Ruines de châteaux

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Archives pour avril 2009

Crozant 1991 France (Creuse)

Posté par ruine le avril 26, 2009

Tours de Crozant

Sur une longue langue rocheuse, à la confluence de la Creuse et de la Sédelle se dressent, comme autant de vieux chicots sur une mâchoire, les restes des tours du château de Crozant. La figure n’est pas la plus allégoriquement correcte, mais elle illustre assez bien un panorama que le monde nous envie. J’ai visité le site un dimanche matin quand carillonnaient dans le lointain les cloches de l’office, au calme. Je doute qu’il y ait affluence record sur la barre, hormis les dimanches de printemps et d’automne ou pendant la journée du patrimoine. Depuis, la mairie a récupéré le site, des travaux sont en cours avec pour inévitable corolaire ; des horaires d’ouverture. Dommage, le lieu méritait vraiment une visite sauvage. Ruines ludiques et point de vue romantique, Armand Guillaumin, peintre reconnu des initiés avertis de la période impressionniste s’est extasié sur la contrée, Monet y serait passé aussi. Remontez jusque Cargillesse, très beau village un peu plus haut dans la vallée. Il concentre tous les clichés de notre pays, empreint de tant de suffisance nostalgique qu’il se mue en un territoire passéiste et conservateur. Le rocher s’étire sur 350 m et 25 au plus large, avec trois enceintes successives,
chacune hérissée de tours.
L’histoire commence au XIIe avec les Lusignan détenteurs du comté de la Marche, rebondit au XIVe quand les possessions de la famille passent aux Bourbons sous le contrôle de la couronne. En 1356 le Prince Noir en fait le siège mais il s’y casse les dents.
Sur la crête, les sentiers frôlent l’abrupt franchissant fossés et murs d’enceinte, allant de tours en tours. La plupart des constructions datent de la fin du XIIe ou début du XIIIe : la tour Collin, la particulière tour du Renard ronde à l’extérieur et polygonale à l’intérieur, toutes avec leurs voûtes d’ogive. Dominant l’ensemble, la tour maîtresse de section carrée est attribuée au XVe. Au registre des disparues, une tour qui permettait de descendre au bord de l’eau tout en restant à l’abri et la chapelle. La ruine date du début du XVIe, un siège réussi par les catholiques quelques années auparavant aurait entamé une tour, sans oublier un petit tremblement de terre. Vers 1640 l’affaire est entendue, la carrière de pierre peut s’ouvrir. R.C.

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Ventadour 1997 France (Corrèze)

Posté par ruine le avril 10, 2009

Château de Ventadour

A 6 km du centre d’Egleton, à plus de 560 m d’altitude, une grande enceinte qui s’allonge sur plus de 150 m. Bien qu’elle soit effondrée en divers endroits, l’intégralité est encore parfaitement perceptible. Lors de ma visite, un chantier était en cours, la pierre blanchissait, renseignement pris, cela dure depuis 1965, à l’initiative d’un local qui parvient à mobiliser des volontaires chaque été. Le site est assez dépouillé, il est surtout très ruiné. Depuis la fin du  XVIIIe il a longtemps servi de carrière, notamment pour la construction d’un pont. Le plus spectaculaire est la grosse tour ronde du XIIIe qui servait de donjon. Contemporaine, l’enceinte possède deux entrées : celle par laquelle nous pénétrons aujourd’hui est récente, elle permet le passage de voitures, plus intrigante la poterne primitive située à l’ouest, étroite et défendue par une chicane en souricière, elle ouvre sur un abrupt. Sa redécouverte lors de fouilles date de 30 années. Cette campagne permit également l’exhumation des murs d’une chapelle qui devait révéler la tombe vide du routier Geoffroy Tête-Noire. Ses exactions dans la région, pendant une quinzaine d’années, ne le l’amenèrent pas au paradis, ses adversaires, contrairement à ses dernières volontés, l’enfouirent dans une fosse commune.
L’histoire du second siège que le château ait connu, s’est déroulée en 1394. Au terme d’une année de séquestration les assiégés proposèrent aux Français de leur vendre le château pour 10 000 “romblus”, c’était sans compter la rouerie des neveux de Geoffroy. Dommage pour eux car leur piège fut éventé et toute la bande se fit gauler. Certains furent pendus, d’autres décapités, emmenés à Paris les chefs eurent droit à des raffinements tels que dans l’ordre : écartèlement, décollation et exposition de morceaux choisis aux portes de la capitale.
Dans la cour, vous pourrez admirer également un haut pan de mur. Vestiges d’une grande tour logis du XVe qui s’élevait sur trois étages et accolée à une autre construction datée de 1445, elles formaient un ensemble seigneurial. Des éléments sculpturaux trouvés dans les décombres dénotent d’un certain luxe, au regard de l’austérité des fortifications du XIIIe. De la première campagne d’édification du XIe, il paraît difficile d’attribuer des éléments visibles aujourd’hui, pourtant ce premier château a repoussé les assauts de Richard Cœur de Lion. R.C

