Bruniquel 2008 France (Tarn)

L’endroit est propice, un haut roc surplombe de plus de 90 m le lit de l’Aveyron. Depuis la vallée, les belles arcatures de la galerie renaissance marque les esprits, contrastant avec la douce brutalité de la contrée. De ce côté, la masse de la construction et son balcon font irruption d’une gangue forestière. Le défilé est emprunté depuis longtemps par un axe routier qui vient du Quercy pour se rendre dans l’Albigeois. Perché sur sa falaise, le château devient incontournable pour les voyageurs. Une légende annonce que le rocher aurait supporté un fort établi pour une reine Mérovingienne, au VIe siècle. Deux châteaux se partagent l’éperon, le premier, date de la période romane, il en subsiste un donjon du XIIe, au XIIIe une vague de construction l’enserre, des corps de logis puis une vaste enceinte. Le comte de Toulouse détenait la place. Au hasard d’une querelle familiale l’espace se scinde en deux parties, un nouveau château est élevé entre 1484 et 1510. Pendant les Guerres de religion, le vieux château est incendié, il sera relevé et remanié dès le XVIIe. Au fil des siècles des aménagements sont pratiqués sur les deux sites : des éléments décoratifs et de confort, mais également défensifs, particulièrement sur l’enceinte avec la dotation de bouches à feu. Au titre du décorum, la fameuse galerie aux six arcades, dans le nouveau château, une cheminée renaissance trône dans une salle mal entretenue, une porte de l’escalier de belle facture classique et quelques belles fenêtres percées au XVIIe témoignent de l’occupation du site. Extérieurement les bâtiments conservent toute leur simplicité ou austérité, c’est selon. Jusqu’au XIXe siècle, des travaux de restauration et de modernisation sont entrepris, au final des empreintes de toutes les grandes périodes sont présentes à Bruniquel, roman, renaissance, classique et baroque. Jusqu’à présent les lieux n’ont pas été désertés, il semble que ce ne soit pas d’actualité. Chaque été, il s’y déroule un festival de musique, à l’occasion les beaux jours la foule arpente la rue principale à la recherche du souvenir inestimable. La visite du site en période estivale ne se conçoit pas sans une armée de semblables autour de soi. Certaines mauvaises langues avanceraient que ces derniers sont plus captivés par le reportage photo qui relate le tournage du film « le vieux fusil » de Robert Enrico, une vieille histoire de vengeance sous l’occupation avec des nazis. R. C

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