Yèvre le Châtel 1990 France (Loiret)

Forteresse de Yèvre le Châtel

Dans ce paysage de côtes, rythmé par l’agriculture intensive de la Beauce, les vallons sont autant de havres de quiétude où s’écoulent de petites rivières, jalonnées de moulins et de ponts aux piles moussues. Enfin Yèvre, à flanc de côte, dominé par l’imposante masse de son château à gauche et son église ruinée à droite. Un séduisant panorama aux lignes rondes sur lesquelles repose l’un des plus beaux villages de France. La promenade dans le patelin vous ravira d’importance, avec ses venelles creuses bordées de haut murs décrépis recouverts de fleurs multicolores. Délicatement sauvage, bien aménagé, idéal pour le tour digestif vaguement culturel d’un dimanche après-midi. Foin de bucolisme, il est temps de passer dans la basse-cour, un espace plan de grande taille au pied du château. Un rempart la défendait, il a presque disparu, seules demeurent les deux tours du châtelet d’entrée. La construction est établie sur une motte artificielle défendue par un fossé sec, quatre grosses tours semi-circulaires forment les angles et les fondations. Sur le mur Ouest, vous remarquerez un dispositif que Philippe Auguste ramena du Proche-Orient, un arc bandé entre les deux tours qui supporte la courtine et interdit son effondrement en cas de sape. Autre particularité, des archères dans la noue des tours et de la muraille, une disposition rare qui permettait au tir de balayer à l’aplomb du mur, cette fonction est assurée normalement par le couronnement.
Pas de donjon, mais un logis seigneurial adossé au mur Ouest, il s’élevait sur toute la hauteur, au rez-de-chaussée subsistent les vestiges d’une cuisine, à l’étage se trouvait la salle d’apparat, il reste des cheminées. Une restauration de cette partie fut entreprise au XVe alors que la partie défensive date du début du XIIIe, mais Yèvre est déjà mentionné en 1112, quand Louis le Gros l’annexe à la couronne. Ce site renommé a bénéficié de plusieurs campagnes de protection et d’entretien, toutes les tours sont accessibles, vous remarquerez qu’elles sont voûtées en croisée d’ogive. Les niveaux de la tour Nord sont desservis par un escalier rampant dans l’épaisseur du mur, ils sont à vis dans les trois autres, dans son fondement une salle abrite un cachot. Pour l’amateur de détails croustillants, dans un souci de vérité, sans doute pour renforcer l’imagerie spinalienne de ces lieux sordides, tu pourras peut être admirer un gisant de cire recouvert d’une robe de jute blanc dont se repaissent nombres de grosses blattes noires bien vivantes. L’abandon du château date de la fin du XVIe, la région est pacifiée, Yèvre est devenu une forteresse royale sans intérêt stratégique, en 1610 l’état de ruine est avéré. R.C.

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