Pocitelj 2003 Bosnie

Pocitelj en Bosnie

Nous sommes allés jusqu’à Vukovar, le beau Danube Bleu filait doux et boueux devant la ville détruite. Notre incursion en Bosnie muslim achevait de nous convaincre que les misères de la guerre n’étaient franchement pas de la rigolade. Je ressentais une véritable gêne à photographier des bâtiments criblés ou perforés, je remerciais de jeunes indigènes nombrils à l’air et ice cream au bec de me rasséréner, c’était à Mostar. 30 km auparavant nous nous étions arrêtés à Pocitelj, où l’empreinte turque est encore forte, essentiellement par une architecture tant civile que religieuse. Premiers signes perceptibles de la reconstruction, le minaret et des coupoles rutilent au milieu d’une cascade de ruines qui dévale dans la Neretva. La forteresse et son donjon dominaient un centre islamique important, il y avait là, outre la mosquée, une medresa, un hospice, et ces fameuses maisons de notables ottomans avec leur loggias en bois qui rappellent les rives du Pont Euxin. Depuis 1993 la petite ville touristique n’est plus vraiment, plusieurs annés passeront avant de retrouver son lustre. L’accès à la partie fortifiée se fait par une route qui monte à droite à flanc de colline, puis revenir à gauche, la route se commue en chemin aujourd’hui jalonné par tout l’électroménager et le mobilier qui garnissaient les maisons. Une porte fortifiée défend l’accès à la ville, une voie empierrée tortue en descendant vers l’éperon du château. Difficile de discerner ce qui vit et ne vit plus, de la fumée sort de quelques masures, d’autres ne sont plus que les ruines de ce qui constituait une ferme, vraiment charmant, d’autant que les touristes ne sont plus près de zoner dans les ruelles.
Pendant 500 ans tout s’était bien passé, la cloche sonnait pendant que le muezzin résonnait dans la vallée, les bâtiments coraniques sont datés de la deuxième moitié du XVIe, les principales habitations du XVIIIe. Isolé sur son piton, le hvar surplombe le bourg, sa tour maîtresse polygonale a été épargnée eu égard à sa position stratégique, les miliciens croates l’ont vraisemblablement utilisée. Les logis sont agglomérés au socle de la tour, l’emprise au sol est réduite, en contrebas l’enceinte borde une petite basse-cour en terrasse. Le système défensif est peu déployé, absence d’archères ou de bouches à feu, plutôt des ouvertures larges, y compris vers le plateau… L’épaisseur des murs ne plaide pas pour une forteresse moyenâgeuse et l’appareillage en beaux moellons avec chaînage d’angle, est similaire à celui de la tour de l’horloge voisine. L’ensemble pourrait dater de l’installation des Ottomans dans la région soit au XVIe, peut être sur les fondements d’une construction plus ancienne.
Paysages vallonnés d’où émergent des minarets, petites maisons basses aux toitures pyramidales, ça sent bon la Syldavie. R.C.

Publicités
Cet article, publié dans Croatie, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s