Amuda 2008 Turquie (Cilicie)

Un petit fort pour se mettre en jambes, parfaitement visible, fléché, identifié sur les cartes, la route passe à ses pieds et l’ascension s’effectue en 10 mn. Pas de miracle sur le rocher, les vestiges sont largement fréquentés et leur intérêt assez faible. La tour comportait quatre niveaux, la seule porte est au nord à un mètre cinquante de la base du rocher. A l’intérieur la disposition est étrange, en demi étage inférieur un espace confiné occupe plus de la moitié de la salle, probablement une citerne. Dans l’angle Nord-est, reliant l’une des parois de la citerne, un muret délimitait un petit espace clos, certains y verraient bien une seconde réserve d’eau, pourquoi pas un silo de stockage ? Le troisième niveau dont il ne subsiste plus que la face Nord-Est jouissait d’une vue imprenable sur l’ensemble de la cour, deux ouvertures demeurent toujours, un petit escalier pris dans l’épaisseur du mur le distribuait. Un dernier niveau en terrasse, bénéficiait d’un hourd, quelques beaux corbeaux surplombent toujours la porte d’entrée du donjon. J’emploie ce terme à dessein car il s’agit d’un bâtiment autonome dans l’enceinte du château. Il possédait son propre système défensif avec le hourd et les merlons du couronnement, ses espaces d’habitation sur deux étages, du stockage en eau et nourriture. Un dispositif rare dans la région où la majorité des forts n’a pas de tour dominante. La situation d’Amuda sur la route Sud-Nord de Kadirli à Goksun puis en direction de l’est, son implantation sur un rocher isolé au milieu d’une plaine fertile bien irriguée, rendent le spot convoitable. Le site a certainement été occupé assez tôt, par les Hittites puis par les Byzantins et les Arméniens qui cédèrent la place aux Chevaliers Teutonique. Au début du XIIIe vient au pouvoir le jeune roi Arménien Raymond-Roupen, intronisé par Othon IV, il souhaita faire un geste envers ses nouveaux protecteurs Allemands. 1266, épisode douloureux selon certaines chroniques moyenâgeuses, lorsque le fameux Baybars se pointe ici avec ses Mamelouks il a déjà raflé la plupart des forteresses franques dont le Krac. Les indigènes, plus de 2000, se seraient réfugiés dans l’enceinte et les cavernes qui minent le rocher. 40 mètres sur 70, c’est petit pour toute cette foule. Maintenant le village d’Hemite compte à peine 500 personnes. Finalement l’affaire s’est mal terminée pour les ruraux, les hommes furent liquidés quand femmes et enfants allèrent visiter le Caire… Toutes ces occupations successives se repèrent dans la construction, notamment l’aménagement du donjon qui correspond assez bien au standard germanique, l’Alsace n’est pas si lointaine. Hormis la tour, les vestiges sont assez abîmés, à l’extrémité Nord-Ouest le saillant s’élevait encore à plus de sept mètres en 1939 (Hellenkemper), le fragment d’arche au milieu de la cour est difficilement attribuable, sans doute un casernement comme à Silifke. Pour se rendre à Hemite, depuis Osmanye roule en direction de Kadirli, le château est parfaitement visible. A la première intersection après avoir aperçu le site, tourne à droite, franchis le canal, traverse le village, stationne au pied du rocher puis grimpe en empruntant un chemin, facile. Position : lat. 37° 14 N, long. 36° 05 E. R.C.

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