Rennes le Château 1995-98 France (Cathares)

Rennes le Château

Rennes le Château

« Fouilles interdites sur tout le territoire de la commune », premier avertissement juste en dessous du panneau de la localité. Bienvenue à oldkitschland, depuis 1891 le château n’est plus la star sur la colline lorsque que l’abbé Saunière, enrichi miraculeusement, s’est fait construire son mini Hearst Castle. Histoire bizarre de ce petit curé qui soudain devenu riche à millions voulut ressembler aux plus vaniteux. Alors ça ressemble à une villa en meulière, émaillée d’accessoires 1900, tuiles vernissées colorées, ferronneries vaguement végétal et une décoration intérieure bien chargée. Le jardin paysager qui l’entoure est bordé vers la vallée par une galerie couverte qui reliait l’orangerie à un petit édifice mignard dans le style néo-gothique anglais, la tour Magdalena servant de bibliothèque. Ajoutons à tout cela le train de vie de l’abbé, digne d’un poussah levantin : bonne chère, réception, voyage, mais apparemment Bérenger Saunière n’a jamais rompu son vœux de chasteté, pourtant il aurait fait de sa bâbette « la jolie marie Denarnaud » sa légataire.
Cette dernière, victime d’une attaque cardiaque, n’a pas eu le temps de révéler le fameux secret. Tout le monde s’interroge sur l’origine de ces millions qui alimentèrent les fredaines du bonhomme, l’affaire aurait pu être close, hélas depuis 50 ans des malins soutiennent la thèse d’un autre trésor, encore plus considérable, que l’abbé n’aurait pas dépensé. Ainsi, certains matins les paroissiens retrouvèrent le dallage de leur église sans dessus dessous, le sous sol de la tour Magdalena labouré, il demeure aux quatre coins des fondrières de « poilus ». Un peu partout dans la commune : du vieux château, jusqu’au cimetière, rien n’a été épargné. Imagine ce minuscule patelin qui compte aujourd’hui à peine 100 pékins, recevant chaque année la visite de 40 000 touristes. Il comptait 300 âmes à la fin du XIXe et certainement beaucoup plus en 1210 lorsque Simon de Montfort arrive dans le Razès, enfin beaucoup plus quand la cité s’appelait Rhédae sous la dominance des Wisigoths.

Voilà le résumé des composants de cette intrigue, je vous laisse à vos supputations, pour les plus extravagantes lisez Gérard de Sède qui ajoute les Templiers au mix, enfin Dan Brown qui soutient la thèse de la descendance du christ, de quoi gamberger durant les 5 km de mauvaise route qui sépare le sommet de la D 613.

Entre 95 et 98 rien n’a changé là-haut, toujours cette ambiance d’après-guerre où tout s’est arrêté, l’état moyen du domaine Saunière et sa muséographie de catéchèse amplifient le pipotage de la véritable histoire.
Il y avait deux châteaux, un seul survit, dans un état pitoyable et de surcroît totalement inaccessible. Tu peux stationner au pied de la muraille sur une terrasse qui s’ouvre sur la vallée, des ruines se dressent, encerclées de murs et de lierre. Vraisemblablement, il existait une construction wisigothique au Ve, des salles en soubassement seraient encore visibles. Les restes du jour datent pour les plus anciens du XIIIe, et le logis des XVI et XVIIe, à l’extérieur rien de passionnant, ça fleure la déliquescence. Une famille s’est illustrée ici, les Hautpoul, la dernière descendante s’éteint en 1820 après avoir vendu la propriété, Saunière se fera gauler en pleine nuit en train de fouiller sa tombe… R.C

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