec son abside éclairée par trois lancettes.

La visite de 2009

L’un des plus gros forts de Cilicie, Cardak s’appuie sur les premiers monts du massif de l’Amanus qui bordent le sud-est de la plaine. A 10 km à peine de Osmanye, depuis ma chambre d’hôtel je pouvais distinguer un morceau de muraille. Le château est ancien, il pourrait être cité dès 942 s’il s’agit bien du site d’Hamous. Aucune certitude  pour une attribution exacte, la corrélation entre des faits et des lieux est rarement établie, en Cilicie seule une poignée de forts en bénéficie. La localisation stratégique en fait un ouvrage déterminant dans la défense de voies importantes au moyen âge. L’accès vers le sud, par la passe de l’Amanus vers Savranda, la route de la plaine vers l’est en allant vers Gaziantep puis Edesse, enfin vers le nord dans la direction de la vallée qui mène à Goksun. Pour l’intervisibilité, sa position en bordure de plaine lui ouvre la perspective vers Toprak à l’ouest, Harunye au nord est, Bodrum au nord. Le château a hérité du nom du village juste en dessous, pour s’y rendre il faut prendre la route de Osmanye à Gaziantep. Bizarrerie turque, à une grosse intersection un panneau de signalisation indique Cardak Kalesi, direction plein sud. Ne te réjouis pas, ce sera la seule indication, 10 m plus loin il faut déjà tourner vers l’est afin de reprendre la route qui passe par la montagne vers Yarpuz/Fevzipasa. Traverse le bourg qui s’étend sur des kilomètres, comme la plupart en Turquie. D’abord dans les cultures puis dans les pins, la route monte à flanc de coteau. Après les premiers lacets, sur la droite une piste en épingle aborde la montée plus rudement, effectivement elle semble se rapprocher du château. Nous avons tenté notre chance à deux reprises, le soir après un orage, cinq kilomètres de caillasse et de boue, le lendemain matin dans de meilleures conditions, après 8 km et 1/2 h de marche nous avions toujours une vallée et un mont à franchir. Quatre à cinq heures de quête pour des prunes ! Consolation, les vestiges visibles depuis notre route sont parmi les plus emblématiques du lieu : trois tours et un beau morceau de  muraille toujours en parfait état, elle est bien plus abîmée sur la face Nord. L’enceinte est un quadrilatère de 100 m presque équilatéral, sur le plan les rares bâtiments sont accolés au revers de courtine Ouest. Un grand espace sans ouverture, Edwards y verrait bien une citerne mais campée sur un rocher  au point le plus haut, il faut s’interroger sur la collecte des eaux. Au milieu, reste un bâtiment sans toit où notre ami y placerait une autre citerne. Tout à côté un petit édicule isolé attribuable sans équivoque aux Arméniens servait de chapelle. Ce serait là leur seule contribution. Les ruines émergent d’une forêt de pins qui recouvre tout le site, celles que nous voyons correspondent au côté sud, A prévoir, quelques heures et peut être le concours d’un guide ou d’un indigène désoeuvré pour accéder au pied des murs. Position appro. : lat. 37° 05 N, long. 36° 19 E  R.C

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Mancilik, Mancinik, Mandjilik 2013 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le octobre 27, 2013

Mancilik-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-1-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-3-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-2-ruines,-R.CROZAT

Préambule à l’actualisation de l’article de 2009
Nous avons enfin repéré puis visité le château au terme de quatre excursions, lors de cette dernière des bergers nous ont accompagnés depuis la piste jusqu’au site. C’est par un chemin différent de celui d’Edwards que nous sommes parvenus à l’éperon, certainement plus long autrement plus aisé, une grande partie est aujourd’hui carrossable. Je ne révèlerai pas notre cheminement, d’ailleurs difficile à décrire, ce faisant vous en trouverez des bribes dans le premier texte, je le maintiens in extenso, il retrace notre premier périple de 2009. 

La quête, essentielle dans nos visites, s’assimile parfois à une nouvelle conquête, celle d’un autre âge aidé d’une bonne cartographie GPS embarquée, d’une étude du terrain avec le concours de Google Earth, du cumul de trois visites infructueuses, le questionnement d’indigènes dans un rayon de 3 km car au-delà nous sortons de leur périmètre domestique, enfin de la relecture des rares textes afférents.
En réalité le Château de Mandjilik contrôlait 2 passages : le très fréquenté Nord/Sud qui reliait la plaine Cilicienne à Antioche ou à Alep et la passe Est/Ouest dans le massif de l’Amanus vers la vallée qui relie Maras à Antioche. La piste traversante que nous avons empruntée correspondait-elle à celle employée par les voyageurs du XIIe siècle ? Il n’existe aucune photo de l’ensemble du château. Pourtant la voie domine l’éperon du fort de 200m, au travers de l’épaisse forêt s’aperçoivent difficilement la porte et une tour du front Nord, impossible de les photographier.
Si vous trouvez sur le chemin en contrebas de la muraille une pierre gravée d’un texte en caractères arméniens vous aurez beaucoup de chance. En 1970 elle ornait encore le voussoir de la porte principale, inexorablement elle se fait aider pour rejoindre le bas du ravin où elle disparaîtra définitivement. Après l’étude des photos d’Edwards et d’Hellenkemper, tout reste en place, la progression de la forêt semble stationnaire. Des trous en diverses places et le dégagement de la base du mur Ouest attestent de fouilles récentes, le fait d’Italiens selon nos guides. S’il est impossible de faire le tour de loin ou de près, l’intérieur est tout autant ingrat, la forêt s’y enracine en s’agrippant aux murailles. Heureusement les salles couvertes le sont toujours, l’unique dégagement de la gangue verte, s’ouvre sur un point de vue de montagne, le surplomb du rocher plonge dans la gorge. L’autre s’enfonce dans l’obscurité de l’ombre quand le plan des falaises pâlit au soleil. Il faut gravir les quelques marches taillées dans le rocher, puis s’installer sur la plateforme en attendant. Je devinai un lieu immémorial, oubliant l’attrait archéologique, supplanté par cette projection où j’ai pris une place à laquelle tant d’autres avaient goûté.

