Un château perdu dans une vallée un peu à l’écart des grandes routes. A partir de Vicdessos remonter le fond du vallon vers Capoulet, direction Arquizat, après le site est bien visible, à présent il y a un parking et ça doit être fléché. Les ruines sont perchées sur un rocher calcaire à 750 m. J’ai appris que le château faisait l’objet d’une campagne de “cristallisation”, un entretien qui mettra les murs hors-gel, évidemment le site est plus propre, le donjon et son enceinte sont parfaitement dégagés. Lors de ma visite, les murs émergeaient d’un maquis de broussailles inextricables, difficile de pénétrer, au moins nous étions seuls, il faisait chaud, point de parking, et encore moins de grillage, aventure et belle époque.
Sur son promontoire à flanc de colline, il avait une belle allure, dans une brume de soleil, dressés au-dessus des arbustes, les chicots de muraille bleutés auguraient des restes prometteurs. La pauvre construction en galets et autres blocs mal taillés était même recouverte d’un enduit, les murs ne me semblent pas très épais et résistent difficilement au mauvais temps.
La ruine est entamée au début du XVIIIe. Un premier mur ceinturait le couronnement, la construction formait un quadrilatère dont il ne subsiste plus que la partie Nord, dominée par le donjon, à l’extrémité Ouest une tour carrée avec d’impressionnants merlons est toujours debout. Entre les deux, des restes de murs attestent d’un logis sur plusieurs niveaux, pas de détails architecturaux spectaculaires, hormis une petite baie trilobée dans le mur Ouest du donjon.
La première citation du château date de 1160, il semble que la famille de Miglos ait vaguement trempé dans le catharisme, ils auraient hébergé des parfaits, ce qui leur aurait coûté leur terre au début du XIVe. Le bâtiment est restauré en 1320, les ruines actuelles datent de cette époque, en 1792 un incendie parachève le délitement orchestré depuis longtemps déjà. Il change encore de mains au début du XIXe, vendu sur un lot de terrains, bon pour la carrière. R.C.
Archives pour avril 2008
Miglos 1995 France (Ariège)
Posté par ruine le avril 25, 2008
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Puilaurens 1998 France (Aude)
Posté par ruine le avril 25, 2008
A quatre reprises, j’y suis monté là-haut sur le piton. Un peu à l’écart de la route principale dans la vallée, il apparaît soudain en retrait, haut perché, dans l’ouverture de la petite vallée du Pech de Carabatets. Tu montes à Puilaurens tranquillement, une petite route de montagne qui prend à droite à Lapradelle sur la D17 et t’emmène sur un terre-plein en cul-de-sac. Le dernier kilomètre tu le gravis à pied, avec un escalier en chicanes dans une faille juste en dessous de la porte. Bien souvent, j’ai été seul à faire le tour de l’enceinte sur le chemin de rondes avec ses créneaux d’époque. Unique visiteur à contempler les bâtiments tassés à l’arrière de la basse-cour, face à la montagne, toujours monter descendre me projeter sur l’à-pic, souvent avec le vent, puis un petit tour dans les salles souterraines couvertes de leurs belles croisées d’ogive du XIIIe. La basse-cour s’étendait au pied du donjon, verte, dénivellée, recouvrant des tas de pierres tombées depuis quelques siècles.
Depuis 1217, date de sa première mention, Puilaurens n’a cessé de voir ses fortifications s’améliorer jusqu’au XVIIe. A l’écart de l’épopée cathare, il aura presque toujours fait partie de la couronne de France, le site est abandonné pendant la révolution. Sa position vertigineuse et son accès difficile dissuadèrent, pendant longtemps, les carriers et autres paysans d’y prélever leur fortune. Les deux portes d’accès sont munies d’assommoirs et de souricières. Dans la cour, des galeries souterraines mèneraient à un moineau (m’en rappelle pas…), remarquable également, la somptueuse évacuation des latrines avec ses bouches à plan incliné dans l’épaisseur de la courtine, elles s’ouvrent sur un escarpement de plus de 100 m. Le château occupe toute la surface de l’éperon, autour ce n’est que précipices et ambiance minérale.
Avant c’était gratuit, puis le petit terre-plein s’est mué en parking, avec l’appui du Conseil général une billetterie d’une architecture vernaculaire signifiante d’un certain catharisme, et ultra contemporaine, voire “brutaliste”, est sortie de terre. Alors aujourd’hui, pour être au calme là-haut vas-y après 19 h, c’est toujours ouvert. R.C.
