Lagarde 1995-98 France (Ariège)

Chateau de Lagarde

Chateau de Lagarde

Grandeur et décadence sur un monticule au-dessus d’un village très calme. A Lagarde tout s’est endormi pour longtemps. A l’exception de ce vieil ingénieur un peu  fou qui découpait des DS. Dans son jardin sommeillaient plusieurs sculptures roulantes, les Citroën transformées en coupés multicolores attendaient leurs clients bataves.
Depuis la place du village un grand pan incliné monte au château, il donne l’accès à la première terrasse, une grande grille soudée par la végétation empêche toute entrée de ce côté, pourtant un vieux panneau fait bien état de visites régulières, mais il y a bien longtemps que le guide a disparu.
A 10 km au sud de Mirepoix, Lagarde se trouve dans un pays de plaine sans vraies défenses naturelles, ainsi se justifient les puissants dispositifs développés jusqu’au XVIIe : fossés maçonnés, bastions enterrés et courtines élevées. Les ruines sont parfaitement visibles, elles impressionnent toujours. Au XVIIIe, époque de la splendeur des Lévis Mirepoix, Lagarde est un somptueux palais. Jardins à la française dans les fossés, les bastions deviennent des socles pour des statues gigantesques, le couronnement des tours est orné de balustres, d’élégants parapets bordent les plateformes. L’abandon par la famille, la révolution et la bande noire, transforment la magnificence en entrepôt puis en ruines avec délitement progressif.
La promenade dans les ruines est à vos risques et péril et certainement interdite, néanmoins il est difficile de résister à la transgression devant un tel monument. Le meilleur conseil pour la visite sera de flâner, un œil vers les cîmes pour prévenir toute chute de pierre et un second dans le taillis pour ne pas choir dans une cavité secrète. Le plan est simple, il reprend celui d’un fort de plaine : un quadrilatère cerné de tours, entouré de fossés pour la partie du XIVe. Une seconde ligne de défense est construite au début du XVIIe, c’est du brutal, nouvelle enceinte bastionnée apte à supporter de l’artillerie lourde.
Votre accès au site se fait par les champs, derrière le village, il faut franchir quelques clôtures, affronter un troupeau de génisses, descendre dans les fossés encombrés d’une végétation luxuriante voire envahissante. Vous tomberez d’abord sur une vaste salle semi-enterrée, 55 m de long sur 7 de large, elle fait partie des constructions ultérieures et devait servir d’écuries ouvrant dans le fossé. Profitez du stade inférieur pour visitez les bastions circulaires, les quatre sont identiques, en parfait état, ils comportent deux niveaux dont les voûtes circulaires reposent sur une pile centrale, ambiance bunker sous les ruines romantiques.
Avertissement pour les plus courageux en treillis, au terme d’une expédition commando, ils auront le loisir de voir l’escarpe et la contrescarpe maçonnées en bel appareil jointif. De retour à la surface, et surtout moins oppressant, dans la basse-cour la perspective est plus dégagée, tout est un peu déchiqueté mais des détails de modénatures et de constructions attestent des splendeurs d’antan. Henri-Paul ne ment pas lorsqu’il évoque Hubert Robert en contemplant cette harmonie ruino-agreste. La plus belle pièce de l’ensemble néo-médiéval est sans conteste la tour d’escalier du XVIe, du plein gothique flamboyant. Les restes sont éloquents : la frise de corbeaux au sommet et surtout la très belle voûte en étoile à clé centrale. Une rareté à ne pas louper lorsque vous irez sous la tour porche, deux bancs de pierre (coussièges) se faisant face sous la voûte, que tu surveilles car elle finira bien par tomber. Pour la suite, il suffit de se baisser pour regarder tout ce qui jonche le sol, fragments de sculptures, pierres taillées, quand les broussailles et les ronces vous laissent les entrevoir. R.C

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