St Michel de Mourcairol 2008 France (Hérault)

Une rareté, alors que la plupart des châteaux relativement approchable sont sécurisés et surtout rendus inaccessibles par de solides grillages, les 4ha de ruines de Mourcairol sont ouverts à tous les vents. Fouilles et travaux de consolidation sont en cours au gré des financements, la promenade fléchée est suffisamment didactique sans être prétentieuse.  Depuis les Aires, en face de Lamalou les Bains sur la 908, une piste grimpe rudement sur les crêtes, mais elle demeure praticable pour tous les véhicules. Le site est à 460 m, il domine les collines des alentours avec une intervisibilité à l’est vers le fortin de la Tour du Pin. Les comptes rendus des premières traces d’occupation font état du VIIIe avant JC. Les témoignages d’une occupation domestique dès le IVe sont avérées. Au XIIe, un nouveau château s’étend sur une arête rocheuse du versant Nord-Est.  à la même époque une enceinte encercle tout l’éperon. Jusqu’à la fin du XIVe une centaine d’habitants réside sur le rocher. La vie semble avoir été mouvementée, depuis l’époque carolingienne jusqu’au XIVe, la cité conforte son statut hégémonique sur les cantons voisins. Le site n’est pas directement impliqué dans la croisade albigeoise, il change simplement de mains pendant quelques années, le temps nécessaire pour les seigneurs de Mourcairol de récupérer leur bien au détour d’une bonne alliance. La peste et un passage des Anglais auront raison du piton, vient l’abandon. L’activité rurale descend dans les vallées, au XVe ne subsiste plus qu’une occupation militaire très réduite. La consécration de la chapelle Saint Michel maintiendra une activité sur le site jusqu’à nos jours avec un pèlerinage tous les 8 mai. Sa première restauration du XVIIe suit la dévastation du château pendant les guerres de religion. Au XIXe, un ermite y créchait encore, les procédures de classement figeront l’ensemble. Le château primitif se situait sur l’extrémité Sud de l’éperon, de ce côté, la déclivité est suffisante pour justifier une seule enceinte constituée de petites tours. L’une d’elles abrite une citerne à demi engagée dans la roche. La chapelle romane est devenue le  totem du lieu, la fortification la plus ancienne se situe juste au-dessus, une table d’orientation occupe la sommité avec le panorama concomitant. En redescendant, sur le côté Sud, un mur de soutènement a conservé son appareil en épis, vestige pré roman. Isolée et à flanc de côte, la chapelle paraît démesurément imposante sur son socle, reconstruite au XIIe elle abritait un maître autel du Xe. En contrebas, le nouveau château rompt avec le nid d’aigle qui le dominait, les standards de confort et d’habitation évoluent, autour d’une petite cour se trouvent répartis ; les logis seigneuriaux, une salle des gardes, une cuisine, dans la proche périphérie des habitations, puis un bâtiment plus élevé signifiait le donjon. Cet ensemble était défendu par une enceinte flanquée de petites tours carrées. En redescendant vers la seconde muraille, dont il ne subsiste plus que la porte Nord, quelques fondations de maisons sont dégagées. R.C.

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