Ruines de châteaux

plus de 150 sites dans 17 pays

Archives pour janvier 2009

Rauzan 2006 France (Gironde)

Posté par ruine le janvier 27, 2009

château de Rauzan
château de Rauzan

Un château au cœur de la Guerre de Cent ans, longtemps aux mains de seigneurs inféodés aux  Anglais. Il reviendra dans le giron français en 1453, lors de la bataille de Castillon qui rend la Guyenne au royaume. Dans les années 70, faire le tour de l’enceinte depuis le fossé était impossible, aujourd’hui c’est une agréable promenade où des bancs t’invitent à une pause pique-nique à l’ombre des hautes murailles. Seul inconvénient, le site est plus souvent fermé qu’ouvert, fonctionnarisation oblige.
A la fin du XIIIe, un seigneur mi routier mi châtelain, Raimond de Gensac est maître du lieu, il écume largement la région, sous la bienveillance laxiste de son prince, le roi d’Angleterre, occupé en d’autres endroits. De ces razzias, fortune faite et amassée, Raimond entreprend de vastes travaux de modernisation du château, il faut envisager un complexe plus important qu’aujourd’hui, sur lequel reposait l’ombre de l’imposant donjon de 31 m. Il y avait un pont-levis, un châtelet d’entrée et une enceinte qui ceinturait une première basse-cour correspondant à l’esplanade actuelle. A l’intérieur, le logis a joui d’une campagne d’embellissement au XVe après la guerre, Bernard Angevin malgré sa collusion avec l’Anglais a su retourner son gilet et conserver son bien. Les traces de cette époque sont parfaitement visibles, il suffit d’observer les baies gothiques en ogive, murées, auxquelles se substituent les ouvertures plus larges à meneaux. Autres aménagements, l’escalier d’apparat coiffé de sa superbe voûte rayonnante et la petite chapelle où tu pourras admirer des culots ornés de figures. Rauzan est à l’est de Bordeaux au sud de Libourne, le village ne manque pas de charme, toutefois le ravalement total du château et le paysagement de ses abords lui ont fait perdre une bonne part de son mystère et de son austérité. Ses hauts murs campés sur son socle calcaire dominent aujourd’hui un camping avec une piscine. Quand  Henri Paul (Châteaux fantastiques tome 4) se lamente de l’abandon et du désintérêt de la commune pour son monument historique, il a été entendu et certainement au-delà de ses vœux. Effectivement les choses ont bougé en 30 ans, outre un formidable toilettage, en face de l’entrée trône un office du tourisme affichant par son modernisme de bon aloi l’exploitation du patrimoine. R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Noaillan 2006 France (Gironde)

Posté par ruine le janvier 27, 2009

Château de Noaillan

Quelques kilomètres au nord de Villandraut, Noaillan n’a pas subit l’influence des Le Got, antérieure de 3/4 de siècle la seigneurie serait l’une des plus ancienne de la région. Ses Seigneurs, parfaits zélateurs des souverains britanniques, entretinrent la collusion jusqu’à la fin de la Guerre de Cents ans, depuis 1242 que cela durait… lorsqu’un de Noaillan se battit aux côtés d’Henri III à Taillebourg. Je m’étends sur la généalogie du château n’ayant pu le visiter. Les ruines sont comprises dans une cour de ferme, close par de hauts murs, qui offre de l’hébergement d’hôtes de luxe. Quant à faire le tour renoncez-y, immédiatement vous serez arrêtés, difficile voire impossible entre fils barbelés, ronces et champ de maïs, les lices, autrefois accessibles ne le sont plus, ou il y aurait un autre accès que je n’ai pas trouvé ? Par-dessus un mur jouxtant des gogs publics, j’ai pu contempler les quelques restes de deux bases de tours appartenants à une enceinte polygonale du XIIIe. Apparemment, il subsisterait des éléments de logis du XIVe dans la ferme. Seul bâtiment parfaitement conservé et visitable la chapelle castrale devenue paroissiale garde son clocher pignon à cinq baies typique de la Guyenne.
Je reprends l’histoire, dans le dernier quart du XIVe le château passe aux mains des de la Motte, moins asservis à la couronne d’Angleterre, qui le récupère pour le donner à Bernard Angevin déjà seigneur de Rauzan. Moins habile sur cette terre, il doit s’incliner devant les la Motte qui le conserve jusqu’à la fin du XVIIe, malgré une vente en 1567 cassée en 1578. Finalement la famille Duroy de Suduiraut demeure jusqu’à présent maîtresse des lieux avec un sérieux passage à tabac lors de la Révolution.
Pourquoi parler d’un tel lieu : pauvre en vestiges, sans recul pour la vue d’ensemble extérieure et qui de plus ne se visite pas ? R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Broue 2005 France (Charente Maritime)