La visite de 2009

Le  château invisible, depuis la plaine, depuis la montagne et depuis la mer.
Au XIIe et XIIIe les voyageurs qui descendaient vers Antioche pouvaient apercevoir la silhouette du fort en repli des premiers monts. Enfoui dans une abondante végétation il est vraiment difficilement discernable, au terme de 4 heures d’investigation en poursuivant une piste carrossable puis une tentative pédestre dans un maquis à 600 m d’altitude nous avons échoués. Edwards en 1974 avait eu recours à un guide local, et mentionne au moins une bonne heure de marche, sans donner son point de  départ. Depuis 34 ans, l’infrastructure routière a largement progressé, nous avons pu constater que les pistes forestières étaient souvent praticables par des véhicules de tourisme, surtout s’il y a de l’exploitation forestière. Ce faisant, l’usage d’un 4 X 4 pour s’aventurer dans ces montagnes peu fréquentées est largement recommandée, les cartes précises sont introuvables, existent-elles ? Tout bien considéré, l’intervention d’un guide s’avère salutaire et économique si vous ne souhaitez pas sécher sur un sentier ou passer une nuit dans une voiture embourbée, au mieux cheminer de longues heures pour rien. Second chapitre de l’aventure, une fois le fort aperçu et parfaitement localisé il faut encore trouver le chemin le plus simple pour parvenir à sa porte. Enfin, au pied des remparts la quête peut se terminer par de l’escalade. Ma première analyse de Mancilik se borne à l’interprétation du plan et aux excellentes supputations d’Edwards. L’attribution du lieu et sa trace dans des chroniques moyenâgeuses est sujette à circonvolutions, des explorateurs allemands y verraient bien un château baptisé Neghir par les Arméniens, ce faisant il était construit en basalte noir, or ce que nous n’avons pas vu est construit en moellon de calcaire bien jaune. Assurément, le fort contrôlait l’axe nord/sud, plus tardivement il a pu servir de base arrière pour les postes de Payas à l’époque des Ottomans. Le site est nanti de plusieurs constructions à usage domestique dont des citernes, une chapelle, des salles voûtées, l’ensemble est inclus dans un système défensif puissant, autant d’équipements qui orientent vers une occupation régulière plutôt que celle d’un ouvrage de garnison. L’accès le plus aisé s’effectue par l’ouest, avec pas moins de trois portes, les autres côtés sont bordés de rochers. L’état de conservation semble attractif, tous les bâtiments sont agglomérés dans la partie haute, à l’est. Plusieurs rangs de mâchicoulis sont toujours en place sur des parties de murs extérieurs et intérieurs. Au Nord, deux grosses tours sur deux niveaux, leurs salles étaient couvertes par des voûtes en ogive. Si vous parvenez dans l’enceinte vos efforts certains devraient être récompensés. L’accès au village de Rabat/Konakli, dernier village avant la montagne, passe par Doryalik ou Dortyöl à l’est de Payas, sur la route du littoral qui descend vers Antakya. La montagne qui le supporte est entièrement boisée. Sur la route principale à Doryalik bifurquer en direction de la montagne, l’intersection se trouve avant un pont qui enjambe une petite rivière. La piste forestière qui pourrait y mener démarre après la traversée de Rabat au pied de la montagne en longeant vers le sud,  puis rapidement il faut prendre à gauche le chemin monte sur le flanc d’une colline au dessus d’une carrière, après c’est la forêt. Edwards évoque une marche dans le lit d’une rivière vers l’Est puis un accès final depuis le nord, dans une forêt très dense. Position : lat.36°47 N Long. 36°19 E. R.C

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Candir, Baberon, paperon 2012 Turquie (Cilicie)