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Arques 1995 France (Aude)
Posté par ruine le avril 12, 2008
Le donjon au 110 meurtrières ! Près de Couiza, à 15 km plein Est sur la D613, tu ne peux pas le manquer, il est au bord de la route et il y a un parking. Quand j’y passais, “il n’y avait pas foule”, à l’intérieur de l’enceinte j’ai le vague souvenir d’un camelot qui vendait des spécialités régionales… Charmant petit donjon de la fin du XIIIe, 12 m de côté sur 24 de haut, quatre niveaux et quatre tourelles d’angles qui lui confèrent une belle silhouette. Symétrie parfaite, aucun ajout, bel appareil lisse puis à bossage, tout atteste l’unité de temps et d’action.
Performance pour la France, l’ouvrage est parvenu intact après 700 ans… Il y avait une enceinte mais il n’en subsiste que la façade sur route. Les logis et bâtiments exploitation étaient adossés à cette courtine dont le coin Sud-Ouest, en ruine, prouve un ensemble d’importance. Dans la tour, les deux premiers niveaux sont voûtés, au rez-de-chaussée, quatre arcs en croisée d’ogive convergent sur une clé en anneau qui procurait un accès depuis la salle principale au premier étage. Considérant cet orifice et le repos des quatre élégantes tourelles d’angle en encorbellement sur des jambes de force, à partir du second niveau, inclinent certains à imaginer que la construction pouvait être talutée. Reconnaissons que la disposition haute, certes des tourelles, étonne, pourquoi une telle particularité architecturale ? Petit plus défensif, entre les contreforts sont aménagés des évidements pour un tir vertical, mais à quoi servait le ressaut à la base de la tourelle ? Même Henri-Paul n’apporte pas de
solution… Arques s’inscrit sur une ligne défensive, celle de Couiza, Coustaussa et Termes, en retrait de la barrière des forts de montagne qui s’étend de Quéribus à Carcassonne.
La faiblesse de sa position stratégique et son implantation dans une vallée, enfin son appartenance à la famille de Joyeuse jusqu’à la révolution, l’ont-elles mis à l’abri de toute ordonnance de démolition ? Toutefois, il a fait l’objet d’une solide restauration. R. C.
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Quillan 1998 France (Aude)
Posté par ruine le avril 12, 2008
“Petite ville riante nichée au fond d’une cuvette dans la vallée de l’Aude, Quillan s’enorgueillit d’un beau château perché sur une éminence surplombant les toits de tuiles orange.” Sémillant commentaire que n’aurait pas renié l’animateur du Jeu des 1 000 francs.
Une enceinte quadrangulaire de plus de 30m de côté avec des échauguettes à chaque angle. Autant dire que le tour est vite fait, quelques archères, une poterne fermée par une grille, l’entrée est impossible. la coquille est vide, à peine quelques fondements, du côté Nord les restes d’une grande salle. A l’origine les murs s’élevaient à 13m et 26 pour le donjon tour porche. Tout est tombé en 1793, suivant le démantèlement de 1735. Selon des érudits locaux, l’histoire de la butte débute à la fin du VIIIe avec les wisigoths et une forteresse en bois, au XIIe le lieu fortifié est signalé, un siècle après Simon de Montfort s’en empare. Construction du château actuel mi-treizième et remaniement au XIVe, les pierres à bossage et les échauguettes en témoignent . Vicissitudes de l’époque, pestes, famines, guerres de religions cathares ou calvinistes, ces dernières auront la peau du site en 1575, tout brûle. Avec la paix des Pyrénées il devient inutile, fin XVIIIe l’affaire est entendue. Le site ne mérite pas un vrai détour, en 15 mn la visite est faite, heureusement tu peux stationner ta voiture aux pieds de l’enceinte, la région déborde ou regorge de curiosités, avant ou après Quillan. De Quéribus à Miglos en passant par Montségur ou Renne-le-château. R. C.
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Termes 1998 France (Aude)
Posté par ruine le avril 12, 2008
Le Termenès est une petite région boisée très verte avec des points culminants à 1000 m, un havre de fraîcheur dans la sécheresse des Corbières. La fondation du château serait de la fin du XIIe, il couronne une éminence, bordée de ravins profonds.