Posté par ruine le janvier 10, 2009

Tour de Broue
Tour de Broue

27 m au-dessus du zéro, la tour de Broue domine fièrement à perte de vue le marais Saintongeais. Il en faut peu pour en faire une place forte redoutable dans ce plat pays riant, balayé par le vent. Au XIe siècle un bras de mer baignait le pied de l’éperon sur lequel repose le château, en fouillant un peu peut-être trouverait-on des quais et des anneaux ? La motte sur laquelle repose le reste de la tour est artificielle, un fossé et une enceinte l’entouraient, quelques fragments sont encore visibles. Récemment, le mur subsistant du donjon ainsi que son environnement ont été restauré avec application, la pierre calcaire est bien blanche et le passage sous la muraille qui amusait tant petits et grands n’est plus, comblé pour des raisons de sécurité. L’allure de la tour ressemble à tous ces grands donjons logis des XIe et XIIe, avec leurs grands contreforts plats et leur monolithisme. Foulques Nerra, le maître d’oeuvre de Langeais et de Montbazon, entre autres, pourrait être à l’origine de cette construction. La vue sur le marais et l’approche de la tour sont sans doute plus intéressants que le monument lui-même. Seuls, désuets, accrochés à la paroi deux ou trois équipement domestiques persistent : une belle cheminée, des latrines, les emplacements des planchers. Seul survivant, le mur Ouest a conservé sa hauteur initiale de 25 m, son emprise au sol était de 20 m sur 16.
Prémisses d’une fin annoncée, en 1244 le seigneur du lieu est condamné pour n’avoir pas curé le chenal, l’envasement progresse. La mer finira par se retirer inéluctablement au XIVe, le sel ne transitera plus par Broue. Inutile le château est désaffecté au profit de Brouage plus au large. Aujourd’hui la cité se dessèche à l’abri de ses remparts à “la Vauban”, charmant endroit avec son petit port au milieu des terres où paissent des vaches et passent des cigognes. R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , , | Laisser un commentaire »

Saint Jean d’Angle 2005 France (Charente Maritime)