Publié par R C le septembre 29, 2013

Candir-1-Ruines-R.Crozat

Candir-ruines-R.Crozat

Même en relativisant, il s’agit quand même du berceau de l’une de des deux familles qui ont présidé aux destinées de la Cilicie pendant deux siècles. Une citadelle isolée aujourd’hui, à l’écart de toutes les routes, éloignée du premier village. Le visiteur solitaire ne s’en plaindra pas, la forteresse dont l’emprise épouse une espèce de gros camembert de 3,5 ha se trouve posée au creux de la vallée perdue, désertique, aux versants ravinés et replantée de pins. Une vague brume dilue la lumière grise d’un jour pluvieux, des éclats de verdure ceignent les flancs du pog. Cela n’empêche pas les bucherons de travailler même le dimanche. Au XIe siècle, Apelgharip vient ici trouver une meilleure fortune que dans son Vaspourakan natal, chassé par les Seldjoukides. Depuis la fin du XIe les princes arméniens exilés s’installent dans le Taurus, sans dépaysement depuis leur Arménie rocheuse et montagneuse. Accueillis à bras ouverts par les Grecs pour mieux les inféoder alors que ces derniers ont savamment manœuvré pour ruiner tous les efforts d’une auto administration en Arménie. Il faut aimer ou savoir pour s’enraciner dans ces montagnes isolées, vivre dans des citadelles perchées à plus de 1500 m, la neige, la pluie, le froid, les intrigues et les musulmans qui gagnent du terrain. Tous à la même enseigne, les Roubéniens sont à Vahga, les Hétoumides à Lampron ou ici à Baberon, Gogh Vasil est à keysoun ou à Hromgla. Quant aux francs, ils se contentent de passer, préférant à d’obscurs châteaux les rivages lumineux de la côte phénicienne. Pour leurs alliances, les Arméniens joueront plus souvent avec les Croisés en s’opposant aux byzantins. Lorsque Apelgharip débarque avec sa famille à Tarse, c’est à Baberon qu’il entrepose sa collection de reliques, dont un doigt de Pierre. En prime, lui échoit également le fief de Lampron, il le cède à Ochin. En 1078, lorsqu’il disparaît, Ochin revient, à son décès en 1110 Ochin II reprend la place, ensuite nous connaissons Sembat 1er, puis Bacunian jusqu’en 1199. De fortes personnalités continuent de s’imposer avec Constantin, puis Hétoum en 1263, celui qui fonde la dynastie des Hétoumides, elle s’impose à la tête du royaume de Cilicie. Baberon se trouvait à la confluence de deux routes qui se rejoignaient pour filer vers le sud, la région est riche, parfaitement alimentée par les torrents et rivières qui descendent des sommets alentour. La forêt couvre la montagne, dans la vallée, vergers et cultures procurent toute l’aisance nécessaire. Un véritable eden enviable, bien enclavé, préservé des raids Seljoukides, les premiers ont lieux vers 1245, les Mamelouks délogent définitivement les Arméniens à la chute du royaume à la fin du XIVe, la place devient le chef lieu du canton. Le premier constat lors de la visite est l’absence d’éléments défensifs, pas de tours, ni de hautes murailles. La nature y pourvoit, aucun autre accès ne semble possible hormis celui du nord-est, entre 15 et 20 m de falaises ceinturent toute la plateforme. Ils devaient exister des passages en bois, notamment pour accéder aux caves, citées par Edwards, creusées dans le rocher. Le château résidence établi à la pointe Nord-ouest frappe le voyageur qui parvient ici pour la première fois. L’unique route d’accès depuis l’ouest, impose le point de vue solennel de la belle façade parée d’élégantes et grandes ouvertures en obérant toute références aux symboles militaires. La magnificence devient puissance, le calcul était-il délibéré de la part des Arméniens qui ont conçu et construit la majeure partie de Baberon ? Les points de vue uniques se multiplient, déterminés par la disposition extraordinaire du formidable rocher. Parvenir au plateau n’est pas banal, heureusement notre guide nous a épargné le gravissement inutile des premiers flancs en contournant les falaises par le nord et nous amener devant un minuscule passage surplombé par une paroi s’élevant à 20 m. Un escalier en deux volées, taillé dans le rocher, équipé de paliers fortifiés, t’emmène jusqu’au sommet. Un pavillon avec gloriette vaguement à l’abandon domine une lande lavée par le vent et la brume. Baberon, comme Vagha, ou Hromgla ont subi les prémisses d’une restauration tombée dans un oubli préférable, au regard des infrastructures touristiques dont "jouissent" Harunyié, Gosne et Ravanda… A l’exception de cet édicule, depuis lequel la vue doit être magnifique, et de menus aménagements dans l’escalier, le site est en parfaite ruine.
Parcourir l’étendue occupe une longue parenthèse que je ne décrirai pas, à chacun ses souvenirs, la chapelle, le palais, les marques des tailleurs, la décoration de certains linteaux, les hasards des éboulements, l’intervisibilité avec Evciler et des panoramas sur les vallées environnantes désertes ou pimpantes de minarets scintillants.
A 50 km au nord-ouest de Tarse, la voie la plus facile part de Mersin vers Gosne, dominée par un petit fort qui défendait l’accès aux routes de montagne vers Lampron et Baberon. Avant Degirmendere redescends vers Capar au col d’une nouvelle vallée orientée vers le sud, la citadelle se cache dans un défilé sur le flanc Est. La localisation est difficile, j’évoque notre guide dans l’article de Sinap. R.C.

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