Puivert 1998 France (Corbières)

Puivert Corbières

Pour une fois, dans ce pays de montagnes, vous n’aurez pas de marche fastidieuse pour accéder au lieu, idéal pour la promenade dominicale digestive. Après Quillan (env. 15 km) sur la 117, un peu avant le village une route monte tranquillement à flanc de coteau, elle vous amène au pied de la muraille, facile. Dans le temps, les gros paresseux passaient sous la tour porche avec leur véhicule, roulaient sur la grande esplanade (80 x 50 m), d’où ils pouvaient contempler l’imposant donjon culminant à 40 m. Ce qui signifiait aussi que tu rentrais comme dans un moulin; aujourd’hui c’est fini. Posé à cheval, sur une barre rocheuse coupée par un fossé artificiel, le château s’étend longuement, donnant l’impression d’un site imposant, la courtine qui épouse les bords du promontoire lui confère encore plus de solennité. Passé la tour d’entrée, tu découvres cette vaste basse-cour dominée par la masse de pierre du gros donjon carré, le mur d’enceinte limite ton champ visuel, rien d’autre à part deux tours, l’une ronde, l’autre carrée, c’est tout. En accédant à l’intérieur du donjon par l’arrière, tu découvriras un enchevêtrement de ruines qui contraste avec le dénuement de la première partie. Des murets, de la courtine effondrée, des bases de tours, voici l’inventaire des vestiges du château primitif qu’un compagnon de Montfort a conquis en trois jours, en 1210. La légende dit que les assiégés se seraient enfuis par un souterrain, un guide en fait encore état à la fin du XIXe. Dans la grosse tour, quatre niveaux voûtés : un cellier à demi enterré, une salle de garde au premier, au second la chapelle équipée d’un lavabo dans une niche décorée d’arabesques gothiques, au troisième une salle pour noces et banquets richement décorée, principalement les chapiteaux, certains représentant des troubadours. Hormis quelques baies géminées polylobées qui égaient l’austère façade, l’ensemble est plutôt morne.
Apparemment la défense du donjon s’effectuait par son couronnement, une disposition surprenante pour une construction du XIVe, l’absence de système défensif sophistiqué. Pourtant le site possédait un intérêt stratégique de ce côté des Pyrénées, comme ses voisins : Quéribus, Peyrepertuse, Puilaurens ; ce qui leur valut d’être longtemps entretenus par la couronne et épargnés par Richelieu. 1210 fut le seul haut fait guerrier à Puivert, les seigneurs de Bruyères inféodés aux rois de France y coulent des jours paisibles et le château plonge lentement dans l’oubli. Un jour de 1279, ils seront bien aises sur leur promontoire, quand le lac, en contrebas, s’est brutalement vidé, emportant sur son passage toutes habitations et ruinant le ville de Mirepoix à 30 km de là. Depuis la terrasse du donjon tu peux imaginer les rives et surtout la belle plaine parfaitement plate matérialisant l’étendue de la pièce d’eau. R.C.

Publicités
Cet article, publié dans Cathares France, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s