En bas, il y a le village avec la Sou qui le partage, il faut emprunter un petit pont de pierre prendre à droite puis marcher un peu. Ils ont installé un micro musée et surtout un guichet dans l’une des dernières maisons sur le chemin qui monte au site. Ma première visite remonte à 1982, j’étais seul. Cette fois il n’y a pas plus de clients et le visitor center est fermé. Nous prenons un verre à la buvette de l’autre côté du pont en imaginant un bizness model pour la rentabilité du guichet. Inutile de s’interroger si les 4 billets journaliers vendus couvre le salaire mirobolant de la guichetière. Pas d’évolution en 16 ans, il y a toujours autant de ronce et de caillasses en tas là-haut. Une nouvelle signalétique fait exception, elle renseigne le touriste sur l’attribution des bâtiments : chapelle, citerne, poterne Nord-Ouest, courtine Nord, latrines… A Termes il ne reste pas beaucoup de choses de l’imposant château à la silhouette formidable.
Le site a été abandonné au XVIIe et surtout démoli, hormis les murs d’enceinte accrochés aux pentes, il ne reste rien, c’est un peu frustrant. Une baie cruciforme, et un contrefort d’angle supportant un mâchicoulis voilà les deux derniers éléments qui attestent d’une certaine qualité de fabrication. La visite de Termes ne vaut que si vous connaissez l’histoire du siège de 1210. Durant 5 mois, ça va vraiment chauffer sur les versants et les collines avoisinantes. Simon de Montfort mandaté par Louis IX (le bon Saint Louis) pour exterminer les cathares, s’installe avec une armée de mercenaires en face du site. Dans la place, des familles cathares sous la protection de Raymond de Termes, un vieux bouc opiniâtre et valeureux. En pleine montagne isolée, de juillet à fin novembre en ce début de XIIIe, il y aura successivement : des machines de guerres, des travaux de sapes, les sorties hardies des assiégés, la débandade des mercenaires pas payés, un soleil qui tape dure, des citernes à sec, un début de reddition, une pluie providentielle, une dysenterie, un hiver précoce, enfin la fuite des assiégés par un chemin secret à la barbe des troupes catholiques, la capture de Raymond de Termes et sa fin dans une prison. Selon Henri Paul tout se serait terminé dans la nuit du 22 au 23 novembre 1210. Je me suis promis d’aller à Termes un soir de 22 novembre.
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Montaillou 1995 France (Ariège)
Posté par ruine le avril 12, 2008
Les habitants d’ici doivent une fière chandelle à Emmanuel Le Roy Ladurie. Sans lui, qui se préoccuperait aujourd’hui d’un patelin à 1200 m sur un plateau venteux avec des moignons de tour sur un tertre herbeux. Il faut avoir lu “Montaillou village occitan” pour se rendre là-haut. Je ne l’imaginais pas en village de montagne, avec ses maisons basses enduites de gris et couvertes de bac acier. Il doit faire froid pendant l’hiver. Lorsque Jacques Fournier, évêque de Pamiers, débarque à Montaillou, il interrogera toutes les familles, mais ne cite pas le château qui venait d’être reconstruit, en revanche il consigne les frasques de la châtelaine, veuve, avec le curé. Le moyen âge est une période de liberté des mœurs, la vie est courte, urgence de vivre, mélange des genres et des classes, cette première renaissance permet bien des libertés.
Propriété des sires d’Alion, le château est mentionné au XIIe, détruit pendant la croisade, les trois murs restants aujourd’hui datent du XIIIe. La ruine serait de 1756 quand le site est la proie des flammes. Bernard d’Alion illustre bien la période trouble de la croisade contre les hérétiques, tour à tour sympathisant cathare et inféodé à Simon de Montfort, il perd ses terres au profit du comte de Foix, opposé aux Croisés. En épousant la frangine de Roger Bernard II de Foix il se réconcilie avec les cathares. Après la chute de Montségur il abrite des hérétiques, ce fait chevaleresque lui amène bien des soucis, emprisonné, condamné par le tribunal inquisitorial, finalement il est brûlé vif en 1257 à Perpignan. Dernier épisode, en 1308, Montaillou reconnu foyer d’hérétiques, est investi par les forces de l’inquisition, tous les adultes du patelin sont raflés et emprisonnés, c’est à ce moment qu’ils seront interrogés par Fournier le futur pape Benoît XII.
Trouver montaillou : passe à Ax-les-hermes, après prend la D613 vers la Chioula, puis à Prades la D105 vers la droite te mènera au spot. R.C.
