La Hunaudaye 1990 France (Bretagne)

Château de la Hunaudaye

Les vacances en Bretagne comportent toujours le risque d’une météo pluvieuse. Quand la plage est tellement grise que vous ne pouvez plus contenir une marmaille qui braille, évadez-vous du mobil home. Destination des jours sans soleil, nombreux dans cette Bretagne entre Rennes et St Malo, à La Hunaudaye tout est fait pour accueillir les chalands petits et grands. Le château se trouve dans une cuvette, la grosse masse grise en impose vraiment, à plus forte raison si la pluie menace. Isolé, dissimulé par la forêt, le village le plus proche est Plancoêt près de Dinan, mais rassurez-vous le fléchage est parfait. Avant la reprise en main par les Monuments de France une sauvegarde à l’allemande, des animations costumées et festivités médiévisantes, nul ne s’arrêtait là. En 90, la dimension centre de profits était déjà prégnante, je sentais se profiler le spectre du parc d’attractions. Entretenez le rêve le plus longtemps possible en faisant le tour des larges fossés presque comblés, laissez-vous dominer par ces cinq puissantes tours et courtines bien hautes en bel appareil de granit. Prenez le temps d’admirer l’entrée double, pour piétons et charrettes, bien protégée par sa grosse tour ronde affichant un bel état d’indestructibilité.
Maintenant vous pouvez payer et pénétrer. A l’intérieur, le décor est rongé, plus de logis seigneurial, seul souvenir d’un standing révolu, une belle porte du XVIIe, avec un départ de volée d’escalier, disparition totale des intérieurs des tours, autant de tubes vides abonnés aux courants d’air et aux cris d’oiseaux, seule celle de l’oratoire possédait une voûte, ailleurs ce n’était que poutres et planchers.
La construction affiche la richesse des Tournemines qui reconstruisirent le château à la fin du XIVe, sur les restes de l’ancienne forteresse du XIIIe. Adaptées aux armes à feu d’improbables canonnières sont implantées en dessous de grandes ouvertures, le luxe est néanmoins de mise et prévaut sur le défensif, larges fenêtres, latrines, cheminées à tous les étages. Des hôtes illustres passent à La Hunaudaye, Anne de Bretagne, puis François Premier, tout est calme jusqu’à la révolution. A cette époque, le château appartient à un pro révolutionnaire, couard ou pressé de se défaire d’un lieu en état moyen il fait appel à la Garde Nationale pour miner et incendier le site, il recevra pour ce haut fait de résistance quelques assignats. Les dernières déprédations datent du début du XIXe quand son propriétaire d’alors entreprend de le démolir pour bâtir son manoir un peu plus loin. Il y aurait eu une glacière, mais pas de donjon, symbole de la fin d’une période où l’hédonisme s’impose au défensif. Profitez du site les jours de grand soleil, vous y gagnerez le calme et vous verrez le granit scintiller, enfin avec un peu de chance vous éviterez les figurants costumés. R.C.

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