Montbazon 1998 France (Indre et Loire)

Château de Montbazon

Les vissicitudes d’un château féodal en plein val de Loire, qui n’a pas toujours été quiet. De tout temps des types formidables ont égayé la vie de leurs contemporains, Foulque Nerra pendant ses 70 ans de règne a fait bosser un paquet de maçons et de charpentiers, il n’aurait pas moins de 20 châteaux dont Loche et Langeais, à son palmarès. Tout a débuté avec le règne des Capet, la France est morcelée en baronnies et ça canarde dur, d’ailleurs le bon Foulque perdra Montbazon à peine les plâtres secs, pour le récupérer de haute lutte seulement 40 ans plus tard.
Nous voici devant l’un des plus vieux châteaux fort, enfin ce qu’il en reste, mais le puissant donjon de 994 est toujours debout. Habité jusqu’à la révolution, l’intérieur s’est effondré sous la constituante, depuis il est vide, menacé plusieurs fois de totale razzia par les pouvoirs municipaux il s’est maintenu grâce à des enthousiastes. Le château neuf du début du XVe n’a pas eu cette chance, après avoir accueilli les rois de France et le cardinal La Balue, il finit son existence dans le remblai de la N10 qui traverse Montbazon. Il paraît qu’il était très beau.
Voici l’énumération des hôtes prestigieux de Montbazon ; entre propriétaires et passants chronologiquement après Foulque il y eut son fils, puis Henri Plantagenêt et les Anglais, retour à la couronne avec Philippe Auguste, puis les Mirabeau, les Savary, les Craon, les Rochefoucauld, Charles VII, Louis XI, les Rohan, un tonnelier, joseph de la Ville le Roux et Perry Dudley. Une longue histoire, riche comme l’infâme vierge dorée de 10 m, qui parade depuis 140 ans au faîte de l’édifice. L’histoire dit que l’impératrice Eugénie aurait financée en partie ce truc. Ils auraient mieux fait de sauver Coucy. J’arrivais à Montbazon par l’est, dans le soleil couchant se découpait la silhouette trapue et sombre du donjon, à ses côtés la vierge brillait de ses mille feux, ils doivent l’illuminer la nuit, direction la butte par une rue creuse taillée dans le rocher. Tout était fermé. Depuis 2003, la sinistre ruine est ouverte aux visites, un formidable panneau devant le parking attend le chaland, il ne lui raconte pas moins que la terrible histoire du taulier qui brûla sa femme et “massacrit” tous ses ennemis. Superbe préambule avant la visite, chacun se demande à son tour, dans qu’elle salle la malheureuse trépassa. R.C.

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