Murol 2006 France (Puy de Dome)

château de Murol
chaâteau de Murol

Je pourrais presque remercier les tristes conditions météorologiques sous lesquelles j’ai découvert cette énorme forteresse. A la mi février, il neige encore dans le Massif Central, la brume de fin de jour commence à noyer les fonds de vallée. Avant de quitter le plateau et de descendre vers St Nectaire déjà dans la pénombre, la silhouette régulière d’une construction se détache. Masse ou monolithe, il incarne toute la noirceur de la région et la soif de puissance de son bâtisseur. Encore un bénéficiaire des largesses d’un cardinal, fidèle d’un pape avignonais. Le rocher volcanique est occupé par une petite construction dès le XIIe, mais c’est au XIVe que les bâtiments prennent la tournure que nous connaissons aujourd’hui. Riche époque sous laquelle s’érigent quelques uns des plus beaux et plus forts châteaux français, Pierrefonds, La ferté Million, Vincennes… Guillaume de Murol n’a pas les moyens d’un prince, et de loin, pourtant l’œuvre de sa vie est une formidable bête qu’aucun siège ne vaincra, sachant résister aux temps. Surprenant système défensif, exclusivement par le couronnement, une seule tour donjon, absence de tours de flanquement seulement des échauguettes, moins coûteuses à construire, mais tout aussi efficaces. Il faut reconnaître que l’implantation sur des à-pic basalte dissuade toutes velléités de sape ou d’approche directe.
Après 1550 le noyau central des XIV et XVe est protégé par une enceinte destinée à résister à l’artillerie. Elle est constituée de bastions aux plans en amande. L’accès principal, au sud, se fait par une rampe entre deux murailles, vous passerez par un bâtiment entièrement ruiné, d’un style plus maniéré il est édifié par Jean III d’Estaing au début du XVIIe. Plus vraie que vraie, accolée à son ancêtre du début XIIe, une nouvelle chapelle du XIVe, époque des Murols, reprend complètement le style roman de sa jumelle. Dans la cour intérieure, l’ambiance n’est pas franchement gaie, sombre, bordée de ses hauts murs, et finalement éclairée par un maigre soleil d’hiver, aventurez vous dans la grande salle des gardes qui conserve ses voûtes et arcatures, passez à la cuisine et dans la boulangerie où les cheminées fumeraient encore. La ruine date de la fin du XVIIe consécutivement au siège infructueux de Gaston d’Orléans en 1632, suit un lent délabrement. A l’abandon par ses seigneurs, surviennent les pilleurs, manants du coin toujours ravis de trouver des matériaux à bon compte. Au début du XXe une campagne de sauvegarde est entreprise par les Monuments Historiques et orchestrée par Ruprich Robert. Dernier avantage de la visite hivernale : vous échappez à un spectacle d’animation, enfin je vous laisse imaginer l’état romantique de la ruine qui inspira Georges Sand et Maupassant. R.C.

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