Aguilar 1982-95 France (Corbières)

château d’Aguilar

Conforme à chacun de mes passages, séduisant au loin avec ses sillons de vignes convergeant vers la muraille, si décevant à l’arrivé au pied du site. J’effectuais ici ma première visite d’un château « Cathare », en 82. La grande différence entre hier et aujourd’hui, c’est l’entrée devenue payante. Certaines parties ont été déblayées de leurs ronces et bénéficient de l’inévitable signalétique en plexibois. A 320 m d’altitude, il domine une large vallée viticole des Corbières sèches, le village le plus proche est Tuchan. En 1210 Aguilar appartient à Raymond de Termes quand il le perd avec toutes ses terres au terme du siège épique de son château de Termes. Raymond termine sa vie dans un cachot et ses deux fils passent en Aragon. En 1240, Olivier l’aîné, revient pour prendre part au dernier baroud contre Saint Louis, la lutte est vite inégale, il se rend et prend part en 1246 aux dernières croisades d’orient. Preux et valeureux, il s’illustre dans des batailles, à tel point qu’en 1250 il récupère Aguilar. Olivier de Termes est un vrai aventurier, il ira 5 fois en Terre Sainte et y terminera sa vie en 1275. Aguilar est le cadet de ses soucis, d’ailleurs il le revend au roi en 1260, c’est à cette époque que les grands travaux sont entrepris. La colline est sur la première ligne de défense des Pyrénées, en face il y a l’Aragon. Une belle histoire pour un lieu qui n’en a pas beaucoup. Hormis une razzia espagnole et quelques escarmouches à la fin du XVIe, qui ruinèrent la construction, voilà la vie palpitante du site, Olivier y a t’il seulement mis les pieds ?
La ruine entamée depuis plus de 350 ans ne recèle pas de détails architecturaux ou militaires croustillants. Seulement, les tours ouvertes à la gorge de la grande enceinte qui datent de la seconde campagne de reconstruction, fin XIIIe, une disposition avant-gardiste reprise à Puilaurens et Peyrepertuse. Enfin, la chapelle romane à l’extérieur de l’enceinte sur un petit promontoire, elle paraît en très bon état comparée au reste du tas de ruines. A peine si tu distingues une citerne et les traces du premier château du XIIe, avec son donjon et son appareil grossier. J’y suis passé au moins trois fois, sans doute le souvenir de son allure et de son empreinte lointaine dans ce paysage aride ne me lasse pas. Passez sûrement mais ne pénétrez pas forcément. R.C.

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