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Lagarde 1995-98 France (Ariège)
Posté par ruine le avril 3, 2008
Grandeur et décadence sur un monticule au-dessus d’un village très calme. A Lagarde tout s’est endormi pour longtemps. A l’exception de ce vieil ingénieur un peu fou qui découpait des DS. Dans son jardin sommeillaient plusieurs sculptures roulantes, les Citroën transformées en coupés multicolores attendaient leurs clients bataves.
Depuis la place du village un grand pan incliné monte au château, il donne l’accès à la première terrasse, une grande grille soudée par la végétation empêche toute entrée de ce côté, pourtant un vieux panneau fait bien état de visites régulières, mais il y a bien longtemps que le guide a disparu.
A 10 km au sud de Mirepoix, Lagarde se trouve dans un pays de plaine sans vraies défenses naturelles, ainsi se justifient les puissants dispositifs développés jusqu’au XVIIe : fossés maçonnés, bastions enterrés et courtines élevées. Les ruines sont parfaitement visibles, elles impressionnent toujours. Au XVIIIe, époque de la splendeur des Lévis Mirepoix, Lagarde est un somptueux palais. Jardins à la française dans les fossés, les bastions deviennent des socles pour des statues gigantesques, le couronnement des tours est orné de balustres, d’élégants parapets bordent les plateformes. L’abandon par la famille, la révolution et la bande noire, transforment la magnificence en entrepôt puis en ruines avec délitement progressif.
La promenade dans les ruines est à vos risques et péril et certainement interdite, néanmoins il est difficile de résister à la transgression devant un tel monument. Le meilleur conseil pour la visite sera de flâner, un œil vers les cîmes pour prévenir toute chute de pierre et un second dans le taillis pour ne pas choir dans une cavité secrète. Le plan est simple, il reprend celui d’un fort de plaine : un quadrilatère cerné de tours, entouré de fossés pour la partie du XIVe. Une seconde ligne de défense est construite au début du XVIIe, c’est du brutal, nouvelle enceinte bastionnée apte à supporter de l’artillerie lourde.
Votre accès au site se fait par les champs, derrière le village, il faut franchir quelques clôtures, affronter un troupeau de génisses, descendre dans les fossés encombrés d’une végétation luxuriante voire envahissante. Vous tomberez d’abord sur une vaste salle semi-enterrée, 55 m de long sur 7 de large, elle fait partie des constructions ultérieures et devait servir d’écuries ouvrant dans le fossé. Profitez du stade inférieur pour visitez les bastions circulaires, les quatre sont identiques, en parfait état, ils comportent deux niveaux dont les voûtes circulaires reposent sur une pile centrale, ambiance bunker sous les ruines romantiques.
Avertissement pour les plus courageux en treillis, au terme d’une expédition commando, ils auront le loisir de voir l’escarpe et la contrescarpe maçonnées en bel appareil jointif. De retour à la surface, et surtout moins oppressant, dans la basse-cour la perspective est plus dégagée, tout est un peu déchiqueté mais des détails de modénatures et de constructions attestent des splendeurs d’antan. Henri-Paul ne ment pas lorsqu’il évoque Hubert Robert en contemplant cette harmonie ruino-agreste. La plus belle pièce de l’ensemble néo-médiéval est sans conteste la tour d’escalier du XVIe, du plein gothique flamboyant. Les restes sont éloquents : la frise de corbeaux au sommet et surtout la très belle voûte en étoile à clé centrale. Une rareté à ne pas louper lorsque vous irez sous la tour porche, deux bancs de pierre (coussièges) se faisant face sous la voûte, que tu surveilles car elle finira bien par tomber. Pour la suite, il suffit de se baisser pour regarder tout ce qui jonche le sol, fragments de sculptures, pierres taillées, quand les broussailles et les ronces vous laissent les entrevoir. R.C
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Montségur 1998 France (Cathares)
Posté par ruine le avril 3, 2008
Le Bûcher de 1244 signifie la fin des cathares avec la réduction de 205 martyrs. Sa pincée de légende savamment entretenue contribue largement à entretenir le mythe ainsi que la popularité du site. Avant les 3/4 d’heure d’ascension l’arrêt au calvaire commémoratif du drame est quasi imposé, le sentier passe au milieu du pré aux suppliciés. La montée paraît moins pénible à ceux dont l’imagination fertile ouvre l’image de ces journées de 1244, quand hommes, femmes et enfants descendent pour la dernière fois ce sentier, dans une forme toute relative, ils viennent de supporter un long siège. Vous remarquerez que les guides alors, qu’ils évoquent Montségur, s’étendent plus volontiers sur le massacre que sur le château lui-même. En effet, l’effort de la marche d’approche sera plus récompensé par la vue panoramique des alentours que par la construction du nid d’aigle bien postérieure au drame du 16 mars. Les châteaux cathares que tu visites aujourd’hui sont stylistiquement éloignés de ceux que les Parfaits squattaient, imagine plutôt des bâtiments de bois et de pierres.