Posté par ruine le janvier 10, 2009

Château de Saint-Jean d'Angle

Il y a de 10 ans, j’aurai pu visiter ce petit château des Lusignan, ruiné et envahi par la végétation. Aujourd’hui, au terme d’une miraculeuse restauration, le site a retrouvé son lustre d’antan. Consolidé et reconstruit dans les règles de l’art, il s’admire de loin depuis la route de Marennes entre deux haies. A la fin du XIIe, lorsque débute la construction, la motte émerge d’une plaine morne et rase de marais salants, Guillaume de Lusignan possédait aux alentours 6 000 ha de marais, une petite fortune dont les revenus financèrent les travaux qui se poursuivent au XIIIe. Premiers coups, lors de la Guerre de Cent ans le fort subit d’importants dégâts, 150 années plus tard les Guerres de Religion apportent à leur tour leur lot de destructions. Première renaissance au XVIIe, relèvement de la courtine, restauration des bâtiments de l’époque gothique et adjonction au logis d’une nouvelle partie contemporaine. Avatar deux, le site repart sur de bonnes bases, mais tout vacille à nouveau pendant la Révolution, nous entamons la période de grâce : abandon et lente ruine parachèvement du pillage en 1945, lors de la réduction de la poche de Royan. 1994 seconde renaissance, tel le phénix le château resplendit et reprend toute sa superbe.
Les douves sont en eau, le pont dormant, présente une étroite porte en ogive défendue par une tour et surmontée d’un rang de mâchicoulis. A droite, le corps d’habitation fait également fonction de courtine, l’aménagement de ces bâtiments aux larges ouvertures date de la seconde phase, celle du XVIIe, à gauche la muraille part en arc de cercle consolidée par d’importants contreforts, le mur est épais, il rejoint la partie habitée protégée par une tour carrée en saillie sur les douves. Dernier contraste, alors qu’un infâme marigot aux eaux boueuses et saumâtres encerclait encore le château, aujourd’hui un beau plan d’eau sombre reflète des parois impeccables. Pourquoi pas un plan en quadrilatère avec des tours de flanquemement ? Pour un fort de plaine la règle était évidente mais la construction est antérieure au système philipien. L’enceinte haute et ressérée forme elle même un donjon. Supputation oiseuse d’un observateur : au milieu d’un champ voisin, une photo aérienne montre au sol une grande tache carrée, hâtivement attribuée à un donjon… Quelle aurait été la pertinence d’une tour maîtresse sans défenses naturelles ni militaires alors que le fort est solidement isolé à côté ? R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »

Surgères 2005 France (Charente Maritime)

Posté par ruine le janvier 10, 2009

Chateau de surgères

L'église Notre Dame

Au centre d’une petite ville calme, avec son marché le samedi et le mercredi matin. Le dimanche après midi, quand le temps est maussade les familles y poussent landaus et poussettes. Hormis l’enceinte, il ne subsiste pas grand’chose, heureusement elle a plutôt belle allure avec les restes bricolés de ses tours. Première surprise, la grosse tour à l’horloge semble avoir été retournée, difficile d’expliquer ce mur rectiligne qui ferme la tour… du côté extérieur, quand elle est circulaire à l’intérieur. Restauration et reconstruction au plus simple ? Le château a subi de lourdes démolitions lors des guerres de religion. Après la chute de La Rochelle, Richelieu démantèle le site. Viennent l’oubli révolutionnaire et la mutation du patelin qui passe de l’ère féodale au productivisme industriel, puis agricole en décadence maintenant.
Les premières traces d’un château sont datées du Xe : une motte féodale artificielle au bord d’un ruisseau, édifiée par les comtes de Poitiers. Le village prend forme autour du site et de l’ église Saint Pierre, au XIIIe le bourg se développera à l’une des portes du village, ce qui justifie la position excentrée actuelle du château. Du Xe au XIIe siècle les comtes exercent leur pouvoir via des hommes de mains. Le premier d’entre eux s’appelle Guillaume, ses descendants s’arrangent pour conserver la châtellenie. Lorsque la Saintonge passe sous le contrôle des Plantagenêts avec le mariage d’Henri et d’Aliénor, Hugues de Surgères devient le seigneur en titre. Riche époque, c’est à ce moment que les remparts sont élevés, ainsi que la superbe église romane Notre Dame qui se trouve dans l’enceinte. Des vestiges du passé médiéval de Surgères, ce bâtiment est vraiment le plus attirant avec le régulier faisceau d’arcatures et de colonnes de l’apaisante façade romane. Au-dessus du transept la tour lanterne polygonale trapue, colabore aussi à l’époque, avec un rendu élégant et léger rythmé par ses 16 hautes lancettes encadrées de colonnettes. Attention, Viollet-le Duc est passé par là. L’ensemble est bien sûr parfaitement restauré et régulièrement nettoyé, le charme opère en fin de journée lorsque tout s’embrase sous les derniers rayons. En sortant vous ne manquerez pas d’admirer l’austérité du châtelet d’entrée avec les saillies des abattants de son pont-levis, dormant depuis longtemps. Immense avantage, vous pourrez stationner votre véhicule aux pieds des murs, un immense parking de supermarché vous attend. R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »