Masyaf 1998 Syrie

château de Masyaf

Fondation byzantine au XIe, arrivée des Seljoukides, passage des Ismaéliens, capture par Baybars et les Mammelouks, derniers aménagements au XVIIIe, occupé jusqu’au XIXe. Au milieu de la plaine, sur un promontoire ces superbes murailles s’allongent sur plus de 200 m, impressionnant de rigueur, encore une fois la ville et le château étaient réunis dans une même enceinte. La construction relève d’un séduisant bricolage, du réemploi de chapiteaux, de colonnes jusqu’à des meules de pierre… en passant par le grossier appareil de la première forteresse, au travail plus soigné des dernières campagnes. Nous sommes arrivés tardivement à Masyaf, la localisation de Qalaat al Khaf nous avait pris plus de 2 heures. Fissa, nous arpentons la rampe d’accès, c’est encore ouvert, pour une fois le prix du ticket est symbolique, dans une salle de garde au blanc défraîchi, deux types en uniforme sirotent leur dernier thé, journal et mégots, une vague odeur de bouffe flotte là-dessus.
Dans l’enceinte c’est un capharnaüm de ruines, normal, mais surtout de tas de pierres, d’échafaudages rouillés, de bâches déchiquetées. Le jour se termine et nous sommes les derniers visiteurs, ils n’ont pas dû voir beaucoup de monde aujourd’hui, ça claque, ça siffle, le vent s’engouffre entre les murs, ambiance de mort, nous nous réfugions dans les galeries. Succession de salles aux voûtes frustes, pas de décoration, heureusement des colonnes doriques mises en boutisse égaient le coup d’œil. Décidément il fait trop sombre, tu te dis que ça suffit, d’autant plus que la journée n’est pas finie, il faudra trouver un hôtel pas trop naze à Hama, la ville des norias et des taxis jaunes US modèles sixties. Au revoir le château des Hachichiyyin, les tours opérateurs se plaisent à entretenir la légende, Masyaf fut l’un des centres de « la terrible secte des assassins », trois mots qui terrorisèrent les foules au XI et XIIe siècles, aujourd’hui ils excitent l’imaginaire du touriste occidental. Les travaux de restauration, entrepris depuis de longues années, sont  financés par le dernier chef des Ismaéliens, l’Aga Khan.
A l’intersection des routes 56 et 34, dos au couchant, les derniers rayons découpent la masse noire de la forteresse, 32 km vers Hama de nuit, l’aventure peut commencer : charrettes à bras, troupeaux de moutons, bourricots, camions sans lumière et chauffards sont au programme. R.C.

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