Châtel sur Moselle 1992 france (Vosges)

Chatel sur Moselle

 

Le château de mon pote, à la confluence de voies romaines importantes, au début de la trouée de Charmes, l’accès le plus aisé au royaume pour des troupes venues de l’Est. C’était aussi la route des Bourguignons du Nord… Pendant près d’un demi siècle, Châtel a été un chantier de fouilles impressionnant qui permit d’exhumer des tours entières, de découvrir toute la circulation souterraine d’une forteresse parmi les plus importantes de France. Dans la plaine des Vosges la Moselle y coule, le froid pénétrant et la brume persistante y sont plus fréquents que le soleil. Triste pays. Pourtant cette rigueur n’empêchait pas les comtes de Vaudémont et plus tard les Neufchâtel de défendre chèrement leur fief. Aux meilleurs jours, la forteresse comptait plus de 20 tours, une enceinte de 1,4 km doublée sur le flanc Nord, capable de résister à des assauts d’artillerie bien avant la fin du XVe. Avec ses canonnières estimées à une bonne centaine Châtel est une place forte avant-gardiste.
L’arrivée dans le village n’est pas glorieuse, identique à tous les bourgs industriels en friche de la vallée, usines transformées en dépôt vente, habitations datant de la reconstruction, charmante harmonie grise, rien ne laisse présager le site exceptionnel. Quelques panneaux routiers le signalent, symbole et martyr d’une défiguration modèle ou comble de l’incurie des pouvoirs publics, le plateau supporte toujours deux bâtiments des années 70 : une maison de retraite et une HLM rivalisant de pauvreté architecturale. De quoi dissuader les plus téméraires. Heureusement, la promenade au pied de la falaise bordée de supers remparts, te réconcilie avec le lieu, voire te donne l’envie de gravir la rampe d’accès pour pénétrer dans les entrailles. Il n’y a plus que ça, toutes les superstructures ont disparu, les portes, le donjon, l’enceinte Nord, seules les deux verrues émergent sur le promontoire.
L’histoire de la Lorraine passe par ici, les Vaudémont vassaux du duc édifient le premier château, entre le XIe et le XIIe, le comte de Bar récupère le domaine au XIIIe, première extension, au XIVe une bonne alliance matrimoniale fait apparaître les Neufchâtel, famille comtoise sous influence bourguignonne. Ce sont eux qui agrandissent et fortifient considérablement la forteresse. Retour dans le giron lorrain en 1544. Début de la Guerre de 30 ans, la place résiste aux sièges français, période troublée jusqu’en 1671 lorsque le démantèlement est orchestré. Dommage, le village aurait connu un autre essor à l’ombre de son immense château. Depuis 1972, l’association du Vieux Châtel organise des chantiers de fouilles qui, outre le dégagement des fossés et des salles souterraines, favorisèrent l’épanouissement total d’une bande de jeunes. R.C.

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