Cardak Hamous 2008 Turquie (Cilicie)

L’un des plus gros forts de Cilicie, Cardak s’appuie sur les premiers monts du massif de l’Amanus qui bordent le sud-est de la plaine. A 10 km à peine de Osmanye, depuis ma chambre d’hôtel je pouvais distinguer un morceau de muraille. Le château est ancien, il pourrait être cité dès 942 s’il s’agit bien du site d’Hamous. Aucune certitude  pour une attribution exacte, la corrélation entre des faits et des lieux est rarement établie, en Cilicie seule une poignée de forts en bénéficie. La localisation stratégique en fait un ouvrage déterminant dans la défense de voies importantes au moyen âge. L’accès vers le sud, par la passe de l’Amanus vers Savranda, la route de la plaine vers l’est en allant vers Gaziantep puis Edesse, enfin vers le nord dans la direction de la vallée qui mène à Goksun. Pour l’intervisibilité, sa position en bordure de plaine lui ouvre la perspective vers Toprak à l’ouest, Harunye au nord est, Bodrum au nord. Le château a hérité du nom du village juste en dessous, pour s’y rendre il faut prendre la route de Osmanye à Gaziantep. Bizarrerie turque, à une grosse intersection un panneau de signalisation indique Cardak Kalesi, direction plein sud. Ne te réjouis pas, ce sera la seule indication, 10 m plus loin il faut déjà tourner vers l’est afin de reprendre la route qui passe par la montagne vers Yarpuz/Fevzipasa. Traverse le bourg qui s’étend sur des kilomètres, comme la plupart en Turquie. D’abord dans les cultures puis dans les pins, la route monte à flanc de coteau. Après les premiers lacets, sur la droite une piste en épingle aborde la montée plus rudement, effectivement elle semble se rapprocher du château. Nous avons tenté notre chance à deux reprises, le soir après un orage, cinq kilomètres de caillasse et de boue, le lendemain matin dans de meilleures conditions, après 8 km et 1/2 h de marche nous avions toujours une vallée et un mont à franchir. Quatre à cinq heures de quête pour des prunes ! Consolation, les vestiges visibles depuis notre route sont parmi les plus emblématiques du lieu : trois tours et un beau morceau de  muraille toujours en parfait état, elle est bien plus abîmée sur la face Nord. L’enceinte est un quadrilatère de 100 m presque équilatéral, sur le plan les rares bâtiments sont accolés au revers de courtine Ouest. Un grand espace sans ouverture, Edwards y verrait bien une citerne mais campée sur un rocher  au point le plus haut, il faut s’interroger sur la collecte des eaux. Au milieu, reste un bâtiment sans toit où notre ami y placerait une autre citerne. Tout à côté un petit édicule isolé attribuable sans équivoque aux Arméniens servait de chapelle. Ce serait là leur seule contribution. Les ruines émergent d’une forêt de pins qui recouvre tout le site, celles que nous voyons correspondent au côté sud, A prévoir, quelques heures et peut être le concours d’un guide ou d’un indigène désoeuvré pour accéder au pied des murs. Position appro. : lat. 37° 05 N, long. 36° 19 E  R.C

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