Maran 2008 Turquie

1440 m, une longue crête de 200 m de long sur à peine 10 au plus large. Depuis l’est le fort est invisible, aucune fortification, la falaise protège naturellement, côté ouest à peine plus accessible, le rempart file sur la roche tout au long de l’éperon. Pas d’ostentation, de l’efficace, un fort de garnison dans toute sa splendeur surtout au couchant. Le site est désert, plus bas, à la passe, un berger séculaire nous a refilé un verre de thé brûlant, j’aimerais pas y séjourner l’hiver. A partir de la route, entre 150 et 200 m de dénivelé, une petite demie heure en ligne droite pour parvenir au socle des rochers qui porte la muraille, il s’agit plus d’un mur de soutènement. La porte typiquement arménienne, en façade un arc surbaissé composé de 8 voussoirs, vue de l’intérieur, un arc en ogive constitué de 12 autres voussoirs. A cet endroit la déclivité est d’au moins 40°, dans l’enceinte ou plutôt sur le faîte les espaces plans sont rares. Présents depuis toujours, d’énormes blocs obstruent les passages, quitte à élever de semblables murs pourquoi ne pas aménager la plateforme. Les rares constructions sont disséminées sur une langue de gazon fin entre d’énormes rochers, tu imagines assez difficilement les déplacements rapides sans se fouler une cheville ou se tordre le cou. Un trait caractéristique des châteaux arméniens de Cilicie, un extérieur soigné, un système défensif efficacement impressionnant, et le chaos dans la basse-cour. Nous en déduirons hâtivement que l’apparat, ainsi que la puissance dégagée comptaient pour beaucoup dans l’établissement du statut nobiliaire. Maran n’a pas la majestueuse ambition de Toprak, Geben, Yilan ou de Vahga son intervisible suzerain, 20 km les espacent.  « La beauté du paysage nous rendait muets », un coup d’œil circulaire, la lumière rasante, la pierre vire au doré et le registre des verts s’amplifie, déjà les sommets voisins s’embrument.
Depuis le dernier relevé d’Edwards en 1979, la chapelle est devenue un tas de pierres, ses soubassements sont encore en place. Vers la pointe Sud, légèrement en contrebas, à demi taillées dans le rocher deux salles contiguës devaient plus servir de celliers ou de corps de garde que de citernes. Pour les amateurs, il en subsiste une vaste au milieu de l’éperon dans une redoutable anfractuosité de la roche, couverte par une voûte, elle était fermée à l’ouest par le mur d’enceinte. Les téméraires y descendront en ayant pris soin de laisser une corde à leurs copains assis à califourchon sur le rempart, surplombant 20 m de vide. Pour rejoindre Maran ; dans le centre de Feke en venant de Kozan, juste après un pont, empruntez une route plein ouest. Au début, suivre la vallée jusqu’au huitième kilomètre, à la bifurcation prendre à droite vers Kaiserli. Au terme d’environ 15 km, les rares murs du côté Nord-est sont visibles. Sous la falaise au bord de la route, en semi troglodytique les quelques habitations du hameau de Maran, Position : lat. 37° 49 986 N, long. 35° 48 581 E R.C.

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