Rochefort 1996 France (Côte d’Or)

ROCHEFORT

Chateau de Rochefort

Surprenante ruine, dissimulée dans un repli de colline, elle surplombe la route qui monte vers Asnières en Montagne. Allez à Cry par la D 905, un hameau aux pieds des falaises dans la vallée de l’Armançon. A quelques kilomètres vers le sud il y a la célèbre abbaye de Fontenay et un peu plus bas encore c’est Buffon, Montbard. Humidité et grandes forêts sont propices aux histoires monacales et aux forges. Préservé des invasions, le nord de la Bourgogne conserve son patrimoine sans trop de défigurations ou d’altérations, tout s’est endormi depuis le début du XXe, à l’abri du pez, loin du foisonnement des villes. Dans la forêt, au-dessus de la route culmine un pignon, derrière lui, en enfilade toute la construction occupe l’éperon. Un chemin t’amène devant la porte fortifiée d’une grosse ferme, il y avait un pont-levis maintenant c’est un dormant restauré (en 2005), l’association qui s’occupe de la préservation du site n’en n’est pas peu fière. Quelle plaie ces bienfaiteurs qui veulent mettre la France sous cloche, hors d’eau, hors gel, préserver pour le futur, laisser des traces à “nos descendants”… ils auront suffisamment de sites industriels en friche. Je garde de mes deux visites à Rochefort un souvenir poignant, seul dans ce site aux grands murs gris envahis par la végétation.
Le rêve égoïste, occuper la ferme qui forme l’avant scène. Laisser intacte la ruine du château, débroussailler le jardin en terrasse pour y prendre le thé avec les potes à l’ombre de la grande tour d’escalier, avec à l’infini la vue rasante sur une forêt de cimes. Depuis ce balcon tu ne vois rien d’autre, que des arbres, à peine si tu entends la nationale en bas.
Abandonnée en 56, la ferme est toujours couverte, elle serait à l’emplacement de la partie forte du premier site. En traversant les bâtiments, tu parviens au jardin en surplomb, décoré dans le style néo-classique au début du XVIIIe ce seront les derniers aménagements. De ce côté, les murs du logis sont percés de grandes fenêtres à meneau, une belle façade renaissance animée par la grande tour d’escalier surmontée d’une échauguette plutôt décorative. Il ne s’agit plus d’un château fort, bien que tous les arguments défensifs du moyen âge soient représentés … seulement pour la parade.
Depuis plus de mille ans, il s’est trouvé un fort sur cette butte, première évocation au XIe, démoli par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, au XVe. Dès la fin du siècle le château est reconstruit sur les décombres du précédent, duquel rien ne subsiste. La révolution sonnera le glas des riches heures de Rochefort, en 89 la chapelle tombe puis vers 1807 tous les aménagements en bois sont récupérés.
Combien de temps pourra t-on encore errer seuls dans les ruines de Rochefort, le nez en l’air sans se soucier du délabrement inéluctable de ces formidables et indestructibles tours. Elles finiront bien par abriter peut-être un centre de cultures médiévales, ouvert de 11 h à 17 h seulement en été, et le jardin en terrasse accueillera des mangeurs d’ice cream. Pourtant, ce lieu, en novembre quand décline un sale jour de pluie laissant les murailles suintantes toujours plus grises lorsque la brume froide arrive, ça vaut tous les Miko du monde.
Dans les bois vers Arrans, il y aurait les vestiges d’une abbaye, mentionnés sur la carte, mais jamais trouvés malgré le questionnement de plusieurs indigènes. R.C.

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