Ruines de châteaux

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France Alsace

Landsberg 1991 France (Alsace)

Publié par ruine sur décembre 6, 2007

Landsberg Alsace

Accès par la route du mont Ste Odile à l’ouest d’Heiligenstein. Fondation à la fin du XIIe, agrandissement dans la seconde moitié du XIIIe, remaniement fin du XIVe et démolition au XVIIe à la suite d’un incendie, de source sûre les Suédois n’y furent pas étrangers. J’ai visité ce château par une belle journée d’été, où l’Alsace de Hansi prend toute sa quintescence, comment ne pas ressentir l’envie de s’y arrêter.
Dans le noyau primitif, un magnifique oriel voûté en cul-de-four, encadré de baies romanes doubles, laissent présager du luxe insolent du palais dont cette façade est le dernier vestige. Au verso, la grande salle jouissait de la lumière dispensée par ces baies géminées, chacunes surmontées d’un arc roman en plein cintre et reliées par un élégant jambage constitué par une colonnette surmontée d’un chapiteau. Tout cela demeure depuis le XIIIe. Le donjon massif en impose sur le bord de son éperon, son accès est aujourd’hui impossible, dans les années 70 une échelle en fer en offrait encore la visite. Une disposition commune à tous ses semblables régionaux, la porte d’entrée est au moins à la hauteur du premier étage et l’ascension s’effectuait par un escalier en bois à plusieurs volées, n’imaginez pas en retrouver un d’époque.
Sur l’enceinte de la basse-cour, subsiste toujours une remarquable canonnière avec ses gonds de pierre pour un mantelet extérieur. Le château est en pleine forêt, il faut marcher une petite demi-heure entre chaumes et bois, un peu avant d’arriver il y a une assez jolie maison de garde chasse, si je ne me trompe pas. Belles ruines pas trop bricolées, le bel appareil de grès rose à bossage typique de la Rhénanie a bien résisté au temps, à 560 m d’altitude le cadre forestier vosgien est remarquable. R.C.

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Haut Landsbourg 1991 France (Alsace)

Publié par ruine sur décembre 6, 2007

Haut Landsbourg Alsace

A 620 m d’altitude sur la route des 5 châteaux au-dessus de Colmar.
Un grand quadrilatère dont les premières fondations datent du XIIIe, il a reçu des modifications jusqu’au XVIe pour être rasé par les Français en 1635, les suédois s’y étaient installés.
A la fin du XIXe les allemands ont restauré le Haut Koenigsbourg, le Conseil Régional s’est offert à la fin du XXe la reconstruction du Haut Landsbourg. Quinze années de travail plus tard et une bonne partie du budget des affaires culturelles, la Région peut s’enorgueillir d’un lieu public de prestige. Ouvert avec parcimonie, je m’y suis rendu deux fois, en vain, courtines et portes sont en bon état, impossible de faire le mur. Reconstruit à l’identique avec les matériaux d’époque, le propos est de montrer un château tel qu’il était au XVIIe. Pourquoi pas au XIIIe ? Les jours d’ouverture, les touristes s’y pressent en masse après le rituel roboratif déjeuner dominical alsacien, petits et grands gobent les commentaires illustrés, en buvant des bières ou en suçant un ice cream.
1 h 30 plus tard ils redescendent dans la vallée satisfait de ce haut moment culturel sans charme. Merci le Conseil Régional. Image d’un pays “progressiste”, le Haut Landsbourg illustre le malaise culturel français où le conservatisme est de mise. En se repliant sur les valeurs traditionnelles, les monuments historiques dictent un certain bon goût aux Français où domine la nostalgie d’un moyen âge largement idéalisé. R.C.

