Noyers sur Serein 2004 France (Yonne)

Chateau de Noyers
Château de Noyers

Un jour des types décidèrent qu’il y aurait 100 plus beaux villages en France et chaque année inlassablement, les news hebdo le rappellent aux citadins en quête d’air pur et d’authenticité. Maintenant, les indigènes voient les volets se fermer chaque dimanche soir pour se rouvrir le samedi matin, artisans et agriculteurs cèdent leur place à prix d’or ; aux potiers, aux restaurants de spécialités bourguignonnes « sous vide ». Quand Noyers était une ville, il y avait des vignerons, des tonneliers, des maréchaux-ferrants… une ambiance bon enfant à la « jour de fête » nimbée de soleil et de cloches carillonantes. Bordé d’un côté, par des jardins fleuris en friche clos de murets moussus, et de l’autre par ses remparts sur les rives du Serein, le village vit à l’écart des routes dans la Bourgogne immobile, Auxerre est à plus de 40 km au nord ouest.
Les grandes bâtisses à toits pentus, aux volets clos, l’institution catholique légèrement à l’abandon, sommeillent. Au-dessus, sur les pentes et le plateau boisé s’élevait un grand château bordé à l’est et à l’ouest par la rivière et par un fossé au nord. Lors de ma première visite sur le front nord, seul le mur d’escarpe et un moignon de tour étaient visibles. Depuis, de considérables travaux de terrassement et de reconstruction sont entrepris avec la volonté affichée de rénover en utilisant une technique qui semble appartenir au XIIIe. Le chantier concerne deux tours et la courtine qui les relie, pas d’échafaudages métalliques, étais, plateforme, tout est en bois.
Une situation géographique idéale : une boucle cernée d’eau surplombée par un plateau, tout se prête parfaitement à l’occupation fortifiée, plutôt ancienne car la cité est antérieure à Jules César. Les traces écrites de la première fortification du Xe, évoque une tour carrée entourée d’une palissade. Au XIIe, le lieu prend de l’importance sous l’emprise d’une famille, celle de Gui de Noyers qui couronne Philippe Auguste, c’est à la fin de ce siècle que l’élévation du grand château est entreprise. La construction est rapide, au XIIIe son système défensif lui permet de résister aux assauts des troupes de Thibaut de Champagne. Au XVIe, le prince de Condé en fait le siège de la résistance huguenote, il le perd. Le site parvient entre les mains d’un seigneur brigand, Henri IV le déloge et démantèle la place en 1599. La ville renaîtra au XVIIe mais les pierres du plateau sont oubliées. Des gravures présentaient un plan du château en triangle dont la pointe Sud ouvre sur la ville basse, au nord deux rangs de murailles défendaient le logis et le donjon, l’ensemble compte une vaste emprise au sol avec plus de 20 tours. Aujourd’hui, lorsque tu arpentes le plateau, il ne subsiste que de vagues soubassements. Heureusement des panonceaux définissent vaguement les lieux. Prenez le temps à Noyers, quand plane le fumet du rôti du dimanche matin, le bourg calme et immobile te couvre. R.C

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