Carbonnières 1997 France (Corrèze)

Tours de Carbonnières

A quelques kilomètres, les tours de Merles dans leur cirque de verdure vous raviront, surtout en fin de journée… gaffe, vous risquez de ne pas être seul sur le site. Au pire ou au mieux, tout dépend de votre engouement pour les sons et lumières, vous y rencontrez des passionnés qui vous aideront à revivre l’épopée des chevaliers bagarreurs razziants les campagnes. Fin du préambule qui devrait faire gagner du temps à tous : pour les plus avertis d’éviter de passer à Merles en période touristique et  pour les amateurs de paillettes, inutile d’encombrer les sous-bois perdus de Carbonnières.
L’endroit ne recèle pas de trésor et la beauté architecturale ne transcende pas votre regard, tout au plus de la rudesse. Il n’est pas difficile à trouver, depuis la N 120 prendre la D13 en direction de Goulles, puis un chemin dans la forêt. Les tours dépassent la canopée, campées sur un éperon, bien assises sur leur socle rocheux. Au XVe elles mesuraient encore plus 20 m, aujourd’hui la plus haute culmine à 18. Un escalier à vis desservait les quatre niveaux, dont une voûte subsiste, l’appareil de belles grosses pierres taillées est encore en bon état. Datées du XIIIe elles avaient surtout une fonction défensive, le site est mentionné au XIe avec des ouvrages vraisemblablement en bois.
Pas de surprise, l’intérieur des tours est tombé, je me souviens que l’accès à l’une d’elle requierait un peu d’agilité, Depuis le couronnement des tours, par delà la forêt, tu pouvais voir Merle, un chemin reliait les deux sites. Trempant dans la moiteur, l’abandon du lieu dans ces vastes bois au fin fond de la Corrèze, envoûterait le premier venu. Je suis comblé lorsque je découvre en redescendant des ruines d’habitation. Occupés depuis toujours, les versants Sud et Ouest abritaient un hameau d’une quinzaine de maisons dont une chapelle, une maladrerie, un presbytère et la maison d’un bailli. Aujourd’hui la forêt recouvre tout : les racines et les troncs ont disjoint les pierres, des murs portent encore les dernières cheminées, des linteaux sont toujours en suspension pour plus très longtemps, une cave ou deux ont conservé leur voûte. L’état de délabrement des maisons et la vigueur des arbres inclinent à penser pour un abandon lointain, pourtant la dernière occupation est de 1948. L’histoire de ces tours est liée à celle de Merle dont les Carbonnières au XIIIe en étaient suzerains, le promontoire est partagé, comme à Merle les Noailles sont dans le coup jusqu’à la révolution. Progressivement la fonction de refuge s’estompe, il faut vraiment avoir peur pour se cacher en un endroit pareil, au XVe la ruine peut débuter. Depuis peu de temps, la mairie a pris les choses en main pour une consolidation des tours, il était temps, il ne leur reste plus qu’à fixer des heures d’ouverture… R.C

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