Vrgorac 2003 Croatie

 Vrgorac, Croatie

Vrgorac, Croatie

En descendant, vers Dubrovnik tu n’as pas le choix, la côte Dalmate est un permanent renouvellement d’images de bord de mer.  Sinueuse à souhait, encombrée de véhicules, la fameuse superbe nationale de la côte t’imposera le rythme des caravaniers. Las de suivre les camping-cars allemands, de contempler dans un nuage de fuel l’Adriatique et ses myriades d’îles ou d’îlots scintillants, sache qu’il existe une route dans la montagne. Alternative au charme intemporel des cyprès, de la mer bleue et des villages blancs accrochés aux rochers, des landes roussies sur de vastes plateaux agraires en friches,  d’où émergent des maisons modernes ruinées par les bombardements en 92. Spectacle d’un village abandonné, toutes les toitures démontées, les huisseries enlevées, les maisons vidées, avec les restes de ce qui n’est pas parti épars dans la cour de la ferme. Chaussures, canapé-lit, gazinière, survêtements… Je revois les cohortes d’agriculteurs, dans le froid humide et brumeux, sur les routes roulant vers je ne sais où ? Sûrement pas vers la mer…
Le paysage devient plus montagneux, nous abordons le Biokovo, vallées boisées et routes en corniche, Vrgorac est le dernier village avant de redescendre dans la plaine. Le château est sur une colline en surplomb du bourg, pas de fléchage, un vague chemin dans les taillis sous les chênes verts. Depuis les maisons les plus hautes, dirige-toi plutôt vers la grosse tour isolée sur un premier mamelon pour ensuite accéder à l’enceinte par un vrai chemin.
Construit par les vénitiens au XIVe, pour se défendre des Ottomans qui tenaient l’autre versant de la montagne, l’ouvrage est aujourd’hui sur la frontière Serbo-Croate. Quand nous arrivons sur le site une équipe de jeunes, pétard au bec, range ses outils, visiblement ils sont occupés à des travaux de maçonnerie. La courtine enserre un bloc rocheux sur lequel s’accrochent les quelques bâtiments d’habitation, deux sont restaurés l’un fait office actuellement de resserre pour les ouvriers et surplombe l’entrée. Il ne subsiste des autres constructions intérieures que des ruines, en revanche le mur d’enceinte est en état et compte encore son chemin de ronde avec ses merlons, certainement objets d’une restauration.
A peine 500 m2 de basse cour, il s’agit d’un petit fort de montagne, hâtivement construit avec un grossier appareil de moellons, absence de décorum, ouvrage purement défensif. En redescendant, nous pénétrons dans la grosse tour isolée , c’est du solide et du brut, pas de voûtes mais des planchers évidemment absents. Nous ne manquons pas de nous interroger sur la position intermédiaire de cette construction,  à 200 m en contrebas du château. Qu’elle pouvait être sa fonction : un avant poste, plutôt une vigie avancée qui ouvrait la vue sur la vallée ? Le fort sur son éperon, plus haut, n’offrait aucune visibilité sur l’amont, depuis la route du Biokovo seule la tour apparaît au loin. Le village n’a pas trop souffert de la guerre, il garde quelques vieilles maisons avec leurs toitures pyramidales en tuiles canal.
A la terrasse du bar tu contemples la rotation des Lada bosselées vaguement tunées, lorsque sur le place ombragée comme dans tous les patelins du monde des ados bricolent leurs mob pendant que les plus âgés tchatchent. Eternel. R.C.

Publicités
Cet article, publié dans Croatie, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s