A 2800 m, sur la route qui relie Nice à Barcelonnette, un des plus hauts cols d’Europe, des ouvrages de frontières de la ligne Maginot. A l’époque, la France, lasse de servir de terrain de manœuvre aux conflits européens se dotait d’un système de fortification hyper sophistiqué au positionnement moyenâgeux. Les ouvrages de Restefond furent les derniers entrepris dans la campagne de construction de la ligne, voilà pourquoi ils ne sont pas tout à fait terminés. De surcroît, l’édification était contingentée, à 2800 m la belle saison dure 3 mois, si le mode de construction est standardisé, il faut s’adapter au terrain et les ouvrages sont répartis un peu partout sur les crêtes voisines. De quoi s’amuser, d’autant que les matériaux ne montaient pas tout seul là-haut. Une partie des fortins est en pierre du pays, les plus récents sont bétonnés. De lourdes cloches tourelles en métal, estampées Thyssen, sont toujours entreposées au bord de la route sans avoir été scellées sur les casemates, au printemps les Allemands avaient envahi la Pologne. La route fut créée avec des ânes et des hommes pour les camions, remise en état dans les années soixante, elle accueillit le tour de France. La première fois que je l’empruntai, en 84 dans la brume seul au volant d’une Volvo asthmatique, j’aperçus vaguement les ouvrages, l’endroit était saisissant de désolation, quelques touristes Néerlandais, à vélo, s’échinaient pendant que mon os ne passait pas la seconde. La caisse donnait des signes de fatigue, j’avais hâte de retrouver le soleil de la côte.
Au second passage changement de décors, je me souvenais d’une route à une voie unique, défoncée, aujourd’hui un ruban de bitume serpente agréablement sur les flancs de la Bonnette, il y a une buvette au col et des hordes de voitures diesel glissent sur l’asphalte. Des panneaux en bois et plexi racontent l’histoire de Restefond. R.C
Archives pour juin 2009
Col de Restefond – La Bonnette 2001 France (Alpes Maritime)
Posté par ruine le juin 26, 2009
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Boulbon 1996 France (Lubéron)
Posté par ruine le juin 15, 2009
Entre Avignon et Tarascon, dans le massif de la Montagnette, adossé à la falaise et plantée sur un beau roc, le fort domine la plaine du Rhône. Impressionnante, cette parfaite couronne de corbeaux ornementés qui ceint toute la courtine. Les mâchicoulis qu’ils supportaient ont disparu, il subsiste toutefois par endroit des jambages décorés d’un élégant motif trilobé. Ca sent un peu le décorum, ils illustrent la fin de ce système de défense, les armes à feu deviennent efficaces au début du XVe. Néanmoins, dans la logique du système défensif de Boulbon ils ont pleinement leur fonction car la muraille est totalement dépourvue d’ouverture, tout s’effectuait par le couronnement.
Jusque dans les années soixante-dix, le site semblait parfaitement oublié et ouvert à tous les vents. Depuis, il a bénéficié d’une campagne de nettoyage correspondant à l’engouement du monde entier pour le Lubéron. Hélas le site demeure inaccessible pour cause de chute de pierres… Je me souviens des abords très soignés aux pieds du château, le village rutile de jolis massifs floraux propre à séduire les touristes dans leur quête du beau, entre deux boutiques de meubles provençaux et un antiquaire. Piètre compensation, si l’extérieur du site est séduisant, l’intérieur de l’enceinte médiévale ne recèle pas de trésor archéologique, la cour est vide et la roche à nu.
Sur les terrasses intermédiaires vous ne manquerez pas de vous interroger sur la présence d’un ensemble de murs et de bâtiments ruinés. La famille Raousset bénéficiaire des lieux, récupère un site militaire devenu désuet où plane encore l’ombre du fameux Raimond de Turenne qui rançonna la Provence entre 1390 et 99. Au tout début du XVIIe, elle décide d’investir les bases du rocher en construisant une résidence luxueuse, une habitation de quatre niveaux avec de nombreuses dépendances, des jardins en terrasse, et un grand bassin alimenté par des sources captées sur le plateau au-dessus, les aménagements occupent tout le siècle. Pas de certitude pour les constructions antérieures, l’occupation au XIIIe est attestée, la tour carrée en serait un vestige avec peut-être l’enceinte, sans son couronnement. L’agrémentation appartient au début du XVe, juste après l’épisode mouvementé des Turenne, lorsque la Provence entre dans le domaine royal. La ruine et l’abandon date de l’époque révolutionnaire, l’état de ruine est avéré en 1820. R.C.
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