Crozant 1991 France (Creuse)

Tours de Crozant

Sur une longue langue rocheuse, à la confluence de la Creuse et de la Sédelle se dressent, comme autant de vieux chicots sur une mâchoire, les restes des tours du château de Crozant. La figure n’est pas la plus allégoriquement correcte, mais elle illustre assez bien un panorama que le monde nous envie. J’ai visité le site un dimanche matin quand carillonnaient dans le lointain les cloches de l’office, au calme. Je doute qu’il y ait affluence record sur la barre, hormis les dimanches de printemps et d’automne ou pendant la journée du patrimoine. Depuis, la mairie a récupéré le site, des travaux sont en cours avec pour inévitable corolaire ; des horaires d’ouverture. Dommage, le lieu méritait vraiment une visite sauvage. Ruines ludiques et point de vue romantique, Armand Guillaumin, peintre reconnu des initiés avertis de la période impressionniste s’est extasié sur la contrée, Monet y serait passé aussi. Remontez jusque Cargillesse, très beau village un peu plus haut dans la vallée. Il concentre tous les clichés de notre pays, empreint de tant de suffisance nostalgique qu’il se mue en un territoire passéiste et conservateur. Le rocher s’étire sur 350 m et 25 au plus large, avec trois enceintes successives, chacune hérissée de tours. L’histoire commence au XIIe avec les Lusignan détenteurs du comté de la Marche, rebondit au XIVe quand les possessions de la famille passent aux Bourbons sous le contrôle de la couronne. En 1356 le Prince Noir en fait le siège, mais il s’y casse les dents.
Sur la crête, les sentiers frôlent l’abrupt franchissant fossés et murs d’enceinte, allant de tours en tours. La plupart des constructions datent de la fin du XIIe ou début du XIIIe : la tour Collin, la particulière tour du Renard ronde à l’extérieur et polygonale à l’intérieur, toutes avec leurs voûtes d’ogive. Dominant l’ensemble, la tour maîtresse de section carrée est attribuée au XVe. Au registre des disparues, une tour qui permettait de descendre au bord de l’eau tout en restant à l’abri, et la chapelle. La ruine date du début du XVIe, un siège réussi par les catholiques aurait entamé une tour, sans oublier un petit tremblement de terre. Vers 1640 l’affaire est entendue, la carrière de pierre peut s’ouvrir. R.C.

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