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Ortenbourg 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

 

Ortembourg

OrtembourgRamstein

Dans le Val de Villé, visible à des kilomètres à la ronde, dirigez vous vers lui à l’instinct, puis prenez à Scherwiller la route qui mène à la maison forestière de Hühnelmüle, de toute façon maintenant le site est fléché. Il faut quand même s’envoyer 3/4 h de montée dans une forêt. Alors ça dissuade quand même pas mal de braillards remplis de bière, en tout cas pour les plus courageux ça les calme. L’énorme masse se découvre progressivement, fissa tu accèdes à la première enceinte et tu grimpes 4 à 4 la rampe d’accès. Tu passes le pont-levis et tu te retournes pour t’accouder au parapet de pierre, il y a souvent du vent là-haut, la vue sur la plaine est quand même saisissante (450 m, c’est moins haut que Gérardmer à 600). Derrière, il y a les Vosges et le Haut-Koenigsbourg mais tu ne les vois pas. Il est temps de rentrer dans le lieu, c’est grand et sombre la courtine couvre trois niveaux. Alternent cheminées, baies, embrasures de tir, le logis est encore perceptible mais c’est surtout le donjon qui impressionne. 40 m, six niveaux, évidemment il ne reste plus que les quatre murs.
Je pénètre par une ouverture de vandales au ras du sol, dans le tube qui ressemble plus à un colombier, ça roucoule grave et ça pue un peu la fiente. Je ressors, je me suis gardé le meilleur pour la fin : la galerie entre le donjon et sa chemise, un mur bouclier destiné à la protection du site coté montagne, il couvre plus de 2/3 de la hauteur de la tour. Dans l’étroit passage (2 à 3m) toute la superstructure en bois a disparu, seul demeurent quelques arcs boutant, je m’imagine dans une ruelle médiévale.

En redescendant, allez faire un tour au Ramstein, de loin la ruine semble intéressante, sur place et après l’Ortemberg c’est plutôt pauvre. Un appareillage de pierre merdique, surtout il ne reste plus qu’un pan d’une grosse tour. Le Ramstein aurait servi de camp de base pour mener des attaques vers le plus haut.

L’histoire de l’Ortembourg est mouvementée, Charles le téméraire le considérait comme une place forte stratégique, une campagne d’aménagement fut menée sous son bref règne.
Tout commence assez tôt vers l’an 1000, les constructions visibles datent de 1258, à cette période le château appartient aux Habsbourg, un certain Rodolphe 1er se considérait roi des Romains, et pourquoi pas empereur du monde.
Après des vicissitudes, arrive Charles, enfin plutôt ses hommes de main dont Pierre de Hagenbach qui finit décapité à Strasbourg. Le Téméraire pensait prendre la Lorraine et son “ami” Louis XI à revers, par le haut en s’appuyant sur l’Alsace. Un rapport contemporain évoque qu’une garnison de 10 ou 12 bonshommes, en temps normal, pouvait faire face à un petit siège. La plupart des châteaux étaient bâtis pour être défendus par une poignée de soldats, l’avantage étant une faible intendance et des coûts réduits pour leur propriétaire. Beaucoup de châteaux disparurent par manque d’entretien, quelquefois très rapidement, des petits seigneurs mégalos s’apercevaient, après la construction, qu’ils ne pouvaient pas payer les traites de leur château, et le bien n’était pas toujours négociable. Autre utilisation pour un site fortifié en jachère, des bandes de soudards s’arrogeaient le bien et en profitaient pour rançonner allègrement les voyageurs et les krutburs dans la vallée. Signe de ces temps difficiles et mouvementés, en 1525 une révolte de kruts se termine dans un bain de sang, 15000..? paysans auraient été liquidés au pied des murailles de l’Ortembourg. Pendant la guerre de 30 ans, les Suédois occupent la place, elle sera démantelée en 1633. R.C.

