Andlau 1983-2002-2013 France (Alsace)

Andlau

chateau-d'Andlau-12-13

Il fait toujours bon repasser à Andlau, d’autant que le souvenir de ma première visite vers 1983 s’effaçait. Impressionnante par la taille et les dimensions depuis le fond du fossé, la haute muraille qui n’a pas souffert détient encore tout le secret de son intérieur. Quelquefois, avant de traverser Barr le bourg d’en bas, je me fendais d’une photo photogénique de l’élégante stature lorsque le soleil remonte des rangs de ceps. Cette fois, le froid brumeux qui dure autant que l’hiver avec un peu d’automne et beaucoup de printemps, rend la pierre laiteuse. Depuis, le château est devenu une scène de l’art contemporain, se laisse entretenir par un descendant de ses illustres constructeurs. Depuis, j’ai vu les maisons fortes à deux donjons opposés du Gers.

Barr, charmant petit bourg de l’Alsace typique, niché dans le mille du vignoble, au pied des ballons, dominé par son château. Une construction tardive dont les états font mention à partir du XIVe. A l’abri des vicissitudes temporelles, des bandits et des Suédois, l’ensemble est intact avant la révolution. Vendu comme bien national à un rapace qui le dépèce monnayant toiture et boiseries, rapide sera sa ruine. Je hais tous ces gars-là, marchands de biens d’hier et d’aujourd’hui. Henri-Paul s’interroge sur la présence des deux donjons, alors qu’un seul suffisait amplement. La mégalomanie répond en principal et je partage son avis, d’ailleurs à quoi sert finalement un château fort, si ce n’est à asseoir le nom et la puissance d’un type doué pour exploiter les servants qui lui sont inféodés ? Lui-même vassal d’un évêque. Aujourd’hui, les Chinois se font construire des buildings de plus de 400 m de hauteur, au XIIe les bourgeois de San Gimignano se jalousaient avec des tours de 25 m qui surplombaient leurs palais. Revenons à Andlau, la présence de ces deux donjons, pourrait s’expliquer par une scission du bien, corroborée par l’édification du petit palais sur le flan de la pointe Nord.
La visite du lieu réclame quelques détours en automobile (passez par la D854 et empruntez une route forestière jusqu’à la Hunterplatz, ne passez pas par Andlau) puis envoyez-vous un gros quart d’heure de marche dans les bois. Le monument apparaît soudain au dernier virage, le mur de la basse-cour est très ruiné, en revanche le bel appareil des courtines est intact, il a bénéficié d’un ravalement vers 1930. Nous entrons dans l’enceinte par une porte en ogive du XVIe, la cour est sombre, les murs sont percés de hautes archères. Sur les deux niveaux supérieurs l’alignement de baies ogivales polylobées reposant sur des colonnettes, comme à la parade, surprend l’amateur d’ouvrage fortifié. S’agit-il d’un aménagement du XVIe, la mode n’est plus à l’arc brisé ? Il faut imaginer que tout était encore couvert au XVIIIe. A l’intérieur, l’envers du décor avec toutes ses niches, arrachements de cheminées, répond maladroitement à la pureté de la grande façade sans bossage. Un coup d’œil circulaire, 11 m sur 34, les donjons sont inaccessibles une habitude de la région. A peine sortie des ramures, j’aperçois un peu plus bas la tour du Spesbourg. R.C

 

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