Payas 2008 Turquie (Cilicie)

Loin des forêts perdues, des sommets abandonnés, des pistes boueuses, de pierriers ou d’amas de blocs instables, Le fortin de Payas présente bien. Etat de conservation parfait, vue sur mer, plage de sable gris, pieds quasi dans l’eau. Superbe carte postale, bien proportionné avec sa petite enceinte et la masse de sa grosse tour carrée. Conceptuellement de l’arménien, mais construit dans le dernier quart du XVIe par les Ottomans, l’ouvrage défendait le port, de plaisance aujourd’hui. Quadrilatère flanqué de trois tourelles d’angle et surmonté de la tour dans l’angle Nord-Est, une entrée de style ottoman en souricière, un appareil de construction en très gros bloc à l’arménienne. L’association des tourelles pleines et le type de construction rappellent Sinap et Anacik. La tour occupe plus du quart de la superficie du site, sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, une salle aveugle couverte par une voûte quadripartite, seule une petite porte en donne l’accès. Au second, par un escalier extérieur rampant sur la courtine, une magnifique salle organisée autour d’un espace couvert d’une croisée d’ogive, La lumière y pénètre de toutes parts, les ouvertures alternent leurs embrasures de tir, intérieures pour les archères, extérieures plutôt pour des bouches à feu. Au troisième niveau, une tour polygonale est dédiée au guet vers la mer. La visite est rapide, d’autant que le site de Payas est riche. Il existe à quelques centaines de mètres un grand château qui défendait un complexe cultuel, mosquée, médersa, et surtout l’un des plus vastes caravansérails du monde ottoman. Ces deux sites sont ouverts à des conditions ignorées, hélas, Le château est également un grand quadrilatère, avec un rempart protégé par un boulevard et de grandes douves sèches entièrement maçonnées. L’ensemble a subi des travaux de restauration, la basse-cour est totalement vide, à l’exception d’une bâtisse en ruine sans intérêt. Sur la périphérie, un châtelet protégeait l’unique entrée. tours rondes et carrées alternent avec une dominante plus massive très en saillie sur le mur Ouest. Un ensemble dénué de charme, il transpire l’ennui. Le caravansérail, dans un état remarquable est impressionnant de taille et de silence. La préservation de l’attribution de ses espaces est conforme à l’origine. L’endroit semble avoir été utilisé jusqu’à une date récente, la lugubre galerie du bazar avec ses cellules échoppes attend le retour des camelots. La cour intérieure de l’édifice bordée d’arcades ouvrait sur les espaces attribués aux caravaniers, toutes identiques les cellules possédaient une cheminée. A noter d’autres espaces plus résidentiels par la taille et leur isolement destinées à des hôtes plus généreux. Demandez peut-être à la mosquée pour vous faire ouvrir la grande porte. Position : lat. 37° 45 N, long. 36° 12 E  R.C.

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