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Andlau 1994-2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

 

Andlau

Charmant petit bourg de l’Alsace typique, niché dans le mille du vignoble, au pied des ballons et dominé par son château symétrique daté du XIIIe, bien que sa première mention soit en 1344. Les aménagements décoratifs inclinent à se prononcer pour une construction tardive. En effet, l’alignement de baies en ogive polylobées reposant sur des colonnettes au beau milieu de la courtine étonnent pour un ouvrage fortifié. A l’abri des vicissitudes temporelles, des bandits et des Suédois, l’ensemble est intact avant la révolution. Vendu comme bien national à un rapace qui le dépèce monnayant toiture et boiseries, rapide sera sa ruine. Je hais tous ces gars-là, marchands de biens d’hier et d’aujourd’hui. Henri-Paul s’interroge sur la présence des deux donjons, alors qu’un seul suffisait amplement. La mégalomanie répond en principal et je partage son avis, d’ailleurs à quoi sert finalement un château fort si ce n’est à asseoir le nom et la puissance d’un type afin de mieux exploiter les pauvres qui lui sont inféodés. Aujourd’hui, les Chinois se font construire des tours de plus de 400 m de hauteur, au XIIe les bourgeois de San Gimignano se jalousaient avec des tours qui surplombaient leurs palais.
La visite du lieu réclame quelques détours en automobile (passez par la D854 et empruntez une route forestière jusqu’à la Hunterplatz, ne passez pas par Andlau) puis envoyez-vous une bonne demi-heure de marche dans les bois, comme à l’accoutumé.
La muraille apparaît soudain au dernier virage, l’enceinte de la basse-cour est très ruinée en revanche le bel appareil des courtines est intact. Nous entrons dans l’enceinte par une porte ogivale, la cour est sombre, les murs sont percés de meurtrières puis de “larges baies” sur deux niveaux, il faut imaginer que tout était encore couvert au XVIIIe. Un coup d’œil circulaire 11 m sur 34, vite vu, les donjons sont inaccessibles une habitude de la région, la visite est terminée, vite au Spesbourg. R.C.

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Guirbaden 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

 

Guirbaden

C’est long pour arriver à Guirbaden, j’ai laissé la voiture sur le parking d’une auberge au bord d’un ruisseau, 3/4 h de marche dans la forêt. Sur un petit col près d’une clairière il y a deux ou trois châtaigniers séculaires, finalement je ne suis plus très sûr s’il s’agit vraiment de ce château, c’était en juin il faisait bon.
La forteresse est planquée en plein bois, il ne reste plus beaucoup de superstructures, autant dire que j’arrive dessus sans l’avoir vu auparavant. Un pan de mur rose, émerge de la verdure, soutenu par une belle arche qui relie les blocs de fondation. J’essaie de faire une photo, pas facile dans cet enfer vert. J’arrive à une première porte en ogive, l’emprise est vaste. Après une succession de portes et de murs, j’accède au point le plus haut, un peu d’escalade me permettra de voir un peu plus. Et non mon gars, tu reviendras en hiver pour la vue panoramique. Je distingue à travers le feuillage un grand mur qui barre tout l’éperon. Indiana Jones n’aurait pas fait mieux, je me fraye un passage dans les ronces et arbustes, le mur aveugle m’empêche d’aller plus loin. Demi-tour, je cherche à le contourner. Des photos aériennes datant des années 70, expriment assez bien l’étendue du site, son emprise totale de la sommité. Les deux enceintes sont encore parfaitement distinctes, difficile de les apréhender dans la jungle actuelle.
Le second château à l’est comprend une caserne et à l’extrémité les restes d’un donjon envahi par la végétation si je me le rappelle. Il y avait un bâtiment allongé entièrement restauré façon corps de ferme qui s’avère être une chapelle. La basse-cour est une vaste prairie idéale pour jouer au foot ou faire un pique nique.
Le château daterait du XIIe, l’ensemble s’étend sur 2 ha à 560 m d’altitude, rappelez-vous que le plus haut sommet des Vosges culmine à 1426 m. En 1182 Frédéric Barberousse assiège le site et le démoli. Au XIIIe, un nouveau château à l’alsacienne est reconstruit, tour, donjon, palais luxueux occupent le plateau, un fossé et un mur d’enceinte séparent les 2 châteaux. Améliorations défensives aux XV et XVIe, pendant le XVIIe les Suédois puis les Français auront définitivement sa peau. R.C.

