Talmont Saint-Hilaire 2005 France (Vendée)

Château de Talmont
Château de Talmont

Un luna park médiéval pour estivant vendéen des jours de pluie, et il y en a. Je ne m’étendrai pas trop sur la bordure côtière de la Vendée, lorsque souffle le vent et qu’une pluie fine brouille la platitude du paysage, la neurasthénie menace. J’y ai passé de glauques étés d’enfance. La commune de Talmont tire profit de ce laid désert d’ennui, en investissant sa vieille et grande forteresse. Dominant légèrement le bourg, la vaste enceinte élevée en galets dodeline sur le profil de la colline, à l’intérieur, les constructions semblent en piteux état, l’appareil de moellons et de galets n’arrange rien à l’affaire. Je ne ferais que le tour de la courtine car le site est fermé sans justifications, pourtant c’était un samedi d’avril, ils doivent vraiment mettre le paquet en été. Talmont est célèbre pour ses reconstitutions historiques, Camp du Drap d’Or, visite de Richard Cœur de Lion ou siège du Prince Noir.
Le site a longtemps été intégré dans les possessions anglaises avec les Plantagenêts, puis pendant la Guerre de Cent ans. Suivent des années de calme, la position devient un enjeu stratégique pendant les guerres de religion, Louis III de La Trémoille converti au protestantisme entraîne sa succession dans le chaos. A la mort de Henri IV les catholiques récupèrent le site, ils le conservent malgré de vaines tentative huguenotes.
Pendant le siège de La Rochelle, Richelieu craint que les Anglais réinvestissent le château pour en faire leur camp de base, plutôt ruinée qu’anglaise, la place est démantelée. Le dernier La Trémoille est décapité en 1794 et la ruine est vendue comme bien national. L’originalité du château repose sur sa fondation qui lui vaut d’être bâti sur les restes d’une église romane dont le donjon utilise le clocher-porche. Cette première campagne datée du XIe comprend une enceinte ainsi que le grand bâtiment accolé au mur Nord et à la tour escalier toujours en usage. Louis VII fait incendier le château, seconde période sous le règne de Richard Cœur de Lion qui le modernise en utilisant les avancées techniques et militaires héritées des croisades.
Renforcement de la façade Nord avec un mur éperon de 7 m d’épaisseur qui masque les fenêtres de la salle d’apparat, isolement du donjon par un fossé et un mur, enfin relèvement de la courtine primitive qui sera flanquée de tours. Depuis la porte fermée, j’ai pu constater l’ampleur des ruines dans la basse-cour la taille des bâtiment est encore imposante, il y reste une belle salle couverte en voûtes d’arête et croisées d’ogive. R.C.

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