Après la croisade, les Français réinvestirent les lieux en les adaptant ou en les reconstruisant comme ici ou encore à Puilaurens. L’ordre religieux rétabli, le roi put asseoir son hégémonie sur la région et récupérer toutes ces places fortes pour se défendre des atermoiements aragonais. Cette dernière battue sanglante contre les Albigeois se déroulait sous le règne du bon Saint Louis, sainteté qu’il s’était attribuée. Perché à plus de 1200 m le pog s’apperçoit à des kilomètres à la ronde, sous la neige, dans la brume, en plein soleil, toujours impressionnant et indissociable de son histoire. Parvenu au sommet, tu as le choix de t’élever sur la muraille avec une vision verticale sur le village de Montségur, une ancienne bastide, qui serpente sur le coteau, ou bien faire le tour qui te renseigne sur l’austérité de la construction. L’enceinte épouse la sommité du piton, logis et communs, certainement en bois s’appuyaient sur la muraille, il subsiste les percements pour les madriers. Dans le donjon, la salle basse voûtée percée de meurtrières est accessible par un escalier à vis, à l’étage la salle seigneuriale bénéficie d’une cheminée, luxe insensé… Dernier équipement, la citerne coincée entre la salle basse et le mur extérieur du donjon. Voilà c’est tout, pour ce tour du mythe. Le plus connu des châteaux cathares n’est sûrement pas le plus intéressant d’un point de vue architectural, ce faisant sa légende et sa position lui rendent bien sa notoriété. Nombre d’écrits relatent dans le menu l’épopée de Montségur et des Cathares, la bravoure de Raymond de Pereilhe, la vie pendant le siège et la fin triste de tous ces hérétiques qui se jettent un à un dans le brasier plutôt que d’abjurer leur foi. R.C
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Rennes le Château 1995-98 France (Cathares)
Posté par ruine le avril 3, 2008
“Fouilles interdites sur tout le territoire de la commune”, premier avertissement juste en dessous du panneau de la localité. Bienvenue à oldkitschland, depuis 1891 le château n’est plus la star sur la colline lorsque que l’abbé Saunière, enrichi miraculeusement, s’est fait construire son mini Hearst Castle. Histoire bizarre de ce petit curé qui soudain devenu riche à millions voulut ressembler aux plus vaniteux. Alors ça ressemble à une villa en meulière, émaillée d’accessoires 1900, tuiles vernissées colorées, ferronneries vaguement végétal et une décoration intérieure bien chargée. Le jardin paysager qui l’entoure est bordé vers la vallée par une galerie couverte qui reliait l’orangerie à un petit édifice mignard dans le style néo-gothique anglais, la tour Magdalena servant de bibliothèque. Ajoutons à tout cela le train de vie de l’abbé, digne d’un poussah levantin : bonne chère, réception, voyage, mais apparemment Bérenger Saunière n’a jamais rompu son vœux de chasteté, pourtant il aurait fait de sa bâbette “la jolie marie Denarnaud” sa légataire.
Cette dernière, victime d’une attaque cardiaque, n’a pas eu le temps de révéler le fameux secret. Tout le monde s’interroge sur l’origine de ces millions qui alimentèrent les fredaines du bonhomme, l’affaire aurait pu être close, hélas depuis 50 ans des malins soutiennent la thèse d’un autre trésor, encore plus considérable, que l’abbé n’aurait pas dépensé. Ainsi, certains matins les paroissiens retrouvèrent le dallage de leur église sans dessus dessous, le sous sol de la tour Magdalena labouré, il demeure aux quatre coins des fondrières de “poilus”. Un peu partout dans la commune : du vieux château, jusqu’au cimetière, rien n’a été épargné. Imagine ce minuscule patelin qui compte aujourd’hui à peine 100 pékins, recevant chaque année la visite de 40 000 touristes. Il comptait 300 âmes à la fin du XIXe et certainement beaucoup plus en 1210 lorsque Simon de Montfort arrive dans le Razès, enfin beaucoup plus quand la cité s’appelait Rhédae sous la dominance des Wisigoths.