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Carbonnières 1997 France (Corrèze)

Posté par ruine le avril 10, 2009

Tours de Carbonnières

A quelques kilomètres, les tours de Merles dans leur cirque de verdure vous raviront, surtout en fin de journée… gaffe, vous risquez de ne pas être seul sur le site. Au pire ou au mieux, tout dépend de votre engouement pour les sons et lumières, vous y rencontrez des passionnés qui vous aideront à revivre l’épopée des chevaliers bagarreurs razziants les campagnes. Fin du préambule qui devrait faire gagner du temps à tous : pour les plus avertis d’éviter de passer à Merles en période touristique et  pour les amateurs de paillettes, inutile d’encombrer les sous-bois perdus de Carbonnières.
L’endroit ne recèle pas de trésor et la beauté architecturale ne transcende pas votre regard, tout au plus de la rudesse. Il n’est pas difficile à trouver, depuis la N 120 prendre la D13 en direction de Goulles, puis un chemin dans la forêt. Les tours dépassent la canopée, campées sur un éperon, bien assises sur leur socle rocheux. Au XVe elles mesuraient encore plus 20 m, aujourd’hui la plus haute culmine à 18. Un escalier à vis desservait les quatre niveaux, dont une voûte subsiste, l’appareil de belles grosses pierres taillées est encore en bon état. Datées du XIIIe elles avaient surtout une fonction défensive, le site est mentionné au XIe avec des ouvrages vraisemblablement en bois.
Pas de surprise, l’intérieur des tours est tombé, je me souviens que l’accès à l’une d’elle requierait un peu d’agilité, Depuis le couronnement des tours, par delà la forêt, tu pouvais voir Merle, un chemin reliait les deux sites. Trempant dans la moiteur, l’abandon du lieu dans ces vastes bois au fin fond de la Corrèze, envoûterait le premier venu. Je suis comblé lorsque je découvre en redescendant des ruines d’habitation. Occupés depuis toujours, les versants Sud et Ouest abritaient un hameau d’une quinzaine de maisons dont une chapelle, une maladrerie, un presbytère et la maison d’un bailli. Aujourd’hui la forêt recouvre tout : les racines et les troncs ont disjoint les pierres, des murs portent encore les dernières cheminées, des linteaux sont toujours en suspension pour plus très longtemps, une cave ou deux ont conservé leur voûte. L’état de délabrement des maisons et la vigueur des arbres inclinent à penser pour un abandon lointain, pourtant la dernière occupation est de 1948. L’histoire de ces tours est liée à celle de Merle dont les Carbonnières au XIIIe en étaient suzerains, le promontoire est partagé, comme à Merle les Noailles sont dans le coup jusqu’à la révolution. Progressivement la fonction de refuge s’estompe, il faut vraiment avoir peur pour se cacher en un endroit pareil, au XVe la ruine peut débuter. Depuis peu de temps, la mairie a pris les choses en main pour une consolidation des tours, il était temps, il ne leur reste plus qu’à fixer des heures d’ouverture… R.C

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Merles 1993 France (Corrèze)

Posté par ruine le avril 10, 2009

Tours de Merles

Ily a des lieux qui méritent… Environnement superbe, une butte dans un cirque de verdure, au fond coule une rivière, les tours échelonnées sur l’éperon jaillissent du vert, c’est calme.  En fin de journée quand tu es seul “les crabes jouent de l’harmonium”, tu files de tours en tours, de surprises en découvertes.
Le rocher qui supporte les tours est dans un méandre de la Maronne, sept familles se partageaient l’espace, chacune une tour… pour les jours incertains. Se réfugiaient là des seigneurs corréziens dont les Noailles, six siècles plus tard Mallet-Steven leur construisait une villa avec une tour sur les hauteurs de Toulon, toujours la même histoire.
Dès le XIe le site est signalé , il appartient aux Merles qui le cède par alliance puis en lots au XIVe. Tout les protagonistes de l’ancien régime passent à Merles ; les Anglais, les routiers, les guerres de religion qui entament la ruine, pour un abandon progressif au XVIIe.
C’est vrai que Merles est un lieu paumé, il y pleut souvent, en atteste la luxuriance de la végétation. L’éloignement des bourgs voisins, la rudesse des lieux n’engage pas à y séjourner surtout lorsque le royaume s’agrandit et la noblesse s’assagit, les rupins rêvent de luxe et de mollesse. Je reviendrai, au milieu de nulle part, entre Tulle et Mauriac, à 10 bornes de Saint Privat en empruntant une départementale qui serpente dans les forêts. Amoureux de scènes bucoliques allez-y hors fréquentations estivales car vous risquez de vous retrouver en pleine fête médiévale, cerné de postiches affublés en bure et tuniques multicores.
Retrouvez de vraies sensations en empruntant le sentier qui reliait Merles aux tours de Carbonnières à quelques kilomètre à vol d’oiseau. R.C

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