Fleckenstein 2005 France (Alsace)

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein Alsace

Fleckenstein j’en rêvais depuis 84, je l’avais loupé de peu. Vu au loin, il flottait sur la prairie comme un navire.
20 ans plus tard, il fait froid et grand beau, la lumière acérée ne pardonne pas. Il est déjà tard quand nous arrivons à Lembach, la route monte dans la forêt de sapins et de chênes, parking de supermarché, visitor center fermé, mais tu peux quand même boire une pils, à un kilomètre au loin, le pain de grès. Il dépasse la forêt qui, dans les années soixante-dix arrivait au pied de la muraille, à présent tout a été nettoyé, déblayé, « cleané ». Aux alentours d’autres résurgences émergent de l’uniformité verte quand le soleil les accroche. En route et au pas de charge, cette fois je suis avec Paul, il aime bien les châteaux surtout les Alsaciens, normal pour un Alsacien. Préalable à notre immédiate ascension, je prends les billets à la minuscule guitoune écrasée par la masse rosâtre. Première enceinte, première chicane, une bouche à feu en fève, une voie carrossable taillée dans le grès mène au pont-levis. Première salle creusée dans la roche, facile avec le grès rose il s’effrite sous le doigt, un pauvre musée lapidaire avec des vitrines des années soixante.
La salle du puits, un ingénieux système de poulies avec renvoi permet de lever l’eau plus facilement quand un bourricot tourne dans la pièce d’à côté. Ca me fait toujours marrer la technologie médiévale, bois ferraille et bourricot ou esclave. Point d’orgue du château, les escaliers donnant l’accès à la terrasse, ambiance garantie par un éclairage soigné (loupiote de balloche de 5 watt multicolores) et bruitage à l’anglaise, mais ici, point de bruit de cuisine, plutôt des éructations de chevaliers (han, han, ah…) avec cliquetis d’épées. Au sommet, j’embrasse un point de vue sur la forêt infinie et déprimante, le vert dur des sapins succède au rouquin des caduques et au loin la brume descend. Le Lowenstein et le Hoenbourg ne sont pas loin, j’en aperçois un, l’autre est juste derrière le ballon à gauche.
La vraie histoire du Fleck. Mensurations : altitude 400 m, 40 m de haut, 8 m de large et 50 de long. Au XIIe, les Fleckenstein font partie des grandes familles d’Alsace qui n’hésitent pas à se quereller avec les Habsbourg, l’affaire vaut au château son premier siège. Cela n’empêche pas à la dynastie de conserver le bien jusqu’en 1720, alors que le château a été démoli en 1680. La construction visible aujourd’hui semble tardive, ou largement aménagée au XVe, les embrasures de tir attestent de l’usage des armes à feu.
La démolition fait suite à la guerre de 30 ans qui oppose la France aux Autrichiens. Le traité de Wesphalie donne les droits des Habsbourg sur l’Alsace à la France, 25 ans plus tard au détour d’un conflit avec les Hollandais l’empire remet la main sur la région, heureusement en 1675 Turenne met la pâtée aux Impériaux à Turckheim. En 1679, au traité de Nimègue, c’en est terminé de l’Alsace aux Habsbourg… pour deux siècles.
1674, Fleckenstein défendu par 14 paysans et un intendant ne fut qu’une bouchée de pain pour les troupes françaises armées jusqu’aux dents, cinq années plus tard la forteresse est détruite à coup d’explosifs, quel spectacle pour les manants. R.C.

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