Lavardin 1990 France (Loir et Cher)

Château de Lavardin

En 1590, Henri IV conquiert son royaume, il apporte au pays sa stabilité politique en apaisant le conflit religieux qui le divise et pose les bases d’une véritable économie agraire. Ce rassemblement condamne les petites baronnies à se rallier définitivement à la couronne. Si les châteaux fort s’érigent en période d’instabilité, ils font les frais des réunifications, n’importe quel monarque absolu ne peut accepter de tels potentiels nids de résistance. Richelieu et Louis XIII poursuivront l’œuvre de démolition amorcée par leur prédécesseur. Vous l’aurez compris, Lavardin, bien qu’appartenant à ses ancêtres les Bourbon-Vendôme, n’échappera pas au sort des poches de résistance combattues par Henri de Navarre : le démantèlement. La ruine a 300 ans et demeure vraiment impressionnante, sa position sur une crête rocheuse au-dessus du Loir accentue ce sentiment de puissance. Dans le paysage tout n’est que collines apaisantes, lorsque tu arrives au village cette haute dentelle de ruines blanches, dont le donjon culminant à plus de 26m, se détache de son amphithéatre de verdure. En empruntant la petite route qui longe le fossé et la première enceinte, un premier regard explique les trois niveaux couronnés par ces hautes murailles.
Certainement à l’origine du fort actuel, une tour quadrangulaire épaulée par des contreforts plats, illustrerait les premières mentions d’un bâtiment construit au XIe. Vers 1130 les comtes de Vendôme récupèrent le domaine, il passe aux Bourbon en 1364 lors du mariage de Catherine de Vendôme avec Jean de Bourbon. Les grands remaniements du site datent de cette époque : la façade du châtelet d’entrée sur l’enceinte basse, la transformation du donjon en habitation cossue avec un bel escalier à vis dans l’une de ses tours d’angle du XIIe. Toujours en place, sa décoration ostentatoire en voûtes d’ogive ne supporte rien, les marches reposant sur un pilier central. En 1990, l’accès libre au site était interdit, plein chantier. Dans l’enchevêtrement des ruines, les niveaux se confondent, mécaniquement tu montes vers le donjon, belle vue sur le village juste en dessous, le Loir coule paisible. Les murs restés debout ont conservé leurs beaux mâchicoulis, à la bretonne, sur console pyramidale, et leurs décors luxueux de la fin du XIVe : superbes baies géminées, grandes cheminées, planchers sur voûtes d’ogive. Epars, d’autres restes défensifs : le mur chemise du XIIe au dos du donjon, une motte au milieu du grand fossé barrant l’éperon. Derniers aménagements du site datés du XVe au niveau intermédiaire : un logis seigneurial desservi par un second escalier à vis, une cuisine et une chapelle très ruinées. Avant de repartir passe au village, ça sent bon la France de Simenon. Lavardin est à proximité de Vendôme. R.C.

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