Voilà le résumé des composants de cette intrigue, je vous laisse à vos supputations, pour les plus extravagantes lisez Gérard de Sède qui ajoute les Templiers au mix, enfin Dan Brown qui soutient la thèse de la descendance du christ, de quoi gamberger durant les 5 km de mauvaise route qui sépare le sommet de la D 613.
Entre 95 et 98 rien n’a changé là-haut, toujours cette ambiance d’après-guerre où tout s’est arrêté, l’état moyen du domaine Saunière et sa muséographie de catéchèse amplifient le pipotage de la véritable histoire.
Il y avait deux châteaux, un seul survit, dans un état pitoyable et de surcroît totalement inaccessible. Tu peux stationner au pied de la muraille sur une terrasse qui s’ouvre sur la vallée, des ruines se dressent, encerclées de murs et de lierre. Vraisemblablement, il existait une construction wisigothique au Ve, des salles en soubassement seraient encore visibles. Les restes du jour datent pour les plus anciens du XIIIe, et le logis des XVI et XVIIe, à l’extérieur rien de passionnant, ça fleure la déliquescence. Une famille s’est illustrée ici, les Hautpoul, la dernière descendante s’éteint en 1820 après avoir vendu la propriété, Saunière se fera gauler en pleine nuit en train de fouiller sa tombe… R.C
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Coustaussa 1995 France (Cathares)
Posté par ruine le avril 3, 2008
C’est ici que le trésor des cathares aurait été dissimulé, au fond d’une tour sous deux mètres de terre. Les carottes sont cuites à Montségur en mars 44, partis avant l’aube du pog, ils ont chevauché toute la journée, imagine seulement trois ou quatre types, sur leurs canassons suivis de deux bourricots chargés de grosses besaces replètes, en cuir brun. La lumière s’estompe quand ils voient se détacher de l’abrupte pente la silhouette de Coustaussa, ce soir ils dormiront à l’abri. Relativement, car depuis plus de 23 ans la forteresse est inféodée aux croisées, impossible de révéler le contenu des précieuses sacoches rebondies, ils craignent aussi pour leurs vies, les routes ne sont pas sûres. Peut-être les suit-on ? Les besaces ne repartiront pas, les Bons Hommes auront juste le temps de les enfouir et de repartir rapidement vers Arqueset non vers Rennes. Pourquoi monter à Redhae, une vieille tante ou un parfait à visiter, personne ne le sait, après leurs traces s’effacent ? En 1885, Béranger Saunière est nommé abbé de la petite paroisse, il entreprend des travaux dans l’église et découvre dans un pilier du maître autel des parchemins.
A partir de là tout part en vrille, mystères, intrigues, vrai pipeau, faux vrai, vrai réel, tout est possible à Rennes le Château. J’en parle plus loin. A Coustaussa les secrets demeurent aussi, en 1897 le curé de la paroisse est assassiné dans son presbytère, jamais les enquêteurs ne mettront la main sur le tueur de l’abbé Maurice Gélis. Ensuite, qui a informé Saunière de la cache du trésor ? 80 patates… qui auraient constituées son fond de commerce, sans oublier les documents top secret sur la généalogie du christ ! C’est chaud, la fin du XIXe dans la vallée, pourtant depuis 1211 tout était calme. Simon de Montfort était devenu le maître des lieux, après un premier siège en 1210 et le second, consécutif à un dernier sursaut cathare en 11. Accrochées au flanc de la montagne, les ruines sont impressionnantes, surtout en soleil rasant, l’approche est facile, le château est posé à cheval sur une barre rocheuse qui porte aussi le village. Les hautes murailles de la masse d’habitation sont encore debout, sur une terrasse. A noter les deux particularités : les restes d’un beau soubassement d’une échauguette sur l’un des angles de la bâtisse principale, et dans son prolongement un ouvrage en saillie, comme caparaçonné, aux trois pans inclinés, percé de deux ouvertures, il semble faire office de contrefort. L’intérieur est une coquille vide sur trois niveaux, la construction est bien postérieure à l’époque de la croisade. Je n’ai pas trouvé d’informations sur sa démolition. L’abandon ou la Révolution, au XVIIe Coustaussa n’était pas en première ligne de la barrière pyrénéenne, il ne présente plus d’intérêt stratégique, en avait-t’il eu un d’ailleurs ? L’allure du site avec ses grandes ouvertures, sa hauteur de construction et sa terrasse, laisse imaginer un usage résidentiel, il ne s’agit plus d’un fort de montagne. R.C
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