Surplombant la Cole, une rare ruine romantique presque accessible dans cette contrée musée. Les ruines visibles datent du XIIe et du XVe, alors que le lieu est déjà mentionné dans la première moitié du XIe avec la famille Flamenc.
La fin de la journée s’annonce belle, un peu chaude, les tours dépassent la forêt, accrochées aux roches qui surplombent de 50 m le lit de la rivière. A gauche, vers Bruzac une route s’enfile en serpentant dans les bois, le turbo siffle et la température baisse un peu. Après 2 km, un chemin descend vers une ferme, l’entrée du château est en contrebas. Je laisse l’os près d’une bergerie, j’aperçois la porte fermée et un sympa panneau rouge, “forbiden”, à côté une feuille me met en garde contre toute visite sauvage et me conseille, si je suis intéressé, de téléphoner. Disposition sympathique, mais je doute d’obtenir l’ouverture dans les heures qui suivent et je ne reviendrais pas immédiatemment dans la contrée. J’escalade facilement un muret, un coup d’œil me renseigne sur ma solitude, je suis dans une première cour en terrasse celle du château bas. Il y avait deux castrum sur l’éperon de Bruzac, l’inférieur et le supérieur, résultante d’un partage entre deux frères, apparement la cohabitation au fil des siècles s’est déroulé sans heurt, il n’y avait qu’une seule enceinte pour l’ensemble.
Un premier fossé taillé dans la roche tendre du Périgord isole le site de sa colline, au Nord un autre fossé sec défendait le château supérieur. Toujours sur ma terrasse ensoleillée, à gauche, j’ai un bon vieux mur d’enceinte du XIIe sur lequel s’appuie une tour d’escalier du XV, ornée de beaux mâchicoulis factices et de belles fenêtres. A l’intérieur, il y avait un escalier d’apparat, détruit vers 1920. Il desservait un corps de logis sur quatre niveaux, les cheminées s’empilent et les plus élevées sont complètes. Au niveau du sous-sol un premier réseau de souterrains sillonne la falaise, des refuges pour les manants quand passent les routiers . Un second faisceau t’éloigne du tumulus en cas d’invasion, il y aurait aussi des celliers. Au niveau supérieur, la grosse façade du XVe conserve bien son allure avec ses deux tours, dont la principale supportait le pont-levis, le blason des Flamenc et des latrines dont la descente d’évacuation est prise dans l’épaisseur du mur. D’abord l’abandon au XVIIIe, puis un démantèlement avec pillage façon carrière jusqu’au XIXe, aujourd’hui des bénévoles nettoient les espaces de leurs végétaux.
En ressortant, à 30 m de la porte, je fais le tour d’une chapelle ruinée complètement envahie par la végétation, impossible de pénétrer. Le soir en rentrant à Brantôme nous avons croisé un cerf, une biche et trois ou quatre lapins. R.C
Archives pour mars 2009
Bruzac 2005 France (Dordogne)
Posté par ruine le mars 25, 2009
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Villebois-Lavalette 2005 France (Périgord)
Posté par ruine le mars 6, 2009

A la limite de l’Angoumois et du Périgord entre Brantôme et Angoulême, sur une colline s’étale la silhouette nickel du château, autour les champs de blé bien peignés rampent très mollement. Les premières fondations sont du Xe, deux siècles plus tard construction du premier donjon flanqué de quatre tourelles d’angle en maçonnerie pleine, il n’en subsiste qu’un côté visible depuis l’extérieur de l’enceinte. Agrandi au XVe, il est en partie démoli au XVIIe, une nouvelle construction de facture classique, incendiée en 1822, a pris sa place. L’enceinte date du XIIIe, remaniée au XVIIe ses murs viennent d’être ravalés se parant d’une impeccable blancheur. En contrebas du donjon la chapelle ; ses premiers fondements sont attribués au XIe, elle s’élève sur deux niveaux largement bricolés au fil des siècles, conjointement aux remaniements successifs du château. Dépêchez-vous de visiter Villebois, ça fouille grave, à tel point que rien ne se visite, enfin presque, j’ai pu voir deux intérieurs de tours d’enceinte, le gazon de la basse-cour et une salle du XVIIe en soubassement de la terrasse. La salle basse de la chapelle, inaccessible est en péril de fouilles, quant à la salle souterraine sous le donjon originel, nada, il faudra la louer pour un mariage dans quelques années. Oubliez aussi la terrasse avec les restes du château XVIIe. Faites le tour de la forteresse, c’est gratuit et c’est tout aussi intéressant que l’intérieur. L’”écossisation” semble en marche en France, rentabilité et restauration, lieu d’exposition, location de salle, visite maigre mais commentaires passionnants par audio guide. J’ai l’impression de vivre les dernières heures de l’ère des châteaux sombres et moussus. Economie : 3 euros, c’est pas cher mais il n’y a rien à voir. R.C.
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Préchac 2006 France (Gironde)
Posté par ruine le mars 6, 2009
Encore merci Clément pour ce petit fort qui surplombe un barrage sur le Ciron. Sa position lui permettait certainement de contrôler la navigation, vous n’aurez aucune difficulté pour le trouver sur la D 222 en provenance d’Uzeste le site se situe juste après le pont, à gauche. En 1310, un autre neveu par alliance, Arnaud de Preyssac, bâtit au lieu dit La Trave un château qui ne renie pas l’influence familiale, un quadrilatère dont les tours d’angle sont carrées cette fois. Vous aurez quelques difficultés pour embrasser d’un seul regard l’ensemble, la végétation abondante et le bouleversement des ruines rendent difficile l’appréhension des espaces et leur attribution. Impressionnants et renversants de gigantesques blocs d’appareil reposent en équilibre sur de frêles moignons. N’incriminons pas les méfaits du temps mais un plastiquage organisé en 1454 suite à l’exécution de son occupant, Pierre de Montferrand, pour sa collusion avec l’ennemi anglais. Les avis divergent au sujet de cette démolition, d’autres sources affirment que Charles VII aurait donné la terre à Géraud d’Albret, dans cette hypothèse la destruction daterait de 1572 et serait l’œuvre des protestants. Au centre de l’enceinte subsistent les bases d’un donjon dont les parties supérieures sont renversées, j’en ai déjà parlé, vous pourrez vous amuser à reconstituer les pièces du puzzle, même combat pour l’une des tours.
La visite des ruines sera brève, pourtant le mur de la première enceinte paraissait prometteur avec sa rangée de 19 meurtrières parfaitement alignées. Les logis ont complètement disparu, conformément au dispositif “Clémentin” ils étaient adossés aux courtines. Retenez l’endroit pour pique-niquer ou faire du canoé sur le Ciron. En amont, il y d’autres ruines celles du château de la Fue ou de la Travette, sa disparition est contemporaine de celui de la Trave. Pour y accéder, il suffit de remonter la rivière à travers bois pour découvrir quelques restes de logis. Aucun fléchage, lors de ma visite j’ignorais son existence, dommage. R.C.
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