Bosra 1998 Syrie

Bosra Syrie

Encore une forteresse que les Croisés ne purent occuper, pourtant en 1147 il s’en est fallu de peu, pour une fois l’unité arabe a payé. La situation stratégique de Bosra sur la route des pèlerinages vers les villes saintes justifiait une prise de position commune. Cette soudaine unité illustre bien le contexte politico religieux du Proche Orient lorsque les Francs s’y installent avec une relative facilité. On a rarement vu une poignée de soldats aussi loin de leur pays s’emparer d’un territoire aussi vaste et y demeurer plus de deux siècles. Depuis toujours les luttes claniques divisent les musulmans, situation rêvée pour des envahisseurs qui s’appuient tour à tour sur un sultanat pour en annexer un autre. Saladin et Baÿbars, les grands libérateurs de la Palestine ont surtout réussi leur reconquête grâce à leur talent de négociateurs et de fédérateur de l’unité arabe. Aucune place forte franque n’a résisté à leurs assauts, et toutes les tentatives ultérieures de retour ont échoué.
Bosra est à l’extrême sud de la Syrie en plein Jebel Druze, une région agraire où le blond vénitien de l’herbe tranche avec le noir de la roche basaltique. Grande rivale de Petra, au IIe la ville devient la capitale de la province romaine d’Arabie, elle se pare d’édifices dont le fameux théâtre de 17 000 places. Au XIIe les Seljoukides transforment le bâtiment en château, toutes les arcades sont obturées et cinq énormes tours carrées sont édifiées, les trois autres le seront plus tardivement, un bel appareil à bossage adoucit la dureté du basalte. La masse sombre domine les restes de la ville antique, le plan romain est toujours en usage, les habitations datent de la même époque et tu prendras plus de plaisir à flâner sur les dalles disjointes des voies que de visiter l’intérieur nickel du château-théâtre. Evidemment, c’est toujours surprenant de pénétrer dans un fort et de se retrouver sur une scène face aux gradins, autrement tu peux déambuler dans les couloirs où se croisent des centaines de touristes, ou pire te déguiser en bédouin. J’ai préféré la marche sous le soleil dans les ruelles et la contemplation des ruines des bâtiments publics ou le bricolage de pauvres masures croulantes. Façades de guingois, colonnade rendue aveugle par un mur de grossiers moellons, linteaux bancals, frontons, corniches et chapiteaux empilés, quelquefois barbouillés de peinture blanche, tout est d’époque, je m’attends à chaque croisement de rue à rencontrer une patrouille de légionnaires débraillés. En remontant vers Damas, se déroulent les champs blonds jusqu’à l’horizon, paysage de bocage sans verdure, quand, aux haies se substituent des murets en boulets de basalte, le couchant doré me retient sur ce défilement, il me reste quelques photos. R.C

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