Populonia 2009 Italie (Toscane)

Un rocher s’avance sur la Méditerranée, depuis les plages bordées de grands pins maritimes du Golfe de Baratti une route monte dans une forêt de chênes vert. Les vestiges sont parsemés dans un paysage coloré où les paillotes du bord de mer ressassent des tubes trop sucrés et les Fiat 500 rutilent en couleurs pastel. Un décor de comédie italienne en attente de l’arrivée de Mastroiani et Manfredi  clope au bec, gants ajourés précieusement agrippés au volant ivoire d’un cabriolet au moteur caverneux. Lorsque le soleil se couche sur la baie, un bitter légèrement amer dans le gosier tu laisses filer, en face la mer, les vestiges  du port romain, derrière la ville Etrusque, sur le flanc la nécropole et tout en haut la rocca. Au IX avant JC, Populonia est déjà un port important pour le transfert du minerai de fer et le commerce avec les îles proches : Elbe, Corse, Sardaigne. La cité est la plus grande colonie Etrusque implantée en bordure maritime. Sur le rocher, des fouilles retracent plusieurs périodes d’occupations d’abord avant JC, du IXe au VIIe siècle, avec un agglomérat de huttes entourées d’un fossé. Plus tard, entre les Ve et IIIe,  une nouvelle occupation plus vaste et plus structurée avec un mur d’enceinte qui descend sur les flancs de la colline incluant l’acropole. L’arrivée des Romains au IIe profite à la cité ; élaboration d’un plan d’urbanisme, construction de temples et d’un sanctuaire. L’emprise du site mis à jour aujourd’hui est de 80 ha. Les vestiges d’un monastère bénédictin daté du XIe auraient été trouvés récemment au milieu des bois.
Progressivement, la ville perd son pouvoir attractif et plonge dans le néant pré moyenâgeux. Une longue période  d’ombre plane jusqu’à la construction du fortin sur une base étrusque dans la première moitié du XVe siècle. Un ouvrage purement défensif, le quadrilatère est flanqué d’une grosse ronde tour bastionnée, au milieu de l’enceinte trône la tour. Campée sur un solide socle tronconique, elle remplit simplement sa fonction de guet en surplombant la baie et les collines voisines. L’accès s’effectue à mi hauteur, l’ensemble culmine à plus de 15 m. Les poncifs de l’architecture médiévale toscane sont rassemblés, les ostentatoires rangs de mâchicoulis soutiennent de beaux merlons, la fine tour carrée repose un imposant monolithe, peu d’éléments décoratifs. Un peu mignard l’ensemble, voire faux derche, tu dois succomber au charme du lieu. Parking en contrebas de l’enceinte, vue dominante sur la mer, les fortifications de la bastide méritent la médaille de la restauration. Tout ici se compose pour l’agrément du promeneur de fin de journée, fraîcheur montante de la forêt, une rue d’artisanat toscan et chinuse, terrasse de café ombragée et la vue sur la baie. Deux assauts, celui de 1448 de la part du roi Alphonse d’Aragon, puis des Turcs de 1551 à 55. Au début du XIIIe, la toscane est prodigue en fortifications, l’indépendance des cités, la perméabilité de la bordure côtière  instruisent un maillage fortifié, autant défensif que mégalomaniaque. Chaque village possède sa tour, quant au moindre rocher de bord de mer, il est couronné d’un ouvrage. Populonia flaire la restauration plus que parfaite, heureusement l’implantation confère des points de vue très photogéniques sur les remparts depuis l’extérieur ou le couronnement de la tour. Accès fléché depuis la route côtière de San Vincenzo à Piombino. R.C.

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