Safita Chastel Blanc 1998 Syrie

Chastel Blanc

1271 ça sent le roussi pour les Croisés de Palestine. L’ère n’est plus à la conquête, l’unité franque s’effiloche alors que les Arabes regagnent le terrain, Saone est tombé en 1188, les invasions mongoles, loin de déstabiliser la province, deviennent le ferment de l’unité arabe. Après Nouredin et Saladin vient Baybars, quand les premiers jouent les grands seigneurs, le dernier, plus roublard s’illustre par son efficace cruauté. Avant de rejoindre le pays des houris il réduit aussi les Assassins, le parcours spectaculaire de cet esclave venu du Turkestan s’achève en 77. Je clos là cette digression.
La construction n’est pas précisément datée, elle est attribuée aux Croisés à partir du XIIe. Premier démantèlement organisé par Nouredin, son passage est antérieur au séisme de 1170 qui ravagea toute la Palestine, il paraît que ça aurait duré 25 jours… beaucoup de petits forts disparaitront.  Rebelotte en 1201, toutefois il aurait été moins dommageable pour la tour. La forteresse est rebâtie, les Templiers s’installent, période de quiétude hormis quelques conflits fratricides.
Le donjon figure presque un cube de 30 m de long sur 28 de haut et 18 de large, une belle masse de calcaire blanc, d’où son nom. Il était isolée du village par deux enceintes concentriques, des passages souterrains les reliaient à une salle basse située sous la chapelle. Aujourd’hui toute la ville converge vers la tour, les murailles ont été avalées. Dernier périmètre libre, un petit terre-plein occupé par un majestueux monstrueux escalier donnant accès à la chapelle, toujours consacrée pour les chrétiens des environs. Au-dessus, une grande salle en voûte d’arête éclairée par des archères, au dernier niveau, le solarium  une grande et belle terrasse qui offre la plus belle vue sur Safita, le Crac et la mer à 25 km, enfin je ne me le rappelle plus vraiment si j’ai vu la mer. La profusion émousse ma mémoire, je ne conserve qu’un vague souvenir de cette tour, j’ai retenu la chaleur de la ville et des ruelles, le coiffeur mécanicien, j’aime les salons de coiffure au Proche-Orient parce qu’ils ressemblent souvent à des ateliers de réparateur de mobylettes.
1271, Baybars, en revenant du Krac, qui n’est qu’à 10 km, passe à Safita pour faire la fête aux derniers templiers qui gardaient la place, ils seraient enfuis vers Tortose sans se battre. R.C.

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