A Saint Aubin de Baubigné à l’écart du village, dans la cour d’une ferme de belle allure, se dresse un complexe de ruines disposé sur une pelouse parfaite quadrillée de canaux. Première impression lorsque tu viens de passer le porche : pas d’enceinte, seulement un rang de balustres qui bordent les douves. Ruine parfaite, sans entretien excessif, espace dégagé offrant une excellente compréhension du site et des attributions des vestiges. Principalement, ce que nous voyons date du XVIIe, plutôt du début, la fondation du château est donnée pour le milieu du XVe, ce faisant il existait une construction auparavant. La base féodale est toujours visible, mais avec parcimonie, les pont-levis sont devenus dormants, la façade semble avoir reculé afin de ménager une terrasse et la porte d’entrée, encadrée de colonnettes, était surmontée d’un fronton triangulaire, l’accessoire architectonique indispensable du moment. Les communs sont également remarquables, entretenus sans ostentation, ils sont toujours utilisés, la galerie aux colonnes servait de manège dans le temps, son inspiration italianisante me rappelle les grandes fermes de Lombardie.
Longtemps possession de la famille Rorthais qui, édifie et transforme le château, la place échoit par alliance en 1679 aux Larochejacquelein. Un siècle plus tard, un héritier intrépide prend le commandement des forces catholiques et royales durant les Guerres de Vendée, avec cette issue fatale pour beaucoup, y compris pour les pierres. La Durbelière n’échappe pas à son destin, l’incendie sera pour 1793 et 1794, en cinq fois.
La promenade dans les ruines est légèrement aventureuse, les tours du côté Nord et la façade arrière à l’ouest sont inclues dans la végétation, il est possible de descendre dans leurs soubassements, il y a longtemps que les voûtes sont tombées. De la partie Sud-Est, la plus démolie, il ne subsiste que deux tours dont l’une contient l’escalier qui menait aux étages du logis, l’autre est un ouvrage défensif qui s’insérait dans la courtine, aujourd’hui les planchers disparus et les corneilles sont les
derniers occupants. R.C.
Archives pour novembre 2008
Mauléon La Durbelière 2005 France (Deux Sèvres)
Posté par ruine le novembre 21, 2008
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Andrézé château des Hayes 2005 France (Maine et Loire)
Posté par ruine le novembre 21, 2008
Petit château sur sa motte, daté du XIVe, aux ruines bien avancées depuis le XVIIIe. Détruit en 1794 lors des Guerres de Vendée par les troupes royalistes, les constructions étaient entourées de douves et d’un plan d’eau. Au XVIe, l’entrée est modifiée par l’adjonction d’une tour porche qui se niche entre les deux tours rondes du châtelet, occultant les dispositifs du pont-levis. Accolés, les restes d’une grosse tour flanquée se dressent encore sur toute leur hauteur. Vous vous satisferez d’une description succincte, la ruine est inaccessible, ceinte de barbelés qui protègent une stabulation libre, le port de bottes voire de cuissardes est vivement recommandé, si vous décidiez d’enfreindre le règlement de propriété.
Vous l’aurez compris, je n’ai pas vu les belles cheminées de la tour logis et encore moins la face arrière de la seule façade restante. Le château est enserré dans son enclos juste derrière les hangars de l’exploitation, piteux revers de fortune pour ce symbole qui devient l’objet de ses servants d’antan. Revanche de l’horizontal sur le vertical, quand la silhouette hautaine qui se délite peu à peu voisine avec une longère pimpante cernée de constructions métalliques multicolores. Quelques informations dynastiques : les Rochefort en deviennent propriétaires, puis au XVIIe il échoue dans le giron des Pantin de la Guère, qui l’occupent pendant tout le XVIIIe jusqu’à l’incendie de 94, ils finissent par le négocier aux Joubert-Bonnaire en 1871, 22 années plus tard il tombe dans les bras des Clermont Tonnerre. Il est toujours plaisant de trouver au hasard d’une halte dans un village une ruine mignarde qui se dégrade tranquillement sans aucun risque de sauvetage. Laissons les vaches tourner aux pieds des murs de moellons gris. R.C.
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Talmont Saint-Hilaire 2005 France (Vendée)
Posté par ruine le novembre 21, 2008
Un luna park médiéval pour estivant vendéen des jours de pluie, et il y en a. Je ne m’étendrai pas trop sur la bordure côtière de la Vendée, lorsque souffle le vent et qu’une pluie fine brouille la platitude du paysage, la neurasthénie menace. J’y ai passé de glauques étés d’enfance. La commune de Talmont tire profit de ce laid désert d’ennui, en investissant sa vieille et grande forteresse. Dominant légèrement le bourg, la vaste enceinte élevée en galets dodeline sur le profil de la colline, à l’intérieur, les constructions semblent en piteux état, l’appareil de moellons et de galets n’arrange rien à l’affaire. Je ne ferais que le tour de la courtine car le site est fermé sans justifications, pourtant c’était un samedi d’avril, ils doivent vraiment mettre le paquet en été. Talmont est célèbre pour ses reconstitutions historiques, Camp du Drap d’Or, visite de Richard Cœur de Lion ou siège du Prince Noir.
