Ruines de châteaux

plus de 150 sites dans 17 pays

Archives pour juillet 2009

Château Queyras 1997 France (Hautes Alpes)

Posté par ruine le juillet 17, 2009

Chateau Queyras

L’histoire commence au XIe et plus sûrement en 1265. L’endroit est saisissant, j’y arrivai en fin de matinée, toute la nuit il avait neigé, pas assez pour ouvrir les pistes des crêtes. Depuis Guillestre, la route remonte la vallée du Guil, entre défilé de roches noires et fond de vallée herbeuse l’été. Le verrou, ainsi baptisé par les pros de la fortif, semble effectivement, occuper le milieu de la vallée, juste après un dernier défilé. Dans les nuages et la neige fondante la construction recouvre tout le couronnement d’un éperon, à ses pieds le village. Triste en diable, avec ses pierres grises et ses toitures en “bac acier” vaguement couvertes de mocquelotte, il plomberait le moral d’un gagnant du gros lot de la Loterie Nationale. Au-dessus c’est pire, la masse grisâtre et suintante du fort achève de me glacer pour de vrai le dos, le fond de l’air est vraiment frais. Tu sais, cette humidité persistante, qu’est ce que je fais là, les potes sont restés dans le chalet à siroter des bières en jouant au poker. Au moins j’aurai un truc à raconter ce soir, ces zouaves ne m’écouteront même pas.
J’imagine l’intérieur, des couloirs bétonnés où règne le froid, la condensation sur les murs et les voûtes, des pièces nues, des casernements sinistres aux châlits rouillés, chaque cour que tu traverses est un courant d’air, la bise souffle là-haut. Heureusement c’est fermé, de septembre à juin. La position hautement stratégique de Château Queyras a déterminé Louis XIV pour le renforcement de la place. A la suite de la révocation de l’Edit de Nantes les Savoyards et les huguenots menacent à nouveau le Queyras. Vauban s’acquitte de la tâche à peu de frais, en 1700 il agrandit la superficie du site qui se transforme en fort. La partie médiévale est englobée dans une nouvelle enceinte qui occupe tout le couronnement de l’éperon, la garnison compte plus de 200 hommes. Tout le vocabulaire militaire est bien là réuni autour du vieux donjon à l’appareil incertain dissimulé par un grossier crépi : bastion, terre-plein en demie lune pour l’artillerie, galerie voûtée à l’épreuve des bombes. Au XIXe, le système défensif s’étend aux contreforts avec des batteries couvertes, c’est l’époque Haxo. Avec la stabilisation des frontières le lieu perd de son importance et devient une caserne pour les Chasseurs Alpins, épargné par les deux guerres du XXe, l’armée s’en sépare en 1967. Parvenu intact avec ses aménagements successifs depuis le XIVe, l’agglomération et la juxtaposition des bâtiments ne charment pas, l’harmonie grisâtre de l’enduit et du schiste n’arrange pas l’affaire, l’efficacité prime, heureusement nous sommes en montagne. R.C

Publié dans France | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »

Gréolières 2001 France (Alpes Maritimes)

Posté par ruine le juillet 17, 2009

GREOLIERES

A 8OO m, dans l’arrière pays niçois, dominant la vallée du Loup, deux châteaux et un village typique pas trop touristique en été, en hiver la station de ski est un peu plus fréquentée.
Premiers témoignages au XIe, le château de Hautes Gréolières date du XIIIe comme celui de Basses Gréolières. En 1590, les guerres de religions les ruinent, celui du bas demeure entretenu jusqu’au XVIIIe quand l’autre est abandonné. Ma première visite en 85 scelle ma passion, celle de parcourir un champ de ruines où mon imagination se cale spontanément sur ma vision. Lors de mon retour, 16 années plus tard, peu de choses ont changé. Au milieu du village, le château de “Basses” est inaccessible, l’enceinte en partie ruinée est encore debout, mais une part du logis est toujours habitée. Le château des “Hautes” n’est plus qu’un champ de ruines éparpillées à flanc de montagne. Epaisses murailles en grand délabrement, cheminées accrochées à leurs murs pignons, vestiges d’habitations modestes, restes d’une vie oubliée que le soleil couchant ravive un peu tous les jours. N’espérez pas trop jouer à l’archéologue par ici, l’abandon ne date pas d’hier (fin XIXe) et le maquis défend ses pierres. Soyez à Gréolières au crépuscule, la promenade sur le côteau entre les murs, en évitant les épineux, quand tout devient calme est presque inoubliable, prévoyez un pantalon. Voilà pour ce lieu mythique. R.C.

Publié dans France | Taggé: , , , | Laisser un commentaire »