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Franckenbourg 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 24, 2007

 

Franckenbourg

Du côté du Val de Villé, avec un accès par une route forestière qui n’est pas ouverte tous les jours. Tu laisses ta caisse au grand parking, à la belle saison, le week end, là-haut tu n’es pas vraiment seul. Le château est sur une colline bien isolée, sur ses pentes boisées il subsiste des restes d’un mur païen qui semblait la circonscrire. Première fondation du château moitié du XIIe, quelques remaniements au XVe qui nous gratifient d’une tour d’artillerie avec de belles bouches à feu à redans, l’enceinte à bossage date de la fin XIIe ainsi que le donjon circulaire. Nous sommes bien en Alsace, les ingrédients récurrents de la fortification rhénane sont là : grès rose, appareil parfait en pierres à bossage, la légendaire qualité germanique ne date pas d’aujourd’hui. La ruine est du XVIIe toujours les Suédois…
Un peu de généalogie, le château est passé entre beaucoup de mains : les premières de siegebert de Franckenbourg, puis celles des Stauffen, des Werde, des Mullenheim, de Jean Huttenheim zu Ramstein. C’est au tour des collectivités, les grandes familles ne peuvent plus entretenir les sites, alors les villes qui s’enrichissent et craignent de voir ces forteresses abriter des bandes de soudards assoiffés de gewurz, récupèrent les lieux. Franckenbourg tombe dans l’escarcelle de la Ville de Sélestat pour finir dans celle du grand Chapître de la cathédrale de Strasbourg, pour info, en 1611 la garnison est de deux soldats.
La visite est gratuite, la promenade dans la grande basse-cour est agréable, entre tas de pierres, puits et donjon, mon oreille traîne à l’écoute des balivernes d’un gros malin qui épate une tribu de ménagères endimanchées par des robes à flowers “dans le temps, ils ne devaient pas avoir chaud et les loups rôdaient…”. La promenade aux pieds des remparts est plus calme, faire le tour de l’enceinte, dernières photos avant de voir la pierre virer au violet. R.C

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Wegelnburg 2005 Allemagne (Palatinat)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

 

Wegelnburg Allemagne Palatinat

Wegelnburg Allemagne Palatinat

Il était déjà tard quand nous quittâmes Fleckenstein, pour atteindre le Hoenbourg il faut redescendre jusque dans la vallée et bien sûr remonter fissa sur l’autre ballon. Dans un virage, il y a le panneau du Club Vosgien avec au moins 1/2 h de marche, damned il fera nuit en haut. C’est bien la seule fois où j’appréciai la motricité d’un 4 x 4. A vive allure sur le chemin recouvert de feuilles, je surveille la crête pendant que Paul fait rebondir la Marcel d’une ornière à l’autre. Au détour d’une épingle à cheveux nous laissons l’os et gravissons la pente ventre à terre. Au travers les branchages sur le sommet nous apercevons le pain de grès sombre, dans 1/4 h il fera nuit. La masse sombre du château s’allonge devant nous ou plutôt celle du rocher qui le porte, il fait un froid de canard là-haut, quelques flocons tournoient, le sol n’a pas dégelé. Une belle plaque de fonte signale en écriture gothique : Wegelnburg. “Attends, c’est pas le bon, nous sommes dans le Palatinat, je le connais pas celui-là”. Rapidement nous faisons le tour du propriétaire, trois niveaux de terrasses, une vue imprenable et lugubre sur les derniers ballons qui émergent de la brume avec un bon vent du nord, ambiance Carpates et Dracula.
Du château du XIIe il ne reste pas grand-chose, comme tout ses semblables troglodytes, seules les pièces creusées dans le grès subsistent. Des soubassements de murs laissent imaginer le plan, qui s’apparente à celui d’un navire de guerre avec sa poupe et sa proue fuselées. Des tours défendaient chaque extrémité, les murs épousent parfaitement la forme du rocher. Nous franchissons la première enceinte au pied du rocher, il y a un château haut et un château moyen. L’ensemble est parfaitement restauré, rejointoyé à l’allemande, un peu trop à mon goût. Heureusement, l’heure tardive et les conditions climatiques procurent au site tout son mystère. Un silence vraiment pesant nous entoure, pas une habitation, la forêt à perte de vue, des corbeaux coassent une dernière fois avant de rentrer au bercail. En redescendant, le chemin principal remonte vers une autre butte en s’approchant nous distinguons à travers les arbres la silhouette carrée du Hoenbourg, trop tard, il fallait aller vers la gauche tout à l’heure.
Premières mentions des Wegelnburgen 1246, après un premier siège en 1282 le château s’agrandit puis il passe de mains en mains pour finir ruiné en même temps que Fleckenstein et ses voisins. Aujourd’hui nous appelons ça de l’optimisation car toutes ces places fortes ne sont distantes entre elles que de quelques kilomètres à vol de corbeau. R.C.

