Ruines de châteaux

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Archives pour août 2009

Rochefort 1996 France (Côte d’Or)

Posté par ruine le août 28, 2009

ROCHEFORT

Chateau de Rochefort

Surprenante ruine, dissimulée dans un repli de colline, elle surplombe la route qui monte vers Asnières en Montagne. Allez à Cry par la D 905, un hameau aux pieds des falaises dans la vallée de l’Armançon. A quelques kilomètres vers le sud il y a la célèbre abbaye de Fontenay et un peu plus bas encore c’est Buffon, Montbard. Humidité et grandes forêts sont propices aux histoires monacales et aux forges. Préservé des invasions, le nord de la Bourgogne conserve son patrimoine sans trop de défigurations ou d’altérations, tout s’est endormi depuis le début du XXe, à l’abri du pez, loin du foisonnement des villes. Dans la forêt, au-dessus de la route culmine un pignon, derrière lui, en enfilade toute la construction occupe l’éperon. Un chemin t’amène devant la porte fortifiée d’une grosse ferme, il y avait un pont-levis maintenant c’est un dormant restauré (en 2005), l’association qui s’occupe de la préservation du site n’en n’est pas peu fière. Quelle plaie ces bienfaiteurs qui veulent mettre la France sous cloche, hors d’eau, hors gel, préserver pour le futur, laisser des traces à “nos descendants”… ils auront suffisamment de sites industriels en friche. Je garde de mes deux visites à Rochefort un souvenir poignant, seul dans ce site aux grands murs gris envahis par la végétation.
Le rêve égoïste, occuper la ferme qui forme l’avant scène. Laisser intacte la ruine du château, débroussailler le jardin en terrasse pour y prendre le thé avec les potes à l’ombre de la grande tour d’escalier, avec à l’infini la vue rasante sur une forêt de cimes. Depuis ce balcon tu ne vois rien d’autre, que des arbres, à peine si tu entends la nationale en bas.
Abandonnée en 56, la ferme est toujours couverte, elle serait à l’emplacement de la partie forte du premier site. En traversant les bâtiments, tu parviens au jardin en surplomb, décoré dans le style néo-classique au début du XVIIIe ce seront les derniers aménagements. De ce côté, les murs du logis sont percés de grandes fenêtres à meneau, une belle façade renaissance animée par la grande tour d’escalier surmontée d’une échauguette plutôt décorative. Il ne s’agit plus d’un château fort, bien que tous les arguments défensifs du moyen âge soient représentés … seulement pour la parade.
Depuis plus de mille ans, il s’est trouvé un fort sur cette butte, première évocation au XIe, démoli par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, au XVe. Dès la fin du siècle le château est reconstruit sur les décombres du précédent, duquel rien ne subsiste. La révolution sonnera le glas des riches heures de Rochefort, en 89 la chapelle tombe puis vers 1807 tous les aménagements en bois sont récupérés.
Combien de temps pourra t-on encore errer seuls dans les ruines de Rochefort, le nez en l’air sans se soucier du délabrement inéluctable de ces formidables et indestructibles tours. Elles finiront bien par abriter peut-être un centre de cultures médiévales, ouvert de 11 h à 17 h seulement en été, et le jardin en terrasse accueillera des mangeurs d’ice cream. Pourtant, ce lieu, en novembre quand décline un sale jour de pluie laissant les murailles suintantes toujours plus grises lorsque la brume froide arrive, ça vaut tous les Miko du monde.
Dans les bois vers Arrans, il y aurait les vestiges d’une abbaye, mentionnés sur la carte, mais jamais trouvés malgré le questionnement de plusieurs indigènes. R.C.

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Noyers sur Serein 2004 France (Yonne)

