Saint Jean d’Angle 2005 France (Charente Maritime)

Château de Saint-Jean d'Angle

Il y a de 10 ans, j’aurai pu visiter ce petit château des Lusignan, ruiné et envahi par la végétation. Aujourd’hui, au terme d’une miraculeuse restauration, le site a retrouvé son lustre d’antan. Consolidé et reconstruit dans les règles de l’art, il s’admire de loin depuis la route de Marennes entre deux haies. A la fin du XIIe, lorsque débute la construction, la motte émerge d’une plaine morne et rase de marais salants, Guillaume de Lusignan possédait aux alentours 6 000 ha de marais, une petite fortune dont les revenus financèrent les travaux qui se poursuivent au XIIIe. Premiers coups, lors de la Guerre de Cent ans le fort subit d’importants dégâts, 150 années plus tard les Guerres de Religion apportent à leur tour leur lot de destructions. Première renaissance au XVIIe, relèvement de la courtine, restauration des bâtiments de l’époque gothique et adjonction au logis d’une nouvelle partie contemporaine. Avatar deux, le site repart sur de bonnes bases, mais tout vacille à nouveau pendant la Révolution, nous entamons la période de grâce : abandon et lente ruine parachèvement du pillage en 1945, lors de la réduction de la poche de Royan. 1994 seconde renaissance, tel le phénix le château resplendit et reprend toute sa superbe.
Les douves sont en eau, le pont dormant, présente une étroite porte en ogive défendue par une tour et surmontée d’un rang de mâchicoulis. A droite, le corps d’habitation fait également fonction de courtine, l’aménagement de ces bâtiments aux larges ouvertures date de la seconde phase, celle du XVIIe, à gauche la muraille part en arc de cercle consolidée par d’importants contreforts, le mur est épais, il rejoint la partie habitée protégée par une tour carrée en saillie sur les douves. Dernier contraste, alors qu’un infâme marigot aux eaux boueuses et saumâtres encerclait encore le château, aujourd’hui un beau plan d’eau sombre reflète des parois impeccables. Pourquoi pas un plan en quadrilatère avec des tours de flanquemement ? Pour un fort de plaine la règle était évidente mais la construction est antérieure au système philipien. L’enceinte haute et ressérée forme elle même un donjon. Supputation oiseuse d’un observateur : au milieu d’un champ voisin, une photo aérienne montre au sol une grande tache carrée, hâtivement attribuée à un donjon… Quelle aurait été la pertinence d’une tour maîtresse sans défenses naturelles ni militaires alors que le fort est solidement isolé à côté ? R.C.

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