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Fleckenstein 2005 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

 

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein j’en rêvais depuis 84, je l’avais loupé de peu. Vu au loin, il flottait sur la prairie comme un navire.
20 ans plus tard, il fait froid et grand beau, la lumière acérée ne pardonne pas. Il est déjà tard quand nous arrivons à Lembach, la route monte dans la forêt de sapins et de chênes, parking de supermarché, visitor center fermé, mais tu peux quand même boire une pils, à un kilomètre au loin, le pain de grès. Il dépasse la forêt qui, dans les années soixante-dix arrivait au pied de la muraille, à présent tout a été nettoyé, déblayé, “cleané”. Aux alentours d’autres résurgences émergent de l’uniformité verte quand le soleil les accroche. En route et au pas de charge, cette fois je suis avec Paul, il aime bien les châteaux surtout les Alsaciens, normal pour un Alsacien. Préalable à notre immédiate ascension, je prends les billets à la minuscule guitoune écrasée par la masse rosâtre. Première enceinte, première chicane, une bouche à feu en fève, une voie carrossable taillée dans le grès mène au pont-levis. Première salle creusée dans la roche, facile avec le grès rose il s’effrite sous le doigt, un pauvre musée lapidaire avec des vitrines des années soixante.
La salle du puits, un ingénieux système de poulies avec renvoi permet de lever l’eau plus facilement quand un bourricot tourne dans la pièce d’à côté. Ca me fait toujours marrer la technologie médiévale, bois ferraille et bourricot ou esclave. Point d’orgue du château, les escaliers donnant l’accès à la terrasse, ambiance garantie par un éclairage soigné (loupiote de balloche de 5 watt multicolores) et bruitage à l’anglaise, mais ici, point de bruit de cuisine, plutôt des éructations de chevaliers (han, han, ah…) avec cliquetis d’épées. Au sommet, j’embrasse un point de vue sur la forêt infinie et déprimante, le vert dur des sapins succède au rouquin des caduques et au loin la brume descend. Le Lowenstein et le Hoenbourg ne sont pas loin, j’en aperçois un, l’autre est juste derrière le ballon à gauche.
La vraie histoire du Fleck. Mensurations : altitude 400 m, 40 m de haut, 8 m de large et 50 de long. Au XIIe, les Fleckenstein font partie des grandes familles d’Alsace qui n’hésitent pas à se quereller avec les Habsbourg, l’affaire vaut au château son premier siège. Cela n’empêche pas à la dynastie de conserver le bien jusqu’en 1720, alors que le château a été démoli en 1680. La construction visible aujourd’hui semble tardive, ou largement aménagée au XVe, les embrasures de tir attestent de l’usage des armes à feu.
La démolition fait suite à la guerre de 30 ans qui oppose la France aux Autrichiens. Le traité de Wesphalie donne les droits des Habsbourg sur l’Alsace à la France, 25 ans plus tard au détour d’un conflit avec les Hollandais l’empire remet la main sur la région, heureusement en 1675 Turenne met la pâtée aux Impériaux à Turckheim. En 1679, au traité de Nimègue, c’en est terminé de l’Alsace aux Habsbourg… pour deux siècles.
1674, Fleckenstein défendu par 14 paysans et un intendant ne fut qu’une bouchée de pain pour les troupes françaises armées jusqu’aux dents, cinq années plus tard la forteresse est détruite à coup d’explosifs, quel spectacle pour les manants. R.C.

