Anacik 2008 Turquie (Cilicie)

Un petit fort en bordure d’une vaste plaine où coule la Ceyhan. Un fleuve devenu un long chapelet de retenues d’eau tentaculaires. Une idée de la Turquie moderne, avec la plaine de Cilicie parfaitement remembrée. L’économie agraire hésite entre le moyen âge et le productivisme, la cylindrée et l’âge séculaire des tracteurs déterminent précisément la taille des exploitations. Ca et là, dans quelques hangars des moissonneuses roupillent en attendant la moisson, mais dès les premiers contreforts des types labourent encore avec la houe et le cheval. Pas étonnant que la salle basse de la maison forte d’Anacik soit devenue une étable. Sur un faible contrefort culminant à 240 m, la position gardait plus qu’elle ne défendait, l’accès à une étroite vallée menant à Andirin, puis Goksun plus au Nord. L’allure du bâtiment s’inspire de Bogazpinar (Sinap près de Lampron), une enceinte en gros moellons à bossage régulier, flanquée de 4 tours pleines. Sur la face Sud, la porte d’entrée est défendue, voire ornée de 2 petites tourelles, tandis que le côté Nord est protégé par une grosse tour saillante. Le plan est un long quadrilatère avec au rez-de-chaussée une grande salle voûtée en ogive, sur la paroi ouest s’appuie l’escalier qui monte au niveau supérieur. Du côté Est, un début de mur de refend, et une autre cloison fermaient un espace surmonté d’une petite voûte en coupole, deux ouvertures superposées apportaient la lumière dans cette possible chapelle. Dans sa cour de ferme, le château disparaît sous la végétation, son rez-de-chaussée est bien conservé, sa destination agricole le préserve. Au second niveau, il n’y subsiste qu’un fragment de mur et de fenêtre, la vue y est large sur la plaine, l’impressionnante voûte de la salle basse supporte une terrasse sauvage. La faible épaisseur des murs, corroborée  par les derniers moignons subsistants confirme la quasi disparition de cette partie du bâtiment. Si Anacik est au bord d’une plaine, il n’en est pas plus visible pour autant, dissimulé par son écran de verdure, il se trouve à 5 km de la route principale, vers l’est. Depuis Kadirli monter vers le nord est, sur la route d’Andirin, jusqu’a Yesilova (dernière localité avant la montagne). Au centre, à la plus grosse intersection, vers la droite il faut emprunter une petite route bitumée, une chance, qui s’enfonce dans les champs jusqu’au hameau d’Anacik. Les ruines surplombent la route depuis une faible crête, le premier chemin à gauche t’emmène devant la cour de la ferme où tu seras accueilli avec le sourire. Le touriste est rare à la visite d’un tas de pierre qui daube redoutablement la crotte de biques. La construction arménienne est plutôt validée par ses fortes similitudes avec d’autres forts déjà évoqués, que par son histoire inconnue.  37° 24 N et 36°20 E R.C

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