Montgri 2007 Espagne (Catalogne)

Un ballon pelé couronné d’un cube, presque irréel ou trop réel. L’image parfaite, comme dans le dessin du môme qui campe son château crènelé sur son trait arrondi. Surdimensionné, il paraît si proche alors qu’il faut une bonne heure pour parvenir au sommet depuis les faubourgs de Toroella. C’est un édifice intact et inachevé qui se visite librement, la qualité de la construction et l’exagération de ses dimensions ont certainement contribué à sa conservation. Le château d’un roi, celui d’Aragon, dont la suprématie s’étendait sur toute la Catalogne et une grande partie de la côte méditerranéenne. Menacé par la famille vassale qui contrôle Empuries, il mandate le gouverneur de Toroella de construire un fort sur la montagne de Montgri. Les travaux durent 7 ans de 1294 à 1301, le conflit familial s’éteint, la forteresse qui devait contrôler les accès maritimes ainsi que les routes côtières perd tout intérêt stratégique et se fait oublier. A cette époque, le royaume aragonais dirigé par des Catalans s’étendait de Narbonne à Valence en passant par la Sicile et la Sardaigne.
La structure philippienne est parfaitement posée, un quadrilatère de 31 m de côté flanqué de quatre tours d’angle. Pas d’originalité, surtout de l’austérité, typique  des constructions médiévales hispaniques, hautes courtines aveugles percées de deux rangs réguliers d’archères. Un bel ouvrage militaire, plutôt basique, qui compte principalement sur l’épaisseur et la hauteur de ses murs, les quatre bretèches implantées au milieu de chaque courtine font économiser un rang de mâchicoulis. Dans les tours, les archères sont placées pour le tir rasant et croisé, au total, trois étages de défense avec des alignements de postes de tir au sol, à plus de 6 m et au couronnement à environ 11 m. De tous ses côtés, le château est accessible, pas de fossés, néanmoins nous pouvons admettre que l’ennemi arriverait toujours à découvert. La seule porte n’a de défense que la bretèche qui la surplombe, enfin un seul élément décoratif au milieu de cette grandiose grisaille, une étroite baie gothique fendue par une élégante colonnette.  A l’intérieur, la carcasse est vide, tout est prêt pour recevoir les bâtiments de logement, arrachements, départ de voûtes, le pavement central permet d’apprécier leur emprise au sol. A l’intérieur de chaque tour, un escalier desservait les étages et le chemin de ronde. Tout en haut sur la périphérie, point de vue panoramique sur la plaine côtière, le golfe de Roses, les îles Medes et à l’est les contreforts montagneux. En bonus sur la butte de Montgri : la carrière qui a servi pour la construction, un puits et sur le versant Nord, à flanc de coteau, une grande citerne bizarrement éloignée des pieds de la muraille. R.C.

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