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Wasigenstein 2006 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 18, 2007

 

Wasigenstein France (Alsace)

Wasigenstein France (Alsace)

Une chance que le pain de grès rose qui supporte les constructions des Wasigenstein n’ait pas plus de deux protubérances, sinon il y a lourd à parier que nous aurions eu autant de “châteaux” que de bosses. Le site ne manque pas d’allure, en pleine forêt un éperon verrouille le fond d’une vallée, image récurrente des Vosges du Nord quand une longue barre rose orangée émerge de l’épaisse masse sombre des conifères. Le parking est à 15 mn, il suffit d’emprunter un sentier qui descend vers le site, auparavant tu auras bifurqué après Niedersteinbach sur une petite route en direction de la frontière. De ce côté, le château n’est pas visible, d’ailleurs une vue dégagée sur l’ensemble du site n’est pas aisée. 30 années et 5m séparent les deux bâtiments, à l’est vers le col le plus ancien et le plus grand. Il occupe un long promontoire sur lequel se dressait surtout un donjon, dont un altier pan de mur à la proue du rocher défie le temps. Heureusement pour lui, il a été largement consolidé. A l’ouest, vers la vallée le petit Wasigenstein élevé dans les dernières années du XIIIe, ici le rocher est étroit tout au plus une emprise de 100 m2, pour l’impérial donjon qui le coiffe. Tout est en élévation alors que tout est excavations pour l’ancêtre. Construction remarquablement soignée, l’appareil est à bossage, impeccable dans le plus pur style germanique. Les ouvertures sont des lancettes bien proportionnées, enfin luxe insolent et raffinement dans cet environnement sauvage, la baie principale du donjon ouvrant sur la vallée était surmontée d’une ornementation en trilobe.
Le site est mentionné au XIIe, apparemment les constructions visibles sont datées du XIIIe, je n’ai pas vu de traces d’occupation au pied du rocher, pas d’enclaves taillées ou d’encoches pour recevoir des madriers. Au titre des particularités, vous aurez remarqué en arrivant sur le site, au fond du fossé artificiel qui isole l’éperon de la montagne, deux dispositifs : une piscine qui servait d’abreuvoir et rendait encore plus difficile l’escalade de la paroi, enfin en vous retournant, sur la contrescarpe vous admirerez un ingénieux système de récupération d’eau avec sa citerne, complété d’un petit lavabo dans une niche.
Les wasigenstein construisent et occupent le site pendant presque un siècle, puis il est partagé entre les Hohenbourg et les Fleckenstein, deux seigneurs voisins auxquels le dernier mâle Wasigenstein marie ses filles. Puis les châteaux, sans grand intérêt stratégique, passent de mains en mains, il y aurait eu plus de quinze propriétaires simultanément. Au XVe, une bande de brigands fait main basse sur le rocher avec son corollaire d’exactions dans la contrée. Aux termes de plusieurs sièges, retour au calme avec les Lichtenberg puis les Fleckenstein au début du XVIe.
Le démantèlement, plutôt pour la forme, sera effectué en 1680, six années après le Fleck qui présentait une vraie menace pour les troupes de Louis XIV. Le Wasigenstein n’aurait pas subit de modifications ultérieures au XIIIe, notamment des équipements pour répondre à l’artillerie. R.C.

