Tracoskan 2003 Croatie

Château de Trakoscan, zagorje, Croatie

Louis II n’aurait pas renié ce petit château féodal remanié à la mode romantique. Trakoscan est en pleine Zagorje, j’ai déjà évoqué cette région frontière avec la Slovénie, contrée de lacs, de montagnes et de forêts. Contraste avec Véliki Tabor, au charme de l’austère ruralité de cette demeure renaissance répond le faste et la pompe du XIXe mercantile. Belle mise en scène de la part du pouvoir socialiste qui a prorogé les faits en consacrant Trakoskan comme un élément incontournable du patrimoine touristique. L’idolâtrie est valorisée par un complexe hôtelier au luxe suranné, ambiance seventies, conçu pour alimenter des bus entiers de prolétaires méritants. Planté en contrebas du château, au bord de la nationale, aujourd’hui il satisfait de plats roboratifs les touristes et les Croates enrichis, dans de grandes salles vides. Significative stagnation des mœurs, contrairement à nos contrées, la bouffe n’a pas encore été détrônée par les gadgets vaguement culturels d’un visitor center où finalement le touriste visiteur passe plus de temps à virtualiser le site, rassurez-vous ce n’est pas encore le cas à Trakoscan.
Pourtant l’histoire avait gâté cette grosse tour de guet élevée après 1250, possession d’une famille qui gérait au moins toute la région. Quand passent les siècles, plusieurs familles se succèdent, à chaque fois le territoire se morcelle mais le château gagne ses agrandissements autour du noyau du XIIIe. La modernisation est en marche, avec son toit terrasse capable de supporter un canon, la grosse tour Ouest date de l’extrème fin du XVIe, à cette époque les Drakovic règnent sur les terres. Une peinture de la deuxième moitié du XVIIe siècle, atteste de l’état d’un ensemble proche de sa configuration actuelle, mais un conflit familial l’abîme. Restauré, il conserve un usage militaire, la région n’est pas si sûre. Aux alentours de 1850 la famille décide de réinvestir le lieu, de grands travaux sont menés à l’intérieur et surtout l’aménagement du parc, plantations, création d’un lac. La superstructure du château n’est pas trop affectée, construction de la petite tour Nord et de la terrasse Sud-Ouest.
L’empreinte romantique est bien là, présente surtout dans l’utilisation outrancière de tous les poncifs néo gothique, sans discernement : bandeaux de surlignement à profusion, frises de faux mâchicoulis sur tous les pourtours, faux crénelages, fausses échauguettes à tous les angles. C’est après la seconde guerre mondiale, en 1952, que le château devient un musée : collection d’armes, de peintures avec tous les Drakovic et l’ensemble du mobilier construit spécifiquement pour l’aménagement des pièces au XIXe.

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