Le site a longtemps été intégré dans les possessions anglaises avec les Plantagenêts, puis pendant la Guerre de Cent ans. Suivent des années de calme, la position devient un enjeu stratégique pendant les guerres de religion, Louis III de La Trémoille converti au protestantisme entraîne sa succession dans le chaos. A la mort de Henri IV les catholiques récupèrent le site, ils le conservent malgré de vaines tentative huguenotes.
Pendant le siège de La Rochelle, Richelieu craint que les Anglais réinvestissent le château pour en faire leur camp de base, plutôt ruinée qu’anglaise, la place est démantelée. Le dernier La Trémoille est décapité en 1794 et la ruine est vendue comme bien national. L’originalité du château repose sur sa fondation qui lui vaut d’être bâti sur les restes d’une église romane dont le donjon utilise le clocher-porche. Cette première campagne datée du XIe comprend une enceinte ainsi que le grand bâtiment accolé au mur Nord et à la tour escalier toujours en usage. Louis VII fait incendier le château, seconde période sous le règne de Richard Cœur de Lion qui le modernise en utilisant les avancées techniques et militaires héritées des croisades.
Renforcement de la façade Nord avec un mur éperon de 7 m d’épaisseur qui masque les fenêtres de la salle d’apparat, isolement du donjon par un fossé et un mur, enfin relèvement de la courtine primitive qui sera flanquée de tours. Depuis la porte fermée, j’ai pu constater l’ampleur des ruines dans la basse-cour la taille des bâtiment est encore imposante, il y reste une belle salle couverte en voûtes d’arête et croisées d’ogive. R.C.
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Vaujours 1998 France (Indre et Loire)
Posté par ruine le novembre 9, 2008
Inutile de s’exciter, le site est clos de barbelés et de grillage, alors tu peux faire le tour, enfin un demi parce qu’il y a le marais tout autour. Henri Paul consacre un long chapitre à Vaujours dans l’un des tomes des Châteaux Fantastiques : le N°5, page 143.
Apparemment, le lieu est vraiment intéressant, aujourd’hui il s’enfonce doucement dans le marais et la végétation le recouvre méchamment. L’intérêt du site repose sur l’évolution de son plan et surtout de son extension pour répondre au développement de l’artillerie. Une première basse-cour fait office d’entrée et de zone d’exposition pour des assaillants, ceinte de murs elle est aussi défendu par un châtelet, enfin elle est isolée du château par des douves. Il y a en tout cinq ponts à Vaujours, sans compter les boulevards qui mènent aux bastions du XVIe. L’ensemble est construit dans un vrai marigot, dans le temps il y avait des vannes qui permettaient de garder au sec les constructions. Selon Henri Paul, dans les années soixante-dix l’on pataugeait déjà allégrement dans les salles voûtées des bastions. De loin, les ruines sont encore imposantes, les corbeaux supportant les mâchicoulis sont encore en place, les murs sont en gros appareil de moellons à bossage aléatoire. Les bâtiments intérieurs recouverts d’un enduit de chaux rosâtre attestent d’une disposition plutôt rare, proche du modèle “château écossais”, ce faisant à Vaujours il daterait du XVIIe. Les plus anciens murs sont datés du XIIe, le site a subi de nombreux aménagements au fil des siècles pour être définitivement abandonné et dépecé par un Anglais au début du XIXe. Il a longtemps appartenu à une famille puissante : les Bueil, qui le vendirent à Louis XIV, qui l’offrit à son amie Louise de la Vallière, qui n’y mit jamais les pieds. Entre la fange et Versailles…? R.C.
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Tranchelion 1998 France (Indre et Loire)
Posté par ruine le novembre 9, 2008
Départ depuis Azay-le Rideau prendre la D157, un peu avant L’Ile Bouchard empruntez une petite route en direction de Crissay, longez les roches de la vallée de la Manse. Au loin sur un fond de verdure, vous apercevrez la ruine imposante de la collégiale Sainte-Marie-Saint-Jean-Baptiste dont l’accès est libre. Plus bas, vous trouverez les beaux restes du château, une tour carrée en bel appareil et un morceau de courtine submergé par la végétation. Tout est en état, mais la tour est inaccessible. Charles VII y est passé, l’on se demande d’ailleurs où il n’est pas aller celui-ci, bernard l’hermite ou manouche du val de la Loire, il tapait l’incruste un peu partout dans la vallée.
Tranchelion illustre bien la généalogie de ces petites chatellenies qui passent de mains en mains au hasard des fortunes, plutôt mauvaises, ainsi une ribanbelle de petits seigneurs se serait succédée. Peu d’informations sur la construction, peu citée dans les guides, la ruine du château date de la fin du XVIIIe.
La région regorge de petits sites à l’égal de Tranchelion, passez à Crissay sur Manse, un village éloigné des sites fréquentés. Outre ses anciens remparts, ses troglodithes, son habitat typique du Val de Loire, vous pourrez peut-être visiter les beaux vestiges d’un manoir médiéval remanié à la renaissance, la résidence parfaite d’un hobereau des champs. R.C.
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