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Windstein “nouveau” France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

 

Nouveau Windstein Alsace

Nouveau Windstein Alsace

1134 ou 32 les Winsdstein se retrouvent sans château, assorti de l’interdiction de le reconstruire, inconcevable pour une famille noble. Au XIVe, un nom demeure encore attaché à sa motte et à sa tour féodale.
A partir de 1339, à 800 m sur une colline, le nouveau Windstein sort de terre, contrairement à son voisin le bâtiment est intégralement construit, et repose sur un socle de grès. Une seule salle troglodytique, son plafond fissuré est étayé par des colonnes constituées d’un empilement de cylindres, cet aménagement semble être contemporain de l’excavation. En arrivant, tu seras surpris par le calme qui règne par ici, au milieu des bois, la puissante silhouette ne se devine pas de loin. Sur le plateau, il subsiste des petits ouvrages défensifs semi enterrés datant de la première guerre mondiale. Ils font pâle figure devant l’imposant mur bouclier, la puissante tour ornée de belles bouches à feu, et surtout, accrochée au bastion Ouest la mignarde bretèche munie de nombreuses et ingénieuses canonnières. Toutes les fenêtres ouvrent à l’est, sur ce versant plus escarpé la faible probabilité d’attaque a permis d’agrémenter les façades de baies gothiques toutes différentes. L’ouvrage le plus ancien est le donjon, l’enceinte, principalement sur les parties les plus exposées (nord et ouest) a été largement remaniée à la fin du XVe afin de résister aux tirs d’artillerie. La grande façade Est a conservé son allure du XIVe, avec ses belles ouvertures elle appartient à celles des plus beaux palais régionaux. Tu pourras t’interroger sur l’apparent bon état du site et de ses constructions, des fouilles et d’important travaux de restauration ont été entrepris en 1983. Il plane toujours une interrogation sur l’érection du fort, la date de 1339 reste à vérifier, il se peut que la partie centrale (le logis) soit du XIIIe ?
Autre incertitude qui relève plus de l’imagerie pour le peuple ; un souterrain relierait les deux châteaux distant de 800 m, chacun sur leur socle de grès à 360 m d’altitude et séparés par un col… Sur le chemin qui relie les deux sites vous allez longer une barre rocheuse sur laquelle s’accrochait un troisième château constitué d’une tour et d’une salle taillée dans le grès. Hormis 1676, date de sa destruction et une attaque pendant la guerre de Trente ans, il a fait plutôt bon vivre là-haut : grandes fenêtres à banc pour contempler le lever du soleil ou la vue sur les cultures prometteuses, cheminées à tous les étages et tout le monde bien à l’abri derrière l’épaisse muraille du front Nord. R.C.

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Windstein “vieux” 2006 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

 

Vieux Windstein Alsace

Vieux Windstein Alsace

Comme une formidable sculpture. Des gravures anciennes laissent découvrir un paysage irréel, à peine exagéré tant le site est torturé, plusieurs milliers d’années d’érosion, et chaque jour inlassablement les grains de grès continuent de se détacher du bloc. Il faut s’imaginer ces châteaux complètement nus dans un environnement de prairies, aujourd’hui ils émergent difficilement de la gangue forestière qui les cerne. Nos ancêtres trouvaient dans ces pains de grès, si friables, des lieux fortifiés à bon compte puisqu’il ne s’agissait plus d’empiler des pierres mais de sculpter un bloc. Tailler des salles, des coursives, des volées d’escalier, comme si la construction s’élaborait depuis l’intérieur. A la fin du XIIe, l’abée de Neubourg occupe le site et fait entreprendre “la ronde bosse”, pour le compte des Hohenstaufen, un avant poste destiné à protéger la cité d’Hagueneau. Les terrasses supérieures sont dévolues au guet, plus qu’à l’habitation, l’accès devait se faire par des échelles en bois car il ne subsiste rien pour y accéder. Sur la plateforme, une tour et un donjon assumait leur fonction symbolique dominante, toute l’activité se déroulait au pied du bloc, de nombreuses traces dans le rocher l’attestent.
Au nombre des curiosités, il y a le puits de 41 m de profondeur accessible depuis deux niveaux, les salles troglodytes, la citerne avec des rigoles de récupération d’eau, tu remarqueras aussi, taillés dans le grès tendre, des encoches pour y attacher les animaux. La promenade est plutôt ludique, l’arrivée à la première terrasse, ancienne basse-cour, est aisée mais inaccessible car une maison d’habitation y a été construite. L’accès au niveau intermédiaire des salles et du puits s’effectue par des marches à flanc de rocher, rassurez-vous les passages délicats sont bordés de gardes corps en bonne ferraille, un peu désuets mais efficaces.
Le vieux Windstein fut l’objet d’une scission familiale et les deux blocs, distants de quelques mètres se fortifièrent l’un de l’autre, puis le site échoue entre les mains de brigands qui rançonnent dans la vallée. La démolition de 1334 mit tout le monde d’accord d’autant qu’elle était assortie d’une interdiction de reconstruction. Elle n’empêchera pas une nouvelle édification dans le courant du XIVe, incendié en 1515, la fin du site date de 1676 lorsque les troupes françaises écument les Vosges du Nord et récupèrent l’Alsace. R.C.

