Safita Chastel Blanc 1998 Syrie
Posté par ruine le mai 16, 2008
Quand le bon Saint Louis passe à Safita en 1250, il demande le renforcement des fortifications existantes. L’ère n’est plus à la conquête, l’unité franque s’effiloche alors que les Arabes regagnent du terrain, Saone est tombé en 1188. Le bon Louis IX pense que la situation est encore rattrapable, il se leurre grave, les prochaines invasions mongoles, loin de déstabiliser la province, deviennent le ferment de l’unité arabe. Après Saladin vient Baybars quand le premier joue les grands seigneurs, l’autre, plus roublard s’illustre par son efficace cruauté. 1271 le Krac c’est fini, 20 ans plus tard c’est le tour du Marquab et la fin de la présence officielle des Croisés en Palestine. La peste et le choléra emportent Saint Louis à Tunis en 1270, la huitième croisade n’est pas allée bien loin. Baybars le winner, avant de rejoindre le pays des houris, réduit aussi les Assassins, le parcours spectaculaire de cet esclave venu du Turkestan s’achève en 77. Je clos là cette digression.
Au XIIIe, le château ou plutôt la tour était isolée du village par deux enceintes concentriques, des passages souterrains les reliaient à une salle basse située sous la chapelle. Aujourd’hui toute la ville converge vers la tour, les murailles ont été avalées. Dernier périmètre libre, un petit terre-plein occupé par un majestueux monstrueux escalier donnant accès à la chapelle toujours consacrée pour les chrétiens des environs. Au-dessus, une grande salle en voûte d’arête éclairée par des archères, au dernier niveau, le solarium une grande et belle terrasse qui offre la plus belle vue sur Safita, la mer à 25 km, enfin je ne me le rappelle plus vraiment si j’ai vu la mer. La profusion émousse ma mémoire, je ne conserve qu’un vague souvenir de cette tour, j’ai retenu la chaleur de la ville et des ruelles, le coiffeur mécanicien, j’aime les salons de coiffure au Proche-Orient parce qu’ils ressemblent souvent à des ateliers de réparateur de mobylettes.
La construction est postérieure au séisme de 1170 qui ravagea toute la Palestine, il paraît que ça aurait duré 25 jours… celui de 1201 aurait été moins dommageable pour la tour. En 1271, Baybars, en revenant du Krac, qui n’est qu’à 10 km, passe à Safita pour faire la fête aux derniers templiers qui
gardaient la place. R.C.
