Rocca San Silvestro 2009 Italie (Toscane)

Oubliés depuis le XIVe un château et son village, largement redécouvert et grandement réaménagé depuis 2007. Outre le rocher moyenâgeux, le parc naturel de San Silvestro assure l’exploitation et la protection d’un vaste site minier comportant des installations depuis le XVIe siècle, jusqu’à leur fermeture dans les années 70. Le paysage est aride, poussiéreux et bruyant, une carrière en exploitation procure toute l’animation. Entre deux détonations, dans un nuage de poussière et en pleine reprise de vitesse les dumpers de carrière sautillent sur la piste qui borde l’éminence du château. Consolation, la vue sur la méditerranée et Campiglia di Maritima, bourg toscan couronné par les ruines de son château restitue un peu de lustre. L’implantation est en retrait de la mer derrière une petite chaîne montagneuse. L’occupation est ancienne, les Etrusques y prélevaient déjà du minerai de fer. Le développement de l’exploitation de la veine au Xe a favorisé l’établissement d’un castrum puis progressivement celui du village. La pleine expansion se situe dans la seconde partie du XIIIe, 250 personnes résident à Rocca a Palmento. La baronnie change plusieurs fois de mains, jusqu’à la fin du XIe les della Gheradesca possèdent la terre et la motte. Ils la cèdent à un baron local. qui prend le nom de  Della Rocca, en 1310 nouvelle vente et cession des droits pour la mine aux Donoratico. L’abandon assez rapide du site est principalement économique et lié à l’extraction du minerai. Baisse de la population, la grande peste sévit sur l’Europe et décime  les bras nécessaires à l’exploitation de la mine. A Rocca, la peine s’effectue à la sueur du front des villageois, contrairement à d’autres endroits où la force hydraulique permet une exploitation plus facile et surtout meilleur marché. Ains, Pise, Lucques et Massa Maritima cessent leur approvisionnement en métal pour la frappe de leur monnaie. Un bel exemple de  micro crise économique qui provoque la désertion et la disparition d’un village. La construction du fort au XIe répond plus à la signification défensive d’un territoire valorisé que d’un simple poste de défense côtier. Depuis la base de la tour, la vue circulaire sur l’ensemble du site évoque plutôt un chantier de fouilles parfaitement organisé et aseptisé. Peu de fantaisie, il ne semble pas il y en avoir eu beaucoup, même au moyen âge, l’église est d’une austérité convenue et le « palais » habitation du comte, hormis un pavage en marbre, ne recèle aucun trésor de sculpture ou d’architecture. La fouille du cimetière, contigu à l’église au pied de la muraille du palais, corrobore le fait, très peu d’objets précieux ont été exhumés sur plus de 600 corps. Vie fruste en autarcie partagée entre les travaux agricoles : olives, céréales, et la mine. Un pressoir à olives et plusieurs fours à pains témoignent, le four à céramique et la forge achèvent de dépeindre le contexte économico-agresque de ce microcosme. Sur les 42 habitations debout à la fin du XIIIe il ne subsiste que quelques pignons et soubassements, le tracé des rues est bien lisible, la promenade est agréable et parfaitement signalisée. Le château, constitué d’une tour et du logis qui l’enserre est protégé par une enceinte du XIe, cette partie appartient à la fondation du site. La tour, petit donjon roman, aurait été érigée au XIIe, son accès s’effectuait par une porte à 3 m du sol. L’état de la ruine ne permet pas la description d’éléments défensifs, quelques bons murs et solides portes y pourvoyaient. Le village s’étale sur le flanc Est du rocher, là où la déclivité est la plus faible, avec deux vagues de constructions, au XIIe puis dans la seconde moitié du XIIIe. L’enceinte extérieure est contemporaine de cette époque. La rusticité des appareils et la simplicité des bâtiments prêchent pour un travail de villageois coachés par des maçons professionnels en transhumance. Dernier détail gravé dans le marbre d’une marche d’escalier, un jeu de filetto, semblant de marelle assez répandue au moyen âge. L’accès au Rocca n’est pas très simple, vous aurez deux choix. Par le spot principal du parc, une route fléchée après Campiglia avec un parking et la billeterie, ensuite il faut marcher sur une piste à flanc de montagne pendant une bonne heure, ennuyeux et fastidieux surtout bien exposées au soleil.  Par l’auberge Lanzi, toujours sur la SP20 l’auberge est fléchée « ostello per la gioverture » mais la route est soumise à autorisation, avantage l’auberge est à peine à 200 m du château. R.C.

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