En dessous, le côté populo Jekill avec du béton, des campings surpeuplés, des night-clubs surdimensionnés, la chaleur, le musée Dali à Figueiras, le porto frelaté de la Junqueras, les villages poussiéreux et commerciaux pour le tourisme de masse. Des vacances de “rêve” dont on ne se vante plus. Derrière, débute le Hide, un soupçon plus culturel qui pousse le touriste à s’aventurer sur les contreforts montagneux où depuis les routes en corniche la mer paraît encore plus bleue. Une virée à Gerone, la ville médiévale pas trop tapageuse à l’abri des grandes voies d’accès. Banalement, l’arrière pays a longtemps été oublié au profit des plages, montez d’abord à Ullastret, Hostalric, deux villages fortifiés parmi d’autres, dans la montagne vous trouverez abbayes, ermitages et châteaux, L’origine étymologique du mot Catalogne proviendrait de castel, château en languedocien. Pour se défendre des invasions muslims la région s’est constituée une barrière d’ouvrages fortifiés. Le site de Palafolls n’est pas perdu dans la montagne, mais planté sur la première colline juste au-dessus de la plaine côtière de Blanès. Une vraie station touristique avec du béton et des campings. La période d’occupation correspond à celle de la plupart des autres sites du Maresme entre les XIIe et XIVe, sans adaptation à l’utilisation des armes à feu. La ruine, de belle taille, occupe toute une longue protubérance rocheuse. Plus exposé, le front Nord-Est, est défendu par un haut mur bouclier derrière lequel s’abritait toute la partie habitée. J’ai pu discerner au moins deux niveaux d’enceinte avec un premier ouvrage avancé, châtelet d’entrée ou barbacane qui barrait l’accès à la porte. Un bel assommoir bien restauré semble le seul élément défensif de l’accès principal. A l’intérieur, l’enchevêtrement de murs et d’arches qui s’étagent sur l’escarpement rendent délicat leur attribution. Les logis devaient être accolés aux courtines, dégageant ainsi un espace de circulation. A mi-pente deux bâtiments sont encore couverts, peut-être une citerne et une chapelle qui vient de bénéficier d’une restauration intégrale. Aucun élément décoratif ou remarquable, toujours l’austérité hispanique, dépouillement augmenté par des rafales. Les points de vue sur la ruine sont nombreux ; depuis le sommet de la partie habitée, sur le flanc Nord une poterne ouvre sur une petite terrasse. Tu peux gravir les restes d’une grosse tour ronde pour une vue panoramique couvrant toute la forteresse avec la mer en fond. Au sud ouest, la longue basse cour s’étend jusqu’à l’extrémité de la falaise, des courtines flanquées de tours carrées la bordaient. L’une d’elles, largement modifiée est agrémentée de superstructures métalliques signifiant son volume primaire. Aujourd’hui la muraille Est est arasée, de lourds et libres travaux dans l’interprétation de l’existant ont été entrepris. Ces restaurations auraient profité de quelques largesses de bétonneurs voisins, elles ne semblent pas terminées.Si le château est visible de toutes parts, son accès n’est pas fléché, Par le côté Est depuis Blanès, sur la nationale pénétrante, en vue de l’éminence du site empruntez une petite route qui monte vers le village de Palafolls, le chemin se poursuit jusqu’aux pieds des murailles. R.C.
Archive de la catégorie «Espagne»
Palafolls 2007 Espagne (Catalogne)
Posté par ruine le décembre 3, 2009
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Quel 2003 Espagne (Rioja)
Posté par ruine le janvier 3, 2008
A cinq kilomètres à vol d’oiseau d’Arnedo un ouvrage isolé qui domine les plateaux :
une petite tour et son enceinte dans une monochromie d’ocres rouges. Accompagné par les vautours qui planent à dix mètres au-dessus de ma tête j’emprunte un chemin carrossable depuis la route 123 qui monte sur le plateau, pour finir à pied sur à peine 100 m. D’autres bestioles planent en circonvolution autour de la tour, sur le plateau le vent souffle en rafale, il fait froid et le soleil d’hiver rougit l’ensemble.
Le château est au bord d’une falaise, à ses pieds un village rue serpente, charmante vision gâchée immédiatement par des constructions industrielles navrantes. J’avais bien repéré la silhouette du site, belle allure au lointain, complétée par un isolement presque total, seules deux ou trois fermes perdues dans la sierra. Abandon total et depuis longtemps visiblement l’ouvrage est un poste défensif sans doute rattaché à la forteresse voisine. Les vestiges du couronnement laissent encore apparaître les culots de tourelles d’angle, peu d’ouverture dans la muraille hormis un rang de meurtrière au raz du sol.
On pénètre d’abord dans un édicule attenant à la tour, une baie romane à double arc reposant sur une colonnette est obturée, le parement est tombé dévoilant une construction en galets et mortier ocre rouge.
A l’intérieur de la tour les planchers ont disparus, l’escalier d’accès aux étages est logé dans l’épaisseur du mur, tout de suite à droite de la porte d’entrée. Au troisième et dernier niveau un arc surmontait une baie importante, les murs attestent de quelques éléments de confort notamment plusieurs niches, dont une parfaitement voûtée en plein cintre. La construction pourrait être contemporaine de l’époque faste d’Arnedo sous la férule sarrasine, soit au XIIIe. R.C.
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Arnedo 2003 Espagne (Rioja)
Posté par ruine le janvier 3, 2008
Arnedo, ses trois églises, son château, bourgade industrielle numéro un dans la production de chaussures, dans la province de Rioja. Climat continental, terre aride de montagne où l’hiver il y fait un froid de canard et la bise souffle la mort, souvenirs de la guerre civile. Au pied du tertre rouge qui supporte les restes de la forteresse, la vieille ville de pierres ocres, ceinte de cités blanches construites après la guerre, grouille. Ambiance populeuse qui flaire encore bon les émeutes de 36. Sur les crêtes des alentours, les éoliennes brassent pesamment dans le ciel violacé et les vautours tournoient autour de la dernière tour du château. Si les vestiges paraissent impressionnants, la visite sera brève la majeure partie du site est inaccessible, un épais grillage empêche de pénétrer dans l’enceinte, mais il est aisément franchis. Hormis le mur d’enceinte et une tour, peu de choses, le site a été trop fréquenté, les salles troglodytiques fermées par de puissantes grilles sont vraiment impénétrables. Pourtant, le tertre semble être un vrai gruyère, le pourtour est constellé de cavités, des souterrains partaient de là vers la ville basse. Compensation, un point de vue sur la vallée et l’ancienne cité dans son jus quotidien, sans restauration type “patrimoine mondial Unesco”. Jusqu’au XVIe, des remparts bordaient toute la cité avec de pittoresques ruelles médiévales largement ouvertes aujourd’hui.
La première occupation de la colline d’El Castillo est romaine, un ouvrage fortifié défendait d’importantes voies de circulation. Quand les Sarrazins s’installent dans la région au VIIIe, ils rebâtissent un château qui sera remanié au fil des siècles, principalement au XIIe et au XIVe. Il aurait eu une fonction stratégique dans la campagne de reconquête de l’Espagne au XVe, sans usage il est abandonné au XVIe. Inutile de faire un détour pour visiter cette place, de surcroît la ville ne resplendit pas par sa douceur de vivre, en revanche pour les amateurs de bons vins, de vautours nichant dans les falaises et de profonds canyons, les environs d’Arnedo sont généreux. R. C.
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