Blandy les tours 1991 France (Seine et Marne)

Chateau de Blandy les Tours

Deux châteaux, deux époques, le temps des vicomtes de Melun jusqu’au milieu du XIVe, puis celui de grands feudataires du royaume, jusqu’à la fin du XVIIe : les Tancarville, les Harcourt et les Orléans-Longueville. Au début du XIIIe, une chapelle et quelques baraquements en bois étaient protégés d’une haute enceinte de pierre. Aujourd’hui, au milieu d’un village plutôt engourdi, posé délicatement sur une grande pelouse, la forteresse écrase les petites maisons au charme suranné et franchouillard. Image rassurante de la France rurale et immuable qu’une pauvreté certaine entretient. Il n’est pas encore trop difficile de se procurer des photos de Blandy avant sa restauration : une masse sombre et verdâtre, aux courtines effondrées, tours lézardées et étêtées. La blancheur est revenue au terme de grands travaux de consolidation et de reconstruction, les sept tours sont debout, bien couronnées, la muraille est remontée, seul l’intérieur est vide, et depuis longtemps. Les bâtiments de résidence de facture classique se trouvaient là, au milieu de la basse-cour appuyés sur la courtine primitive, il n’en reste plus qu’une cave datant du XVIIe. La partie la plus ancienne compte quatre tours, autant de carrées que de rondes bien engagées dans le mur. Ici, la différence est flagrante entre ces construction du XIIIe et celles du XIVe avec des tours plus grosses parfaitement en saillie du mur d’enceinte. L’une d’elle, celle du sud, s’élevait à plus de 35 m, appelée tour maîtresse, elle comportait trois portes d’accès : l’une ouvrant vers l’extérieur au niveau du sol avec un pont-levis, depuis longtemps murée, la seconde vers l’intérieur donnant sur la basse-cour, avec herse et assommoir, enfin, accessible par le chemin de ronde la dernière était protégée aussi par un pont-levis. Ils devaient affectionner les poternes dans ce château… pas moins de trois sur l’enceinte primitive. L’originelle est murée, l’entrée principale se fait par une tour porche percée au XIVe, vous trouverez la troisième poterne à 10 m vers le sud. Pas de hauts-faits de guerre, nous sommes sur les terres royales. Le démantèlement est amorcé en 1707 quand de Villard, propriétaire de Vaux le Vicomte, transforme Blandy en ferme, depuis le XVIe les parties défensives sont négligées au profit du résidentiel.
Au travers de ces transformations, les bouleversements sociaux de la société française sont signifiants : du manoir en bois au château fort, du palais à la ferme, puis à la ruine, enfin à la restauration aseptisée depuis 1992 et financée par le conseil général. De loin, les toitures acérées, la rectitude absolument parfaite des murs se découpent sur un horizon brumeux de chaleur, au premier plan deux pauvres glaneuses se courbent. R.C

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