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Otrott 2002 France (Alsace)

Publié par ruine sur novembre 8, 2007

 

Ottrot Alsace

Ottrot Alsace

Investissement du site au XIe, jusqu’au XIIe c’est un ouvrage en bois posé au centre de l’éperon. Début du XIIIe construction du premier château à l’ouest, dit de Ratsamhausen, par les Lutzelbourg (celui de gauche), 50 ans plus tard construction à l’est du Lutzelbourg, au milieu l’édifice primitif est en ruine. Les deux châteaux sont distants de 100 m, sympa pour le canardage d’une tour à l’autre, l’un appartient à l’empereur et l’autre à l’abbesse du Mont. A la fin du XVIe le site est réunifié. L’accès se fait par la route du Mont Sainte-Odile. A la sortie de Klingenthal aller vers Eichwaeldel, enfiler vos pompes de marche et c’est parti pour une promenade en forêt.
Que s’est-il passé là-haut pendant sept siècles, outre des travaux de construction d’embellissement et d’adaptation aux armes à feu ? Peu d’informations, peu d’importance stratégique, la vie semble douce dans la montagne, quelques échauffourées à la fin du XIIe entre les évêques de Strasbourg et l’empereur. En 1375 des Anglais auraient incendié le Lutzelbourg qui n’était qu’un château de siège comme le Ramstein avec l’Ortenbourg, la reconstruction du nouveau palais seigneurial hérite du style pré-renaissance. Charles le Téméraire aurait eu quelques infructueuses velléités, puis c’est la guerre de 30 ans et le début de la ruine. La révolution parachève le boulot et sonne le glas de cette relative quiétude, tout le monde redescend dans la vallée.
L’incontestable avantage d’une visite en hiver c’est bien sûr l’absence de végétation, les inconvénients eux sont multiples, neige, froid, 3 h de lumière par jour, site bouclé…
Avantage de taille que j’allais oublier tu es seul sur le lieu. C’est toujours avec un petit pincement que j’arrive devant un château, d’autant que nous sommes le 30 décembre, cette fois j’en ai deux à voir. Je file vers le Lutz ouvert à tous les vents, effectivement les fenêtres du palais ont conservé leurs meneaux, les murs se dressent sur au moins 15 m, les cours jonchées de ronces, la désolation est prégnante et la chaleur des lieux m’invitent à me retrouver à l’air libre, c’est à dire à l’extérieur de l’enceinte. Direction le Ratsamhausen, ses façades bricolées, ses enchevêtrements de murailles attestent des nombreux remaniements depuis le début du XIIIe, le palais donjon carré aurait des origines normando-siciliennes, à ses côtés, j’admire les corbeaux de la tour du XIIIe qui supportait un hourd. Dommage l’entrée est fermée et faire le mur comporte certains risques, toujours plus facile de monter que de descendre. De plus, la cheminée de la maison du garde fume et il fait presque nuit. R.C.

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