Posté par ruine le août 14, 2009

Chateau de Noyers
Château de Noyers

Un jour des types décidèrent qu’il y aurait 100 plus beaux villages en France et chaque année inlassablement, les news hebdo le rappellent aux citadins en quête d’air pur et d’authenticité. Maintenant, les indigènes voient les volets se fermer chaque dimanche soir pour se rouvrir le samedi matin, artisans et agriculteurs cèdent leur place à prix d’or ; aux potiers, aux restaurants de spécialités bourguignonnes “sous vide”. Quand Noyers était une ville, il y avait des vignerons, des tonneliers, des maréchaux-ferrants… une ambiance bon enfant à la “jour de fête” nimbée de soleil et de cloches carillonantes. Bordé d’un côté, par des jardins fleuris en friche clos de murets moussus, et de l’autre par ses remparts sur les rives du Serein, le village vit à l’écart des routes dans la Bourgogne immobile, Auxerre est à plus de 40 km au nord ouest.
Les grandes bâtisses à toits pentus, aux volets clos, l’institution catholique légèrement à l’abandon, sommeillent. Au-dessus, sur les pentes et le plateau boisé s’élevait un grand château bordé à l’est et à l’ouest par la rivière et par un fossé au nord. Lors de ma première visite sur le front nord, seul le mur d’escarpe et un moignon de tour étaient visibles. Depuis, de considérables travaux de terrassement et de reconstruction sont entrepris avec la volonté affichée de rénover en utilisant une technique qui semble appartenir au XIIIe. Le chantier concerne deux tours et la courtine qui les relie, pas d’échafaudages métalliques, étais, plateforme, tout est en bois.
Une situation géographique idéale : une boucle cernée d’eau surplombée par un plateau, tout se prête parfaitement à l’occupation fortifiée, plutôt ancienne car la cité est antérieure à Jules César. Les traces écrites de la première fortification du Xe, évoque une tour carrée entourée d’une palissade. Au XIIe, le lieu prend de l’importance sous l’emprise d’une famille, celle de Gui de Noyers qui couronne Philippe Auguste, c’est à la fin de ce siècle que l’élévation du grand château est entreprise. La construction est rapide, au XIIIe son système défensif lui permet de résister aux assauts des troupes de Thibaut de Champagne. Au XVIe, le prince de Condé en fait le siège de la résistance huguenote, il le perd. Le site parvient entre les mains d’un seigneur brigand, Henri IV le déloge et démantèle la place en 1599. La ville renaîtra au XVIIe mais les pierres du plateau sont oubliées. Des gravures présentaient un plan du château en triangle dont la pointe Sud ouvre sur la ville basse, au nord deux rangs de murailles défendaient le logis et le donjon, l’ensemble compte une vaste emprise au sol avec plus de 20 tours. Aujourd’hui, lorsque tu arpentes le plateau, il ne subsiste que de vagues soubassements. Heureusement des panonceaux définissent vaguement les lieux. Prenez le temps à Noyers, quand plane le fumet du rôti du dimanche matin, le bourg calme et immobile te couvre. R.C

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Sainte Sixte 1984 France (Isère)

Posté par ruine le août 4, 2009

Château de Sainte Sixte

Un copain avait repéré la ruine, un château en montagne dans le massif de la chartreuse au-dessus d’un patelin paumé ; Sainte Sixte et son lac, sur la commune de Merlas, en Valdaine. Surplombant une petite route, sur le versant sombre, des pans de murs se détachent du bleu brumeux des sapins. Une bifurcation vers la gauche, et au bout d’un chemin carrossable la ruine est bien là. Les murs sont noircis, la toiture est dans le salon, la tour des chambres est vide les planchers se sont fait la malle, seuls les réservoirs de chasse d’eau avec leur chaînettes qui pendouillent demeurent bien agrippés au mur. Il y avait trois étages, partis en fumée, ou alors en gravats sur le sol depuis 1944, quand les “boches” ont incendié ce qui était devenu un repère de maquisards. En réalité, le château est une belle grosse maison de villégiature pour une riche famille lyonnaise qui venait là aux beaux jours. Bien pensant, et certainement apôtre du patriarcat, l’œuvre est commanditée par un industriel qui, dans sa grande mansuétude, s’approprie un village et sa population. A la fin du XIXe, Saint Sixte est un hameau moyenâgeux, bien à l’abri, accroché à sa montagne, lorsqu’un jour tout bascule, la première automobile, puis la route, puis le manoir et enfin l’église. L’homme construit tout et n’oublie surtout pas de se rendre à l’office chaque dimanche, au premier rang, à défaut de tribune. A la sortie, il convie les hommes au château, là-haut il leur offre un apéritif accompagné d’un cigare. Celui qui me conta cette histoire, l’avait vu de ses yeux d’enfant, il m’abandonna quelques instants pour s’en aller quérir une photographie d’avant guerre. On y voit une grande maison blanche à la décoration très légèrement annotée de touches néo gothiques, néanmoins le bon goût bourgeois prédomine avec une façade encadrée de tours, une terrasse dont, je ne me souviens pas si elle donne la vue sur le lac, les sapins étaient déjà là. R.C.

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