Puilaurens 1998 France (Aude)

Château de Puilaurens Corbières

A quatre reprises, j’y suis monté là-haut sur le piton. Un peu à l’écart de la route principale dans la vallée, il apparaît soudain en retrait, haut perché, dans l’ouverture de la petite vallée du Pech de Carabatets. Tu montes à Puilaurens tranquillement, une petite route de montagne qui prend à droite à Lapradelle sur la D17 et t’emmène sur un terre-plein en cul-de-sac. Le dernier kilomètre tu le gravis à pied, avec un escalier en chicanes dans une faille juste en dessous de la porte. Bien souvent, j’ai été seul à faire le tour de l’enceinte sur le chemin de rondes avec ses créneaux d’époque. Unique visiteur à contempler les bâtiments tassés à l’arrière de la basse-cour, face à la montagne, toujours monter descendre me projeter sur l’à-pic, souvent avec le vent, puis un petit tour dans les salles souterraines couvertes de leurs belles croisées d’ogive du XIIIe. La basse-cour s’étendait au pied du donjon, verte, dénivellée, recouvrant des tas de pierres tombées depuis quelques siècles.
Depuis 1217, date de sa première mention, Puilaurens n’a cessé de voir ses fortifications s’améliorer jusqu’au XVIIe. A l’écart de l’épopée cathare, il aura presque toujours fait partie de la couronne de France, le site est abandonné pendant la révolution. Sa position vertigineuse et son accès difficile dissuadèrent, pendant longtemps, les carriers et autres paysans d’y prélever leur fortune. Les deux portes d’accès sont munies d’assommoirs et de souricières. Dans la cour, des galeries souterraines mèneraient à un moineau (m’en rappelle pas…), remarquable également, la somptueuse évacuation des latrines avec ses bouches à plan incliné dans l’épaisseur de la courtine, elles s’ouvrent sur un escarpement de plus de 100 m. Le château occupe toute la surface de l’éperon, autour ce n’est que précipices et ambiance minérale.
Avant c’était gratuit, puis le petit terre-plein s’est mué en parking, avec l’appui du Conseil général une billetterie d’une architecture vernaculaire signifiante d’un certain catharisme, et ultra contemporaine, voire « brutaliste », est sortie de terre. Alors aujourd’hui, pour être au calme là-haut vas-y après 19 h, c’est toujours ouvert. R.C.

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