Fagnolles 1992 Belgique (Ardennes)

château de Fagnolles

La contrée n’est pas riche en ruines, l’âpreté et la pauvreté des Ardennes n’ont pas favorisé les érections. Peu de petits chefaillons, pas une terre de conquête, les Anglais n’y ont pas mis les pieds et ne sont pas près de les poser, le climat délétère leur rappelle un peu trop le leur. Les Allemands y passèrent trois fois rapidement avec tout le succès escompté, mais ne s’incrustèrent pas. Sans mes origines familiales, je n’aurais peut-être pas autant de passion pour ces terres honnies par beaucoup. A Pâques, toute la famille se réunissait à Monthermé, le gigot haricot constituant l’ossature du déjeuner, le café au gâteau mollet celle de l’aprem. Il fallait s’échapper. Dans ma fuite j’emmenais souvent l’un de mes frères. Direction Givet, à Vireux prendre vers Couvin, premier arrêt à Dourbes où deux pans et un reste de tour surplombent une fermette au bord du Viroin, la ruine propose une belle vue sur le village.
Fagnolles est dans une plaine fangeuse, le château est situé à l’écart, au bord d’un ru qui alimente ses douves. Le plan est un classique quadrilatère avec ses tours d’angle et un châtelet d’entrée. Il aurait subi pas mal de dommages en 1554 lors des guerres opposant Charles Quint à Henri II. Sa construction s’étale du XIIe au XVe. A la fin du XXe Luc Lowagie son propriétaire entreprend sa reconstruction, et là tout se gâte, surtout pour les conservateurs amis de la pierre brossée.
« Qu’est ce que c’est ce que ce bricolage ? » fut ma première remarque en posant mon circulaire regard sur l’ensemble de la ruine. Du béton partout, dans les courtines, pour les tours, dans les infrastructures des logis, en faisant le tour je m’aperçois que toutes les parties effondrées sont progressivement reconstruites en béton banché.
Jovial et rubicond, un type, l’œil amusé par ma mine déconfite s’approche de nous : « ça vous plait ? » Une Gueuse Lambic derrière les oreilles, j’écoute ce châtelain m’expliquer qu’il ne fait que perpétuer la tradition de maintien en état du bâtiment, mais avec les matériaux d’aujourd’hui. Logique séduisante, tout à fait recevable, qui profite plus à la reconstitution qu’à une nouvelle architecture, évidemment mystère et charme du moyen âge se sont envolés. Rassurez-vous touristes moyens ; Fagnolles n’est pas un bunker, plutôt une curiosité pour amateur averti. Il paraît que les fonctionnaires ennuient Luc qui fait appel aux audacieux pour le soutenir dans sa restauration. R.C.
Luc Lowagie, château de Fagnolles BE 5600 Belgique
00 32 60 311 304 gsm 00 32 497 53 14 81.

Advertisements
Cet article, publié dans Belgique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s