Saimbeyli 2008 Turquie (Cilicie)

Un dernier poste avant de gagner le plateau anatolien, après Feke et Vahga, la vallée s’étire encore pendant 40 km. A 1100 m, la ruine domine une petite ville aux rues en pente où l’étranger est rare, et les invitations à boire un thé sont fréquentes. Mon propos n’est pas de m’étendre sur l’hospitalité de la population turque, ce faisant nous reconnaîtrons que les propositions de collation sont régulières, un seul frein à l’affaire : la pratique de la langue, l’échange se borne à quelques sourires.  L’accès au château débute tout au nord du bourg par une rue qui grimpe rapidement sur la crête, il suffit de progresser sur l’arête, puis de stationner devant les deux tours massives de l’entée. Derniers vestiges toujours en élévation, passée la porte, seuls des soubassements s’étalent sur la petite plateforme. Depuis la vallée le site semblait bien plus ambitieux. La fondation de l’édifice reviendrait aux Arméniens, il commandait une voie commerciale importante Sud Nord qui relie la plaine de Cilicie à l’Anatolie, voire jusqu’à Trébizonde. Le fort est bâti sur une éminence à la confluence de deux torrents. C’est un ouvrage de garnison dont l’emprise se contente de la petitesse du rocher qui le supporte. Dans la tradition, l’appareil est en bons gros moellons à bossage bien assemblés. Sur le flanc ouest, côté ville, un pan de mur percé d’élégantes ouvertures se maintient debout en dépit de son étroitesse. Ces vestiges du XVe avec d’autres en contrebas constituaient les bâtiments conventuels du monastère qui occupa le château. La vallée comptait plusieurs implantations arméniennes, jusqu’en 1920 une colonie de plus de 12 000 âmes y vivait. Sur l’éperon, c’est un peu décevant, hormis la façade de l’entrée au nord, tout est arasé. Imagine un mur d’enceinte à 9 m, la hauteur des tours, des constructions sur la périphérie, l’œil exercé décèlera sur le flanc Est la chapelle typiquement arménienne : abside, cul-de-four, micro nef voûtée en plein cintre. Il subsiste, en relativement bon état, une citerne semi enterrée, enduit et voûte sont toujours là, sur le terre-plein qui termine le rocher quelques tombes taillées dans la pierre, elles dateraient de l’occupation monastique. La cour aurait été reconvertie en cloître. L’examen des deux tours de l’entrée est sans surprise, un plan en fer à cheval, leur similarité est évidente : deux niveaux voûtés, au rez-de-chaussée, une petite salle fermée avec des traces d’enduit sur les murs, à l’étage la tour est ouverte à la gorge, il est imaginable qu’un chemin de ronde en bois ait existé, les enfoncements de poutres dans le mur le confirme. Seules les ouvertures diffèrent : trois dans l’une, et une seule dans l’autre qui assure un tir de flanquement, quand les trois autres maintenaient à distance l’ennemi envahisseur, finalement une disposition rationnelle à condition d’avoir un homme dans chaque tour. Position : lat. 37° 59 150 N, long. 36° 05 519 E. R.C.

Publicités
Cet article, publié dans la Cilicie, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s